Au cœur de l’escalade militaire entre les États-Unis, Israël et l’Iran, la compagnie aérienne libanaise Middle East Airlines (MEA) a annoncé ce samedi 28 février 2026 des ajustements à son programme de vols vers plusieurs destinations arabes, tout en confirmant le maintien de ses liaisons vers l’Europe. Cette déclaration, diffusée par l’Agence nationale d’information (ANI), intervient alors que la plupart des transporteurs internationaux ont suspendu leurs opérations dans la région en raison des fermetures d’espaces aériens imposées par au moins huit pays, dont l’Iran, l’Irak, le Koweït, le Bahreïn, le Qatar, les Émirats arabes unis, Israël et la Jordanie. Ces mesures de sécurité ont été prises à la suite des frappes coordonnées américano-israéliennes sur l’Iran et des ripostes iraniennes, qui ont perturbé le trafic aérien mondial et isolé plusieurs hubs majeurs comme Dubaï et Doha.
Selon le communiqué de la MEA, les perturbations sont dues à « l’aggravation des développements régionaux », une référence directe aux attaques lancées tôt ce matin par les forces américaines et israéliennes contre des sites iraniens. La compagnie a ajouté une rotation supplémentaire vers Larnaca, à Chypre, décollant à 20 heures, heure locale de Beyrouth, pour faciliter les évacuations et les connexions. Par ailleurs, le vol de retour Jeddah-Beyrouth, prévu initialement ce 28 février sous le numéro ME369, a été reporté au 1er mars, avec un départ à 6 heures, heure de l’Arabie saoudite. Une liste précise de treize vols annulés pour la journée a été publiée, couvrant des destinations comme Erbil (ME324 et ME325), Doha (ME436, ME437 et ME434), Abu Dhabi (ME418 et ME419), Bagdad (ME322 et ME323), Koweït (ME408, ME402, ME403 et ME406) et Dubaï (ME428 et ME429). Les horaires d’origine variaient de midi à 23h10, reflétant l’impact sur l’ensemble de la journée.
Les autres vols programmés pour ce 28 février restent inchangés, a assuré la MEA, qui s’engage à informer le public de tout nouveau développement. Pour atténuer les désagréments, la compagnie applique dès aujourd’hui une politique de flexibilité des billets : réémission gratuite une fois dans la même cabine et remboursement intégral des tickets non utilisés sans pénalités. Cette mesure vise à rassurer les passagers dans un contexte où les annulations massives par d’autres transporteurs ont provoqué une ruée vers les aéroports libanais.
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Les implications immédiates pour l’aéroport de Beyrouth
L’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth, déjà sous tension depuis les hostilités de juin 2025 entre Israël et l’Iran, fait face à un afflux inhabituel de voyageurs cherchant à quitter la région. Des sources aéroportuaires rapportent que les comptoirs de la MEA ont enregistré une augmentation de 40 % des demandes de réservation vers l’Europe ce matin, avec des vols vers Paris, Londres, Francfort et Rome affichant complets pour les prochaines 48 heures. Contrairement aux compagnies européennes comme Lufthansa, Air France ou British Airways, qui ont suspendu leurs dessertes de Beyrouth jusqu’au 7 mars au moins, la MEA maintient ses rotations, profitant de couloirs aériens alternatifs via la Méditerranée orientale.
Le ministre libanais des Transports et des Travaux publics, dont le portefeuille est tenu par un membre du cabinet Nawaf Salam formé en février 2025, a salué cette résilience. Dans une déclaration à l’ANI, il a indiqué que les autorités libanaises coordonnent avec l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) pour garantir la sécurité des opérations. Le Liban, non directement impliqué dans le conflit, n’a pas fermé son espace aérien, mais des restrictions partielles ont été imposées au sud du pays en raison des survols militaires israéliens. Des exercices d’urgence ont été menés la veille pour préparer les équipes au sol à d’éventuelles interruptions.
Cette situation rappelle les perturbations d’avril 2024, lorsque l’Iran avait lancé des missiles vers Israël, entraînant des fermetures temporaires d’espaces aériens et des détournements massifs. À l’époque, la MEA avait déjà démontré sa capacité à opérer dans des conditions extrêmes, transportant plus de 50 000 passagers en une semaine vers des destinations européennes. Aujourd’hui, avec l’opération « Epic Fury » menée par le Pentagone, les enjeux sont décuplés : des cartes de suivi en temps réel comme celles de Flightradar24 montrent un vide quasi total au-dessus du Golfe persique, forçant les vols long-courriers entre l’Europe et l’Asie à contourner par l’Afrique ou l’Asie centrale, ajoutant jusqu’à quatre heures de vol et des coûts supplémentaires en carburant.
L’escalade militaire et ses retombées aériennes
Les frappes américano-israéliennes, lancées à l’aube ce 28 février, ont visé des installations nucléaires, des centres de commandement et des figures clés du régime iranien, dont l’ayatollah Ali Khamenei, le président Masoud Pezeshkian et le chef des forces armées. Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a décrit l’opération comme « préventive », visant à neutraliser des menaces imminentes de missiles et de programmes nucléaires. Des images satellites diffusées par des sources militaires montrent des dommages importants au complexe du guide suprême à Téhéran, avec des impacts précis sur des structures gouvernementales.
De son côté, le président américain Donald Trump, dans une vidéo postée sur Truth Social, a exhorté les Iraniens à « prendre le contrôle de leur gouvernement », affirmant que les actions visaient à détruire les capacités militaires de Téhéran et à empêcher l’acquisition d’armes nucléaires. Le Pentagone a confirmé des bombardements aériens et des lancements de missiles de croisière depuis des bases régionales, sous le nom de code Operation Epic Fury. Des explosions ont été rapportées dans plusieurs villes iraniennes, dont Qom, Ispahan, Karaj et Kermanshah, avec des colonnes de fumée visibles depuis des bâtiments officiels.
L’Iran a riposté moins de deux heures plus tard, les Gardiens de la révolution islamique lançant des barrages de missiles balistiques et de drones vers Israël et des bases américaines dans le Golfe. Des explosions ont été signalées dans le nord d’Israël, notamment à Haïfa, où le système de défense Dôme de fer a intercepté une partie des projectiles. En parallèle, des attaques ont ciblé des installations américaines à Bahreïn – où se trouve la Cinquième flotte –, aux Émirats arabes unis, au Koweït, au Qatar et en Jordanie. Le ministère bahreïnite de la Défense a rapporté une frappe sur une base navale, tandis que les autorités émiriennes et qatariennes ont indiqué des interceptions, avec des débris causant des dommages mineurs à Abu Dhabi.
Ces échanges ont entraîné la fermeture immédiate des espaces aériens dans les pays concernés, perturbant le trafic international. L’Union européenne, via son régulateur aérien, a conseillé d’éviter la région, tandis que des compagnies comme Emirates, Qatar Airways et Etihad ont suspendu toutes leurs opérations jusqu’au 1er mars au moins. Emirates a cité « de multiples fermetures d’espaces aériens régionaux », impactant son hub de Dubaï, qui gère habituellement plus de 250 000 passagers par jour. Qatar Airways a halté les vols depuis Doha, et Etihad a annulé les départs d’Abu Dhabi jusqu’à 10 heures GMT le lendemain.



