La Conférence des évêques de France appelle les catholiques à se rassembler samedi 11 avril à 18 heurespour prier pour la paix au Liban. Dans un communiqué publié jeudi, son président, le cardinal Jean-Marc Aveline, dit sa « tristesse », son « indignation » et sa « pleine solidarité » après les frappes israéliennes du 8 avril, qui ont touché Beyrouth, sa banlieue sud, le Liban-Sud et la Békaa. Il condamne une opération qu’il juge « intolérable » et appelle aussi à soutenir l’Œuvre d’Orient pour venir en aide aux populations libanaises.
L’appel a été lancé officiellement par la Conférence des évêques de France sur son site. Dans ce texte daté du 9 avril 2026, Jean-Marc Aveline écrit que les frappes israéliennes massives ont touché « sans avertissement » plusieurs quartiers du cœur de Beyrouth, ainsi que la banlieue sud de la capitale, le Liban-Sud et la Békaa. Il évoque plus de 300 morts et des centaines de blessés, qui s’ajoutent, selon son communiqué, aux 1 500 victimes et aux 1,2 million de déplacés depuis le début du conflit entre le Hezbollah et Israël.
Le cardinal Aveline emploie des mots très fermes. « En ce jour de deuil pour le peuple libanais, je tiens à lui exprimer ma tristesse, mon indignation et ma pleine solidarité », écrit-il. Il condamne « avec la plus grande fermeté » cette opération, qu’il qualifie d’« intolérable », ainsi que « le cynisme de son déroulement, au moment même où entrait en vigueur un cessez-le-feu entre les belligérants ». Il ajoute que « la spirale de la violence doit cesser » et que « le droit international doit être respecté ».
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Le passage central du communiqué donne aussi son titre au texte : « La sécurité d’un peuple ne peut s’obtenir en entretenant la haine de l’autre. » Par cette formule, la présidence des évêques de France inscrit sa réaction dans un registre à la fois moral et politique. Le message ne se limite pas à une compassion spirituelle. Il vise aussi la logique de guerre elle-même, au moment où le Liban reste l’un des principaux foyers de tension régionale.
Un appel national à la prière samedi à 18 heures
Le communiqué contient un mot d’ordre précis. Jean-Marc Aveline « invite tous les catholiques de France » à répondre à l’appel du pape Léon XIV en se rassemblant pour prier pour la paix samedi 11 avril 2026 à 18 heures. Il ne s’agit donc pas seulement d’une déclaration de principe, mais d’un rendez-vous explicite donné aux fidèles, dans tout le pays, autour de la situation libanaise.
Cette initiative s’inscrit dans une mobilisation plus large de l’Église de France sur le Moyen-Orient. La page officielle des communiqués de la CEF rappelle qu’un texte avait déjà été publié le 17 mars 2026 pour appeler à la prière, au jeûne et à la solidarité face à la guerre dans la région. L’appel de ce jeudi marque toutefois un resserrement plus net sur le Liban, à la suite des frappes du 8 avril et du nouveau bilan humain avancé par l’Église de France dans son communiqué.
L’appel à la prière s’accompagne d’un appel à l’aide concrète. Le président des évêques de France encourage « ceux qui le souhaitent et le peuvent » à soutenir l’Œuvre d’Orient par leurs dons, afin d’aider les Libanais, les communautés chrétiennes du Moyen-Orient et, au-delà, « tous les peuples qui aspirent à y vivre en paix ». Le communiqué renvoie directement vers la collecte de cette organisation.
Une parole ecclésiale qui durcit le ton après le 8 avril
La sévérité du vocabulaire employé par Jean-Marc Aveline est notable. Le président des évêques de France parle d’une opération « perversément appelée “obscurité éternelle” », d’une violence « intolérable » et d’un « cynisme » lié au moment choisi pour les frappes. Il écrit aussi qu’« une fois de plus, le Liban est la victime des puissants de ce monde, mais aussi l’otage de ceux qui prétendent le défendre ». Cette dernière formule élargit la dénonciation au-delà de la seule frappe israélienne et renvoie à la tragédie plus vaste d’un pays pris entre logiques de puissance, guerre régionale et instrumentalisation politique.
En choisissant de publier ce texte dès le 9 avril, puis d’appeler publiquement à un rassemblement de prière le 11 avril à 18 heures, la Conférence des évêques de France donne à la crise libanaise une visibilité nationale dans l’Église catholique française. Le Liban n’est pas évoqué comme un conflit lointain parmi d’autres. Il est présenté comme un peuple en deuil, comme une terre de coexistence menacée, et comme une urgence spirituelle et humanitaire à laquelle les catholiques de France sont appelés à répondre.



