Au Liban, la thésaurisation par l’achat d’or n’est pas du passé faute de système bancaire fiable et crédible, les gens retournent aux vieilles méthodes : de l’or à la maison
Au cœur de Beyrouth, dans les ruelles animées de la rue Hamra, les joailliers et changeurs ne désemplissent pas. Depuis le début de l’année 2025, les Libanais, confrontés à une crise bancaire qui s’éternise, multiplient les achats d’or physique – lingots, pièces ou bijoux – pour préserver leur épargne. Les données des douanes libanaises, actualisées fin août 2025, révèlent une augmentation de 22 % des importations d’or au cours des huit premiers mois de l’année, dépassant les 1,2 milliard de dollars pour le seul troisième trimestre. Cette frénésie, amplifiée par la récente flambée des cours mondiaux de l’or à plus de 3 760 dollars l’once mi-septembre, illustre le désarroi des citoyens ordinaires face à un système financier toujours paralysé. Le gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Karim Souaid, a déclaré lors d’une allocution publique à Tripoli le 18 septembre 2025 que « l’or représente une valeur refuge dans un contexte de volatilité persistante », sans toutefois commenter les flux privés qui alimentent ce marché parallèle.



