Une réunion au sommet pour renforcer les relations bilatérales
Le 10 janvier 2025, une rencontre symbolique s’est tenue au Palais du Peuple, réunissant le chef de la nouvelle administration syrienne, Ahmed Al-Char’a, et le Premier ministre libanais, Najib Mikati. Cette réunion marque une étape significative dans la révision des relations entre les deux pays, après des années de tensions et de divergences politiques.
Al-Char’a a souligné l’importance de bâtir une relation positive entre la Syrie et le Liban, en insistant sur les principes de souveraineté nationale et de respect mutuel. Il a affirmé : « Nous nous donnons l’opportunité de construire une relation positive pour les étapes futures, fondée sur la souveraineté des deux pays. En Syrie, nous resterons équidistants de toutes les parties au Liban et tenterons de résoudre les problématiques en suspens. » Ces propos reflètent une volonté de coopération pragmatique face aux défis communs, notamment en matière de sécurité et d’économie.
Les sujets abordés : des enjeux majeurs pour les deux nations
Lors de cette rencontre, plusieurs questions sensibles ont été mises sur la table, témoignant des priorités stratégiques des deux pays :
- Les relations économiques et bancaires : L’une des préoccupations majeures concerne les dépôts syriens dans les banques libanaises. Ce dossier épineux est crucial pour restaurer la confiance entre les deux nations, compte tenu des crises économiques qu’elles traversent.
- La lutte contre le trafic transfrontalier : Les discussions ont également porté sur la nécessité de mettre fin aux activités illégales à la frontière, qui affectent la stabilité des deux pays.
- La délimitation des frontières : Al-Char’a a confirmé que la question du tracé des frontières entre la Syrie et le Liban avait été évoquée. Ce sujet reste un point sensible, symbolique des différends historiques, mais dont la résolution pourrait renforcer la stabilité régionale.
Mikati plaide pour une approche pragmatique
De son côté, le Premier ministre libanais a exprimé son optimisme quant aux perspectives de cette rencontre. Il a déclaré : « Nous avons discuté avec le chef de l’administration syrienne des relations entre nos deux pays, exprimant nos souhaits de paix et de stabilité pour la Syrie après des années de guerre. Ce qui unit nos deux pays, ce sont des relations de bon voisinage et une égalité entre les deux peuples, gouvernées par le respect de la souveraineté nationale. »
Mikati a insisté sur la nécessité de traiter rapidement la question des réfugiés syriens, qui représente une pression économique et sociale considérable pour le Liban. Selon lui, le retour des déplacés syriens en toute sécurité constitue une priorité, et il a noté une compréhension mutuelle de cet enjeu lors de la réunion. En outre, il a évoqué le besoin d’une coopération renforcée pour sécuriser les frontières et prévenir tout acte nuisible à la sécurité des deux pays.
Une opportunité pour relancer les relations syro-libanaises
La rencontre entre Al-Char’a et Mikati marque un tournant dans les relations syro-libanaises, après une décennie marquée par des désaccords et des tensions liées aux conflits dans la région. Les deux parties semblent déterminées à inaugurer une nouvelle ère de coopération basée sur des intérêts communs, tout en respectant les sensibilités politiques et souveraines de chaque nation.
L’un des principaux défis à venir sera de traduire ces engagements en actions concrètes. La gestion des frontières, la résolution des problèmes économiques et financiers, ainsi que la question des réfugiés syriens, figurent en tête des priorités. Pour les analystes, cette réunion constitue un premier pas vers un dialogue constructif, mais elle devra être suivie de mesures concrètes pour garantir une stabilité durable.
Une visite symbolique porteuse d’espoir
Cette rencontre, décrite par Mikati comme une « ouverture de bon augure », reflète un changement de ton dans les relations bilatérales. Les déclarations d’Al-Char’a et de Mikati montrent une volonté commune de dépasser les divisions passées pour construire un avenir plus stable et prospère. Cette démarche pourrait avoir des répercussions positives non seulement pour la Syrie et le Liban, mais également pour l’ensemble de la région, en envoyant un message fort en faveur de la paix et de la coopération.



