Une frappe israélienne a touché, pour la première fois depuis le début de l’agression contre le Liban, la région d’Aïtou-Ehden, située dans le district de Zgharta et plus précisément la route qui mène à cette localité, au nord du pays. Ce bombardement marque une extension géographique inattendue du conflit, ciblant une zone éloignée des régions habituellement associées aux tensions avec Israël.
Les premières hypothèses tournent autour d’une possible erreur de ciblage ou d’une tentative de déstabilisation plus large en touchant des zones non impliquées directement dans le conflit. Certains analystes avancent que cette frappe pourrait viser à envoyer un message de dissuasion généralisée ou à créer un climat de peur et de confusion à travers tout le Liban, en étendant les bombardements à des régions plus calmes.
Pour l’heure, aucune précision n’est donnée quant à la cible visée côté israélien. Certains estiment cependant que cette frappe pourrait être un message adressé à Sleiman Franjieh, candidat à la présidence et allié du mouvement chiite.
Aïtou-Ehden est une zone montagneuse, située dans le gouvernorat du Nord-Liban, à une altitude élevée, offrant des paysages pittoresques et un climat frais. Ehden, une ville voisine, est connue comme l’un des centres historiques de la communauté maronite libanaise. Cette région est largement peuplée de chrétiens maronites, une confession qui a joué un rôle clé dans l’histoire politique et religieuse du Liban.
Ehden est aussi célèbre pour son patrimoine culturel, ses églises anciennes et son engagement dans la préservation de l’identité maronite. La région, très touristique, attire de nombreux visiteurs en été pour sa fraîcheur et son environnement naturel. Aïtou, une localité proche, partage ces caractéristiques, étant également un village majoritairement chrétien maronite.
Le bombardement de cette région surprend à plusieurs égards. D’abord, Aïtou-Ehden se trouve loin des zones de conflit habituelles dans le sud du Liban, où le Hezbollah est actif. Historiquement, la région de Zgharta n’est pas connue pour être un bastion du Hezbollah, contrairement à d’autres régions comme la Bekaa ou le sud. Par conséquent, cette attaque soulève des questions sur les raisons qui ont poussé Israël à viser une localité chrétienne maronite dans le nord.
Implications pour la région et réactions
La frappe sur Aïtou-Ehden a provoqué la stupeur des habitants et a rapidement suscité des condamnations locales. Cette région chrétienne, qui n’a historiquement pas de lien direct avec les factions armées impliquées dans le conflit, voit d’un très mauvais œil cette escalade. Les responsables locaux et religieux appellent à la retenue et exhortent la communauté internationale à intervenir pour limiter les frappes sur des zones civiles.
Les récentes frappes israéliennes se sont intensifiées, avec des attaques qui ont touché plusieurs régions libanaises au-delà de la frontière sud, y compris le Kesrouan et Batroun, des zones plus éloignées traditionnellement épargnées par les conflits directs. Ces frappes témoignent d’une expansion géographique des cibles israéliennes, dans ce qui semble être une tentative d’affaiblir davantage le Hezbollah en attaquant des positions moins exposées mais stratégiquement importantes.
Frappes dans le Kesrouan
Dans la région du Kesrouan, qui est principalement connue pour être un bastion chrétien situé au nord de Beyrouth, des frappes israéliennes ont visé des positions supposées du Hezbollah et de ses infrastructures. Ces frappes ont notamment ciblé des caches d’armes et des bases logistiques dissimulées dans des zones montagneuses et isolées, selon des sources militaires israéliennes. Il s’agit d’une stratégie visant à priver le Hezbollah de ses points d’appui à l’intérieur du Liban, en s’attaquant à des régions qu’il aurait infiltrées pour éloigner ses stocks d’armes des zones plus surveillées par la communauté internationale.
Cependant, ces frappes ont provoqué un tollé au sein de la population locale et des responsables politiques libanais, qui dénoncent la mise en danger de civils et l’extension du conflit dans des régions relativement pacifiques jusqu’à présent. Les infrastructures civiles ont aussi été affectées, causant des dégâts matériels et amplifiant les inquiétudes sur une escalade incontrôlable du conflit.
Attaques dans la région de Batroun
Dans la région de Batroun, une autre zone chrétienne du nord du Liban, les frappes israéliennes ont visé des sites soupçonnés d’abriter des opérations de renseignement du Hezbollah et des équipements militaires. Bien que le Hezbollah n’ait pas de forte présence visible dans cette région, il est accusé d’avoir implanté des cellules discrètes et des infrastructures à usage militaire, telles que des systèmes de communication et des stocks d’armement, pour éloigner ses actifs des zones plus vulnérables au sud.
Ces frappes ont eu lieu dans un contexte de montée des tensions, alors que le Hezbollah intensifie ses activités militaires en réponse aux frappes israéliennes. Certains analystes voient dans ces actions israéliennes une tentative de priver le Hezbollah de sa capacité à manœuvrer et à mobiliser des ressources depuis des zones plus éloignées du front.



