Depuis plusieurs jours, le Liban est le théâtre d’une escalade militaire majeure entre Israël et le Hezbollah, qui a déjà coûté la vie à plus de 2000 personnes, selon les dernières informations fournies par le gouvernement libanais. Alors que les frappes israéliennes se multiplient sur tout le territoire libanais, particulièrement au sud et dans la banlieue sud de Beyrouth, le Hezbollah répond avec des salves de roquettes, ciblant des positions israéliennes dans le nord d’Israël. Ce cycle de violence semble s’intensifier à mesure que les heures passent, plongeant le pays dans une situation de guerre de plus en plus ouverte.
Les événements marquants de la matinée
Bombardements intensifiés dans la banlieue sud de Beyrouth
La nuit dernière et tôt ce matin, plusieurs vagues de frappes aériennes israéliennes ont ciblé la banlieue sud de Beyrouth, notamment les quartiers de Burj al-Barajneh et Haret Hreik. Les frappes, qui ont provoqué des destructions massives, ont aussi fait plusieurs victimes civiles. Selon les rapports locaux, des immeubles résidentiels ont été touchés, et les équipes de secours sont toujours à la recherche de survivants sous les décombres.
Les drones israéliens ont également été vus survolant la capitale libanaise à basse altitude, créant un climat de terreur parmi les habitants. Vers 11h du matin, des frappes ont ciblé la zone proche de l’aéroport de Beyrouth, perturbant les opérations humanitaires en cours, malgré l’arrivée d’une cargaison d’aide internationale destinée aux hôpitaux et aux réfugiés.
Raids israéliens sur le sud du Liban
Les villages du sud du Liban continuent de subir les frappes israéliennes. Les localités de Khiam, Marj Harouf, et Nabatieh ont été touchées par des raids aériens successifs. Deux jeunes hommes ont perdu la vie lors d’une frappe qui a ravagé une maison à Marj Harouf, aggravant le bilan humain de la journée.
Des combats au sol ont également été rapportés dans les zones proches de Yaroun et Maroun al-Ras, où le Hezbollah affirme avoir détruit un char Merkava israélien avec un missile guidé. Ces attaques font partie des nombreuses ripostes du Hezbollah à la suite des bombardements israéliens, notamment sur la base aérienne de Ramat David, située en Israël.
Tirs de roquettes du Hezbollah
Le Hezbollah a tiré une série de roquettes en direction de la base aérienne israélienne de Miron et de la ville de Safed ce matin. Les roquettes ont atterri dans des zones ouvertes autour de Safed, sans causer de dommages majeurs, mais les sirènes d’alerte ont retenti dans toute la région. Cette attaque survient en réponse aux frappes israéliennes intensifiées contre des positions du Hezbollah au Liban.
La « Brigade du martyr Omar al-Qassem », affiliée au Hezbollah, a revendiqué plusieurs attaques à l’artillerie lourde contre des positions israéliennes à Nitzarim, affirmant qu’il s’agit d’une réponse directe aux crimes commis à Gaza et au Liban, ainsi qu’à l’assassinat présumé de hauts dirigeants du Hezbollah.
Situation humanitaire critique
La situation humanitaire au Liban devient de plus en plus critique. Les hôpitaux, déjà en sous-effectif en raison de la crise économique, peinent à faire face à l’afflux massif de blessés. Six hôpitaux sont maintenant partiellement ou complètement hors service en raison des bombardements, aggravant une situation médicale déjà catastrophique. Le ministre libanais de la Santé a lancé un appel à l’aide internationale, soulignant la nécessité urgente de médicaments et d’équipements médicaux pour traiter les blessés.
L’Organisation mondiale de la santé a déclaré que 73 membres du personnel médical libanais avaient été tués depuis le début des frappes israéliennes, tandis que le Croissant-Rouge libanais déplore la perte de plusieurs membres de son personnel.
Les bombardements ont également exacerbé la crise des réfugiés au Liban. L’ONU a annoncé que plus de 200 000 personnes avaient quitté le Liban pour se réfugier en Syrie, fuyant les combats. Cependant, les conditions dans les camps de réfugiés en Syrie restent précaires, aggravées par la surcharge des infrastructures locales.
Efforts diplomatiques et initiatives de cessez-le-feu
Sur le plan diplomatique, l’Iran, soutien clé du Hezbollah, a intensifié ses efforts pour obtenir un cessez-le-feu. Le ministre iranien des Affaires étrangères, arrivé aujourd’hui à Damas pour des consultations, a exprimé son espoir de voir la communauté internationale prendre des mesures concertées pour mettre fin aux hostilités. Bien que plusieurs initiatives soient en discussion, notamment par le biais de médiateurs internationaux, aucune avancée concrète n’a encore été réalisée.
Pendant ce temps, les pays occidentaux, notamment les États-Unis et le Royaume-Uni, continuent d’appeler à la désescalade, tout en évacuant leurs ressortissants du Liban. La Chine a également annoncé avoir évacué plus de 200 de ses citoyens, tandis que la Corée du Sud a évacué 97 de ses ressortissants en raison de la détérioration de la sécurité dans le pays.
Les perspectives militaires : une intensification probable
Israël semble se préparer à intensifier encore davantage ses opérations militaires au Liban. Selon des informations rapportées par les médias israéliens, le cabinet de sécurité israélien envisage d’élargir les opérations terrestres dans le sud du Liban. L’objectif déclaré d’Israël est de neutraliser les infrastructures militaires du Hezbollah, qu’il accuse d’utiliser des civils comme boucliers humains en installant ses bases de commandement dans des zones densément peuplées.
De son côté, le Hezbollah montre peu de signes d’apaisement. Ses forces continuent de harceler l’armée israélienne avec des attaques de missiles et d’artillerie, provoquant des pertes dans les rangs israéliens. Le groupe chiite reste déterminé à résister aux incursions israéliennes, affirmant que toute escalade supplémentaire se fera au prix de pertes encore plus lourdes pour Israël.



