Le 4 juin 2025, la presse libanaise met en lumière une conjoncture nationale dominée par l’instabilité politique, les tensions sécuritaires croissantes au Sud du pays, et les difficultés économiques persistantes.
Conflits institutionnels et critiques contre le gouvernement Salam
La crise politique occupe une large part de l’actualité. Selon Ad Diyar (04/06/2025), une atmosphère de méfiance institutionnelle règne entre les principaux pôles du pouvoir. Le quotidien rapporte que le gouvernement dirigé par Nawaf Salam fait face à une série de désaccords internes sur les mesures économiques, en particulier sur le dossier des subventions et des prix des carburants, provoquant l’opposition frontale de plusieurs blocs parlementaires. An Nahar(04/06/2025) précise que le parti des Forces Libanaises a été le plus virulent dans sa contestation, annonçant un recours juridique imminent contre la décision du gouvernement d’ajuster les prix à la hausse, alors que les autres partis comme le Parti Kataëb et le bloc du « Renouveau » se montrent critiques sans aller jusqu’à la rupture.
Toujours selon An Nahar (04/06/2025), le ministre de l’Industrie Joe Issa Khoury a entamé des démarches auprès de Nawaf Salam pour reconsidérer ces décisions. Ce mouvement de contestation survient alors que Salam tente de mettre en œuvre un programme de réformes que ses adversaires jugent précipité et non concerté. Ces tensions soulignent une fracture entre le chef du gouvernement et les différents partis représentés au sein du cabinet, alimentant les craintes d’un nouveau blocage institutionnel.
Mobilité diplomatique : visites croisées et soutien conditionnel
En parallèle, la presse rapporte une intense activité diplomatique. Ad Diyar (04/06/2025) évoque l’arrivée à Beyrouth du ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araqchi, venant du Caire, dans le cadre d’une tournée régionale. Il aurait réitéré le soutien de Téhéran au Liban, conditionné toutefois à une « approche nationale » des crises internes, sans préciser les détails de cette ligne de conduite. Le journal note que cette visite intervient alors que l’envoyé français Jean-Yves Le Drian s’apprête à revenir à Beyrouth pour discuter notamment du renouvellement du mandat de la FINUL et de la situation au Sud.
Toujours selon Ad Diyar (04/06/2025), les discussions franco-libanaises porteront aussi sur la gestion des réfugiés syriens et le rôle de l’UNRWA, dans un contexte où la pression démographique et sociale reste forte. Le quotidien souligne l’importance pour Beyrouth de maintenir un équilibre diplomatique entre les soutiens iraniens et occidentaux.
Tensions sécuritaires au Sud et crainte d’une escalade
Les tensions militaires à la frontière sud du Liban sont également au cœur de l’actualité. D’après Al Liwa’(04/06/2025), des salves de roquettes auraient été tirées depuis la région de Marjayoun en direction d’Israël, entraînant une riposte immédiate de Tsahal par des frappes aériennes ciblées. Ces hostilités marquent une nouvelle étape dans l’escalade progressive entre Israël et les factions armées présentes au Liban.
Toujours selon Al Liwa’ (04/06/2025), des alertes ont été émises dans 139 localités israéliennes, dont les environs de l’aéroport de Ben Gurion, temporairement paralysé. Israël impute ces tirs au Hezbollah, bien que le mouvement dirigé désormais par Naim Qassem n’ait pas revendiqué l’action. Ces événements remettent en question la stabilité fragile obtenue après les accords de désescalade de novembre 2024.
Al Akhbar (04/06/2025) souligne l’inquiétude de plusieurs chancelleries occidentales quant à un élargissement du conflit, notamment à la suite de la décision de Washington d’envoyer un nouvel émissaire militaire dans la région. Le quotidien évoque également des spéculations dans les cercles politiques libanais sur une possible redistribution des rôles au sein de la coalition gouvernementale pour apaiser les tensions.
Soutiens internationaux et promesses économiques conditionnées
Sur le plan économique, An Nahar (04/06/2025) rapporte la tenue d’un forum sur le gouvernement numérique en présence de Nawaf Salam, au cours duquel le Premier ministre a rappelé l’engagement du Liban à rejoindre l’Organisation de coopération numérique. Il a annoncé que le pays pourrait recevoir une enveloppe de 150 millions de dollars de la part du FMI et d’autres bailleurs internationaux si le Parlement approuve les réformes nécessaires. Cette aide, conditionnée, est censée contribuer à la modernisation de l’économie et à la lutte contre la corruption.
La même source souligne que le partenariat avec la société Starlink pour renforcer la connectivité au Liban pourrait marquer une étape symbolique vers la relance numérique, bien que l’opposition politique remette en cause les modalités du contrat.
Joseph Aoun : soutien discret mais stratégique
Le président de la République Joseph Aoun s’est montré discret dans les médias ce 4 juin, mais plusieurs sources mentionnent des interventions symboliques. Selon An Nahar (04/06/2025), il a rappelé l’importance du dialogue national et de la neutralité diplomatique dans un contexte de tensions régionales. Il aurait également appuyé le plan du gouvernement en matière d’infrastructures numériques, tout en appelant à une vigilance stricte sur la gestion des ressources.
Ad Diyar (04/06/2025) note que Joseph Aoun aurait également participé à des discussions à huis clos avec le chef de l’armée concernant les déploiements au Sud, mais aucun communiqué officiel n’a été émis à ce sujet.
Panorama général : impasse politique et volatilité sécuritaire
La presse du 4 juin 2025 dépeint un tableau d’impasse institutionnelle et de crispation politique où le gouvernement de Nawaf Salam peine à s’imposer face à une coalition parlementaire divisée. L’ombre de l’instabilité régionale et des menaces sécuritaires pèse lourdement sur le pays, d’autant que les réponses économiques peinent à convaincre. Le retour des acteurs internationaux sur la scène libanaise, de l’Iran à la France en passant par les agences des Nations Unies, suggère une tentative de relance diplomatique, encore fragile.
Politique locale : tensions institutionnelles, fractures partisanes et contestations gouvernementales
Le paysage politique libanais au 4 juin 2025 est marqué par une intensification des dissensions internes, des critiques croissantes contre le gouvernement de Nawaf Salam, et des recompositions d’alliances au sein de l’échiquier partisan. La presse nationale révèle une série de clivages autour de la gestion économique, des nominations administratives et de la souveraineté militaire.
Fracture au sein du gouvernement autour de la politique énergétique
Le dossier des carburants a suscité une controverse majeure au sein du gouvernement. Selon An Nahar (04/06/2025), les Forces Libanaises ont annoncé leur intention de déposer un recours auprès du Conseil d’État contre la récente décision de l’exécutif d’augmenter les prix des carburants. Le parti considère cette mesure comme une atteinte au pouvoir d’achat des citoyens sans garantie de redistribution équitable. Ce recours est soutenu, de manière moins directe, par le Parti Kataëb, tandis que le Bloc du Renouveau a exprimé des réserves sans engager de procédure juridique.
Le quotidien souligne que cette opposition frontale est dirigée contre Nawaf Salam personnellement, accusé d’avoir agi de manière unilatérale sous l’influence des bailleurs internationaux. Cette décision a également mis en évidence des tensions internes, notamment avec le ministre de l’Industrie Joe Issa Khoury, qui a plaidé pour une révision immédiate du décret au sein du Conseil des ministres.
Nominations controversées et retour du clientélisme administratif
Toujours selon An Nahar (04/06/2025), la nomination de Karim Souaid à la tête de la Banque du Liban a été imposée contre l’avis du Premier ministre. Cette désignation a reçu l’appui du président Joseph Aoun et d’une frange de l’entourage présidentiel, notamment de la ministre des Finances. La presse y voit le signe d’un retour à une logique de partage confessionnel et de clientélisme dans les nominations, en contradiction avec les promesses de réforme du gouvernement.
Le journal révèle également que d’autres postes-clés dans la haute administration, comme ceux liés à la Cour des comptes et à la direction des douanes, font l’objet de marchandages politiques, en particulier entre les blocs chiites et les représentants du Courant patriotique libre. Cette fragmentation compromet l’efficacité de la gouvernance et alimente la défiance au sein de l’opinion publique.
Le Hezbollah en retrait stratégique, mais influent
Dans Al Akhbar (04/06/2025), des sources proches du Hezbollah indiquent que le mouvement dirigé par Naim Kassem adopte une position de retrait relatif des débats parlementaires pour éviter de polariser davantage le climat politique. Toutefois, ce retrait n’est pas synonyme d’inaction. Le quotidien souligne que le Hezbollah intervient discrètement dans les arbitrages liés à la sécurité au Sud et à la politique économique, notamment à travers ses représentants au sein de l’appareil gouvernemental.
Le journal rapporte également que le parti chiite soutient tacitement la stabilisation de l’exécutif actuel, préférant une continuité institutionnelle qui garantirait le maintien des équilibres sécuritaires internes et des canaux d’approvisionnement logistique depuis la Syrie.
Blocages parlementaires et tensions autour de la loi électorale
La perspective d’une réforme de la loi électorale ressurgit. Selon Al Joumhouriyat (04/06/2025), plusieurs députés du Courant du Futur, de retour au Parlement après une période d’absence médiatique, plaident pour une modification du découpage électoral en faveur de circonscriptions plus larges. Cette proposition est rejetée par les partis chrétiens, qui y voient une menace contre la représentativité communautaire. Le président de la Chambre, Nabih Berri, s’est pour l’instant abstenu de trancher, mais des consultations informelles sont en cours.
Le journal évoque également un regain de tensions au sein de la commission parlementaire mixte, notamment entre les députés chiites et sunnites, autour du calendrier législatif relatif aux privatisations. L’absence de consensus sur les textes économiques majeurs bloque plusieurs projets attendus, comme la réforme du secteur de l’électricité et la restructuration de la dette.
Retour de la contestation sociale et critiques contre la centralisation
An Nahar (04/06/2025) note également une reprise de la contestation sociale dans certaines régions du Nord et de la Békaa, notamment autour des inégalités d’accès aux services publics. Plusieurs groupes de citoyens ont organisé des sit-in devant les préfectures pour protester contre les coupures d’électricité prolongées et l’absence d’eau potable. Le quotidien cite des élus locaux qui dénoncent « la centralisation inopérante de l’État » et réclament une plus grande autonomie administrative.
Le mouvement semble encore embryonnaire mais reçoit le soutien implicite de certaines ONG et de figures issues de la société civile. L’Association des Municipalités du Sud a également publié un communiqué dénonçant l’absence de concertation dans la répartition des aides internationales.
Joseph Aoun en médiateur silencieux entre les blocs
Le président de la République Joseph Aoun poursuit un rôle d’arbitre discret mais constant. Selon Ad Diyar(04/06/2025), il aurait tenu des réunions informelles avec des représentants de plusieurs blocs parlementaires, dont ceux des Forces Libanaises, du Hezbollah et du Mouvement Amal. L’objectif de ces rencontres serait d’apaiser les tensions autour de la politique budgétaire et d’éviter un effondrement du gouvernement Salam.
Le journal souligne que le chef de l’État veille à ce que le Liban respecte ses engagements internationaux sans provoquer une rupture politique interne. Il s’appuie pour cela sur le soutien de la France et d’autres acteurs européens présents dans la région.
Citation et discours des personnalités politiques : positionnements divergents et déclarations stratégiques
Les déclarations publiques de plusieurs figures politiques le 4 juin 2025 révèlent un climat politique marqué par les tensions institutionnelles, la rivalité des visions stratégiques et les rapports avec les puissances régionales et internationales. La presse libanaise offre un panorama contrasté où s’expriment la volonté de réformes, les critiques acerbes contre les décisions gouvernementales, mais aussi les réaffirmations identitaires et souverainistes.
Nawaf Salam : « Le Liban tiendra ses engagements internationaux »
Le Premier ministre Nawaf Salam a prononcé un discours à l’ouverture d’un forum sur le gouvernement numérique, selon An Nahar (04/06/2025). Il y a déclaré : « Le Liban poursuivra la voie des réformes économiques et administratives pour réintégrer les mécanismes de soutien multilatéraux. » Cette intervention survient dans un contexte de défiance d’une partie de la classe politique vis-à-vis de son programme de réformes, notamment après l’annonce de la hausse des prix des carburants.
Toujours selon An Nahar (04/06/2025), Salam a insisté sur l’importance de moderniser les infrastructures technologiques du pays pour assurer une meilleure transparence administrative. Il a salué le partenariat potentiel avec l’entreprise Starlink pour renforcer la connectivité du Liban, y voyant « un symbole du retour de la confiance internationale envers le Liban ». Toutefois, cette déclaration n’a pas désamorcé les critiques, certains députés considérant l’accord comme opaque.
Joseph Aoun : « L’unité nationale doit primer sur les clivages »
Le président de la République Joseph Aoun a quant à lui tenu un discours à huis clos, rapporté par Ad Diyar(04/06/2025), devant une délégation du Parlement français. Il y aurait affirmé que « l’unité nationale doit guider toutes les décisions politiques, notamment en période de tensions régionales et de défis économiques ». Aoun a exprimé son attachement à la souveraineté du Liban, soulignant que « le respect des engagements militaires, comme l’application de la résolution 1701, demeure une priorité nationale ».
Ad Diyar précise également que le président a évoqué le rôle modérateur de la France dans les relations entre Beyrouth et les institutions européennes, et a appelé à une approche équilibrée dans la gestion des réfugiés et des enjeux de sécurité.
Naim Qassem : « La souveraineté ne se partage pas, elle s’impose »
Dans une interview rapportée par Al Liwa’ (04/06/2025), Naim Qassem, secrétaire général du Hezbollah, a déclaré : « La souveraineté ne se partage pas, elle s’impose par la force et par la constance de notre position nationale. » Cette formule fait suite aux nouvelles tensions à la frontière sud, où des échanges de tirs ont été rapportés.
Il a ajouté : « Ceux qui imaginent que le Hezbollah se laissera désarmer sous pression internationale ignorent l’Histoire et le peuple. » Cette déclaration vise implicitement certaines formations politiques libanaises appelant à une intégration exclusive des armes dans le cadre de l’armée nationale.
Sami Gemayel : « Le gouvernement échoue à construire un consensus »
Le président du parti Kataëb, Sami Gemayel, s’est exprimé dans les colonnes de An Nahar (04/06/2025) pour critiquer la gestion de Nawaf Salam. Il a affirmé : « Ce gouvernement agit sans concertation, sans programme clair et sans horizon institutionnel. » Il a également accusé l’exécutif de contourner les mécanismes de contrôle démocratique, notamment en matière de subventions et d’accords internationaux.
Gemayel a conclu en demandant la tenue urgente de consultations parlementaires pour redéfinir les priorités économiques, ajoutant que « la réforme ne peut se faire sans légitimité populaire ni respect des équilibres constitutionnels ».
Nabih Berri : « Le Parlement doit retrouver son rôle pivot »
Le président de la Chambre, Nabih Berri, a pour sa part déclaré dans Al Joumhouriyat (04/06/2025) : « Le Parlement doit redevenir l’axe de la vie politique, et non une chambre d’enregistrement de décisions gouvernementales. » Il a également affirmé qu’il convoquera sous peu une session extraordinaire pour débattre du projet de loi sur la décentralisation et de la réforme électorale.
Berri s’est exprimé devant des journalistes accrédités au Parlement, dénonçant le fait que plusieurs projets de lois sont bloqués depuis des mois par des considérations confessionnelles et partisanes, notamment ceux concernant les finances locales et les attributions des municipalités.
Jean-Yves Le Drian : « Le Liban doit respecter ses engagements »
Enfin, bien que non libanais, la déclaration du représentant français Jean-Yves Le Drian a eu un retentissement fort, comme le rapporte Ad Diyar (04/06/2025). Lors d’une rencontre informelle, il a déclaré : « Le Liban ne peut plus se permettre de remettre en question les engagements pris auprès de la communauté internationale. »
Il a insisté sur la nécessité de maintenir la mission de la FINUL et d’appliquer intégralement la résolution 1701, tout en appelant à un dialogue politique sérieux sur le désarmement des milices. Il a averti que le soutien international dépendait de la stabilité politique interne et de la transparence dans les politiques économiques.
Diplomatie : intensification des échanges bilatéraux et pressions internationales
La scène diplomatique libanaise, au 4 juin 2025, est caractérisée par une activité soutenue, marquée par la visite du ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araqchi, les préparatifs de la venue de Jean-Yves Le Drian et la recomposition des priorités américaines au Moyen-Orient. Les positions exprimées par les responsables internationaux mettent en relief le rôle stratégique du Liban dans l’équilibre régional et l’urgence d’un repositionnement politique à Beyrouth.
Abbas Araqchi en visite à Beyrouth : appui à la souveraineté libanaise et ouverture à la reconstruction
Selon Al Akhbar (04/06/2025), Abbas Araqchi est arrivé à Beyrouth en provenance du Caire pour une visite diplomatique jugée stratégique. Il a rencontré le président Joseph Aoun, le président du Parlement Nabih Berri et le Premier ministre Nawaf Salam. Le quotidien rapporte que le chef de la diplomatie iranienne a affirmé que l’Iran est prêt à soutenir « la souveraineté, la stabilité et la reconstruction du Liban », tout en réitérant le rejet de toute ingérence dans les affaires intérieures libanaises.
Al Sharq Al Awsat (04/06/2025) cite également Araqchi : « Notre présence ici est l’expression d’un attachement à des relations interétatiques fondées sur le respect mutuel et la coopération. » Il a déclaré que l’Iran soutenait la capacité du Liban à résister à toute forme d’occupation, en particulier dans le Sud. Selon Ad Diyar (04/06/2025), il a proposé une « aide technique et logistique immédiate pour les projets de reconstruction des infrastructures essentielles » si le gouvernement en fait la demande officielle.
Précisions iraniennes sur les relations stratégiques
Toujours selon Al Akhbar (04/06/2025), le ministre iranien a insisté sur la nécessité pour Beyrouth de ne pas céder aux pressions israéliennes ou américaines. Il aurait déclaré à huis clos : « Le Liban est un pays ami, et nous n’imposons aucune orientation politique. Mais nous n’accepterons pas qu’il devienne un pion dans un axe hostile à la Résistance. »
Le journal rapporte que cette visite s’inscrit dans le cadre d’un repositionnement régional de l’Iran, qui entend raffermir ses liens avec ses alliés traditionnels sans toutefois exclure une normalisation progressive avec certaines puissances du Golfe.
Préparatifs de la visite de Jean-Yves Le Drian et priorités françaises
Ad Diyar (04/06/2025) informe que Jean-Yves Le Drian, représentant spécial du président français Emmanuel Macron, devrait se rendre à Beyrouth la semaine suivante pour discuter du renouvellement du mandat de la FINUL, du suivi de la résolution 1701, et du soutien européen à la réforme administrative.
Selon Al Joumhouriyat (04/06/2025), Le Drian insistera sur deux axes : la restructuration du secteur public et la mise en œuvre effective des engagements pris lors de la Conférence de soutien au Liban, prévue pour l’automne. La France entend conditionner toute aide supplémentaire à la désignation d’autorités judiciaires indépendantes et à la reprise des audits dans le secteur bancaire.
Le président Joseph Aoun aurait déjà signifié son accord de principe sur ces points, tout en appelant à une coordination entre les puissances impliquées afin de ne pas créer un déséquilibre régional, selon les mêmes sources.
Évolution de la politique américaine au Liban et dans la région
Ad Diyar (04/06/2025) souligne que Washington, confrontée à l’enlisement en Syrie et au repositionnement de la Russie, aurait décidé de redonner priorité au dossier libanais. La visite annulée de Morgan Ortagus et son remplacement par un nouveau représentant — non encore nommé — témoignent de ce changement d’orientation. Les discussions entre l’administration Trump et le Congrès visent à réévaluer le soutien militaire à l’armée libanaise, jugé insuffisant face à l’influence du Hezbollah.
Al Akhbar (04/06/2025) révèle que des pressions auraient été exercées sur le gouvernement libanais pour limiter la participation de sociétés iraniennes aux appels d’offres liés à la reconstruction. Toutefois, le Premier ministre Nawaf Salam aurait affirmé à son entourage que « la priorité va à la transparence et à l’efficacité, peu importe l’origine des partenaires ».
Négociations indirectes sur la frontière maritime : statu quo tendu
Selon Al Sharq (04/06/2025), les négociations indirectes entre le Liban et Israël sur la démarcation maritime restent suspendues. Le journal cite une source diplomatique européenne selon laquelle « les pourparlers sont en pause technique, dans l’attente d’un signal clair de Beyrouth sur la volonté de conclure avant la fin de l’année ». Ce blocage est en partie lié à l’augmentation des tensions sécuritaires dans le Sud, comme l’ont illustré les échanges de tirs mentionnés par Al Liwa’ (04/06/2025).
La diplomatie française et les Nations Unies tentent actuellement de relancer les discussions, en insistant sur l’importance d’un accord qui permettrait au Liban d’exploiter de nouvelles ressources énergétiques.
Politique internationale : crispations nucléaires, recompositions stratégiques et tensions régionales
Le 4 juin 2025, la presse arabe et libanaise accorde une large place aux enjeux internationaux, principalement à travers les négociations sur le nucléaire iranien, les développements en Syrie, la guerre en Ukraine, et les recompositions d’alliances au Moyen-Orient. Ces dynamiques soulignent un monde multipolaire sous tension, où chaque acteur cherche à préserver ses intérêts dans un contexte d’escalade régionale et d’incertitudes globales.
Le nucléaire iranien au cœur des tensions avec les États-Unis
Selon Al 3arabi Al Jadid (04/06/2025), les négociations entre l’Iran et les États-Unis sur le nucléaire ont atteint un point critique. Le président américain Donald Trump a réaffirmé son refus catégorique d’un quelconque accord autorisant le moindre niveau d’enrichissement de l’uranium par Téhéran. Il a déclaré : « Nous ne permettrons à l’Iran aucun enrichissement. Point final. »
En réponse, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araqchi a répliqué que « l’enrichissement de l’uranium est un droit souverain non négociable pour l’Iran », selon la même source. Il a qualifié les propositions américaines de « floues et inacceptables ». Al Bina’ (04/06/2025) précise que l’Iran étudie encore la dernière offre américaine mais juge qu’elle manque de garanties concrètes sur la levée des sanctions.
Cette impasse intervient dans un contexte où le programme nucléaire iranien est décrit comme « trop avancé pour être arrêté » par un diplomate européen cité par Al 3arabi Al Jadid (04/06/2025), ajoutant que « l’Iran pourrait réactiver entièrement ses centrifugeuses d’ici quelques mois ».
Syrie : réajustements stratégiques des puissances internationales
Dans Al Sharq Al Awsat (04/06/2025), la décision américaine de réduire considérablement son déploiement militaire en Syrie a été confirmée par le nouveau représentant spécial Thomas Barak. Ce dernier a annoncé que l’armée américaine n’aurait plus qu’une seule base dans le pays, contre trois auparavant. Cette mesure marque un changement de cap important, Washington admettant que « sa politique en Syrie a échoué depuis plus de deux décennies ».
La base de la « Green Village » a été fermée, celle du « Euphrates » transférée aux Forces démocratiques syriennes (FDS), et une troisième base non nommée a été démantelée. Ces mesures ont été accompagnées d’une réaffirmation du soutien aux FDS, malgré les critiques d’Ankara.
Par ailleurs, Al Sharq (04/06/2025) évoque la reprise des contacts indirects entre la Turquie et les Kurdes syriens, sous médiation américaine. Tulay Hatim Oghlullari, députée pro-kurde en Turquie, a déclaré : « Nous espérons que ces rencontres permettront de relancer un processus de paix bloqué depuis 2015. »
Ukraine : la guerre se durcit et les positions se raidissent
Le conflit en Ukraine continue d’occuper une place centrale dans la presse internationale. Selon Al Sharq Al Awsat(04/06/2025), l’ancien président russe Dmitri Medvedev a affirmé que « l’objectif de Moscou n’est pas une paix négociée, mais une victoire totale contre le régime de Kiev ». Cette déclaration coïncide avec la révélation d’une opération ukrainienne contre le pont stratégique du détroit de Kertch, revendiquée par le service de sécurité ukrainien.
De son côté, Al 3arabi Al Jadid (04/06/2025) rapporte que les autorités ukrainiennes ont présenté une nouvelle demande d’aide militaire à Washington, soulignant l’urgence d’un soutien renforcé face à « l’intensification des attaques russes sur le front Est ». Un envoyé spécial ukrainien aurait été reçu par le département d’État américain pour évoquer un plan de résilience économique et militaire.
Dans le même temps, une « note russe de capitulation » transmise lors de la conférence d’Istanbul a été révélée, conditionnant un cessez-le-feu à la reconnaissance de l’annexion de quatre régions ukrainiennes par Moscou. Cette proposition a été immédiatement rejetée par Kiev, selon Al 3arabi Al Jadid (04/06/2025), qui y voit un « ultimatum masqué ».
Soudan : affrontements persistants et accusations croisées
En Afrique, Al Sharq Al Awsat (04/06/2025) fait état d’un nouvel épisode violent au Soudan, où les forces armées soudanaises et les unités de soutien rapide se sont mutuellement accusées de l’attaque d’un convoi humanitaire. Cet événement a ravivé les craintes d’un retour à la guerre civile généralisée, alors que les négociations en cours à Djibouti n’ont toujours pas permis d’aboutir à une trêve durable.
Le Conseil de sécurité de l’ONU a exprimé sa « profonde préoccupation » et demandé une enquête indépendante, tout en rappelant les obligations des parties en vertu du droit humanitaire international.
Économie : déséquilibres persistants, alertes monétaires et dépendance extérieure
La presse libanaise du 4 juin 2025 dresse un portrait préoccupant de l’économie nationale. Le déficit commercial s’aggrave, les flux bancaires se contractent, les crédits d’importation chutent et les réformes exigées par les bailleurs internationaux piétinent dans un climat politique instable. À cela s’ajoute une insatisfaction croissante des acteurs économiques locaux face à l’opacité des décisions prises par les autorités financières et gouvernementales.
Déficit commercial : une aggravation structurelle
Selon An Nahar (04/06/2025), le Liban a enregistré un déficit commercial de 5,1 milliards USD entre janvier et avril 2025, en hausse de 13 % par rapport à la même période de l’année précédente. Cette évolution est due à une augmentation plus rapide des importations (+14 %) que des exportations (+7 %). Les importations totales se sont élevées à 6,3 milliards USD, tandis que les exportations ont atteint seulement 1,2 milliard USD. La balance commerciale reste donc fortement déficitaire, avec un ratio import/export de 5,3 à 1.
An Nahar précise que les produits importés concernent principalement les carburants, les denrées alimentaires et les équipements médicaux, tandis que les exportations sont dominées par les métaux, les bijoux et les produits agricoles. La dépendance chronique du Liban vis-à-vis des importations, accentuée par l’affaiblissement du secteur productif local, continue d’alimenter une spirale déficitaire inquiétante.
Crise des crédits documentaires : un effondrement révélateur
Toujours selon An Nahar (04/06/2025), les crédits documentaires ouverts par les banques libanaises pour financer les importations ont chuté de manière spectaculaire, passant de 48 millions USD en avril 2024 à seulement 6,7 millions USD en avril 2025, soit une baisse de 86 %. Ce recul traduit une perte de confiance des institutions financières internationales envers le système bancaire libanais, ainsi qu’un durcissement des conditions de financement à l’importation.
Les entreprises importatrices se trouvent désormais confrontées à des délais accrus et à des coûts supplémentaires pour sécuriser leurs approvisionnements. Plusieurs chambres de commerce régionales, notamment celle du Sud et du Mont Liban, ont adressé une lettre conjointe au ministère de l’Économie pour alerter sur « les risques de rupture d’approvisionnement si des mécanismes de garantie ne sont pas rapidement rétablis ».
Politiques budgétaires et tension sur les finances publiques
Le quotidien Ad Diyar (04/06/2025) indique que le ministère des Finances travaille à l’élaboration d’un projet de budget révisé pour 2025, intégrant une réduction des dépenses de fonctionnement de 12 %, conformément aux recommandations du FMI. Toutefois, plusieurs ministères, dont ceux de la Santé et de l’Éducation, ont fait part de leur désaccord sur ces coupes budgétaires qu’ils jugent « irréalistes dans un contexte de crise humanitaire ».
Le même journal révèle que le déficit primaire prévu serait de 2,6 milliards USD, avec une dette publique maintenue à 165 % du PIB. Cette situation limite la capacité du gouvernement à investir dans les infrastructures ou à engager une relance de la production locale.
Dépendance vis-à-vis des bailleurs internationaux : des conditions strictes
La poursuite des discussions avec le FMI reste un point central. Selon An Nahar (04/06/2025), le Premier ministre Nawaf Salam a confirmé que le Liban pourrait accéder à une enveloppe de 150 millions USD, conditionnée à l’adoption d’un nouveau cadre légal pour la régulation bancaire et la réforme des subventions. Or, la majorité parlementaire reste divisée sur ces points, ce qui freine l’adoption des textes nécessaires.
Par ailleurs, le journal souligne que la Conférence de Paris prévue à l’automne 2025 pourrait voir ses aides suspendues si le Liban n’apporte pas de garanties sur l’indépendance judiciaire et la traçabilité des fonds publics. Le président Joseph Aoun aurait exprimé son soutien à ces exigences lors de sa rencontre avec l’émissaire français Jean-Yves Le Drian, mais aucun texte n’a encore été soumis au vote.
Société : inégalités territoriales, tensions sociales et résilience locale
La presse libanaise du 4 juin 2025 évoque une société en tension, confrontée à la dégradation des services publics, à des inégalités croissantes entre les régions, et à la résurgence de mouvements de protestation dans plusieurs localités. Dans le même temps, des initiatives citoyennes et locales tentent de pallier les carences de l’État et de préserver un tissu social fragilisé.
Pénuries et coupures : services publics en déroute
An Nahar (04/06/2025) rapporte que de nombreuses régions du pays, notamment la Békaa, le Akkar et certaines zones du Sud, font face à des coupures prolongées d’électricité dépassant les vingt heures par jour. Le journal souligne que les générateurs privés, jadis solution de repli, deviennent inaccessibles à de nombreuses familles en raison de la hausse continue du prix du diesel.
Selon les témoignages recueillis par le quotidien, les écoles publiques et les hôpitaux souffrent également de l’absence d’électricité, compromettant leur fonctionnement. À Tripoli, une école primaire a dû suspendre temporairement ses activités, tandis que l’Hôpital public de Baalbeck fonctionne avec un générateur partagé avec la municipalité, selon les mêmes sources.
Mobilisations citoyennes locales : entre contestation et entraide
Face à l’incapacité de l’État à répondre aux besoins de base, des mobilisations citoyennes émergent. Toujours selon An Nahar (04/06/2025), un collectif de jeunes de Saïda a lancé une campagne intitulée « Nour wa Ma’ » (Lumière et Eau), visant à distribuer des batteries et des filtres à eau aux familles les plus démunies. Cette initiative a été soutenue par plusieurs ONG locales et par la municipalité, qui y voit un « modèle de solidarité de proximité ».
À Beyrouth, des sit-in se sont tenus devant le ministère de l’Énergie, appelant à la démission du ministre et à la transparence sur les contrats de fourniture. Le quotidien rapporte que ces mobilisations sont pacifiques mais que les forces de sécurité ont été déployées de manière préventive. Aucune violence n’a été rapportée.
Inégalités territoriales et fracture sociale
Al Liwa’ (04/06/2025) consacre une enquête à la situation dans les zones rurales du Nord, où les habitants dénoncent une absence quasi totale de l’administration centrale. L’article donne la parole à des élus municipaux du Akkar, qui regrettent que les aides internationales soient concentrées dans la capitale ou dans les camps de réfugiés, délaissant les villages isolés. Un responsable local y déclare : « Nous sommes citoyens de seconde zone, sans routes, sans écoles, sans eau potable. »
Le journal évoque également la situation des réfugiés syriens, qui vivent souvent dans des conditions similaires, mais dont la présence suscite des tensions sociales croissantes. Plusieurs maires appellent à un soutien renforcé aux populations hôtes pour prévenir l’hostilité croissante.
Conditions de travail et précarité : une économie informelle en expansion
Al Akhbar (04/06/2025) met en lumière la dégradation des conditions de travail dans plusieurs secteurs. Les employés des supermarchés, pharmacies et sociétés de sécurité privée sont souvent contraints de travailler 12 à 14 heures par jour pour un salaire mensuel qui dépasse rarement les 200 USD, selon des données issues de syndicats non reconnus officiellement. Le journal rapporte également une hausse du travail informel, notamment chez les jeunes diplômés et les femmes, exclues du marché formel de l’emploi.
Dans ce contexte, des initiatives d’économie sociale et solidaire émergent. À Zahlé, une coopérative de femmes a relancé la production de confitures artisanales pour alimenter les cantines scolaires locales. Le projet, soutenu par une ONG suisse, emploie actuellement vingt femmes, dont plusieurs mères célibataires.



