Le Liban prie aujourd’hui de nouveaux martyrs. Les contacts aux plus hauts niveaux s’activent intensément pour la formation d’un gouvernement représentatif. On espère encore que les accords entre les chefs aboutiront à instaurer des ministres qui se consacrent aux thèmes essentiels suivants: La pragmatique des valeurs humaines au sein des institutions et l’assiduité au service de la cohérence citoyenne. Un souffle véritable, consacré à rassembler les points communs des « partenaires » de la nation pourrait initier un réel pacte de coexistence. Il serait non seulement basé sur l’histoire de nos richesses culturelles et de notre déclaration d’indépendance mais aussi et surtout sur le rôle des initiatives personnelles. Nous avons tous au fil des années, des décennies et depuis 1943 voulu cela. Nous avons cependant, la majorité d’entre nous, acquis la fâcheuse habitude des dépendances multiples. A fur et à mesure des évolutions nationales balbutiantes, beaucoup ont associé ce petit pays à un état impuissant face à de véritables changements; autonomes, choisis et décidés essentiellement par l’unité de ses fils. On a été souvent volontaires pour défendre sans compter, des causes particulières. Nous avons rarement choisi de chercher inlassablement entre nous ce qui nourrit, défend et prémunit notre Liban des risques de déstabilisations, aujourd’hui  fort grandissants.

L’enterrement de Mohammad Chatah pourrait remettre l’horloge de tant de nos priorités à celle du tic tac continu d’une éventuelle, nouvelle conception de cohabitation.

Ainsi, va-t-on réveiller aujourd’hui nos meilleures intentions pour ne proclamer que verbalement la modération, la sagesse et la non violence afin de construire ce véritable dialogue dont tout le monde parle? Suffirait-il de proclamer nos plus nobles élans lorsque la mort vole nos citoyens, déchire nos émotions et nos quotidiens? Quand est ce qu’on décidera une fois pour toutes de ne plus sacrifier notre amour de la patrie sur les autels des autres choix afin d’embrasser tous ensemble, de nos intensités constructives, ces vieux Cèdres?

Quand on percevrait la liberté individuelle à la mesure du respect méticuleux de chaque citoyen, les crises auront toujours pour contrepartie un tronc commun salutaire:

Celui de partager en convivialité pour ne plus finir tous les jours comme des morts vivants!

Joe Acoury.