La situation au Liban devient de plus en plus désespérée, alors que le pays tente de faire face à une crise humanitaire aggravée par les violences et les destructions. Le Ministère de la Santé publique, à travers le Centre d’opération d’urgence de santé publique (PHEOC), travaille sans relâche pour coordonner les efforts de réponse aux urgences médicales, mais les moyens s’épuisent rapidement face à l’ampleur de la crise. Les pertes humaines dépassent désormais les 3 000 morts, tandis que plus de 13 000 personnes sont blessées, dont beaucoup nécessitent des soins médicaux urgents et continus.
Pression extrême sur les infrastructures de santé
Le secteur de la santé libanais est en état de saturation, alors que les hôpitaux et les centres de soins peinent à faire face à l’afflux massif de blessés. Avec 40 hôpitaux endommagés ou partiellement détruits et 84 centres médicaux affectés par les attaques, la capacité de réponse est largement compromise. Les attaques ciblées contre les infrastructures de santé – 63 hôpitaux et 211 attaques contre les services d’urgence – révèlent une stratégie dévastatrice qui limite encore davantage l’accès aux soins pour la population civile.
Les hôpitaux restants fonctionnent à pleine capacité et dépendent de donations internationales en médicaments, en matériel médical et en personnel de secours pour maintenir leurs services opérationnels. Le manque de matériel de base – des lits, des médicaments, des équipements de réanimation – constitue un obstacle majeur aux soins intensifs nécessaires pour traiter les blessures graves subies par les civils.
Détérioration des conditions de sécurité pour le personnel médical
Le personnel médical libanais est en première ligne de cette crise, avec 178 membres tués et 306 blessés depuis le début de l’agression. Ces pertes humaines parmi les équipes de santé affectent directement les capacités d’intervention dans les zones à haut risque, et beaucoup de travailleurs de la santé continuent de se rendre sur le terrain au péril de leur vie.
La destruction de 244 véhicules médicaux complique encore davantage la logistique des secours, empêchant les équipes d’atteindre certaines zones en détresse. Dans certaines régions, les ambulances sont souvent la cible d’attaques, ce qui réduit la portée des interventions médicales et compromet la sécurité des blessés transportés vers les hôpitaux.
Situation géographique : une intensité variable selon les régions
La carte du PHEOC montre que l’impact du conflit varie selon les gouvernorats. Les zones les plus touchées sont celles du nord et de Baalbek-Hermel, où les frappes semblent se concentrer, entraînant un grand nombre de blessés. Dans le sud du pays, y compris les gouvernorats de Nabatieh et du Sud, les violences ont également fait de nombreuses victimes : Nabatieh, par exemple, enregistre à lui seul 13 morts et 42 blessés. Ces régions, déjà marquées par une histoire de tensions et de conflits, sont aujourd’hui des points névralgiques de cette escalade de violence.
Le choix de frapper dans ces zones est particulièrement symbolique, car elles regroupent à la fois des infrastructures civiles, des lieux de vie et des sites stratégiques. Cela entraîne des déplacements massifs de population, des familles fuyant vers des zones supposées plus sûres, tout en surchargeant les infrastructures d’accueil des réfugiés internes. Ces mouvements de population créent une pression supplémentaire sur les ressources locales et les structures de soutien aux civils.
Réactions de la communauté internationale et appels à l’aide
Face à cette catastrophe humanitaire, les appels à la solidarité et à l’aide internationale se multiplient. Les agences des Nations Unies, les ONG internationales et plusieurs pays alliés ont déjà envoyé des aides d’urgence, mais la situation sur le terrain exige un soutien encore plus massif et coordonné. Les besoins sont colossaux et incluent non seulement des fournitures médicales, mais également de la nourriture, de l’eau potable et des abris pour les civils déplacés.
L’OMS (Organisation mondiale de la santé) a exprimé ses préoccupations quant aux attaques répétées contre les hôpitaux et le personnel médical, soulignant que ces actes constituent une violation du droit international humanitaire. La Croix-Rouge internationale et d’autres organisations humanitaires tentent d’acheminer des aides d’urgence, mais l’insécurité croissante complique leurs efforts.
La réponse du gouvernement libanais
Le gouvernement libanais, malgré une situation économique et politique déjà critique, s’efforce de coordonner les secours avec les partenaires internationaux et les organisations humanitaires locales. Le Premier ministre par intérim, Najib Mikati, a demandé une intervention d’urgence de la communauté internationale et a appelé le Conseil de sécurité de l’ONU à agir pour garantir la protection des civils et des infrastructures critiques au Liban.
Les autorités libanaises font également pression pour que les violations de souveraineté soient reconnues et condamnées au niveau international. Cependant, le Liban est confronté à un dilemme majeur : ses options de défense sont limitées face à un ennemi puissant, et l’escalade militaire entraîne des pertes civiles massives, ce qui pourrait encore attiser les tensions dans la région.
Vers une crise prolongée ?
La crise humanitaire et sécuritaire que traverse le Liban soulève de graves questions sur l’avenir proche. Si les hostilités se poursuivent, le pays pourrait se retrouver plongé dans un conflit prolongé, aggravant davantage une situation déjà désespérée. Le coût humain et matériel de cette agression est dévastateur, et le Liban, avec ses ressources limitées, risque d’avoir besoin d’une aide soutenue pour des années à venir.
La reconstruction des infrastructures, la prise en charge des traumatismes psychologiques chez les survivants, et la restauration de la capacité des services de santé seront des défis majeurs pour le pays, une fois la crise immédiate passée. Pour l’instant, la priorité demeure d’assurer des soins de première nécessité et de protéger autant que possible les civils pris au piège de cette escalade de violence.



