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L’ombre d’Epstein dans le rapprochement entre Émirats arabes unis et Israël

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Les révélations issues des millions de pages de documents déclassifiés par le Département de la Justice américain en janvier 2026 ont jeté une lumière crue sur les coulisses du pouvoir mondial. Parmi les figures les plus controversées de ces archives figure Jeffrey Epstein, le financier américain condamné pour trafic sexuel, décédé en 2019 dans des circonstances toujours débattues. Au-delà des scandales personnels qui l’entourent, ces fuites mettent en évidence un rôle inattendu et discret d’Epstein en tant qu’intermédiaire dans les relations géopolitiques au Moyen-Orient. Plus précisément, elles soulignent comment cet homme, souvent décrit comme un manipulateur d’élites, a contribué à tisser des liens secrets entre Israël et les Émirats arabes unis (EAU), bien avant la signature des Accords d’Abraham en 2020.

Ces accords, négociés sous l’égide de l’administration Trump, ont officialisé la normalisation des relations diplomatiques entre Israël et plusieurs pays arabes, dont les EAU, le Bahreïn et le Maroc. Ils ont été présentés comme un tournant historique, favorisant la paix et la coopération économique dans une région marquée par des décennies de conflits. Pourtant, les courriels et documents divulgués révèlent que des canaux informels existaient depuis les années 2000, avec Epstein au cœur de ces échanges. Son amitié avec des personnalités clés, comme l’ancien Premier ministre israélien Ehud Barak et le milliardaire émirati Sultan Ahmed bin Sulayem, PDG de DP World, une entreprise logistique proche des familles dirigeantes des EAU, illustre comment des réseaux privés ont précédé et peut-être influencé les initiatives officielles.

Ces disclosures, rapportées par des médias comme Middle East Eye, Drop Site News et Bloomberg, ne se limitent pas à des anecdotes. Elles posent des questions sur l’influence occulte dans la diplomatie, les liens entre affaires, renseignement et politique, et les zones d’ombre qui persistent autour d’Epstein. Sans inventer de faits, cet article s’appuie sur les éléments vérifiés des fuites pour explorer ce rôle d’Epstein, en signalant clairement les aspects spéculatifs, comme les rumeurs persistantes de ses liens avec le Mossad israélien.

Le parcours trouble d’Epstein : du financier à l’intermédiaire international

Jeffrey Epstein, né en 1953 à New York, a bâti sa fortune dans la finance, travaillant notamment pour la banque Bear Stearns avant de fonder sa propre société de gestion d’actifs. Condamné en 2008 pour sollicitation de prostitution impliquant une mineure, il a purgé une peine controversée de 13 mois, marquée par des permissions de sortie. Malgré cela, Epstein a maintenu un réseau d’influence impressionnant, incluant des présidents américains, des scientifiques de renom et des chefs d’État. Sa mort en prison, officiellement un suicide, a alimenté des théories du complot, amplifiées par les liens qu’il entretenait avec des figures puissantes.

Les documents de 2026, totalisant plus de trois millions de pages, proviennent de l’enquête du FBI et du Département de la Justice. Ils incluent des courriels, des notes et des rapports qui montrent Epstein non seulement comme un prédateur sexuel, mais aussi comme un « fixer » – un facilitateur – pour des deals internationaux. Par exemple, il a coordonné des efforts pour récupérer des actifs libyens gelés après la chute de Mouammar Kadhafi, impliquant des avocats internationaux et des indications de coopération avec d’anciens agents du MI6 britannique et du Mossad israélien. Ces éléments soulignent son immersion dans des cercles de renseignement et de diplomatie occulte.

Au Moyen-Orient, Epstein a cultivé des relations avec des acteurs clés. Il a maintenu une photo de lui avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane dans son appartement new-yorkais, et a été impliqué dans des affaires avec des armes saoudiennes via Adnan Khashoggi. Mais c’est son rôle dans les liens Israël-EAU qui émerge comme le plus structuré, avec des courriels couvrant plus d’une décennie.

Les liens personnels et d’affaires avec Sultan Ahmed bin Sulayem

Sultan Ahmed bin Sulayem, l’un des hommes d’affaires les plus influents de Dubaï, est au centre de ces révélations. PDG de DP World, une entreprise contrôlée par l’émirat de Dubaï et spécialisée dans les ports et la logistique, bin Sulayem est proche des familles régnantes, notamment de Mohammed ben Rachid Al Maktoum, souverain de Dubaï et vice-président des EAU. Les courriels montrent une amitié intime entre Epstein et bin Sulayem, débutant au moins en 2006 et se poursuivant jusqu’en 2019.

Les échanges sont variés : personnels, humoristiques et souvent déplacés. En novembre 2007, bin Sulayem envoie une blague obscène sur une rencontre à New York : « Yes after several attemps (sic) for several months we managed to meet in NY. There is a missunderstanding (sic) she she wanted some BUSINESS! while i only wanted some PUSSYNESS! » Epstein répond : « Praise Allah, there are still people like you. » Ces messages, rapportés par Bloomberg, illustrent une complicité qui dépasse les affaires, incluant des discussions sur des expériences sexuelles et des images (censurées dans les documents).

Bin Sulayem a visité l’île privée d’Epstein, Little Saint James, à plusieurs reprises, et Epstein a facilité des arrangements logistiques pour la famille royale émiratie. En mai 2017, bin Sulayem commande 30 kits de tests ADN pour le cheikh Mohammed ben Rachid, à livrer via Epstein. Epstein a également aidé à organiser des soins médicaux pour la fille de bin Sulayem, en introduisant « Bill » – possiblement Bill Gates – pour un accès privilégié.

Sur le plan des affaires, Epstein a promu des investissements émiratis dans des technologies israéliennes. En 2018, bin Sulayem exprime son intérêt pour Carbyne, une entreprise de cybersécurité israélienne fondée par un ancien du renseignement (unité 8200), avec Barak comme président et Epstein comme investisseur. Les discussions portent sur des applications pour la sécurité des ports de DP World et le système d’urgence « Dubai 911 ». Ces liens préfigurent les coopérations économiques post-Accords d’Abraham, où les EAU ont investi massivement en Israël.

Les documents révèlent aussi des aspects plus sombres. Des rumeurs, non confirmées, suggèrent qu’Epstein utilisait des « kompromat » – matériaux compromettants – pour influencer des élites émiraties, impliquant des visites sur son île et des échanges intimes. Bien que ces allégations restent spéculatives, elles s’alignent sur le modus operandi d’Epstein, connu pour piéger des puissants.

La relation fusionnelle avec Ehud Barak

Ehud Barak, ancien Premier ministre israélien (1999-2001) et ministre de la Défense (2007-2013), est une autre pièce centrale. Les courriels montrent une relation proche, mêlant amitié, affaires et géopolitique. Barak a visité l’appartement d’Epstein à New York plusieurs fois et a cherché son conseil sur divers ventures.

En 2013, Epstein écrit à Barak : « [T]here are very few people that i enjoy spending time with, you are unique. » Barak répond : « Thx. The same. » Epstein propose une rencontre avec bin Sulayem : « I tnk [sic] you should meet. He is the right hand of maktoum. » En juillet 2013, Epstein envoie un lien sur des investissements dans les ports israéliens : « is this something for sultan? » Barak réplique que c’est prématuré, mais qu’il faut « think harder on how to leverage this acquaintance. »

Barak consulte Epstein sur des projets comme la vente d’une compagnie gazière américaine (GADECO) ou un drone solaire. Ils partagent des appartements et des salutations saisonnières. En 2015, après une rencontre Barak-bin Sulayem arrangée par Epstein, Barak plaisante : « I owe him. Last time he paid for my coffee and starters. » Epstein rétorque : « knowing how you eat, you owe him a lot. »

Ces échanges montrent Epstein comme un pont entre Israël et les EAU, facilitant des investissements en cybersécurité et logistique. Barak, avec son passé militaire, représentait un atout pour promouvoir des technologies israéliennes auprès des infrastructures émiraties.

Epstein, artisan discret du rapprochement Israël-EAU

Les Accords d’Abraham, signés le 15 septembre 2020 à la Maison Blanche, ont été salués comme un succès diplomatique américain. Pourtant, les fuites indiquent que des liens commerciaux et d’intelligence existaient depuis les années 2000, avec Epstein comme intermédiaire non officiel.

Dès 2013, Epstein organise des réunions secrètes entre Barak et bin Sulayem pour discuter d’investissements émiratis en Israël, malgré l’absence de relations diplomatiques formelles. Il promeut des technologies militaires et de surveillance israéliennes auprès de hubs logistiques émiratis. En 2017, lors de la crise du Golfe contre le Qatar, Epstein propose une stratégie pour isoler Doha, incluant une pression pour reconnaître Israël, alignée sur les intérêts israéliens et émiratis.

Epstein facilite aussi des deals comme la reconnaissance du Somaliland par les EAU, avec implications pour l’accès israélien à la mer Rouge. Ces efforts ont pavé la voie aux accords officiels, où les échanges économiques ont explosé, atteignant des milliards de dollars en commerce et investissements.

Les rumeurs de liens avec le renseignement israélien

Des allégations persistantes lient Epstein au Mossad, le service de renseignement israélien. Un mémo du FBI cité dans les documents affirme qu’Epstein était « close to the former Prime Minister of Israel, Ehud Barak, and trained as a spy under him. » Des sources comme Middle East Monitor évoquent Epstein comme un « asset » du Mossad, utilisant du kompromat pour influencer des élites.

Ces rumeurs, basées sur des livres et des témoignages non confirmés, restent spéculatives. Epstein a nié tout lien, plaisantant même dans un courriel : « you should make clear that i dont work for mossad. 🙂 » Aucune preuve définitive n’émerge des fuites, mais les connexions avec Barak et d’autres Israéliens alimentent le débat.

Implications pour la géopolitique contemporaine

Ces révélations remettent en question le récit officiel des Accords d’Abraham comme une initiative purement américaine. Elles montrent comment des acteurs privés comme Epstein ont influencé des dynamiques régionales, favorisant une alliance Israël-EAU contre des menaces communes comme l’Iran et le Qatar.

Aujourd’hui, les EAU et Israël coopèrent en intelligence, technologie et défense, avec des investissements croisés. Mais les ombres d’Epstein rappellent les risques de tels réseaux : corruption, manipulation et absence de transparence. Des appels à des enquêtes plus approfondies émergent, bien que les autorités américaines et israéliennes minimisent.

L’ombre d’Epstein plane sur un chapitre clé de l’histoire récente du Moyen-Orient. Sans être l’architecte unique, son rôle d’intermédiaire souligne comment la diplomatie peut naître dans les recoins les plus obscurs du pouvoir. Ces fuites invitent à une vigilance accrue sur les influences occultes qui façonnent notre monde.

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