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À la vue des résultats de la rencontre du Groupe des Amis du Liban qui s’est déroulée aujourd’hui à l’initiative de la France à Paris, quelques éléments de réflexions… d’une réunion qui ressemble à une montagne qui accouche d’une souris

Précédemment, la communauté internationale ne semblait pas souhaiter de changement politique au Liban en raison de l’inconnu que cela suppose. Ainsi, ils souhaitaient garder un staff politique pourtant largement décrédibilisé au sein de la population, pour éviter un afflux de réfugiés syriens en Europe, ou encore en Syrie, chose que ni Damas, ni Moscou, ni Téhéran ne souhaitaient. Israël jouait un jeu dangereux, souhaitant affaiblir le Hezbollah mais estimant aussi que les manifestations pouvaient le renforcer si l’état lâche, d’où la suspension de l’aide à l’armée libanaise puis sa reprise. La dégradation économique est aussi soulignée par les déclarations aujourd’hui du président du Syndicat des industriels libanais. Il semblerait qu’il espérait que la communauté internationale puisse garantir l’achat de matières premières nécessaires à la production locale. Cette espérance ne s’est pas concrétisée. 

Mais aujourd’hui, l’image de la réunion de Paris, l’absence de progrès pour constituer un nouveau gouvernement fait dire que les politiciens libanais ne veulent pas lâcher leurs prérogatives et refusent toute concession. Outre l’impasse politique sur la constitution du prochain gouvernement et les partis qui exigent de garder quelques strapontins ministériels, il semblerait qu’ils jouent également la politique du pire. 

C’est comme si les politiciens libanais voulaient que la communauté internationale verse une aide urgente au Liban en raison des craintes concernant une déstabilisation économique et son impact politique avec un afflux de réfugiés en Europe et des risques de raviver l’antagonisme entre sunnites, chiites et israéliens sur le sol libanais. 

Ainsi aussi, ils semblent souhaiter éviter les mécanismes de suivis de CEDRE, mécanismes qui n’étaient pas prévus dans le cadre de Paris II et III et dont l’absence avait permis à ce que des sommes importantes soient détournées, ce qu’on paye aujourd’hui comme prix dans la cadre de la politique économique et l’endettement public. 

Ils jouaient donc le jeu de voir la situation s’aggraver, se pourrir pour garder le contrôle tant politique que dans les affaires, chose que tant les manifestants que la communauté internationale ne souhaitent pas. 

Peut-être est-ce là aujourd’hui un tournant. La crise économique, faute de gouvernement et de libération de l’aide sous les conditions de la communauté internationale devrait s’aggraver. Le système économique montre aujourd’hui ses premiers signes d’effondrement, avec une augmentation de la dette publique qui était déjà estimée à plus de 150% du PIB, avec le nombre de faillites qui se multiplie, le taux de chômage officieux qui augmente, les risques d’effondrement de nombreux établissements bancaires qui n’auraient pas instauré un système de contrôle des capitaux le cas échéant, les réserves monétaires nettes qui s’effondrent et dont on ne connait en réalité pas le montant. 

La dégradation économique est aussi soulignée par les déclarations aujourd’hui du président du Syndicat des industriels libanais. Il semblerait qu’il espérait que la communauté internationale puisse garantir l’achat de matières premières nécessaires à la production locale. Cette espérance ne s’est également pas concrétisée aujourd’hui, enlevant les dernières illusions qu’on pourrait avoir 

Le risque de faillite augmente. La tutelle économique internationale semble également ne plus être seulement un scénario mais un mal nécessaire comme l’évoque bien l’étude publiée par la Bank of America – Merril Lynch, face à l’incapacité de la classe politique libanaise non seulement à résoudre la situation mais surtout à reconnaitre sa gravité. Ils sont dans le déni.

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