Le président libanais Joseph Aoun a dénoncé, jeudi 8 octobre 2026, la poursuite des opérations israéliennes dans le sud du Liban, qu’il considère comme une violation de l’accord-cadre conclu sous médiation américaine. Lors d’entretiens séparés avec le sénateur américain James Lankford et l’ambassadeur de France Patrick Durel, il a réaffirmé l’engagement de Beyrouth à appliquer cet accord et demandé un soutien accru à l’armée libanaise. Il a également insisté sur la nécessité de définir, avant la fin de l’année, un dispositif permettant d’éviter un vide sécuritaire après le départ de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL).
Le président Joseph Aoun a placé la situation dans le sud du Liban et l’avenir de la présence internationale au centre de ses rencontres diplomatiques, jeudi 8 octobre, au palais de Baabda. Recevant le sénateur républicain américain James Lankford, en présence de l’ambassadeur des États-Unis au Liban, Michel Issa, le chef de l’État a accusé Israël de poursuivre ses opérations dans les localités méridionales où ses forces restent présentes. Il a estimé que ces actions contrevenaient aux dispositions de l’accord-cadre conclu entre les deux pays sous l’égide de Washington.
Lors d’un second entretien avec l’ambassadeur de France, Patrick Durel, Joseph Aoun a abordé l’avenir de la FINUL et les arrangements sécuritaires nécessaires après son départ. Le président a souligné l’importance de parvenir à une formule adaptée avant la fin de l’année 2026. Le diplomate français a réaffirmé l’engagement de Paris à travailler pour éviter une interruption de la présence sécuritaire internationale dans le sud du Liban.
Ces échanges interviennent alors que Beyrouth cherche à obtenir l’application des engagements sécuritaires conclus avec Israël, tout en renforçant le déploiement de son armée. Les autorités libanaises souhaitent également préserver le soutien international à leurs institutions militaires et préparer la transition liée à l’avenir de la FINUL.
Joseph Aoun dénonce les violations israéliennes de l’accord-cadre
Au cours de son entretien avec James Lankford, Joseph Aoun a accusé Israël de poursuivre des opérations militaires dans plusieurs villages et localités du sud du Liban. Selon le président, les forces israéliennes restent présentes dans des secteurs dont elles auraient dû se retirer conformément à l’accord-cadre conclu sous médiation américaine. Il a présenté cette situation comme une violation des engagements pris dans le cadre de cet arrangement.
Le chef de l’État a affirmé que le Liban demeurait attaché à l’application de l’accord. Il a également indiqué que Beyrouth poursuivait ses efforts pour obtenir des pressions sur Israël afin que celui-ci respecte ses obligations. Cette position distingue les engagements que les autorités libanaises affirment remplir des dispositions dont elles dénoncent l’inexécution par la partie israélienne.
Joseph Aoun a notamment demandé l’arrêt des destructions de maisons et de biens dans les villages et localités où les forces israéliennes restent présentes. Il a également réclamé la poursuite du processus de restitution des prisonniers. Ces deux questions figurent parmi les préoccupations directement liées à la situation des habitants du sud, dont les conditions de retour et de sécurité dépendent de l’évolution de la situation sur le terrain.
Les déclarations présidentielles ne précisent pas le nombre de localités concernées, l’étendue des destructions évoquées ni le nombre de prisonniers dont le retour reste attendu. Elles confirment néanmoins que ces dossiers demeurent au centre des demandes adressées par Beyrouth à ses partenaires internationaux. Le président a particulièrement insisté sur le rôle des États-Unis, qui ont parrainé l’accord-cadre et disposent, à ce titre, d’une place importante dans les discussions concernant son application.
L’armée libanaise appelée à étendre son contrôle jusqu’à la frontière
Joseph Aoun a également défendu l’action de l’armée libanaise dans le sud du pays. Il a affirmé que l’institution militaire accomplissait les missions qui lui étaient confiées, aussi bien dans les régions méridionales que sur le reste du territoire national. Le président a souligné que les habitants du sud aspiraient au rétablissement de l’autorité de l’État et au déploiement de l’armée jusqu’aux frontières internationalement reconnues.
Cette déclaration intervient dans un contexte où le renforcement de la présence militaire libanaise constitue un élément central des arrangements sécuritaires. Pour les autorités de Beyrouth, le déploiement de l’armée doit permettre à l’État d’exercer ses responsabilités dans les secteurs concernés. Joseph Aoun a présenté cette mission comme une priorité nationale, tout en rappelant les contraintes matérielles auxquelles les forces armées sont confrontées.
Le chef de l’État a demandé un soutien supplémentaire à l’institution militaire, notamment par la fourniture d’équipements et de véhicules nécessaires à l’accomplissement de ses missions. Il n’a pas précisé les quantités requises ni les catégories exactes de matériel concernées. Cette demande s’inscrit toutefois dans les efforts engagés par Beyrouth pour renforcer les capacités opérationnelles de l’armée avec l’appui de ses partenaires étrangers.
La question des moyens matériels revêt une importance particulière dans les zones frontalières. Les opérations de déploiement, de surveillance et de sécurisation nécessitent des capacités logistiques adaptées aux conditions du terrain. Le soutien international peut contribuer à répondre à ces besoins, mais les déclarations communiquées à l’issue de l’entretien ne font état d’aucun nouvel engagement financier ou militaire américain.
James Lankford informé des priorités sécuritaires du Liban
La rencontre avec James Lankford s’inscrivait dans le cadre d’une visite du sénateur de l’Oklahoma destinée à prendre connaissance de la situation libanaise. Les discussions ont principalement porté sur les développements dans le sud, les opérations israéliennes et l’application de l’accord-cadre. La présence de l’ambassadeur américain Michel Issa a accompagné ces échanges sur les relations entre Beyrouth et Washington.
Joseph Aoun a profité de cette rencontre pour exposer la position libanaise concernant les obligations prévues par l’accord. Il a réaffirmé la volonté de son pays d’en respecter les dispositions, tout en demandant que la partie israélienne soit également tenue à ses engagements. Cette démarche vise à maintenir le dossier du sud du Liban parmi les priorités des échanges avec les responsables américains.
Les discussions ont aussi abordé les réformes économiques, les relations entre le Liban et la Syrie ainsi que la situation des réfugiés syriens présents sur le territoire libanais. Le président a évoqué l’importance du renforcement des relations bilatérales dans différents domaines. Aucun accord supplémentaire ni nouvelle initiative américaine n’a cependant été annoncé à l’issue de cet entretien.
FINUL : Joseph Aoun veut un accord avant la fin de 2026
La question de l’avenir de la FINUL a occupé une place importante dans la rencontre entre Joseph Aoun et l’ambassadeur de France, Patrick Durel. Le président libanais a souligné la nécessité de parvenir à une formule adaptée avant la fin de l’année 2026, afin de préparer la période suivant la fin de la mission de la force internationale dans le sud du pays. Il a ainsi fixé une échéance politique aux discussions concernant le futur dispositif de sécurité.
Cette demande répond aux préoccupations suscitées par la perspective du départ de la FINUL. La force des Nations unies joue depuis plusieurs décennies un rôle dans le dispositif international de surveillance et de stabilisation du sud du Liban. Son retrait poserait la question des mécanismes appelés à accompagner l’armée libanaise et à contribuer à la prévention de nouveaux incidents frontaliers.
Joseph Aoun n’a pas précisé la nature du dispositif qu’il souhaite voir adopté. Ses déclarations ne permettent pas de déterminer s’il privilégie une nouvelle présence internationale, un mécanisme de coordination renforcé ou une autre formule associant les autorités libanaises et leurs partenaires. Le président a cependant insisté sur la nécessité de parvenir à un arrangement avant la fin de l’année, afin de disposer d’un cadre pour la transition.
L’ambassadeur français a réaffirmé l’engagement de Paris à travailler pour éviter un vide sécuritaire dans le sud après le retrait de la FINUL. Patrick Durel a souligné les conséquences négatives qu’une telle situation pourrait entraîner. Cette position traduit la volonté française de maintenir une continuité dans les arrangements de sécurité, même si les modalités de la future présence internationale restent à définir.
Paris souhaite éviter une interruption du dispositif international
L’engagement exprimé par Patrick Durel place la question de la transition sécuritaire parmi les priorités des relations franco-libanaises. La France entretient des relations anciennes avec le Liban et participe aux efforts internationaux concernant la stabilité du sud. Son rôle dans les discussions sur l’avenir de la FINUL revêt une importance particulière compte tenu de son statut de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies.
La recherche d’une nouvelle formule devra tenir compte des responsabilités de l’armée libanaise et des décisions prises au niveau international. Un éventuel dispositif succédant à la FINUL nécessiterait une définition précise de son mandat, de ses moyens et de ses relations avec les autorités libanaises. Ces éléments n’ont pas été détaillés lors de la rencontre de Baabda.
Les discussions entre Joseph Aoun et Patrick Durel n’ont pas débouché sur l’annonce d’un accord concernant la composition ou le fonctionnement d’une future force internationale. Elles ont néanmoins confirmé la volonté commune d’éviter une période sans mécanisme sécuritaire adapté dans le sud du Liban. La date de fin 2026 avancée par le président constitue désormais une échéance pour les consultations diplomatiques sur ce dossier.
Les investissements français également évoqués à Baabda
Au-delà des questions sécuritaires, Joseph Aoun et Patrick Durel ont examiné les relations économiques entre le Liban et la France. Le président libanais a insisté sur l’importance du retour des entreprises françaises dans le pays. Il a notamment cité TotalEnergies, engagée dans les activités d’exploration pétrolière et gazière dans les eaux libanaises.
Cette demande s’inscrit dans les efforts des autorités libanaises pour attirer de nouveaux investissements et soutenir le redressement économique. Le secteur énergétique représente l’un des domaines dans lesquels Beyrouth souhaite maintenir la coopération avec ses partenaires étrangers. Joseph Aoun n’a toutefois annoncé aucun nouvel investissement de TotalEnergies ni aucun calendrier supplémentaire concernant les opérations d’exploration.
Les deux responsables ont également abordé les réformes économiques et leur importance pour la préparation d’une conférence consacrée au soutien à la reconstruction du Liban. La progression de ces réformes constitue un enjeu pour les autorités, qui cherchent à mobiliser des financements internationaux. Les informations communiquées ne précisent ni la date de cette conférence ni les montants qui pourraient y être discutés.
L’ambassadeur français a par ailleurs félicité le Liban pour la signature, à New Delhi, d’un accord relatif à l’adhésion des ports de Beyrouth et de Tripoli au réseau portuaire associé au corridor économique IMEC. Joseph Aoun a qualifié cette démarche de réalisation institutionnelle importante pour le pays. Il y voit une possibilité de développer les partenariats commerciaux et logistiques du Liban selon des normes internationales modernes.
Le président a également chargé Patrick Durel de transmettre ses remerciements au président français Emmanuel Macron pour la reprise des vols réguliers de compagnies françaises vers le Liban. Cette question s’inscrit dans les échanges bilatéraux concernant les transports et les relations économiques. Aucun nouvel accord aérien n’a été annoncé à cette occasion.
Deux démarches diplomatiques autour de la sécurité du sud
Les rencontres de Joseph Aoun avec James Lankford et Patrick Durel ont mis en évidence deux priorités complémentaires pour les autorités libanaises. La première concerne l’application de l’accord-cadre conclu sous médiation américaine, avec l’arrêt des opérations israéliennes dénoncées par Beyrouth et le renforcement du déploiement de l’armée nationale. La seconde porte sur la préparation du dispositif appelé à accompagner la transition après le départ de la FINUL.
Dans les deux cas, le président a insisté sur la nécessité de soutenir les institutions libanaises. Il a présenté l’armée comme l’acteur chargé d’exercer les responsabilités sécuritaires de l’État, tout en demandant des moyens supplémentaires pour lui permettre d’accomplir ses missions. Les discussions avec les représentants américain et français n’ont cependant donné lieu à aucune annonce de nouvelle livraison d’équipements ou de financement militaire.
La prochaine étape dépendra de l’évolution des consultations internationales sur le sud du Liban. Beyrouth attend toujours l’application des dispositions de l’accord-cadre qu’elle estime violées par Israël. Parallèlement, Joseph Aoun souhaite qu’une formule sécuritaire soit définie avant la fin de 2026 pour préparer l’après-FINUL. Aucun calendrier détaillé de négociation ni projet de mandat pour un éventuel nouveau dispositif international n’a été communiqué à l’issue des rencontres de Baabda.


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