Un constat alarmant sur l’état du Liban
Des sources diplomatiques françaises anonymes ont récemment exprimé leurs préoccupations concernant la situation critique au Liban. Elles ont souligné l’urgence pour les dirigeants libanais d’adopter des réformes structurelles afin de sortir de l’impasse économique et politique actuelle. Selon elles, ces réformes sont indispensables non seulement pour débloquer l’aide internationale, mais également pour restaurer la confiance des citoyens dans les institutions.
Des réformes structurelles comme priorité
Ces sources ont identifié plusieurs axes majeurs de réformes pour relancer le pays :
- Lutte contre la corruption :
- Les sources françaises ont dénoncé la corruption omniprésente qui freine le développement du Liban. Elles appellent à la création d’organismes indépendants capables de poursuivre et de sanctionner les responsables de détournements de fonds publics.
- Elles insistent également sur la transparence dans la gestion publique, avec des audits réguliers et accessibles à la population.
- Réforme du secteur bancaire :
- Les diplomates ont mis en lumière la nécessité d’une restructuration du secteur bancaire, incluant une recapitalisation des institutions et la protection des petits déposants.
- Ils ont critiqué l’opacité actuelle des banques libanaises, qui a miné la confiance des citoyens et des investisseurs internationaux.
- Réforme du secteur énergétique :
- Le secteur énergétique, longtemps source de gaspillage et de déficits, est une priorité absolue. Les sources françaises ont insisté sur l’importance de moderniser les infrastructures et d’introduire des énergies renouvelables pour réduire la dépendance aux générateurs privés.
- Amélioration de la gouvernance fiscale et budgétaire :
- Elles ont souligné la nécessité d’une gestion rigoureuse des finances publiques, incluant une réduction des dépenses inutiles et une collecte plus efficace des impôts.
Une critique de l’immobilisme politique
Les sources françaises ont exprimé leur frustration face à l’immobilisme des élites politiques libanaises, accusées de privilégier leurs intérêts partisans au détriment de l’intérêt national. Elles ont averti que cette inaction risque de compromettre le soutien de la communauté internationale.
En particulier, elles ont évoqué les retards dans la formation du gouvernement et l’incapacité des dirigeants à répondre aux attentes de la population. « Sans réformes tangibles, le Liban continuera de perdre la confiance de ses partenaires internationaux », ont-elles déclaré.
Le rôle de la France et de l’Union européenne
Les diplomates ont rappelé l’engagement de la France, en collaboration avec l’Union européenne, pour soutenir le Liban dans cette période de crise. Les initiatives incluent :
- Le programme CEDRE : Ce programme, lancé en 2018, prévoit des financements conditionnés à des réformes. Cependant, la majorité des fonds restent bloqués faute de progrès dans leur mise en œuvre.
- Soutien humanitaire et technique : La France finance des projets dans les domaines de la santé, de l’éducation et de l’énergie, mais insiste sur une utilisation transparente des fonds.
- Initiatives diplomatiques : Paris joue un rôle actif pour encourager les négociations entre les différentes factions libanaises et promouvoir une solution consensuelle à la crise politique.
Un avertissement sévère
Les diplomates français ont conclu en avertissant que si les dirigeants libanais ne prennent pas des mesures rapides, les conséquences économiques et sociales pourraient devenir irréversibles. Ils ont souligné que l’aide internationale reste conditionnée à des réformes claires et tangibles.



