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Mandat de la FINUL : démentis américains, critiques israéliennes et négociations en coulisse

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Démentis en cascade face aux rumeurs de retrait

Les spéculations sur un possible retrait de la FINUL du Sud-Liban ont été fermement réfutées par plusieurs chancelleries occidentales et par les Nations unies. Selon des déclarations concordantes rapportées par différents diplomates, les informations évoquant une fin anticipée de la mission sont qualifiées de « non fondées » et relèvent de ce qu’un officiel a décrit comme une « tentative d’influence sur les négociations en cours » au Conseil de sécurité.

Un porte-parole du Département d’État américain a ainsi affirmé que les rumeurs de retrait de la force onusienne étaient « inexactes ». Cette déclaration a été confirmée par un diplomate occidental qui a évoqué un climat de « spéculation orchestrée » visant à « fragiliser le consensus international sur la stabilité du Sud-Liban ».

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Un renouvellement attendu malgré les tensions régionales

Le mandat de la FINUL, qui expire en août 2025, fait chaque année l’objet d’âpres discussions. La mission, présente depuis 1978, a été modifiée après l’invasion israélienne de 1982 et renforcée après la guerre de 2006. La mission actuelle, forte de plus de 10 000 soldats issus de 50 pays et de 800 civils, continue d’opérer dans une zone sous haute tension, au sud du Litani et le long de la Ligne bleue.

La demande officielle de renouvellement du mandat a déjà été adressée par le Liban, selon des sources diplomatiques, et inclut une exigence explicite de retrait israélien des territoires encore occupés, notamment cinq positions stratégiques prises durant le conflit de 2024-2025. L’accord de cessez-le-feu, parrainé par les États-Unis, prévoit en effet le retrait israélien dans un délai de 60 jours, un délai aujourd’hui dépassé.

Un mandat en équilibre entre contraintes politiques et impératifs de terrain

Le porte-parole de la FINUL, Andrea Tenenti, a affirmé que « toute décision concernant la mission relève exclusivement du Conseil de sécurité ». Il a précisé que « la FINUL continue à opérer en coopération étroite avec l’armée libanaise » et que sa mission reste de veiller à l’application de la résolution 1701, adoptée après la guerre de 2006.

Andrea Tenenti a également souligné que « le plus grand défi de la FINUL demeure l’absence de solution politique durable entre le Liban et Israël », ajoutant que « des étapes concrètes sont nécessaires pour progresser vers un cessez-le-feu permanent ». Il a également confirmé que la FINUL enregistrait toujours de « nombreuses violations du cessez-le-feu », notamment des incursions israéliennes et des échanges de tirs sporadiques.

Des critiques récurrentes de la part d’Israël

Le gouvernement israélien, à travers plusieurs déclarations de son Premier ministre, a critiqué à plusieurs reprises la FINUL, l’accusant de « fermer les yeux sur les activités militaires du Hezbollah » et de « servir de bouclier humain aux miliciens chiites ». Le dernier conflit armé a fragilisé cette perception, bien que les observateurs de la mission aient documenté près de 2 200 incursions israéliennes dans l’espace aérien libanais depuis novembre, plus de 40 frappes et près de 1 300 activités terrestres, selon les chiffres communiqués par la FINUL elle-même.

La pression américaine sur le financement de la mission

Parallèlement, certains médias israéliens ont évoqué un débat interne aux États-Unis sur l’éventualité d’un retrait de soutien financier à la mission onusienne. Ces affirmations ont été niées par le Département d’État et par les représentants américains auprès des Nations unies. Toutefois, plusieurs sources confirment que des arbitrages budgétaires sont bien en cours à Washington, dans un contexte de révision générale des engagements internationaux.

Le budget annuel de la FINUL s’élève à environ 500 millions de dollars, financés par les États membres de l’ONU selon un barème proportionnel à leur richesse. Les membres permanents du Conseil de sécurité, y compris les États-Unis, sont tenus de contribuer davantage. Le poids budgétaire de la mission reste donc un sujet sensible.

Un soutien libanais réaffirmé à la mission

Du côté libanais, plusieurs responsables ont réitéré leur attachement à la présence de la FINUL. Un haut responsable a déclaré à un média régional que « la mission est essentielle pour éviter une reprise des hostilités » et a affirmé que « les contacts avec Washington ont confirmé que le renouvellement du mandat suivra son cours habituel ».

L’armée libanaise, partenaire principal de la FINUL sur le terrain, a également renouvelé son engagement envers la résolution 1701, affirmant qu’elle coopère pleinement avec les forces onusiennes pour garantir la stabilité dans la zone.

La FINUL face à la complexité des équilibres locaux

La mission est toutefois confrontée à une hostilité croissante de certains habitants du Sud-Liban, notamment dans les zones sous influence du Hezbollah. Plusieurs incidents récents ont vu des patrouilles de la FINUL entravées, notamment en l’absence d’accompagnement par l’armée libanaise. La question de la liberté de mouvement des soldats onusiens est devenue un point de friction régulier. La FINUL insiste sur son droit de circuler « avec ou sans escorte », selon son mandat.

Hezbollah, affaibli après le dernier conflit armé, continue de s’opposer à toute extension du mandat de la FINUL qui renforcerait ses prérogatives. Cette opposition alimente chaque année des débats complexes à New York, où les pays contributeurs tentent de trouver un compromis entre efficacité opérationnelle et respect de la souveraineté libanaise.

Un rôle central dans la stabilité régionale

Malgré ces tensions, la FINUL reste perçue comme un acteur stabilisateur essentiel. Le porte-parole adjoint du secrétaire général des Nations unies, Farhan Haq, a rappelé que la force « reste un élément crucial pour la sécurité du Sud-Liban ». Il a souligné que la situation reste volatile, en dépit de l’accord de cessez-le-feu, et que « la présence de la FINUL continue d’avoir un effet dissuasif important ».

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Newsdesk Libnanews
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