Massad Boulos, conseiller principal de Donald Trump pour les affaires arabes et moyen-orientales, a qualifié le cessez-le-feu entre le Liban et Israël d’« accord historique pour les deux pays », dont l’importance se mesurera dans les semaines et mois à venir. Dans une interview accordée au magazine Le Point, il a salué la portée de cet accord qu’il considère comme « très complet » et couvrant « tous les points nécessaires ».
Une portée nationale et des objectifs ambitieux
Réfutant les premières interprétations selon lesquelles cet accord ne concernait que la région au sud du fleuve Litani, Boulos a clarifié qu’il vise l’ensemble du territoire libanais. L’accord prévoit notamment le désarmement de tous les groupes armés, qu’il s’agisse de milices ou de groupes paramilitaires, conformément aux résolutions de l’ONU, notamment les résolutions 1701 et 1559.
« Seules certaines institutions, telles que l’armée libanaise, les forces de sécurité intérieure, les douanes et la police municipale, sont autorisées à posséder des armes au Liban », a-t-il expliqué, soulignant la volonté de restaurer l’autorité de l’État libanais sur l’ensemble du territoire.
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Défis liés au désarmement du Hezbollah
Interrogé sur la manière de désarmer le Hezbollah, Boulos a reconnu la complexité de cette tâche. Il a estimé que près de 70 % des dépôts stratégiques d’armes, de missiles et de drones du Hezbollah avaient été détruits durant la guerre, mais a concédé que le désarmement complet prendrait des mois, voire davantage.
L’accord accorde à l’armée libanaise la responsabilité d’entamer ce processus, tout en lui confiant la gestion de points stratégiques tels que la frontière avec la Syrie, l’aéroport de Beyrouth et le port de la capitale. Ces mesures visent à couper les routes d’approvisionnement en armes.
Violations du cessez-le-feu et période de test
Concernant les violations de la trêve signalées par les autorités libanaises, notamment des actions militaires israéliennes, Boulos a reconnu leur existence tout en soulignant qu’elles se produisaient également de l’autre côté. Il a rappelé que l’accord prévoit une période de test de 60 jours durant laquelle les parties conservent un droit à la légitime défense.
Il a toutefois insisté sur le rôle crucial du comité de surveillance, coprésidé par les États-Unis et la France, pour garantir le respect et la mise en œuvre effective de l’accord. Boulos a souligné que l’échec de la résolution 1701, adoptée en 2006, était dû à l’absence de mécanismes de suivi, une lacune que cet accord corrige.
La dimension politique : élection présidentielle au Liban
Boulos a également abordé la crise politique au Liban, particulièrement la vacance présidentielle. Il a appelé les législateurs libanais à ne pas se précipiter pour élire « n’importe qui », mettant en garde contre une élection basée uniquement sur une majorité de 65 voix. Selon lui, il est essentiel d’assurer une participation plus large des représentants pour garantir une stabilité politique durable.



