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Liberté de la presse : le Liban se classe 132e mondial et 9e dans la région MENA selon le classement 2025 de RSF

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Un positionnement globalement médiocre

Dans l’édition 2025 du World Press Freedom Index publié par Reporters sans Frontières (RSF), le Liban obtient la 132e place mondiale sur 180 pays avec un score global de 42,62. Ce classement le situe dans la catégorie des pays à environnement médiatique jugé « difficile », très loin des normes de transparence, de sécurité et d’indépendance attendues pour un pays à régime démocratique.

Au sein de la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord), le Liban occupe le 9e rang régional, devancé notamment par la Koweït (128e mondial) et la Tunisie (129e). Il devance en revanche Oman (134e) et la Somalie (137e). En tête du monde arabe figure la Mauritanie, tandis que la Syrie reste dernière, illustrant le climat extrême de violence et de censure dans plusieurs pays voisins.

Scores sectoriels : déséquilibres structurels

Le rapport de RSF décompose l’indice en cinq sous-indicateurs : politique, législatif, économique, social et sécuritaire. Le Liban y enregistre des performances inégales :

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Indicateurs économiques du Liban

Suivez les principaux indicateurs économiques en temps réel.

IndicateurScore (sur 100)Rang mondial
Politique46,7486e
Législatif48,64123e
Économique30,31154e
Social43,41138e
Sécuritaire43,99132e

Le meilleur score est obtenu au niveau politique (46,74), avec un classement relatif de 86e mondial, traduisant une certaine tolérance institutionnelle à la critique des autorités. Toutefois, le cadre légal reste insuffisant, avec un score législatif de 48,64 (123e). Le pays souffre d’un vide juridique concernant la protection des journalistes, aggravé par des lois obsolètes sur la diffamation, et une interférence régulière de la justice dans les affaires de presse.

Faiblesses économiques et pressions sociales

Le score économique est le plus bas, à 30,31 (154e), ce qui reflète une dépendance massive des médias aux financements politiques ou confessionnels. Les grands groupes médiatiques sont contrôlés directement ou indirectement par des partis, des familles ou des investisseurs étrangers. Cela nuit gravement à l’indépendance rédactionnelle et empêche le pluralisme effectif. Par ailleurs, la précarité financière des journalistes, exacerbée par la crise économique, les rend vulnérables aux pressions éditoriales ou à l’autocensure.

Socialement, le score de 43,41 (138e mondial) traduit des fractures culturelles et communautaires fortes, notamment sur des sujets tabous liés à la religion, à l’orientation sexuelle ou à la critique du clergé. La liberté d’expression reste entravée par un climat général d’intimidation numérique, de harcèlement en ligne et de dénonciations anonymes souvent instrumentalisées.

Insécurité structurelle pour les journalistes

Le Liban obtient un score de 43,99 dans la dimension sécuritaire, pour un rang mondial de 132e. Ce classement est conforme à son score global. Bien qu’il ne soit pas l’un des pays les plus meurtriers pour les journalistes, les menaces, agressions physiques et détentions arbitraires sont toujours signalées. Les manifestations et événements politiques donnent souvent lieu à des violences ciblées contre les professionnels de l’information.

À cela s’ajoute l’absence de poursuites ou de condamnations dans la majorité des cas d’agressions, ce qui favorise un climat d’impunité. Les journalistes indépendants, les lanceurs d’alerte et les femmes reporters sont particulièrement exposés.

Méthodologie et structure de l’index RSF

Le classement repose sur deux composantes principales :

  • Un relevé quantitatif des exactions et violations des droits des journalistes (arrestations, violences, censures…).
  • Une analyse qualitative fondée sur un questionnaire transmis à des experts locaux (journalistes, chercheurs, ONG), décliné en 25 langues.

Chaque pays reçoit une note sur 100, répartie entre cinq indicateurs sectoriels. Le Liban, avec un score global de 42,62, entre dans la catégorie « environnement difficile », en deçà du seuil des 55 points qui marque l’entrée dans les zones à environnement « problématique ».

Position relative dans le contexte régional

Si le Liban conserve une position régionale moyenne, son recul dans les classements internationaux confirme une détérioration progressive de la liberté de la presse depuis plusieurs années. En 2020, le pays se classait encore 102e mondial. Cette chute de 30 places en 5 ans est corrélée à :

  • La montée des tensions communautaires.
  • L’absence de réforme du secteur médiatique.
  • La crise politique post-explosion du port de Beyrouth.
  • L’effondrement économique et ses conséquences sur la viabilité des organes de presse.

Fiche institutionnelle : Reporters sans Frontières (RSF)

  • Nom : Reporters sans Frontières (RSF)
  • Fondation : 1985, Paris (France)
  • Mission : Défense de la liberté de la presse et des journalistes dans le monde
  • Outils : Classement annuel de la liberté de la presse, assistance juridique, actions diplomatiques
  • Couverture : Activités dans plus de 130 pays
  • Classement 2025 : Liban 132e/180, Score global : 42,62/100

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Newsdesk Libnanews
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