L’armée libanaise a mené, dans la matinée du 11 février 2026, des opérations de perquisition dans les régions de Baalbek et d’Akkar, aboutissant à l’arrestation de deux citoyens et à la confiscation d’équipements destinés à la production de stupéfiants. Ces interventions s’inscrivent dans un cadre plus large de renforcement des mesures sécuritaires au Liban, où les forces armées multiplient les actions contre les réseaux criminels impliqués dans le narcotrafic, un fléau qui mine la stabilité socio-économique du pays depuis des années.
Dans la localité de Boudai, près de Baalbek, une unité militaire a investi les domiciles de suspects recherchés. L’opération a permis l’interpellation d’un individu identifié comme A. Sh., impliqué dans des tirs antérieurs. Sur place, les forces ont découvert des machines utilisées pour la fabrication de drogue ainsi qu’une importante quantité de substances illicites. Cette saisie met en lumière l’extension des ateliers clandestins dans la vallée de la Békaa, une zone historiquement propice à de telles activités en raison de sa géographie et de ses liens transfrontaliers.
Parallèlement, une patrouille de la direction du renseignement a procédé à l’arrestation d’un autre citoyen, U. M., dans la ville de Bbnine, dans le gouvernorat d’Akkar. Ce dernier est accusé d’une série de délits graves, incluant des fusillades ayant blessé plusieurs personnes, des vols à main armée, l’imposition de taxes illégales et la circulation de monnaie contrefaite. Les objets confisqués ont été remis aux autorités compétentes, et une enquête a été ouverte sous la supervision du parquet.
Ces actions soulignent l’engagement continu de l’institution militaire dans la lutte contre le narcotrafic, un effort qui s’est intensifié depuis le début de 2025. Selon le communiqué officiel de la direction de l’orientation de l’armée, ces mesures sécuritaires visent à éradiquer les réseaux qui exploitent la vulnérabilité des régions frontalières pour prospérer. « Dans le cadre des mesures sécuritaires mises en œuvre par l’institution militaire pour combattre le commerce de drogue, une unité de l’armée a perquisitionné les maisons de suspects à Boudai – Baalbek, et a arrêté le citoyen (A. Sh.) pour avoir tiré à des dates antérieures, et a saisi des machines pour la fabrication de drogue et une grande quantité de celle-ci », précise le document.
La vallée de la Békaa, particulièrement Baalbek-Hermel, reste un épicentre du trafic de stupéfiants au Liban. Des opérations similaires ont été rapportées au cours des mois précédents, avec des saisies massives de Captagon, une amphétamine synthétique largement produite et exportée depuis la région. Par exemple, le 7 février 2026, l’armée a confisqué 3,8 millions de pilules de Captagon et 73 kg de drogue lors d’un raid à Baalbek, marquant l’une des plus importantes prises de l’année. Ces interventions révèlent la sophistication des laboratoires clandestins, souvent équipés de machines importées et protégés par des réseaux armés.
Akkar, au nord du pays, n’échappe pas à cette dynamique. La zone, frontalière avec la Syrie, facilite les échanges illicites, et les forces de sécurité y multiplient les patrouilles pour contrer les infiltrations. L’arrestation d’U. M. illustre la polyvalence des criminels opérant dans ces territoires, qui combinent narcotrafic, extorsion et violence armée. Les autorités ont noté une augmentation des incidents liés à la contrefaçon monétaire, souvent liée à des groupes transnationaux exploitant la porosité des frontières.
Ces raids interviennent dans un contexte où l’armée libanaise, soutenue par des renseignements précis, cible les points névralgiques du narcotrafic. Fin janvier 2026, des unités ont démantelé des sites de production à Hermel et Baalbek, arrêtant deux suspects et saisissant des armes. Une autre opération, le 30 janvier, a abouti à l’interpellation de quatre Syriens et d’un Libanais pour vol et trafic de drogue, avec la récupération de véhicules volés. Ces efforts cumulés démontrent une stratégie offensive visant à perturber les chaînes d’approvisionnement et de distribution.
Le narcotrafic dans la Békaa n’est pas un phénomène isolé. Il s’entremêle avec des dynamiques régionales, impliquant des liens avec des groupes armés et des États voisins. Des sources officielles ont rapporté que des laboratoires de Captagon, souvent financés par des réseaux internationaux, produisent des millions de pilules destinées à l’exportation vers les pays du Golfe. Une saisie de 64 millions de pilules en septembre 2025, dans la même région, avait déjà alerté sur l’ampleur du problème. L’armée, en coordination avec des partenaires étrangers, a intensifié ses raids pour couper ces flux, comme en témoigne l’opération du 29 janvier 2026, où un laboratoire a été démantelé suite à un renseignement saoudien.
Les implications socio-économiques sont profondes. Dans des zones comme Baalbek, où le chômage frappe durement, le trafic offre une alternative illégale à l’agriculture traditionnelle. Les forces armées, conscientes de cela, intègrent des mesures de développement local pour contrer l’attrait des réseaux criminels. Des patrouilles régulières et des checkpoints renforcés visent à restaurer la confiance des populations locales, souvent victimes collatérales de ces activités.
