Le 1er octobre 2025, l’ensemble des journaux libanais accordent une large place aux répercussions de l’offensive israélienne sur Gaza, à la suite de la proposition américaine de cessez-le-feu. Plusieurs titres mettent en exergue les implications de cette crise sur la stabilité régionale et ses effets indirects sur le Liban.
Dans Ad Diyar (01 10 2025), Michel Nassar analyse l’impact géopolitique du plan de Donald Trump pour Gaza, validé par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Le journal souligne que ce plan, tout en maintenant la supériorité militaire israélienne, pourrait modifier l’équilibre des alliances à la frontière nord d’Israël, en impliquant indirectement le Liban. Le Hezbollah se retrouve ainsi face à un dilemme stratégique : maintenir son soutien à la cause palestinienne tout en évitant une confrontation directe avec Israël.
Al Quds (01 10 2025) rapporte que la direction du Hamas étudie toujours la proposition de cessez-le-feu formulée par Washington. Le président américain Donald Trump a donné à la faction palestinienne un délai de trois à quatre jours pour répondre, conditionnant toute trêve à l’acceptation sans négociation des 20 points énumérés dans le plan. Le Premier ministre qatari, Mohammed ben Abdelrahmane Al Thani, a confirmé à la chaîne Al Jazeera que la proposition nécessitait encore des clarifications et des négociations. Il a souligné que bien que l’objectif principal soit d’arrêter la guerre, plusieurs aspects de la mise en œuvre restaient flous.
Dans Al 3arabi Al Jadid (01 10 2025), le correspondant d’Istanbul évoque l’implication turque dans les négociations. Des rencontres ont eu lieu à Doha entre des délégations du Qatar, de la Turquie, de l’Égypte et du Hamas pour étudier la faisabilité de la proposition. Le quotidien rapporte aussi les menaces explicites de Donald Trump à l’encontre du Hamas : « Ils n’ont que quelques jours pour répondre, sinon ils en paieront le prix en enfer », a-t-il déclaré lors d’un discours à Quantico, Virginie. Le plan américain a reçu le soutien de plusieurs États arabes et occidentaux, mais sans garantie d’application, ce qui renforce la position israélienne et accentue la pression sur les factions palestiniennes.
La couverture militaire américaine du ciel libanais
Parallèlement aux développements à Gaza, Al Akhbar (01 10 2025) met en lumière l’intensification de la présence militaire américaine dans le ciel libanais. Selon l’article signé Hamza Al-Khansa, des drones américains de type MQ-9 Reaper ont survolé à plusieurs reprises, de manière quasi quotidienne, des zones stratégiques du Liban entre janvier et septembre 2025. Ces missions, non coordonnées avec les autorités libanaises, soulèvent de sérieuses inquiétudes en matière de souveraineté.
Le journal rapporte que ces vols ont failli provoquer trois collisions majeures avec des avions civils empruntant les couloirs aériens de l’aéroport international de Beyrouth. Al Akhbar insiste sur l’absence totale de transparence de la part de l’armée américaine, qui refuse de communiquer les trajets et altitudes de ses drones, malgré les demandes répétées de la direction de l’aviation civile libanaise.
Ces missions sont officiellement justifiées par l’application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité, selon les autorités américaines. Toutefois, le journal affirme qu’elles servent aussi à alimenter en temps réel l’intelligence opérationnelle israélienne, notamment dans le cadre de l’opération “Toufane al-Aqsa”, déclenchée en 2023.
Les lignes de front s’élargissent au Liban-Sud
La situation au Liban-Sud demeure explosive. Ad Diyar (01 10 2025) rapporte l’échec des tentatives de stabilisation menées par la commission militaire conjointe libano-israélienne sous l’égide de l’ONU. L’aviation israélienne continue de mener des raids aériens dans la région du Bekaa et dans le Sud, en violation de l’accord de cessez-le-feu indirect signé à la fin de 2023.
Le journal détaille que les bombardements récents ont touché des civils, notamment une famille tuée par une frappe de drone dans le secteur de Marjayoun. Malgré les appels du gouvernement libanais à la communauté internationale, notamment à la France et aux États-Unis, aucune réponse concrète n’a été apportée. Le Conseil de sécurité reste inactif face à ces violations, alors même que la commission onusienne chargée de superviser le cessez-le-feu inclut des officiers américains et français.
Dans ce contexte, le débat sur le désarmement de la résistance revient au cœur de l’agenda politique libanais. Ad Diyarsouligne que les pressions occidentales pour restreindre les armes du Hezbollah sont perçues localement comme une tentative de déstabilisation interne, voire de déclenchement d’une guerre civile. Le journal évoque aussi les propositions internes pour restreindre l’armement au nord du fleuve Litani, une option rejetée par la direction de la résistance.
Rencontre tendue entre les présidences libanaises
Al Sharq (01 10 2025) et Al Liwa’ (01 10 2025) rapportent une rencontre entre le président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam à Baabda. La réunion, initialement prévue pour relancer les discussions autour du plan de défense nationale, a été marquée par des tensions visibles. Le contexte de cette réunion a été dominé par “l’incident de la roche de Raouché”, une altercation sécuritaire qui a exposé des divergences profondes entre l’armée et les services de sécurité dépendant du gouvernement.
Selon Al Quds (01 10 2025), l’entretien a porté sur la nécessaire centralisation des armes sous l’autorité de l’armée libanaise et la présentation imminente du rapport de l’état-major au Conseil des ministres. Ce rapport est attendu comme le prélude à des discussions sur l’unification de la chaîne de commandement militaire dans un contexte régional en délitement.
Trump, Netanyahu et la nouvelle donne géopolitique
La ligne éditoriale des journaux montre une lecture régionale commune des récents événements. Dans Al 3arabi Al Jadid (01 10 2025), Donald Trump assume un positionnement résolument militariste. Il y réaffirme la suprématie militaire américaine, évoque la modernisation de l’arsenal nucléaire et souligne le rôle des États-Unis dans la stabilisation du Moyen-Orient. Il confirme également les frappes de juin 2025 sur les sites nucléaires iraniens de Natanz, Fordow et Ispahan, les qualifiant de « destruction totale ».
Dans ce même contexte, Al Sharq Al Awsat (01 10 2025) note que le président américain a déclaré que son objectif était « une paix réelle par la force ». Il a promis un budget militaire d’un trillion de dollars pour 2026 et prévient d’une “guerre intérieure” sur le sol américain en raison des migrations et de la criminalité. En Israël, ces prises de position sont saluées par le gouvernement Netanyahu, mais critiquées par l’opposition, selon le journal.
Al Bina’ (01 10 2025) souligne l’absence de consensus à Tel Aviv, notamment sur la gestion de l’après-Gaza. Certains députés s’inquiètent du vide administratif en Cisjordanie et de l’enlisement diplomatique. Le gouvernement israélien semble miser sur un soutien militaire renforcé de Washington et sur la neutralisation progressive des acteurs non étatiques dans la région.
Politique locale : blocages institutionnels, affrontements parlementaires et tensions sécuritaires
La paralysie parlementaire au cœur des tensions politiques
Le 1er octobre 2025, les titres de la presse libanaise s’accordent à rapporter un climat institutionnel marqué par la paralysie du Parlement, l’aggravation des clivages politiques autour de la réforme électorale, et des divergences croissantes entre les pôles de l’exécutif.
Dans Al Joumhouriyat (01 10 2025), l’accent est mis sur la stratégie d’obstruction menée par plusieurs blocs parlementaires, notamment les Forces Libanaises, les Kataëb et des députés indépendants. Ces groupes ont boycotté la séance législative prévue à la place de Nejmeh, empêchant l’atteinte du quorum nécessaire pour voter plusieurs projets de lois. Le journal précise que cette action concertée s’inscrit dans une volonté de forcer une réforme du système électoral, en particulier la suppression de l’article 122 qui réserve six sièges aux députés de la diaspora.
Selon Al Sharq Al Awsat (01 10 2025), plus de la moitié des députés exigent une modification du mode de scrutin pour permettre aux électeurs expatriés de voter dans leurs circonscriptions d’origine, et non via un quota séparé. Le vice-président du Parlement, Elias Bou Saab, cité par le quotidien, alerte sur une « crise politique imminente » si aucun compromis n’est trouvé. Le journal rapporte également que le président du Parlement Nabih Berri refuse de retirer l’article 122 de l’ordre du jour, ce qui accentue les divisions.
Dans Al Sharq (01 10 2025), les mêmes enjeux sont abordés avec une attention particulière portée au rejet par certains députés de toute tentative d’accélérer le vote sur cette réforme. Le journal note que la session parlementaire, prévue depuis plusieurs semaines, a été torpillée à la suite d’un affrontement indirect entre Berri et le Premier ministre Nawaf Salam, ce dernier étant accusé de fuir ses responsabilités constitutionnelles en ne soutenant pas clairement le calendrier électoral.
Le clivage entre Baabda et le Grand Sérail sur les priorités législatives
Le clivage entre la présidence de la République et la présidence du Conseil des ministres est mis en lumière par Nahar(01 10 2025) et Al Quds (01 10 2025). Une rencontre a eu lieu entre le président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam dans le but de désamorcer les tensions liées à l’incident de la roche de Raouché, où des éléments armés non identifiés avaient mis en péril un périmètre sécurisé.
Al Quds indique que ce face-à-face entre les deux chefs de l’exécutif s’est tenu dans un climat tendu. Le président Aoun aurait rappelé à son interlocuteur la nécessité de renforcer la coordination entre l’armée et les services de sécurité rattachés à la primature. Selon le journal, la réunion aurait porté également sur l’agenda législatif à adopter pour les prochaines semaines, notamment la présentation par l’état-major d’un rapport sur la centralisation des armes dans le pays, prévu pour le 5 octobre.
De son côté, Al Liwa’ (01 10 2025) révèle que cette rencontre s’inscrit dans une tentative de relancer le dialogue national autour de la défense et de la souveraineté. Le journal rapporte que les deux hommes ont convenu de maintenir un canal de communication permanent malgré leurs divergences sur la gestion sécuritaire des incidents de Raouché. Il est aussi fait mention d’un désaccord implicite sur le rôle du président du Parlement, que Joseph Aoun considère comme un « obstacle à la réforme ».
L’ombre du Hezbollah dans les débats parlementaires
La question de la place du Hezbollah dans le dispositif institutionnel et militaire libanais reste centrale dans les discussions politiques actuelles. Ad Diyar (01 10 2025) évoque les pressions exercées sur le gouvernement pour engager un processus de désarmement progressif de la résistance. L’article rappelle que les États-Unis et la France accentuent leur pression diplomatique en conditionnant certaines aides à une politique de centralisation des armes.
Le journal affirme que le parti chiite refuse catégoriquement toute limitation de son arsenal en dehors des zones au sud du Litani. Le rapport de l’armée attendu début octobre pourrait suggérer une phase expérimentale de limitation dans une région définie, mais cette perspective est jugée inacceptable par la direction du Hezbollah, selon Ad Diyar. Dans ce contexte, certains analystes redoutent que le blocage politique actuel ne soit que le prélude à une crise plus large autour de la souveraineté militaire.
Al Akhbar (01 10 2025) traite également du rôle du Hezbollah dans la sécurisation du territoire national. Le journal rapporte que les survols intensifs de drones américains, sans coordination avec les autorités libanaises, sont perçus par le parti comme une atteinte directe à la souveraineté et une tentative d’imposer de facto une restructuration des équilibres de force dans le pays. L’article mentionne en particulier que ces incursions interviennent dans des zones où le Hezbollah maintient une présence stratégique.
Réactions politiques au niveau local
Les réactions des responsables politiques libanais aux crises parlementaires sont nombreuses. Dans Al Joumhouriyat(01 10 2025), un haut responsable cité anonymement critique l’attitude des Forces Libanaises et du Parti Kataëb, les accusant de populisme électoral. Le journal indique que le président du parti, Samir Geagea, aurait lui-même appelé Walid Joumblatt pour l’inciter à rejoindre le boycott parlementaire, mais sans succès. L’ancien dirigeant du Parti socialiste progressiste aurait refusé, estimant qu’il fallait maintenir une forme de continuité institutionnelle, même en période de tensions.
Le journal rapporte aussi que plusieurs députés indépendants souhaitent un dialogue interpartis pour rétablir le calendrier législatif. Ils appellent à une conférence nationale avant la fin octobre pour rediscuter des règles du jeu électoral et sécuritaire.
Al 3arabi Al Jadid (01 10 2025) fait état, quant à lui, d’une inquiétude croissante parmi les électeurs, notamment dans les régions rurales. Les citoyens, selon le journal, expriment leur fatigue face à une classe politique perçue comme déconnectée. Cette lassitude pourrait se traduire par une abstention massive lors des prochains scrutins si aucune réforme crédible n’est engagée rapidement.
Interférences régionales et pressions internationales
L’implication de puissances étrangères dans les affaires politiques internes est soulignée par plusieurs journaux. Al Sharq (01 10 2025) rapporte la deuxième visite en un mois du secrétaire général du Conseil de sécurité national iranien, Ali Larijani, à Beyrouth. Cette visite coïncide avec un regain de tension à la frontière sud et l’annonce par Moscou d’un projet de médiation dans le cadre du retour à la stabilité au Liban. Le journal affirme que Téhéran s’inquiète d’un désengagement américain du théâtre libanais, qui pourrait ouvrir la voie à un affaiblissement des alliés locaux.
Al Bina’ (01 10 2025) revient sur le positionnement ambigu de la France, qui participe à la mission onusienne dans le Sud tout en soutenant, selon certains observateurs, les propositions de désarmement progressif du Hezbollah. Le journal cite des sources anonymes qui évoquent des « lignes rouges » franchies par certaines missions diplomatiques, notamment des tentatives de médiation directe avec des partis politiques sans passer par les canaux gouvernementaux officiels.
Citations et discours des personnalités politiques : rhétorique de confrontation, enjeux institutionnels et pressions régionales
Donald Trump : discours martial et stratégie de puissance
Le 1er octobre 2025, la majorité des journaux libanais ont relayé les déclarations du président américain Donald Trump, prononcées lors d’un discours à Quantico, en Virginie, devant un parterre de hauts gradés militaires. Selon Al 3arabi Al Jadid (01 10 2025), Trump a vivement critiqué le fait de ne pas avoir reçu le prix Nobel de la paix, qualifiant ce refus « d’insulte à l’Amérique », et a affirmé avoir « mis fin à huit conflits armés en moins d’un an ». Il a insisté sur la nécessité de démontrer une puissance militaire sans faille, déclarant que les États-Unis « doivent être assez forts pour dissuader tout ennemi de les défier ».
Il a également évoqué les capacités nucléaires du pays, assurant que l’administration actuelle n’hésiterait pas à faire usage de « toute la force nécessaire » pour défendre ses intérêts, tout en menaçant indirectement la Russie. Al Sharq Al Awsat (01 10 2025) rapporte qu’il a annoncé une enveloppe budgétaire de mille milliards de dollars pour les forces armées en 2026, justifiant cette augmentation par les tensions persistantes avec l’Iran, la Chine et la Russie. Ce discours a été l’occasion pour lui de rappeler les frappes sur les installations nucléaires iraniennes à Natanz et Fordow, les qualifiant de « succès total ».
Concernant la situation à Gaza, Trump a fixé un ultimatum à Hamas de trois à quatre jours pour accepter sa proposition de cessez-le-feu. Ce plan, composé de vingt points, a été présenté comme un « cadre réaliste de fin des hostilités », selon Al 3arabi Al Jadid (01 10 2025). Le président américain a précisé que si Hamas refusait, « la réponse israélienne serait totale et soutenue par les alliés occidentaux ».
Joseph Aoun : discours présidentiel de stabilité et neutralité
Le président libanais Joseph Aoun s’est exprimé à plusieurs reprises sur les enjeux sécuritaires et diplomatiques de la période. Al Quds (01 10 2025) rapporte qu’il a salué les efforts diplomatiques américains visant à mettre un terme aux violences dans la bande de Gaza, tout en insistant sur la nécessité de préserver la souveraineté libanaise. Selon le quotidien, Joseph Aoun a souligné que « tout règlement régional doit respecter la dignité des peuples et ne peut se faire au détriment de la stabilité des pays voisins ».
Lors d’un entretien à Baabda avec l’ambassadeur du Qatar, le président a également remercié l’émir Tamim ben Hamad Al Thani pour son soutien aux institutions libanaises. L’émir lui a transmis un message de solidarité, selon lequel le Qatar s’engageait à continuer d’appuyer les missions de l’armée libanaise, en particulier dans l’application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité. Ces échanges, largement rapportés par Al Quds (01 10 2025), illustrent la volonté du président de maintenir une ligne diplomatique équilibrée et respectueuse des partenaires régionaux.
Nawaf Salam : sobriété verbale et prudence institutionnelle
Le Premier ministre Nawaf Salam, moins prolixe dans les médias, a tout de même fait l’objet de commentaires notables. Selon Al Sharq (01 10 2025), Salam s’est rendu au palais présidentiel sans faire de déclaration à la presse, à l’issue d’un entretien avec le chef de l’État portant sur la sécurité nationale. Cette discrétion est interprétée par plusieurs observateurs comme le signe d’une tension persistante entre les deux chefs de l’exécutif, sur fond de divergences liées à la gestion de la crise de la roche de Raouché.
Toujours selon Al Sharq (01 10 2025), Salam aurait défendu la nécessité d’un renforcement des coordinations sécuritaires et d’un maintien de l’ordre public par les forces officielles, dans le cadre d’une réforme plus large du système de sécurité intérieure. Il aurait également réitéré son engagement envers la stabilité institutionnelle et la tenue d’élections transparentes, malgré le blocage actuel du Parlement.
Elias Bou Saab : mise en garde sur la paralysie législative
Le vice-président du Parlement, Elias Bou Saab, a commenté l’impasse parlementaire dans Al Sharq Al Awsat (01 10 2025). Il y exprime sa préoccupation face à l’impossibilité de réunir le quorum nécessaire pour adopter plusieurs lois importantes, notamment la réforme électorale. Il souligne que « la désertion des députés met en péril la crédibilité de l’État » et appelle à un compromis entre les partis pour éviter un effondrement institutionnel.
Bou Saab insiste sur l’urgence de reprendre les travaux législatifs et de répondre aux exigences des citoyens. Il met en garde contre « une crise politique prolongée qui pourrait déstabiliser les équilibres déjà fragiles du pays ». Ses propos ont été interprétés comme une tentative de mobilisation de la majorité silencieuse du Parlement pour relancer le processus législatif.
Samir Geagea : offensive politique contre le statu quo
Le président des Forces Libanaises, Samir Geagea, a été cité dans Al Joumhouriyat (01 10 2025) pour avoir activement encouragé le boycott de la dernière séance parlementaire. Il aurait directement contacté Walid Joumblatt pour lui proposer une alliance tactique visant à bloquer le fonctionnement du Parlement jusqu’à la révision du système électoral. Geagea défend l’idée que les expatriés doivent voter dans leurs circonscriptions d’origine et non via un quota spécifique.
Il considère que « le maintien de ce dispositif d’exception viole le principe d’égalité des citoyens devant le suffrage ». Il appelle à « une réforme électorale immédiate et transparente », dénonçant les manœuvres de certaines forces politiques pour maintenir leur contrôle sur les sièges de la diaspora. Son discours se veut à la fois critique du gouvernement et mobilisateur auprès de l’opinion publique.
Mohammad ben Abdelrahman Al Thani : prudence et rôle de médiation
Le ministre qatari des Affaires étrangères, Mohammad ben Abdelrahman Al Thani, a joué un rôle diplomatique actif dans le dossier de Gaza, comme rapporté dans Al 3arabi Al Jadid (01 10 2025) et Al Quds (01 10 2025). Il a confirmé la remise officielle de la proposition de Donald Trump à la direction de Hamas à Doha, et précisé que « des discussions exploratoires étaient en cours pour définir les contours d’une acceptation possible ».
Il affirme que « le plan présente des points positifs, mais plusieurs aspects nécessitent clarification et négociation ». Le ministre insiste sur l’importance d’un processus de paix fondé sur la justice et l’inclusion des principales parties concernées. Le Qatar, selon ses propos rapportés par Al Quds, continue de plaider pour un cessez-le-feu immédiat et durable.
Benjamin Netanyahu : fermeté israélienne sans ambiguïté
Dans ses récentes déclarations, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a réaffirmé l’engagement de son gouvernement à maintenir une présence militaire à Gaza. Dans Al 3arabi Al Jadid (01 10 2025), il a indiqué que « les forces israéliennes ne se retireront pas tant que les objectifs de sécurité ne seront pas pleinement atteints ». Il a également précisé que « la souveraineté israélienne sur le territoire ne pouvait être négociée, quel que soit le contexte international ».
Netanyahu a par ailleurs critiqué les hésitations de Hamas, qualifiant leur position de « refus déguisé », et appelant la communauté internationale à faire pression sur les factions palestiniennes pour « éviter une nouvelle escalade ». Ces déclarations, relayées également par Al Sharq Al Awsat (01 10 2025), confirment la ligne dure adoptée par le gouvernement israélien.
Diplomatie : efforts de médiation autour de Gaza, positionnement du Liban et tensions régionales
Initiatives qatariennes et coordination régionale
Au 1er octobre 2025, les médias libanais mettent en avant le rôle diplomatique du Qatar dans le cadre des négociations autour du plan de cessez-le-feu américain à Gaza. Selon Al 3arabi Al Jadid (01 10 2025), une délégation diplomatique qatarienne a organisé des réunions à Doha avec des représentants du Hamas, mais également avec des responsables turcs et égyptiens, afin d’examiner en détail les vingt points de la proposition présentée par l’administration américaine.
Le ministre qatari des Affaires étrangères, Mohammad ben Abdelrahman Al Thani, a confirmé que la proposition avait été officiellement transmise à la direction du Hamas. Il a précisé que des discussions sont en cours pour clarifier plusieurs éléments jugés flous dans la mise en œuvre du plan. Al Quds (01 10 2025) souligne que le Qatar cherche à obtenir un engagement minimal de la part des factions palestiniennes avant de formaliser une position. Doha se positionne ainsi comme l’un des rares médiateurs acceptés par les deux parties.
Selon Al Sharq Al Awsat (01 10 2025), cette initiative qatarienne bénéficie du soutien implicite des États-Unis, qui espèrent parvenir à une désescalade rapide du conflit. Washington reste toutefois ferme sur l’absence de négociation possible autour du contenu du plan, insistant sur une acceptation intégrale et immédiate. Cette rigidité soulève des interrogations quant à la marge de manœuvre réelle des médiateurs régionaux.
Le Liban en position d’observation prudente
Le Liban, de son côté, adopte une posture diplomatique de retenue. Comme le rapporte Al Quds (01 10 2025), le président Joseph Aoun a exprimé son soutien à toute initiative visant à mettre fin à la guerre, tout en réaffirmant la position de neutralité du Liban dans les conflits extérieurs. Dans un échange officiel avec l’ambassadeur du Qatar à Beyrouth, le chef de l’État a salué les efforts de médiation entrepris par Doha.
Al Bina’ (01 10 2025) met en avant la prudence du gouvernement libanais, qui cherche à éviter toute implication directe dans le dossier palestinien, tout en affirmant son attachement aux résolutions du Conseil de sécurité. Le Premier ministre Nawaf Salam, dont les déclarations sont rapportées de manière indirecte par Al Sharq (01 10 2025), aurait indiqué que « le Liban observe avec attention le développement des pourparlers sans interférer dans les décisions souveraines des acteurs concernés ».
Cette position diplomatique reflète la volonté du Liban de ne pas s’aliéner ses partenaires arabes tout en maintenant une ligne de non-alignement. Le pays, déjà fragilisé par des tensions internes, ne dispose ni des moyens ni de la légitimité politique pour s’imposer comme acteur de médiation directe dans la crise.
Rôle de la Turquie dans les discussions
Al 3arabi Al Jadid (01 10 2025) consacre une analyse à la participation active de la Turquie dans les réunions diplomatiques de Doha. Ankara aurait dépêché un représentant spécial pour accompagner le processus d’évaluation du plan américain. Selon le journal, les autorités turques considèrent que certaines clauses du plan menacent la continuité territoriale de la bande de Gaza et posent un précédent dangereux pour le traitement futur de la question palestinienne.
Le journal rapporte que la Turquie appelle à inclure dans tout accord futur un mécanisme de protection international pour les civils palestiniens, sous supervision onusienne. Cette position, relayée également par Al Quds (01 10 2025), vise à élargir le champ des discussions et à inclure des garanties pour les populations locales. La Turquie espère ainsi jouer un rôle diplomatique accru, en parallèle de ses ambitions régionales en Méditerranée orientale.
Position de l’Égypte : prudence et sécurisation du Sinaï
L’Égypte participe également aux pourparlers, mais adopte une ligne plus discrète. Selon Al Sharq Al Awsat (01 10 2025), les services de renseignement égyptiens ont exprimé leur inquiétude quant à l’éventualité d’un effondrement du contrôle administratif à Gaza en cas de retrait unilatéral israélien. Le Caire redoute un afflux incontrôlé de réfugiés vers le nord du Sinaï et insiste sur la nécessité d’un encadrement strict de toute transition politique ou sécuritaire.
Le journal rapporte que l’Égypte souhaite maintenir une coordination étroite avec le Qatar et la Turquie, sans pour autant s’engager publiquement sur les détails du plan américain. Cette position de retrait relatif reflète la volonté de préserver l’équilibre délicat entre soutien à la cause palestinienne et préservation de ses propres intérêts sécuritaires.
L’Iran en retrait diplomatique, mais présent par ses relais
Alors que plusieurs acteurs régionaux s’activent sur le plan diplomatique, l’Iran se distingue par son absence apparente des négociations. Selon Al Bina’ (01 10 2025), cette posture est trompeuse. Le journal évoque des canaux parallèles par lesquels Téhéran transmettrait ses recommandations aux factions palestiniennes. Des sources anonymes citées par le journal estiment que l’Iran reste fermement opposé à tout plan qui ne reconnaît pas explicitement le droit à la résistance armée.
L’article souligne également que la République islamique tente de maintenir son influence au Liban, en particulier via ses relations avec le Hezbollah, tout en évitant de s’exposer à de nouvelles sanctions internationales. Le silence diplomatique de l’Iran s’inscrit donc dans une stratégie d’attente, en espérant un échec de la médiation américaine pour revenir avec ses propres propositions.
Appui de la France et hésitations européennes
La France figure parmi les rares puissances européennes à exprimer un soutien clair à l’initiative américaine. Selon Al Sharq (01 10 2025), le ministère français des Affaires étrangères a publié un communiqué appelant « toutes les parties à accepter les termes du plan afin de favoriser la stabilité régionale ». Toutefois, ce soutien ne s’est pas encore traduit par des actions diplomatiques concrètes.
Al Bina’ (01 10 2025) rapporte que certains diplomates européens, notamment allemands et espagnols, sont plus sceptiques quant à la viabilité du plan, notamment en raison de l’absence de clause sur la reconstruction de Gaza et la réintégration administrative des services publics. Cette divergence souligne l’incapacité de l’Union européenne à formuler une position unifiée sur la crise.
Les Nations unies et le rôle de l’UNIFIL
Sur le front libanais, la mission de l’UNIFIL reste l’unique présence diplomatique multilatérale tangible. Ad Diyar (01 10 2025) rapporte que les commandants de la force intérimaire ont renouvelé leurs appels au respect de la résolution 1701, en particulier après les récents survols de drones américains et les violations de l’espace aérien libanais. L’ONU s’inquiète de l’élargissement possible du conflit à la frontière sud du Liban.
La mission onusienne aurait transmis plusieurs rapports d’incidents au Conseil de sécurité, selon Al Akhbar (01 10 2025), mais sans retour officiel des grandes puissances. L’inaction de l’ONU est critiquée par plusieurs responsables libanais qui y voient une passivité inquiétante face à la montée des tensions.
Médiation russe en préparation
Enfin, Al Bina’ (01 10 2025) mentionne des démarches diplomatiques en cours du côté de la Russie. Moscou aurait entamé des consultations avec plusieurs chancelleries arabes et européennes pour proposer un plan alternatif de désescalade, fondé sur le dialogue inter-palestinien. Cette initiative serait soutenue par la Syrie, mais également par l’Algérie et la Tunisie.
L’ambassade russe à Beyrouth aurait confirmé l’existence de ce projet sans en dévoiler les détails. Selon Al Quds (01 10 2025), la diplomatie russe cherche à capitaliser sur l’image de Washington comme acteur partial pour se repositionner comme médiateur équitable. Le Kremlin n’a cependant pas formulé d’offre officielle à ce stade.
Politique internationale : réalignement stratégique américain, tensions russo-occidentales et nouveau désordre global
Les États-Unis réaffirment leur domination militaire mondiale
Au 1er octobre 2025, plusieurs journaux libanais mettent en évidence les dernières prises de position du président américain Donald Trump, qui apparaissent comme une affirmation renouvelée du leadership militaire des États-Unis dans un contexte de tensions internationales croissantes. Selon Al 3arabi Al Jadid (01 10 2025), le président a affirmé, lors d’un discours à Quantico, en Virginie, que les États-Unis étaient engagés dans une vaste opération de modernisation de leur arsenal militaire, financée par un budget record d’un trillion de dollars pour l’année 2026.
Il a justifié cette décision par la montée en puissance de la Chine, l’expansionnisme russe et l’instabilité au Moyen-Orient. Al Sharq Al Awsat (01 10 2025) rapporte que Donald Trump a revendiqué les récentes frappes contre les installations nucléaires iraniennes comme un acte de « prévention stratégique », destiné à empêcher Téhéran d’accéder à l’arme nucléaire. Il a également évoqué une doctrine de « paix par la force », insistant sur le fait que seule une position de suprématie militaire permettrait aux États-Unis de maintenir l’ordre global.
Selon Al Bina’ (01 10 2025), ces déclarations s’accompagnent d’un durcissement de la posture américaine vis-à-vis de la Russie, accusée de continuer à soutenir des opérations militaires hybrides dans plusieurs régions d’Europe de l’Est. Le journal mentionne que l’OTAN a renforcé sa présence militaire en Pologne et dans les pays baltes, en réponse à des mouvements suspects de troupes russes près des frontières de l’Ukraine.
Tensions persistantes entre la Russie et l’Occident
La Russie, pour sa part, poursuit une stratégie de confrontation sur plusieurs fronts, tout en développant de nouvelles alliances régionales. Selon Al Quds (01 10 2025), Moscou a récemment intensifié ses efforts diplomatiques pour fédérer les pays du BRICS autour d’une position commune face à ce qu’elle qualifie d’« unilatéralisme américain ». Des discussions ont été entamées avec la Chine, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud pour créer un cadre de coopération militaire alternatif à l’OTAN.
Dans ce contexte, Al Bina’ (01 10 2025) indique que la Russie a proposé la création d’une force de réaction rapide sous l’égide des BRICS, capable d’intervenir dans des zones de conflit sans validation préalable du Conseil de sécurité des Nations unies. Cette proposition, encore à l’étude, vise à contourner le veto américain et à affirmer une forme d’autonomie stratégique du Sud global.
Toujours selon Al Quds, la Russie a intensifié ses relations avec l’Iran et la Syrie, renforçant sa base navale à Tartous et modernisant ses équipements militaires déployés en Méditerranée orientale. Cette présence accrue est perçue comme une réponse directe au déploiement croissant de moyens américains et britanniques dans la région, notamment au large des côtes israéliennes et libanaises.
Le rôle ambigu de la Chine dans les équilibres géopolitiques
Si la Chine reste discrète sur les récents événements à Gaza, elle continue de manœuvrer sur le plan diplomatique et économique. Al 3arabi Al Jadid (01 10 2025) rapporte que Pékin a intensifié ses relations bilatérales avec plusieurs pays arabes, notamment à travers la signature d’accords de coopération technologique et énergétique. Le journal mentionne en particulier un nouveau partenariat sino-algérien dans le domaine des énergies renouvelables, ainsi que la construction d’un hub logistique chinois à Djibouti.
Concernant la crise israélo-palestinienne, la Chine a exprimé un soutien de principe au plan américain tout en appelant à la prise en compte des revendications palestiniennes. Cette position est interprétée comme un acte de prudence diplomatique, visant à ne pas froisser ses partenaires au Moyen-Orient tout en maintenant des relations commerciales avec Tel Aviv. Al Sharq Al Awsat (01 10 2025) précise que Pékin pourrait proposer un plan alternatif de reconstruction de Gaza, incluant des aides conditionnées à un cessez-le-feu durable.
L’Europe entre divisions et soutien conditionnel aux États-Unis
L’Union européenne reste divisée sur la stratégie à adopter face à la nouvelle donne géopolitique. Selon Al Sharq (01 10 2025), la France soutient activement le plan de cessez-le-feu américain à Gaza et appelle ses partenaires à s’aligner sur la position de Washington. Cependant, l’Allemagne, l’Espagne et la Belgique ont exprimé des réserves sur la viabilité du plan, en l’absence d’une solution politique inclusive impliquant toutes les composantes palestiniennes.
Al Bina’ (01 10 2025) indique que ces divergences paralysent les initiatives européennes, limitant l’UE à un rôle d’observateur dans les négociations en cours. Le Haut Représentant de l’Union pour les affaires étrangères, Josep Borrell, aurait proposé l’organisation d’une conférence humanitaire sur Gaza à Bruxelles, mais cette initiative peine à rassembler les soutiens nécessaires.
L’Europe, bien que concernée par la sécurité énergétique et migratoire liée aux conflits du Proche-Orient, peine à définir une ligne claire, tiraillée entre son alliance atlantique et ses intérêts dans le monde arabe.
Les pays du Golfe affirment leur autonomie stratégique
Au sein du Conseil de coopération du Golfe, le Qatar, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis adoptent des positions nuancées. Comme rapporté par Al Quds (01 10 2025), le Qatar joue un rôle central dans les négociations entre le Hamas et les États-Unis, tandis que Riyad et Abou Dabi affichent un soutien modéré au plan américain, tout en insistant sur la nécessité d’un calendrier précis de reconstruction.
Al 3arabi Al Jadid (01 10 2025) souligne que ces pays cherchent à renforcer leur rôle diplomatique tout en consolidant leur influence économique. Le journal rapporte que l’Arabie saoudite a proposé de créer un fonds spécial pour la stabilisation post-conflit, auquel contribueraient également des pays asiatiques comme le Japon et la Corée du Sud. Cette initiative, en cours de négociation, illustre la volonté des puissances du Golfe d’exister comme acteurs diplomatiques indépendants dans les grandes crises régionales.
Les effets du conflit de Gaza sur les relations internationales
La crise à Gaza agit comme un révélateur des lignes de fracture géopolitiques actuelles. Selon Ad Diyar (01 10 2025), la poursuite des hostilités dans la bande de Gaza a entraîné une reconfiguration partielle des alliances. Des pays comme la Turquie et le Qatar, historiquement alliés des États-Unis, cherchent à adopter des positions plus autonomes, refusant une adhésion automatique à la ligne américaine.
Le journal ajoute que le silence de plusieurs puissances africaines et asiatiques témoigne d’une lassitude croissante face à la centralité occidentale dans la gestion des crises. Plusieurs diplomaties émergentes plaident pour un nouvel ordre international multipolaire, où les Nations unies joueraient un rôle plus actif.
Selon Al Bina’, le plan américain, bien qu’accepté par Israël, ne semble pas susciter d’adhésion massive. Sa mise en œuvre dépendra moins du soutien diplomatique formel que de la capacité à stabiliser le terrain et à contrôler les réactions des acteurs non étatiques. Ce constat souligne la complexité croissante des relations internationales, où les États ne sont plus les seuls maîtres des dynamiques conflictuelles.
Économie : réformes bancaires en débat, fragilité de la livre libanaise et inquiétudes sur les réserves monétaires
Un climat de stagnation économique persistant
Au 1er octobre 2025, la presse libanaise souligne l’absence de signaux clairs de redressement économique, malgré les engagements réitérés du gouvernement. Selon Al Joumhouriyat (01 10 2025), l’économie reste enlisée dans une spirale de stagnation, marquée par l’absence de croissance significative et une détérioration du pouvoir d’achat. Le journal souligne que les données de la Banque du Liban, bien que non publiées officiellement depuis le mois de juin, laissent présager une baisse continue des réserves en devises.
Dans le même sens, Nahar (01 10 2025) rapporte les inquiétudes croissantes des économistes face à la lenteur des réformes structurelles, notamment dans les secteurs de l’électricité, de l’eau et des transports. Le journal évoque une perte de confiance généralisée dans la capacité des institutions à mener des politiques économiques cohérentes, ce qui freine tout afflux potentiel d’investissements étrangers.
Ad Diyar (01 10 2025) confirme ce diagnostic, en soulignant que le secteur industriel libanais est toujours pénalisé par le coût élevé de l’énergie et l’instabilité du cadre réglementaire. L’Union des industriels libanais, citée par le journal, alerte sur la baisse continue de la production manufacturière depuis le début de l’année, malgré une demande croissante dans les marchés régionaux.
La réforme bancaire au point mort
Le dossier de la réforme du secteur bancaire reste au centre des préoccupations. Selon Al Akhbar (01 10 2025), les négociations entre les autorités libanaises et le Fonds monétaire international n’ont pas avancé de manière significative. Le journal indique que l’absence de stratégie claire concernant la restructuration des banques constitue un point de blocage majeur. Le FMI exigerait une répartition transparente des pertes, incluant une participation directe des actionnaires des banques, une mesure à laquelle s’opposent plusieurs partis politiques influents.
Al Liwa’ (01 10 2025) rapporte que le gouverneur de la Banque du Liban, Karim Souaid, a présenté un rapport technique au Premier ministre Nawaf Salam, mettant en garde contre un effondrement du secteur bancaire si aucune mesure d’assainissement n’est adoptée avant la fin de l’année. Selon ce document, les avoirs nets de plusieurs institutions financières sont désormais négatifs, une situation qui rend impossible leur recapitalisation sans aide extérieure.
Le journal souligne également que les tentatives de fusion entre plusieurs banques de taille moyenne ont échoué, faute d’accord sur la valorisation des actifs et de garanties légales pour les anciens dirigeants. La Fédération des syndicats bancaires, citée dans Al Sharq (01 10 2025), craint une vague de licenciements massifs dans les prochaines semaines, en cas de fermeture de plusieurs établissements non viables.
Fluctuations monétaires et défiance envers la livre libanaise
La situation de la livre libanaise reste instable. Selon Nahar (01 10 2025), le taux de change sur le marché parallèle s’établit autour de 94 000 livres pour un dollar, en légère hausse par rapport à la semaine précédente. Le journal attribue cette évolution à la récente déclaration de la Banque du Liban, qui a décidé de réduire ses interventions sur le marché des devises pour préserver ses réserves restantes.
Dans Al Sharq Al Awsat (01 10 2025), un économiste interrogé anonymement indique que « la Banque centrale ne dispose plus des outils nécessaires pour stabiliser durablement le taux de change, en l’absence de réforme budgétaire crédible ». Le quotidien souligne que les Libanais continuent de privilégier les paiements en devises étrangères, accentuant ainsi la dollarisation de l’économie.
Al Bina’ (01 10 2025) évoque une défiance généralisée de la population vis-à-vis des institutions financières. Les ménages continuent de stocker des devises à domicile ou dans des coffres hors système bancaire. Cette désintermédiation complique davantage toute tentative de relance économique fondée sur l’épargne nationale. Le journal rappelle également que les plateformes numériques de change, bien que non régulées, sont devenues des références pour le taux réel, supplantant les données officielles.
Retards sur les projets d’investissement public
Les projets d’infrastructure souffrent également de nombreux retards. Dans Al Liwa’ (01 10 2025), un article détaille les blocages administratifs affectant le projet de modernisation du port de Tripoli, qui devait initialement être financé par un partenariat public-privé avec une entreprise européenne. Le journal rapporte que les garanties gouvernementales n’ont toujours pas été validées par le Conseil des ministres, entraînant le retrait partiel du partenaire étranger.
De même, Ad Diyar (01 10 2025) revient sur le gel du projet de réhabilitation du réseau de distribution électrique dans la Békaa, initialement soutenu par un prêt de la Banque islamique de développement. La cause serait l’absence de contreparties budgétaires libanaises, malgré les accords signés depuis janvier. Le ministère de l’Énergie, selon le journal, n’a pas été en mesure de fournir les documents requis pour débloquer les fonds.
Cette paralysie administrative est également dénoncée dans Al Sharq (01 10 2025), qui cite des sources proches du Conseil supérieur de privatisation. Elles estiment que les autorités n’ont pas les moyens techniques et humains pour accompagner la mise en œuvre des grands chantiers, même lorsque les financements extérieurs sont disponibles.
Marché du travail et pression sociale
Le marché de l’emploi reste fortement dégradé. Selon Al 3arabi Al Jadid (01 10 2025), le taux de chômage réel avoisinerait les 32 %, avec des pointes au-delà de 40 % dans certaines régions périphériques. Le journal mentionne que les jeunes diplômés sont de plus en plus nombreux à envisager l’émigration, faute de perspectives locales.
Dans Nahar (01 10 2025), un article consacre une enquête aux effets de la crise sur les professions libérales. De nombreux cabinets d’avocats, d’ingénieurs ou de consultants ont réduit leur activité de plus de moitié. L’Ordre des ingénieurs alerte sur une fuite massive des compétences techniques, qui compromet durablement les capacités de reconstruction du pays.
Al Bina’ (01 10 2025) signale également une hausse des mouvements de protestation sociale, notamment dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Les syndicats d’enseignants menacent de grèves prolongées si les arriérés de salaires ne sont pas réglés. Dans le secteur hospitalier, plusieurs établissements privés réduisent leurs services face à la baisse des remboursements de la Caisse nationale de sécurité sociale.
Économie informelle et flux financiers non encadrés
Dans ce contexte de délitement institutionnel, l’économie informelle prend une place croissante. Al Joumhouriyat (01 10 2025) rapporte que près de 60 % de l’activité économique se déroule désormais en dehors de tout cadre réglementé. Cela concerne aussi bien le commerce de détail que les services de transport, les travaux de construction ou les prestations médicales.
Ce phénomène complique la collecte des recettes fiscales, alors que le budget de l’État dépend de plus en plus des taxes à la consommation. Al Sharq Al Awsat (01 10 2025) indique que la Direction générale des finances a lancé une campagne de recensement des commerces non enregistrés, mais les résultats restent marginaux, faute de moyens de coercition.
Les flux de capitaux non déclarés, en provenance de la diaspora ou des réseaux de contrebande, représentent également une source de déséquilibre macroéconomique. Al Akhbar (01 10 2025) évoque l’existence de circuits de change parallèles opérant à travers la frontière syrienne, avec des volumes quotidiens estimés à plusieurs millions de dollars. Cette situation fragilise la souveraineté monétaire du pays.
Justice : procédures sensibles, blocages judiciaires et pressions politiques sur l’appareil légal
Affaire de la roche de Raouché : tensions entre l’exécutif et le judiciaire
L’un des dossiers judiciaires les plus commentés dans la presse libanaise au 1er octobre 2025 concerne la controverse autour de l’« affaire de la roche de Raouché ». Selon Al Joumhouriyat (01 10 2025), cette affaire a ravivé les tensions entre le pouvoir exécutif et certaines autorités judiciaires, sur fond d’accusations de spoliation du domaine public maritime.
Le journal rapporte que le président du Conseil supérieur de la magistrature a demandé une enquête sur l’origine du décret autorisant la privatisation partielle d’une portion du littoral, sans en référer au Parlement. L’article précise que le décret aurait été signé dans la discrétion par des membres du gouvernement, mais sans mentionner explicitement le Premier ministre Nawaf Salam, ce qui laisse planer un doute sur le niveau exact de responsabilité.
Al Liwa’ (01 10 2025) confirme que la Direction des affaires foncières a été sommée de geler toutes les procédures de transfert de propriété, dans l’attente des conclusions d’une commission administrative. Ce blocage administratif entraîne également la suspension des travaux de construction entamés par l’entreprise bénéficiaire du terrain, identifiée comme une société à capitaux mixtes libano-koweïtiens.
Dans Ad Diyar (01 10 2025), des sources judiciaires proches du parquet financier estiment que l’enquête pourrait être élargie à d’autres transactions similaires, notamment dans les régions de Ramlet el-Baida et de Zouk Mosbeh. Ces révélations remettent au centre du débat la question de la transparence des procédures foncières et de la protection du domaine public face aux intérêts privés.
Lenteur des enquêtes sur les grands dossiers de corruption
La presse souligne également l’inertie persistante de la justice libanaise face aux dossiers de corruption d’envergure. Selon Al Akhbar (01 10 2025), le dossier de l’électricité, qui implique plusieurs anciens ministres et cadres de l’Électricité du Liban, reste bloqué au stade de l’instruction, faute d’auditions effectives des principaux témoins.
Le journal rapporte que le juge d’instruction en charge du dossier aurait reçu des pressions indirectes visant à ralentir la procédure. Ces pressions proviendraient, selon des sources anonymes citées, de membres influents de la classe politique qui cherchent à éviter toute condamnation symbolique à l’approche des échéances législatives.
Dans Al Sharq (01 10 2025), un avocat engagé dans une plainte contre des membres d’un consortium énergétique affirme que « l’absence de volonté politique est le principal frein à la justice ». Le journal note que les poursuites engagées depuis 2019 dans le cadre de la lutte contre la corruption n’ont pour l’instant conduit à aucune condamnation définitive.
Al 3arabi Al Jadid (01 10 2025) va plus loin en pointant une forme d’« impunité structurelle », nourrie par la fragmentation du pouvoir judiciaire et l’absence de mécanismes d’indépendance institutionnelle. Le journal mentionne également que le Conseil supérieur de la magistrature n’a pas été renouvelé depuis trois ans, ce qui contribue à un climat d’inertie.
Enquête sur le financement des partis politiques : blocage constitutionnel
Un autre dossier sensible concerne le financement des partis politiques. Al Quds (01 10 2025) indique que la Commission de supervision des élections a transmis au parquet financier un rapport préliminaire mettant en évidence des transferts de fonds suspects effectués durant la campagne électorale de 2022.
Le rapport, qui n’a pas été rendu public dans son intégralité, évoque des versements en espèces dépassant les plafonds autorisés, ainsi que l’utilisation de comptes à l’étranger pour dissimuler l’origine des fonds. Toutefois, comme le note Al Sharq Al Awsat (01 10 2025), aucune poursuite judiciaire n’a été engagée à ce stade, en raison de l’absence de cadre légal contraignant.
La loi électorale libanaise reste muette sur les sanctions à appliquer en cas de violation des règles de financement, ce qui empêche toute action judiciaire effective. Des juristes interrogés par Al Bina’ (01 10 2025) estiment que cette lacune constitue une faille majeure dans l’architecture juridique libanaise et ouvre la voie à toutes les formes de financement occulte.
Situation des prisons et lenteurs judiciaires
La question carcérale reste également une problématique récurrente. Dans Nahar (01 10 2025), un reportage évoque la surpopulation dans les prisons de Roumieh, Zahlé et Tripoli. Le journal rapporte que le taux d’occupation dépasse les 300 %, avec un recours quasi systématique à la détention provisoire, parfois pour des périodes de plusieurs années, sans jugement.
Des ONG de défense des droits humains citées dans l’article dénoncent l’absence d’accès à une défense juridique efficace pour les détenus, en particulier pour ceux impliqués dans des délits mineurs. L’absence de mécanismes de remise de peine ou de solutions alternatives à l’incarcération aggrave la situation.
Dans Al Akhbar (01 10 2025), un article consacré aux conditions de détention des femmes incarcérées à Baabda souligne des cas de traitement inhumain, notamment en matière de santé et d’accès à l’hygiène. Le journal rappelle que le rapport annuel du Comité international de la Croix-Rouge a alerté sur la dégradation rapide de la situation carcérale au Liban.
Blocage de la nomination des juges du parquet financier
Le dysfonctionnement du système judiciaire s’exprime également par le blocage des nominations au sein du parquet financier. Selon Al Liwa’ (01 10 2025), le poste de procureur général financier est vacant depuis quatre mois, faute d’accord entre les différentes composantes du Conseil des ministres sur le nom du futur titulaire.
Cette vacance empêche le traitement de plusieurs affaires en cours, notamment celles liées aux malversations dans le secteur portuaire. Ad Diyar (01 10 2025) précise que la nomination de ce poste est devenue un enjeu politique majeur, chaque camp cherchant à imposer un candidat favorable à ses intérêts.
Le journal cite des sources proches du palais de justice qui dénoncent une instrumentalisation politique de la fonction judiciaire, contraire au principe d’indépendance garanti par la Constitution. Le retard dans les nominations est perçu comme un moyen de paralyser l’action de la justice sans en assumer la responsabilité politique directe.
Tensions au sein du Conseil supérieur de la magistrature
La crise de gouvernance affecte également le Conseil supérieur de la magistrature. Al Sharq Al Awsat (01 10 2025) mentionne l’existence de profondes divisions entre ses membres sur la nomination des juges et la gestion des carrières. Plusieurs magistrats auraient menacé de démissionner si les pressions politiques persistaient.
Selon Al Bina’ (01 10 2025), le Conseil fonctionne désormais à effectif réduit, avec un manque criant de moyens logistiques et administratifs. Ce contexte alimente une paralysie de l’appareil judiciaire, particulièrement visible dans les tribunaux de première instance, où des milliers de dossiers restent non traités.
Le journal rapporte aussi que des magistrats envisagent de lancer une grève symbolique pour protester contre l’absence de réformes du statut judiciaire et l’impossibilité d’obtenir des budgets de fonctionnement adéquats.
Société : précarité croissante, crise sanitaire persistante et inquiétudes éducatives
Montée de la précarité sociale dans les quartiers populaires
Au 1er octobre 2025, les médias libanais soulignent l’aggravation des conditions de vie dans plusieurs zones urbaines du pays. Selon Nahar (01 10 2025), les quartiers de Hayy El Sellom, Karantina, Nabaa et Ouzai connaissent une augmentation inquiétante des taux de pauvreté, avec une précarisation accélérée des ménages. Le journal rapporte que de nombreuses familles sont désormais incapables d’assurer les repas quotidiens de leurs enfants, en raison de l’explosion des prix des denrées de base et de l’absence de mécanismes publics d’aide alimentaire.
Dans Al Joumhouriyat (01 10 2025), des représentants d’ONG locales dénoncent l’effondrement du système d’assistance sociale. Ils rappellent que les cartes de rationnement, instaurées depuis 2021 dans le cadre d’un programme financé par des bailleurs internationaux, n’ont plus été renouvelées depuis six mois. De nombreuses familles se retrouvent exclues du dispositif, sans aucune explication ni voie de recours.
Le journal mentionne également la saturation des associations caritatives, qui ne disposent plus de stocks suffisants pour répondre aux demandes croissantes. L’Association des bénévoles de Beyrouth estime que les besoins en produits de première nécessité ont doublé depuis janvier, alors que les dons ont chuté de près de 60 % sur la même période.
Crise du logement et insécurité résidentielle
La question du logement est un autre sujet de tension sociale. Al Liwa’ (01 10 2025) consacre une enquête à l’expulsion de dizaines de familles dans le quartier de Wata el-Msaytbeh, à la suite de la vente contestée d’un terrain occupé par des locataires depuis plusieurs décennies. Le journal précise que ces expulsions ont été menées par des sociétés immobilières soutenues par des décisions de justice, mais sans solution de relogement proposée.
Des experts en urbanisme interrogés par le journal estiment que la crise du logement à Beyrouth résulte d’un désengagement complet de l’État, qui n’a plus construit de logements sociaux depuis plus de vingt ans. Le ministère des Affaires sociales, sollicité par Al Liwa’, reconnaît l’absence de budget dédié au logement dans la loi de finances actuelle.
Dans Ad Diyar (01 10 2025), des avocats spécialisés dans les droits fonciers dénoncent la multiplication des ventes à des fonds privés étrangers de terrains situés dans des zones historiquement populaires. Cette dynamique crée une pression spéculative qui aggrave l’exclusion résidentielle des ménages à revenus faibles ou instables.
Santé publique : désorganisation persistante et pénurie de médicaments
La situation du secteur de la santé reste alarmante. Al Akhbar (01 10 2025) rapporte que plusieurs hôpitaux publics ont suspendu certaines prestations faute de personnel et de fournitures médicales. À l’hôpital gouvernemental de Tripoli, le service de pédiatrie fonctionne désormais trois jours par semaine, et l’accès aux soins d’urgence est restreint aux cas les plus graves.
Le journal souligne aussi la fermeture temporaire de deux dispensaires dans la région de Saïda, en raison d’un manque de financement de la part du ministère de la Santé. Les médecins qui y travaillaient n’ont pas été payés depuis plus de quatre mois. Al Bina’ (01 10 2025) rapporte que dans les régions rurales de la Békaa et de l’Akkar, plusieurs centres de soins primaires fonctionnent sans électricité et avec des médicaments périmés.
Selon Al Sharq (01 10 2025), la pénurie de médicaments touche désormais plus de 40 % des produits enregistrés. Les grossistes refusent de livrer les pharmacies faute de garanties de paiement en devises, ce qui crée un marché parallèle incontrôlable. Le syndicat des pharmaciens alerte sur les risques de contrefaçon et appelle à un mécanisme d’importation centralisé, sans réponse officielle à ce jour.
Crise éducative et abandon scolaire
Le système éducatif est également profondément affecté. Dans Al 3arabi Al Jadid (01 10 2025), un article dénonce le report de la rentrée scolaire dans plusieurs établissements publics faute de fournitures, de salaires pour les enseignants contractuels et de frais de fonctionnement. Les écoles de la banlieue sud de Beyrouth, de Zahlé et du nord du Liban figurent parmi les plus touchées.
Le journal cite des responsables du ministère de l’Éducation qui reconnaissent que les transferts budgétaires nécessaires au démarrage de l’année scolaire n’ont pas encore été effectués. Cette situation pousse de nombreux élèves à abandonner l’école, faute d’encadrement ou de moyens de transport. Selon les chiffres relayés par Al Quds (01 10 2025), le taux d’abandon scolaire atteint 28 % dans certaines zones rurales.
Dans Nahar (01 10 2025), des enseignants rapportent une hausse des cas de dépression et de troubles du comportement chez les enfants, liés à l’instabilité familiale et à la violence domestique. Les services de psychologie scolaire, déjà très limités, sont désormais inexistants dans les écoles publiques.
Exode des compétences et effets sur les professions libérales
La fuite des compétences reste une conséquence directe de la crise sociale. Al Sharq Al Awsat (01 10 2025) évoque un exode croissant des professionnels qualifiés, notamment dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’ingénierie et du droit. Le journal mentionne que plus de 3 500 médecins ont quitté le pays depuis le début de l’année, soit environ 12 % du corps médical libanais.
Al Akhbar (01 10 2025) complète ce constat en signalant la fermeture d’une cinquantaine de cabinets d’architectes et d’avocats depuis le mois de juin. La baisse de l’activité économique, combinée à l’effondrement de la monnaie nationale, rend ces professions difficilement viables. Le Conseil de l’ordre des ingénieurs alerte sur une pénurie de spécialistes pour les projets de reconstruction urbaine et de maintenance des infrastructures.
Tensions communautaires et montée de l’insécurité
Enfin, plusieurs journaux soulignent la montée des tensions communautaires et de l’insécurité dans les zones urbaines défavorisées. Al Liwa’ (01 10 2025) rapporte une série d’incidents violents dans le quartier de Tarik el-Jadideh à Beyrouth, impliquant des jeunes sans emploi et des forces de sécurité. Le journal indique que ces affrontements, déclenchés à l’origine par une altercation dans une station-service, ont dégénéré en émeutes, avec plusieurs blessés et des arrestations.
Al Sharq (01 10 2025) confirme une hausse des agressions dans les zones densément peuplées, en particulier autour des marchés informels de la capitale. Le manque de présence policière, combiné à la pauvreté extrême, crée un climat de peur et de désespoir, souvent exploité par des groupes armés locaux pour asseoir leur contrôle territorial.
Dans Al Bina’ (01 10 2025), des travailleurs sociaux dénoncent la prolifération de réseaux de délinquance juvénile, liés à la drogue et à la contrebande. Ils appellent à une relance des programmes de prévention communautaire, abandonnés faute de financement depuis 2022.



