Une augmentation alarmante des abandons scolaires
Le Liban est confronté à une hausse significative de l’abandon scolaire. Selon des estimations récentes, environ 30 % des enfants libanais en âge scolaire ont quitté les bancs de l’école entre 2020 et 2024, une tendance attribuée principalement à la crise économique qui sévit depuis plusieurs années. Les écoles publiques, déjà surchargées et sous-financées, accueillent une grande majorité d’élèves issus des familles les plus démunies, mais sont incapables de répondre à la demande croissante.
Les chiffres marquants du phénomène
- Le taux d’abandon scolaire dans les écoles publiques a doublé en cinq ans, atteignant 25 % en 2023. Les régions rurales, particulièrement dans la Békaa et le nord du Liban, enregistrent les taux les plus élevés.
- Dans le secteur privé, près de 15 % des élèves ont été transférés vers les écoles publiques ou ont quitté le système scolaire en raison de l’augmentation des frais de scolarité.
- Plus de 70 % des enfants issus de familles réfugiées n’ont pas accès à une éducation formelle, renforçant les inégalités au sein de la société.
Les impacts immédiats sur l’éducation
La hausse des abandons scolaires est accompagnée par une diminution de la qualité de l’enseignement dans les écoles publiques. Selon des sources locales :
- Environ 60 % des écoles publiques n’ont pas les moyens de fournir des manuels scolaires, ce qui oblige les familles à couvrir des frais supplémentaires qu’elles ne peuvent souvent pas se permettre.
- Le nombre moyen d’élèves par classe a augmenté de 20 % dans les écoles publiques, dépassant parfois 50 élèves par classe dans certaines zones rurales.
- Les enseignants, confrontés à des retards de salaire, se retrouvent démotivés, aggravant les défis éducatifs.
Une crise qui amplifie les inégalités
Le fossé entre les enfants issus de milieux favorisés et ceux des familles vulnérables s’élargit. Alors que certains enfants bénéficient encore d’une éducation de qualité dans des écoles privées, la majorité des élèves dépendent d’un système public en crise.
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Les enfants les plus touchés sont ceux qui vivent dans des régions isolées ou qui appartiennent à des communautés marginalisées. Cette disparité aggrave les inégalités sociales et économiques, menaçant la cohésion nationale à long terme.
Les conséquences sociales à long terme
L’abandon scolaire massif au Liban pourrait avoir des répercussions durables sur la société et l’économie :
- L’augmentation du travail des enfants, en particulier dans des secteurs informels et dangereux, est directement liée à la hausse des abandons scolaires.
- Une génération entière pourrait être privée des compétences nécessaires pour participer à la reconstruction économique du pays.
- Les tensions sociales pourraient s’aggraver, alimentées par un sentiment d’injustice croissant parmi les jeunes marginalisés.



