mardi, février 24, 2026

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Pour un Nord global politique : condition de survie des démocraties

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Par Bernard Raymond Jabre

Le monde entre dans une nouvelle phase de son histoire.
Elle n’est ni idéologique au sens ancien, ni purement économique. Elle est normative et stratégique. Ce ne sont plus seulement des intérêts qui s’affrontent, mais des visions incompatibles de l’homme, du droit et de la souveraineté.

Face à ce que l’on appelle désormais le Sud global, réalité hétérogène mais de plus en plus coordonnée dans ses discours et ses pratiques, les démocraties libérales ne peuvent plus se contenter d’exister par habitude. Elles doivent se définir, ou disparaître comme pôle politique.

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Il devient nécessaire de penser et d’assumer un Nord global, non pas géographique ou ethnique, mais politique, institutionnel et civilisationnel.

Ce Nord global ne se fonde ni sur la richesse, ni sur l’héritage colonial, ni sur une prétendue supériorité morale. Il se fonde sur un choix clair : celui de la démocratie représentative, de l’État de droit, de la séparation des pouvoirs, des libertés individuelles et de l’universalité des droits de l’homme. Non comme slogans, mais comme normes contraignantes, opposables, vécues.

Sans cette clarification, le discours occidental sur les valeurs devient inaudible. Il se dissout dans le relativisme, pendant que d’autres blocs affirment sans complexe leurs propres normes, souvent incompatibles avec les nôtres.

Mais un Nord global ne peut être seulement moral.
Il doit être économiquement et financièrement souverain.

Des démocraties dont les budgets sont chroniquement désarticulés, dont les dettes deviennent des instruments de dépendance, dont les monnaies sont fragmentées et dont les marchés sont ouverts sans réciprocité, sont des démocraties fragiles. La naïveté économique n’est plus une vertu : elle est devenue une vulnérabilité stratégique.

Il faut une coordination budgétaire réelle, une architecture monétaire cohérente, une capacité commune de financement stratégique et une protection assumée des secteurs vitaux — énergie, technologies, alimentation, défense. Non pour se fermer au monde, mais pour cesser d’être structurellement dépendants de ceux qui ne partagent ni nos règles ni nos finalités.

Enfin, un Nord global doit assumer une dimension militaire et sécuritaire.
Les valeurs ne survivent pas seules. Elles ont besoin d’être protégées.

Sans capacité de défense intégrée, sans doctrine stratégique commune, sans autonomie industrielle et sans dissuasion crédible, les démocraties restent exposées aux pressions, aux chantages et aux faits accomplis. La fragmentation sécuritaire est une invitation à la faiblesse.

Il ne s’agit pas de chercher la confrontation.
Il ne s’agit pas de dominer le Sud global, ni de le nier dans sa diversité et sa légitimité historique. Il s’agit de reconnaître que beaucoup d’acteurs rejettent désormais l’universalité des droits, instrumentalisent le relativisme culturel et utilisent les règles du système international sans en accepter l’esprit.

Dans ce contexte, le Nord doit cesser de s’excuser d’exister.
Il doit s’organiser pour durer.

Le monde n’est plus un espace moral unifié.
Il est redevenu un espace de rapports de force normatifs.

Si le Nord global ne se définit pas politiquement, économiquement et militairement, il ne sera plus un pôle. Il ne sera plus qu’un souvenir.

Bernard Raymond Jabre

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Bernard Raymond Jabre
Bernard Raymond Jabre
Bernard Raymond Jabre, Etudes scolaires à Jamhour puis à l’Ecole Gerson à Paris, continua ses études d’économie et de gestion licence et maitrise à Paris -Dauphine où il se spécialise dans le Master « Marchés Financiers Internationaux et Gestion des Risques » de l’Université de Paris - Dauphine 1989. Par la suite , Il se spécialise dans la gestion des risques des dérivés des marchés actions notamment dans les obligations convertibles en actions et le marché des options chez Morgan Stanley Londres 1988 , et à la société de Bourse Fauchier- Magnan - Paris 1989 à 1991, puis il revint au Liban en 1992 pour aider à reconstruire l’affaire familiale la Brasserie Almaza qu’il dirigea 11 ans , puis il fonda en 2003 une société de gestion Aleph Asset Management dont il est actionnaire à 100% analyste et gérant de portefeuille , de trésorerie et de risques financiers internationaux jusqu’à nos jours.

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