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Revue de presse du 18 novembre

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Le Liban fait face à une intensification sans précédent de son conflit avec Israël, marquée par des frappes ciblées et une escalade de la guerre psychologique et militaire. L’assassinat de Mohammed Aref Naboulsi, figure centrale du Hezbollah et responsable de sa communication stratégique, incarne cette dynamique. Cette frappe israélienne, survenue dans le quartier densément peuplé de Ras El-Nabeh à Beyrouth, a provoqué de vives réactions. Considéré comme l’architecte de la stratégie médiatique du Hezbollah, Naboulsi jouait un rôle essentiel dans la consolidation de l’image du mouvement à travers les médias locaux et internationaux. Selon An-Nahar, cette opération vise clairement à affaiblir la capacité du Hezbollah à mobiliser ses soutiens et à influencer l’opinion publique régionale, particulièrement dans le contexte d’un conflit prolongé.

Israël a justifié cette frappe en invoquant la nécessité de neutraliser les « nœuds stratégiques » du Hezbollah, une organisation qu’il accuse d’être le bras armé de l’Iran dans la région. Al-Quds Al-Arabi décrit cette action comme une tentative de dissuader le Hezbollah de poursuivre ses attaques transfrontalières, tout en envoyant un message clair aux alliés du Liban : la guerre ne se limite pas aux lignes de front, mais s’étend aux bastions urbains.

Cette escalade a coïncidé avec l’arrivée imminente de Amos Hochstein, envoyé spécial américain, mandaté pour tenter de négocier une trêve entre Israël et le Hezbollah. Cependant, selon Al-Sharq Al-Awsat, cette tentative diplomatique est minée par des divergences majeures : Israël exige le retrait des armes lourdes du Hezbollah au sud du Litani, une demande que Beyrouth et ses alliés rejettent fermement. La position du Hezbollah, relayée par Al-Binaa’, est catégorique : tout compromis qui affaiblirait la « capacité de résistance » face à Israël est hors de question. Cette posture est soutenue par une large partie de la population chiite, pour qui le Hezbollah reste un garant de la souveraineté nationale face aux agressions israéliennes.

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Les frappes sur Ras El-Nabeh ne se limitent pas à leur dimension militaire : elles ont également engendré des destructions considérables dans ce quartier de Beyrouth, touchant des habitations civiles et des infrastructures locales. Al-Joumhouria rapporte que plusieurs familles ont été déplacées, aggravant une crise humanitaire déjà alarmante. La situation renforce les critiques internationales contre Israël, notamment de la part de la France et du Qatar, qui dénoncent des violations du droit international.

Enfin, le choix d’intensifier les frappes sur des zones urbaines est interprété par plusieurs analystes cités par Nida’ Al Watan comme un moyen de pousser le Liban à accepter des conditions défavorables dans le cadre des négociations supervisées par les États-Unis. Toutefois, cette stratégie pourrait s’avérer contre-productive, car elle risque de galvaniser le soutien populaire au Hezbollah, tant au Liban qu’au sein de la communauté chiite régionale.

Actualité locale et front en particulier

Le sud du Liban est devenu le théâtre principal des affrontements entre Israël et le Hezbollah, avec une intensification marquée des bombardements israéliens sur les villages et les positions militaires libanaises. Selon An-Nahar, les frappes israéliennes ont ciblé des zones stratégiques telles que Mari-HassbayaNabatieh, et Bint Jbeil, provoquant des destructions massives. Ces attaques ont notamment endommagé des infrastructures civiles essentielles, telles que des écoles, des hôpitaux et des réseaux d’approvisionnement en eau. Le quotidien souligne que les habitants des régions touchées fuient en masse, aggravant une crise de déplacement déjà critique.

Le bilan humain est lourd : à Mari-Hassbaya, deux soldats de l’armée libanaise ont été tués dans une frappe directe sur un poste militaire. Al-Binaa’ rapporte que cette attaque, perçue comme une provocation, a déclenché des condamnations immédiates de la part des responsables politiques libanais, qui dénoncent une atteinte flagrante à la souveraineté nationale. Cependant, Israël semble déterminé à étendre ses opérations, ciblant non seulement des bastions du Hezbollah mais également des installations liées à l’armée libanaise, qu’il accuse de coopérer indirectement avec le groupe.

En réponse, le Hezbollah a intensifié ses opérations militaires, menant des attaques coordonnées contre des bases israéliennes situées dans les fermes de Chebaa et d’autres zones frontalières. Selon Al-Quds Al-Arabi, le groupe a utilisé des roquettes de précision et des drones pour frapper des positions stratégiques, infligeant, selon ses déclarations, des pertes significatives à l’armée israélienne. Toutefois, les médias israéliens minimisent l’impact de ces attaques, affirmant que les infrastructures clés restent intactes.

La riposte du Hezbollah ne se limite pas à l’aspect militaire : des missiles de longue portée ont également été tirés depuis des positions éloignées, montrant la capacité du groupe à opérer au-delà des zones directement touchées par les frappes israéliennes. Cette stratégie vise à maintenir la pression sur Israël, tout en renforçant la perception, au sein de l’opinion publique libanaise, d’un mouvement capable de résister face à une armée technologiquement supérieure.

Les villages frontaliers, tels que Rmeich et Marjayoun, subissent le poids des bombardements incessants. Nida’ Al Watan rapporte que ces localités, autrefois des zones de coexistence communautaire, se vident progressivement de leurs habitants, dont beaucoup fuient vers le nord du Liban. Cette situation crée une pression supplémentaire sur les zones urbaines déjà surpeuplées, notamment dans les banlieues de Beyrouth et dans la région de Tripoli. Les autorités locales peinent à coordonner les efforts de secours, d’autant que les infrastructures logistiques, comme les routes et les ponts, sont souvent endommagées ou bloquées.

Parallèlement, le journal Al-Sharq Al-Awsat met en avant les tensions croissantes entre les forces régulières libanaises et Israël. L’armée libanaise, bien que limitée dans ses moyens, s’efforce de maintenir une présence symbolique dans le sud du pays, malgré les pertes humaines et matérielles subies. Ces efforts sont salués par certains responsables locaux comme une preuve de l’engagement de l’État à défendre la souveraineté nationale, mais critiqués par d’autres pour leur inefficacité face à une armée israélienne bien équipée.

Enfin, les frappes répétées sur des zones civiles ont engendré une colère généralisée parmi la population libanaise. Al-Joumhouria souligne que les bombardements touchent souvent des infrastructures critiques, comme les stations d’épuration d’eau et les entrepôts alimentaires, aggravant une crise humanitaire déjà alarmante. De nombreux habitants dénoncent un ciblage délibéré visant à briser le moral des communautés locales et à alimenter un exode massif vers les régions plus sécurisées.

Les autorités locales et les ONG internationales peinent à faire face à cette situation. Les distributions d’aide humanitaire sont souvent retardées par des conditions de sécurité difficiles, et les hôpitaux de campagne installés dans les zones frontalières sont déjà saturés. L’ONU a appelé à plusieurs reprises à un cessez-le-feu humanitaire pour permettre l’évacuation des blessés et des civils bloqués dans les zones de combat, mais sans succès jusqu’à présent.

Politique locale

La scène politique libanaise est profondément marquée par les tensions liées à la gestion de la crise actuelle. Selon An-Nahar, le président du Parlement, Nabih Berri, s’est imposé comme l’un des principaux défenseurs d’une approche ferme face aux exigences israéliennes et américaines. Dans une déclaration relayée par Al-Joumhouria, Berri a rejeté catégoriquement les propositions impliquant une supervision internationale renforcée dans le sud du Liban, estimant que de telles mesures constitueraient une atteinte à la souveraineté nationale. Il insiste sur le respect de la résolution 1701, tout en soulignant que l’équilibre militaire actuel reste une garantie essentielle pour dissuader toute agression israélienne.

Cependant, cette position n’est pas partagée par l’ensemble de la classe politique libanaise. Le Premier ministre sortant, Najib Mikati, adopte une approche plus modérée. Selon Al-Quds Al-Arabi, Mikati appelle à une unité nationale renforcée pour faire face aux défis humanitaires et militaires imposés par la situation. Il exhorte les partis politiques à éviter toute surenchère qui pourrait compromettre les efforts diplomatiques en cours. Mikati a également appelé la communauté internationale à intensifier son soutien au Liban, en mettant l’accent sur les besoins urgents des populations déplacées et des régions frontalières.

Les divisions internes vont cependant au-delà des simples divergences stratégiques. Al-Binaa’ met en lumière les tensions croissantes entre les partis soutenant le Hezbollah et ceux qui prônent une limitation de son rôle militaire. Certains responsables politiques, notamment parmi les partis chrétiens et sunnites, expriment des réserves sur la capacité du Hezbollah à représenter les intérêts nationaux dans ce conflit. Ces critiques trouvent un écho dans une partie de la population, qui perçoit les actions du Hezbollah comme un risque d’engrenage militaire qui dépasse les capacités du Liban.

Dans ce contexte, le rôle de l’armée libanaise est au centre des débats. Selon Al-Sharq Al-Awsat, plusieurs acteurs politiques appellent à un renforcement des capacités militaires de l’État pour reprendre progressivement le contrôle des zones actuellement sous influence du Hezbollah, notamment dans le sud. Cependant, cette proposition reste largement théorique, car l’armée libanaise manque de ressources et de soutien international pour mener à bien une telle initiative.

Par ailleurs, Nida’ Al Watan rapporte que la gestion des déplacés internes est devenue un sujet de discorde entre les responsables locaux et le gouvernement central. Les autorités locales, particulièrement dans les régions accueillant un grand nombre de réfugiés internes, reprochent au gouvernement une absence de coordination et un manque de fonds pour subvenir aux besoins immédiats. Cette situation alimente des tensions sociales, exacerbées par des rumeurs de favoritisme dans la distribution de l’aide.

Les critiques se concentrent également sur l’absence de plan d’urgence cohérent pour répondre à la crise humanitaire. An-Nahar souligne que, malgré les efforts de certains ministères, le manque de coordination entre les différentes branches du gouvernement entrave l’efficacité des actions. Par exemple, les initiatives visant à ouvrir des écoles aux enfants déplacés se heurtent à des problèmes logistiques, notamment l’absence de personnel et de matériel scolaire.

Enfin, le rôle du Hezbollah dans la crise politique reste un sujet central. Selon Al-Joumhouria, les partisans du Hezbollah considèrent que toute tentative de limiter son influence affaiblirait le Liban face aux agressions israéliennes. De leur côté, ses opposants soulignent que le maintien d’une force militaire parallèle à l’armée libanaise compromet les efforts pour instaurer une gouvernance unifiée et crédible, à la fois sur le plan national et international.

Malgré ces divisions, les acteurs politiques libanais semblent unanimes sur un point : la nécessité de préserver l’intégrité territoriale du pays face aux attaques israéliennes. Cependant, comme le souligne Al-Quds Al-Arabi, cette unité apparente masque des fractures profondes qui risquent de resurgir une fois la situation militaire stabilisée.

Politique internationale

Sur la scène internationale, les efforts pour désamorcer la crise libano-israélienne se multiplient, bien qu’ils soient entravés par des divergences géopolitiques majeures. L’envoyé spécial américain Amos Hochstein est au cœur des négociations. Selon Al-Joumhouria, il tente de convaincre les différentes parties d’accepter un accord de cessez-le-feu basé sur une trêve temporaire, mais les conditions imposées par Israël, notamment le désarmement partiel du Hezbollah et la mise en place d’une supervision internationale renforcée dans le sud du Liban, suscitent de vives objections à Beyrouth.

Les États-Unis, principal allié d’Israël, insistent sur la nécessité de neutraliser les capacités militaires du Hezbollah, qu’ils considèrent comme une menace directe pour la stabilité régionale. Cependant, cette position se heurte à celle d’autres puissances, comme la France, qui privilégie une approche diplomatique équilibrée. Dans une déclaration relayée par Al-Sharq Al-Awsat, le président Emmanuel Macron a condamné les frappes israéliennes sur des zones civiles, appelant à un cessez-le-feu immédiat et au respect des résolutions internationales, notamment la résolution 1701.

Le Qatar joue également un rôle actif dans les efforts diplomatiques. Selon Al-Quds Al-Arabi, Doha a proposé une aide humanitaire substantielle, conditionnée à une stabilisation de la situation sécuritaire. Cette initiative est perçue comme un moyen de renforcer son influence dans la région tout en apaisant les tensions. Par ailleurs, le Qatar tente de coordonner ses actions avec les Nations Unies pour garantir un accès sûr à l’aide humanitaire dans les zones les plus touchées.

Au Conseil de sécurité de l’ONU, les discussions restent bloquées par des désaccords entre les grandes puissances. Alors que les États-Unis défendent fermement les actions israéliennes, des pays européens comme l’Allemagne et la Norvège appellent à une enquête indépendante sur les frappes ayant ciblé des zones civiles. Ces appels trouvent un écho dans les déclarations de plusieurs ONG internationales, qui dénoncent des violations flagrantes du droit humanitaire par Israël. An-Nahar International souligne que ces divergences au sein du Conseil de sécurité retardent toute avancée concrète vers une résolution durable.

Les tensions entre les États-Unis et l’Iran compliquent encore davantage les efforts de médiation. Selon Nida’ Al Watan, l’Iran, principal allié du Hezbollah, a intensifié son soutien logistique et politique au mouvement, tout en avertissant Israël qu’une escalade prolongée pourrait entraîner une implication plus directe de ses forces dans le conflit. De leur côté, les États-Unis tentent de contenir cette influence iranienne en multipliant les pressions diplomatiques sur Beyrouth et en renforçant leur présence militaire dans la région.

La Russie, bien que moins directement impliquée, suit la situation de près. Selon Al-Binaa’, Moscou tente de jouer un rôle de médiateur discret, exploitant ses relations avec l’Iran pour limiter une escalade qui pourrait déstabiliser davantage la région. Cette approche contraste avec celle des États-Unis, et reflète la volonté de la Russie de consolider sa position en tant qu’acteur clé au Moyen-Orient.

En parallèle, les pays arabes, notamment la Jordanie et l’Égypte, appellent à une solution politique rapide. Ces deux pays, confrontés à leurs propres défis sécuritaires et économiques, craignent que la guerre au Liban n’entraîne une instabilité régionale plus large. Al-Quds Al-Arabi rapporte que la Jordanie a proposé de jouer un rôle de médiateur entre Beyrouth et Tel-Aviv, bien que cette initiative soit encore à ses débuts.

Enfin, la situation au Liban suscite une attention particulière au sein de l’Union européenne, qui considère la crise comme un facteur de risque pour la sécurité énergétique en Méditerranée. Selon An-Nahar, plusieurs pays européens, dont l’Italie et la Grèce, exhortent Israël à limiter ses frappes sur les infrastructures libanaises, notamment les ports, pour éviter des perturbations majeures dans le transport maritime régional.

En résumé, si les efforts internationaux pour résoudre la crise sont nombreux, ils restent fragmentés par des intérêts divergents et des dynamiques de pouvoir complexes. Les appels au cessez-le-feu se heurtent à la réalité des affrontements sur le terrain, rendant toute solution rapide improbable.

Économie

La crise économique libanaise, déjà catastrophique avant l’escalade actuelle, a atteint des proportions critiques sous l’effet de la guerre. Selon Al-Sharq Al-Awsat, les frappes israéliennes ont paralysé les infrastructures clés du pays, notamment les ports, les routes et les installations énergétiques. Cette situation entrave gravement les importations de produits de première nécessité, aggravant des pénuries déjà chroniques de nourriture, de carburant et de médicaments.

Le blocus israélien des ports libanais, notamment ceux de Beyrouth et Tripoli, a des répercussions immédiates sur les prix des biens essentiels. Nida’ Al Watan rapporte que le coût des denrées alimentaires de base, comme le pain et l’huile, a doublé en l’espace de quelques semaines, rendant ces produits inaccessibles à une grande partie de la population. La flambée des prix est également alimentée par la dépréciation rapide de la livre libanaise, qui atteint des niveaux records sur le marché noir.

Le taux de change, qui oscillait autour de 90 000 livres pour un dollar avant le conflit, a dépassé les 120 000 livres, selon An-Nahar. Cette chute libre de la monnaie libanaise amplifie les inégalités sociales et plonge une majorité de la population dans une pauvreté extrême. Les travailleurs, dont les salaires sont souvent payés en livres, voient leur pouvoir d’achat s’effondrer, tandis que les commerçants peinent à maintenir leurs activités face à l’explosion des coûts d’importation.

Les secteurs productifs, comme l’agriculture et l’industrie, sont également durement touchés. Les frappes israéliennes ont détruit plusieurs entrepôts de stockage dans le sud du pays, entraînant des pertes estimées à plusieurs millions de dollars. Selon Al-Binaa’, ces destructions ont un impact direct sur l’approvisionnement en produits agricoles, réduisant encore la capacité du Liban à répondre à la demande intérieure. Par ailleurs, la paralysie des routes principales rend difficile le transport des marchandises depuis les régions rurales vers les centres urbains.

L’accès à l’énergie est un autre point critique. Selon Al-Joumhouria, les frappes israéliennes ont ciblé des centrales électriques et des stations de distribution, plongeant de nombreuses régions du pays dans l’obscurité. La dépendance accrue aux générateurs privés exacerbe les tensions sociales, car le coût du carburant, déjà prohibitif, augmente en raison des restrictions d’importation.

Face à cette situation, le gouvernement libanais tente de mobiliser des soutiens internationaux. An-Nahar rapporte que des discussions sont en cours avec le Qatar et d’autres pays du Golfe pour obtenir des financements d’urgence et des livraisons de produits essentiels. Cependant, ces initiatives restent largement symboliques, car les donateurs internationaux conditionnent leur aide à une stabilisation sécuritaire, qui semble hors de portée dans l’immédiat.

La Banque centrale libanaise, qui joue un rôle crucial dans la gestion de la crise monétaire, est elle-même en difficulté. Ses réserves de devises étrangères, déjà limitées, ne permettent plus de soutenir la livre ni de financer les subventions sur les produits de première nécessité. Al-Quds Al-Arabi souligne que cette incapacité renforce l’instabilité financière et alimente la spéculation sur le marché noir.

Par ailleurs, le secteur bancaire, autrefois un pilier de l’économie libanaise, reste en état de paralysie. Les restrictions imposées sur les retraits et les transferts de fonds ont provoqué une perte de confiance généralisée dans le système financier. Selon Al-Sharq Al-Awsat, de nombreux Libanais préfèrent désormais conserver leurs économies en espèces ou en devises étrangères, aggravant ainsi la pénurie de liquidités dans les banques.

Le secteur touristique, autrefois une source majeure de revenus pour le Liban, est également en berne. Les conflits récents, combinés à l’effondrement des infrastructures, ont dissuadé les visiteurs étrangers, entraînant des pertes importantes pour les entreprises locales. Selon Nida’ Al Watan, plusieurs hôtels et restaurants, qui espéraient une reprise post-pandémique, sont contraints de fermer leurs portes en raison de l’absence de clients et de l’augmentation des coûts d’exploitation.

En résumé, la guerre a plongé le Liban dans une spirale économique sans précédent, où les besoins urgents de la population se heurtent à des contraintes structurelles et à l’incapacité du gouvernement à répondre efficacement à la crise. Les experts cités par An-Nahar avertissent que sans un soutien international massif, le pays risque un effondrement total de son économie, avec des répercussions sociales et politiques dévastatrices.

Justice

Les frappes israéliennes sur des zones civiles et des infrastructures critiques au Liban ont suscité une vague d’indignation parmi les organisations locales et internationales de défense des droits de l’homme. Selon Al-Joumhouria, plusieurs ONG, dont Human Rights Watch et Amnesty International, dénoncent des violations flagrantes du droit international humanitaire. Les bombardements sur des quartiers résidentiels, comme à Ras El-Nabeh, et les attaques visant des installations médicales et des convois humanitaires pourraient constituer des crimes de guerre, selon des juristes spécialisés.

Les frappes ayant causé la mort de Mohammed Aref Naboulsi et de plusieurs civils dans le quartier de Ras El-Nabeh ont particulièrement choqué. Al-Quds Al-Arabi rapporte que les avocats libanais envisagent de déposer une plainte auprès de la Cour pénale internationale (CPI) pour documenter ces attaques, qui incluent des destructions systématiques d’habitations civiles. Cependant, la voie juridique reste semée d’embûches, car Israël bénéficie d’un soutien important de la part de certains membres du Conseil de sécurité de l’ONU, notamment les États-Unis.

Le journal Nida’ Al Watan mentionne également que des juristes internationaux collaborent avec des experts locaux pour collecter des preuves, notamment des témoignages de victimes et des enregistrements des frappes. Ces efforts visent à établir un dossier solide contre Israël, mais le succès de cette initiative dépendra largement de la coopération internationale, qui reste incertaine. Les experts cités par Al-Binaa’ soulignent que les précédents recours à la CPI pour des conflits similaires ont souvent été bloqués par des pressions politiques.

Par ailleurs, An-Nahar met en avant le rôle crucial des médias dans la documentation des violations. Les journalistes sur le terrain, malgré les risques, jouent un rôle clé en exposant les conséquences humanitaires et les violations du droit international. Cependant, ces efforts sont entravés par les bombardements continus, qui rendent difficile l’accès aux zones les plus touchées.

La question des responsabilités juridiques ne se limite pas à Israël. Selon Al-Sharq Al-Awsat, certaines voix au Liban critiquent également le Hezbollah pour son utilisation présumée de zones civiles comme base de lancement de ses attaques. Ces accusations, bien que controversées, soulèvent des questions complexes sur l’équilibre entre stratégie militaire et respect des normes internationales.

Enfin, Al-Quds Al-Arabi rapporte que plusieurs pays européens, notamment la France et l’Allemagne, appellent à une enquête indépendante sur les événements récents. Cependant, ces initiatives restent symboliques tant qu’aucun mécanisme international contraignant n’est mis en place pour garantir la reddition de comptes.

Société

La crise humanitaire qui découle de l’intensification des hostilités au Liban est décrite comme « sans précédent » par plusieurs journaux, notamment An-Nahar et Nida’ Al Watan. Plus de 500 000 personnes ont été déplacées depuis le début des affrontements, et ce nombre continue de croître chaque jour. Les régions frontalières, telles que Bint JbeilNabatieh, et Mari-Hassbaya, se vident progressivement de leurs habitants, qui fuient les bombardements incessants pour chercher refuge dans des zones plus sécurisées. Cependant, les capacités d’accueil des villes comme Beyrouth et Tripoli sont déjà saturées, créant des conditions de vie extrêmement précaires pour les déplacés.

Selon Al-Joumhouria, les camps d’accueil improvisés manquent de ressources de base. L’accès à l’eau potable, aux soins médicaux et à une alimentation suffisante est un défi quotidien pour les familles déplacées. Les ONG locales et internationales, bien qu’actives, peinent à répondre à la demande croissante. Le manque de coordination entre les autorités locales et les agences humanitaires complique encore davantage la distribution de l’aide. Par ailleurs, des rapports de Nida’ Al Watan révèlent que certaines régions frontalières, encore sous contrôle du Hezbollah, ne reçoivent que très peu d’assistance en raison de l’insécurité persistante.

Les enfants sont particulièrement touchés par cette crise. Al-Binaa’ souligne que la fermeture des écoles dans les régions les plus touchées prive des milliers d’élèves de leur droit à l’éducation. Certains enfants déplacés ont été inscrits temporairement dans des écoles de fortune organisées par des associations locales, mais ces initiatives restent insuffisantes pour combler les besoins éducatifs. Le journal rapporte également une augmentation des troubles psychologiques parmi les jeunes, exacerbés par les déplacements, les traumatismes liés aux bombardements et l’incertitude quant à l’avenir.

Dans les zones urbaines où se réfugient les déplacés, les tensions sociales montent en flèche. An-Nahar rapporte que les habitants des quartiers populaires de Beyrouth et de Tripoli, eux-mêmes confrontés à des difficultés économiques, voient d’un mauvais œil l’arrivée massive de nouvelles familles, craignant une concurrence accrue pour les ressources limitées. Cette situation alimente des conflits latents et renforce les inégalités entre les communautés.

Les femmes déplacées, en particulier, font face à des défis spécifiques. Selon Al-Sharq Al-Awsat, de nombreuses femmes se retrouvent seules à gérer leurs familles, souvent après avoir perdu leurs maris ou leurs frères dans les affrontements. Ces femmes doivent non seulement subvenir aux besoins de leurs enfants dans des conditions précaires, mais aussi faire face à des risques accrus de violences et d’exploitation. Des ONG locales tentent d’apporter un soutien psychosocial et matériel, mais leurs ressources sont limitées.

La société civile libanaise, malgré les défis, joue un rôle crucial dans la réponse à cette crise. Al-Quds Al-Arabi met en avant les initiatives communautaires visant à fournir de la nourriture, des vêtements et un abri temporaire aux familles déplacées. Les réseaux religieux, notamment les églises et les mosquées, se mobilisent également pour venir en aide aux personnes les plus vulnérables. Cependant, ces efforts sont insuffisants face à l’ampleur des besoins.

Parallèlement, la solidarité internationale se manifeste à travers des initiatives ponctuelles, comme celles du Croissant-Rouge qatari ou de l’UNICEF, qui distribuent de l’aide dans les zones accessibles. Toutefois, comme le souligne An-Nahar International, les efforts humanitaires restent entravés par l’insécurité persistante et le manque de fonds.

Enfin, Al-Binaa’ met en lumière l’impact psychologique à long terme de cette crise sur l’ensemble de la population libanaise. Les scènes de destruction, les pertes humaines, et l’incertitude quant à l’avenir alimentent un sentiment de désespoir généralisé. Certains experts alertent sur les conséquences durables de ces traumatismes, qui pourraient affecter des générations entières si des solutions ne sont pas rapidement mises en place.

International

La situation au Liban est devenue un point central des préoccupations internationales, mais les divergences entre les acteurs mondiaux ralentissent toute avancée concrète vers une résolution durable. Selon An-Nahar International, les discussions au Conseil de sécurité de l’ONU sont bloquées par des désaccords fondamentaux entre les grandes puissances. Les États-Unis continuent de soutenir les actions israéliennes, insistant sur la nécessité de neutraliser le Hezbollah, tandis que des pays comme la France et la Russie appellent à une désescalade immédiate et au respect du droit international.

Le Qatar, qui a intensifié son rôle de médiateur, cherche à combiner une aide humanitaire directe et des efforts diplomatiques pour favoriser un cessez-le-feu. Selon Al-Quds Al-Arabi, Doha a déjà promis des millions de dollars pour l’assistance aux déplacés libanais, mais conditionne une grande partie de son soutien à un apaisement des tensions militaires. Cette position reflète une volonté du Qatar de jouer un rôle stabilisateur dans la région tout en renforçant son influence.

De son côté, la France, par la voix d’Emmanuel Macron, a critiqué les frappes israéliennes sur des zones civiles et appelé à une intervention internationale pour protéger les populations vulnérables. Macron, cité par Al-Sharq Al-Awsat, insiste sur la nécessité de respecter la résolution 1701, qui impose un cessez-le-feu et limite les activités militaires au sud du Liban. La France propose également d’intensifier le rôle de la FINUL (Force intérimaire des Nations unies au Liban), bien que cette initiative suscite des réticences à Beyrouth.

Les pays arabes voisins, notamment la Jordanie et l’Égypte, suivent la situation avec inquiétude. Al-Joumhouriarapporte que ces nations craignent une extension du conflit qui pourrait déstabiliser davantage la région. La Jordanie, en particulier, se dit prête à jouer un rôle de médiateur, mais souligne que toute solution doit inclure un engagement clair pour le respect des frontières et la souveraineté libanaise. L’Égypte, de son côté, appelle à une coordination entre les États arabes pour limiter les effets secondaires du conflit, notamment en matière de réfugiés.

La Russie adopte une approche prudente mais active. Selon Al-Binaa’, Moscou s’efforce de maintenir un équilibre entre ses relations avec l’Iran, allié du Hezbollah, et son désir de ne pas antagoniser Israël. La Russie appelle à des pourparlers directs entre les parties en conflit, mais son influence est limitée par les tensions croissantes avec les États-Unis sur d’autres dossiers internationaux.

En parallèle, l’Union européenne examine les implications de la crise libanaise sur la sécurité énergétique de la Méditerranée. Selon Nida’ Al Watan, des pays comme l’Italie et la Grèce craignent que les frappes israéliennes sur les ports libanais n’affectent les routes maritimes essentielles pour le transport de gaz naturel et de pétrole. Cette dimension économique ajoute une pression supplémentaire pour trouver une solution rapide, bien que les divisions internes à l’UE ralentissent toute initiative collective.

Les Nations Unies, bien qu’actives dans la coordination de l’aide humanitaire, peinent à imposer une action décisive en raison des blocages au Conseil de sécurité. Le secrétaire général, António Guterres, a appelé à plusieurs reprises à un cessez-le-feu immédiat, soulignant les souffrances des civils libanais. Cependant, comme le rapporte An-Nahar, ces appels restent largement symboliques, faute d’un consensus parmi les membres permanents du Conseil.

Enfin, la dimension régionale du conflit devient de plus en plus préoccupante. Al-Quds Al-Arabi mentionne que l’Iran, principal allié du Hezbollah, intensifie son soutien logistique et militaire au mouvement, tout en avertissant Israël que toute attaque sur des infrastructures iraniennes en Syrie ou au Liban entraînerait une réponse directe. Cette posture augmente le risque d’une escalade qui pourrait impliquer d’autres acteurs régionaux, comme l’Arabie saoudite ou la Turquie.

En résumé, bien que la communauté internationale soit unanime sur la nécessité d’une désescalade, les intérêts divergents et les tensions géopolitiques empêchent toute avancée significative. Les appels à un cessez-le-feu se heurtent à la réalité complexe du terrain, rendant improbable une résolution rapide de la crise.

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Newsdesk Libnanews
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