Escalade militaire au Sud Liban après une frappe israélienne ciblée
Le 20 septembre 2025, les médias libanais ont couvert une montée soudaine de tension militaire à la frontière sud du Liban, consécutive à une attaque israélienne visant des responsables du mouvement Hamas en territoire syrien. Selon Ad Diyar (20 septembre 2025), cette frappe a été perçue comme un avertissement indirect au Hezbollah, avec un objectif plus large : adresser un message stratégique non seulement au Liban, mais aussi aux États-Unis. Le quotidien évoque une atmosphère régionale de « tension extrême » et rapporte que les déclarations de Naim Kassem, nouveau secrétaire général du Hezbollah, marquent un tournant dans la posture du parti, que ce soit à l’échelle interne ou dans ses alliances régionales.
Dans une déclaration relayée également par Al Akhbar (20 septembre 2025), Naim Kassem a affirmé que la région se trouvait à un « tournant politique dangereux », laissant entendre que l’organisation se prépare à une transformation profonde de ses priorités stratégiques. Ce positionnement est interprété comme une réponse directe à la frappe israélienne et comme un avertissement aux acteurs internationaux. Kassem a appelé à une « nouvelle page » dans les relations régionales, notamment avec l’Arabie saoudite, tout en maintenant un discours de confrontation vis-à-vis d’Israël.
Le Hezbollah mobilise ses soutiens dans le cadre d’une stratégie régionale élargie
Toujours selon Al Akhbar (20 septembre 2025), le Hezbollah a lancé une série de consultations internes et régionales en réponse à l’intensification des hostilités. L’hebdomadaire évoque une ouverture au dialogue entre les différentes composantes de la résistance, non seulement au Liban, mais également en Syrie, en Irak et à Gaza. Dans ce cadre, les déclarations de Kassem insistent sur l’importance de « réorganiser les rangs » et de « définir un nouveau cadre stratégique » fondé sur la résistance commune à l’occupation israélienne.
En parallèle, la presse souligne un regain de coordination entre le Hezbollah et le Hamas. Al Akhbar indique que des discussions ont été engagées pour renforcer les mécanismes de riposte commune en cas de nouvelle attaque israélienne, alors que des analystes évoquent la possibilité d’une « réponse synchronisée » depuis plusieurs fronts.
Cette coopération élargie s’inscrit dans une dynamique que le Hezbollah qualifie de « recomposition stratégique du front de la résistance », dans un contexte où l’alignement militaire entre Israël et les États-Unis s’intensifie sur plusieurs théâtres du Proche-Orient.
Des conséquences directes sur la sécurité intérieure et la stabilité libanaise
Les effets de cette escalade militaire sur la situation intérieure libanaise ne se sont pas fait attendre. D’après Al Liwa’(20 septembre 2025), les autorités libanaises redoutent des répercussions sécuritaires majeures, notamment dans les zones frontalières, déjà fragilisées par l’absence d’une stratégie de défense unifiée.
Plusieurs sources rapportent que l’armée israélienne a accru sa présence le long de la frontière sud, en particulier dans les secteurs de Maroun al-Ras, Aita al-Shaab et Khiam, tandis que des unités de l’armée libanaise ont été placées en état d’alerte renforcée. Le gouvernement dirigé par Nawaf Salam s’est réuni en urgence afin d’évaluer la situation. Le président Joseph Aoun a appelé à une « gestion stratégique » de la crise, insistant sur l’importance d’« éviter toute provocation qui pourrait plonger le pays dans une guerre ouverte ».
Malgré cela, plusieurs observateurs cités par Ad Diyar estiment que le Liban pourrait être entraîné malgré lui dans une spirale de confrontation, en raison des liens profonds entre le Hezbollah et les autres composantes de la résistance régionale, notamment le Hamas et les milices irakiennes.
Le facteur international : une équation à plusieurs variables
Alquds Al Arabi (20 septembre 2025) apporte un éclairage international sur cette crise en soulignant la réaction ambiguë des grandes puissances. Washington a réaffirmé son soutien à Israël, notamment à travers une nouvelle aide militaire de 6,5 milliards de dollars, tandis que Paris a exprimé son intention de reconnaître officiellement l’État de Palestine lors d’un discours d’Emmanuel Macron annoncé pour le lundi suivant.
Dans ce climat tendu, le Conseil de sécurité des Nations unies est resté divisé, certains États appelant à une désescalade immédiate, tandis que d’autres justifient les actions israéliennes comme des « mesures de prévention antiterroriste ». Selon Alquds (20 septembre 2025), cette divergence pourrait paralyser toute initiative diplomatique concertée, accentuant ainsi le risque d’une confrontation régionale de grande ampleur.
L’article note également une possible implication croissante de l’Iran, en soutien indirect au Hezbollah, notamment par des canaux de renseignement et d’approvisionnement logistique. Bien que Téhéran n’ait pas réagi officiellement aux derniers événements, plusieurs analystes cités par le quotidien estiment que la République islamique considère cette séquence comme une opportunité pour renforcer son influence au Liban et en Syrie.
Un message de résilience : la rhétorique du Hezbollah face à la menace
Dans un long article d’analyse, Al Akhbar (20 septembre 2025) revient sur la dimension idéologique du discours de résistance tel que promu par le Hezbollah. Le journal met en avant un extrait d’un discours de Naim Kassem dans lequel il déclare : « Si nous devons tomber, ce sera debout. Mais nous ne permettrons jamais à l’ennemi de dicter les termes de notre avenir. »
Le quotidien rappelle que cette rhétorique s’inscrit dans une tradition narrative valorisant la résistance comme moyen de préservation de la souveraineté nationale. Ce discours est largement relayé dans les médias affiliés au parti, avec une forte charge émotionnelle à l’égard des martyrs et des symboles de sacrifice.
De son côté, la presse pro-gouvernementale comme Al Joumhouriyat reste plus prudente, en appelant à une désescalade et en rappelant les conséquences humaines et économiques d’un éventuel conflit. Elle insiste sur le besoin d’un « consensus national sur les priorités sécuritaires » et déplore le manque de coordination entre les différents appareils de l’État.
Politique locale : pressions multiples sur le gouvernement Salam entre réformes, tensions sociales et priorités sécuritaires
Les réformes institutionnelles engagées par le gouvernement Nawaf Salam
Le gouvernement dirigé par Nawaf Salam continue de faire face à un contexte politique complexe, marqué par la nécessité de restaurer la confiance des citoyens et des partenaires internationaux. Selon Alquds (20 septembre 2025), plusieurs réformes clés ont été adoptées récemment, notamment des lois sur la levée du secret bancaire, la régulation du secteur bancaire et le renforcement de l’indépendance du pouvoir judiciaire. Ces mesures ont été saluées par des diplomates comme des avancées concrètes vers la restauration de l’État de droit et de la transparence.
Par ailleurs, la tenue réussie des élections municipales a été mentionnée comme un signe de retour à un fonctionnement institutionnel normal, alors que le Liban tente de sortir de plusieurs années de paralysie politique. Toujours selon Alquds, ces réformes traduisent une dynamique nouvelle, plus soutenue, que le pays n’avait pas connue depuis six ans.
Dans ce contexte, le président Joseph Aoun a exprimé son appui à ces orientations, en soulignant lors d’un échange à Baabda avec le Premier ministre, que l’État devait maintenir un cap ferme sur les réformes économiques, judiciaires et sociales, tout en assurant la stabilité sécuritaire face aux menaces extérieures, comme le rapporte Al Liwa’ (20 septembre 2025).
Tensions sociales autour des revendications des militaires retraités
Le climat politique reste toutefois tendu, notamment en raison de la pression exercée par les militaires à la retraite, qui multiplient les manifestations et menacent de bloquer les institutions si leurs revendications ne sont pas satisfaites. Selon Ad Diyar (20 septembre 2025), l’un des chefs de file du mouvement, le général de brigade à la retraite Tony Ramah, a demandé au président Aoun de tenir les promesses formulées lors de son discours d’investiture concernant la justice sociale pour les anciens militaires.
Cette mobilisation s’inscrit dans une série de manifestations récurrentes depuis plusieurs mois, durant lesquelles les retraités dénoncent un traitement inégal par rapport aux autres fonctionnaires de l’État, et exigent des augmentations de pensions en lien avec l’effondrement de la livre libanaise. Le quotidien mentionne que ces manifestations se sont intensifiées à la veille de deux conseils des ministres, forçant le gouvernement à inscrire à l’ordre du jour des mesures d’urgence en leur faveur.
En parallèle, d’autres catégories sociales, telles que les enseignants et les fonctionnaires municipaux, ont également exprimé leur colère face à la dégradation continue de leurs conditions de vie. À ce titre, Al Bina’ (20 septembre 2025) relate la rencontre entre Nawaf Salam et une délégation des associations de familles beyrouthines, au cours de laquelle les représentants ont évoqué la dégradation de la qualité des services publics dans la capitale, notamment dans les domaines de l’eau, de l’électricité et de la collecte des déchets.
La question du monopole de la force armée dans l’État au cœur des débats
Un autre débat majeur qui agite la scène politique concerne la question du port d’armes et du monopole de la violence légitime. Al Sharq (20 septembre 2025) indique que plusieurs intervenants politiques, à commencer par des députés de l’opposition, demandent que l’État impose un contrôle plus strict sur toute forme de milice ou de groupe armé opérant en dehors du cadre légal. Cette revendication vise directement le Hezbollah, bien que le parti ne soit pas mentionné nommément dans toutes les déclarations officielles.
Le gouvernement, pour sa part, a exprimé sa volonté de faire respecter les décisions judiciaires et les lois relatives à la souveraineté nationale. Toujours selon Al Sharq, un consensus a été recherché lors d’une réunion à Baabda entre Joseph Aoun et Nawaf Salam, en vue d’élaborer une stratégie nationale de sécurité.
Cette volonté de rééquilibrer les rapports de force internes se manifeste également dans la communication officielle. Le président Aoun a insisté sur le fait que « les décisions de l’État doivent être appliquées de manière équitable », en ajoutant que le port d’armes par des groupes non étatiques constitue une menace directe à l’unité nationale.
Le projet de budget 2026 sous haute tension politique
En parallèle aux débats sécuritaires, le gouvernement poursuit l’examen du projet de budget 2026. Al Sharq (20 septembre 2025) rapporte que le Conseil des ministres s’est réuni à nouveau pour évaluer les propositions de financement des dépenses sociales, de la défense et des infrastructures. Plusieurs ministres ont exprimé leur inquiétude quant à l’absence de recettes nouvelles pour couvrir les besoins urgents, notamment en matière de santé et d’éducation.
Selon des sources citées par Al Liwa’ à la même date, une partie des blocages vient des divergences entre les ministres affiliés à des partis politiques opposés sur la question de la taxation du secteur bancaire. Certains exigent des prélèvements exceptionnels sur les profits réalisés en devises étrangères, tandis que d’autres appellent à la prudence pour éviter une fuite des capitaux.
Dans ce contexte tendu, le président Aoun a ordonné une mission d’audit approfondie sur les flux de trésorerie de la Banque du Liban, dirigée par Karim Souaid, afin de clarifier les marges de manœuvre budgétaires.
Dialogue politique difficile à l’approche des élections législatives
En toile de fond de ces enjeux, la classe politique libanaise s’apprête à entrer dans une séquence électorale tendue. Al Joumhouriyat (20 septembre 2025) évoque un climat de confrontation accrue entre les principales forces politiques, notamment autour de la réforme du système électoral. Plusieurs partis contestent les règles actuelles et proposent des modifications à la loi électorale, avec une forte pression pour limiter les influences confessionnelles.
L’article souligne que des divergences de fond opposent les groupes parlementaires, à la fois sur la question de la proportionnelle, des circonscriptions et du vote des expatriés. Le quotidien rapporte également l’inquiétude grandissante face à la perspective d’un blocage institutionnel similaire à celui qui a suivi les élections de 2018.
Dans ce cadre, le Premier ministre Salam tente de jouer les médiateurs, en appelant au « respect des règles démocratiques » et en affirmant que « le processus électoral ne peut pas devenir un levier de chantage politique ».
Citation et discours des personnalités politiques : entre rhétorique de crise et appels à l’unité nationale
Naim Kassem : recomposition stratégique du Hezbollah et appel au dialogue régional
Le 20 septembre 2025, Naim Kassem, secrétaire général du Hezbollah, a prononcé une allocution largement couverte par Ad Diyar et Al Akhbar, dans laquelle il a dressé un tableau inquiétant de la situation régionale. Selon Ad Diyar (20 septembre 2025), Kassem a qualifié l’époque actuelle de « tournant politique dangereux », en évoquant une tentative de « réorganisation des priorités » au Moyen-Orient après la frappe israélienne contre des cadres du Hamas en Syrie.
Dans ses propos, Kassem a appelé à une coordination plus large entre les forces de la résistance dans la région, y compris en Syrie, en Irak et en Palestine. Il a affirmé que « l’ennemi tente de dicter de nouvelles règles », et que la seule réponse crédible est une « réponse collective fondée sur la résistance et la dissuasion ».
Al Akhbar (20 septembre 2025) ajoute que cette intervention marque un infléchissement de la stratégie du Hezbollah vers un cadre plus ouvert au dialogue inter-résistance, mais aussi à une forme de normalisation avec certains régimes arabes, en particulier l’Arabie saoudite. Kassem a appelé à « tourner une nouvelle page », tout en réaffirmant que le parti ne renoncera pas à ses principes de confrontation avec Israël.
Joseph Aoun : unité nationale et réaffirmation de l’autorité de l’État
Le président de la République, Joseph Aoun, s’est exprimé le même jour depuis Baabda, selon Al Liwa’ (20 septembre 2025), pour appeler à la vigilance et à la cohésion interne face aux risques de déstabilisation. Dans une intervention axée sur les questions de souveraineté et de sécurité, il a déclaré que « la défense de l’unité nationale passe par le respect des institutions » et a mis en garde contre les initiatives armées en dehors du cadre de l’armée régulière.
Joseph Aoun a également fait allusion, sans le nommer, à la présence d’armes en dehors du contrôle de l’État, en soulignant que « personne ne doit se substituer à l’autorité de l’État dans la gestion des affaires de sécurité ». Il a rappelé l’importance de l’armée libanaise comme seul garant légitime de la stabilité du pays.
L’intervention du président a été perçue par plusieurs observateurs comme une tentative de poser des lignes rouges claires à l’ensemble des acteurs politiques, dans un contexte de fortes tensions militaires au sud du pays.
Nawaf Salam : discours de réforme et appel à la responsabilité collective
De son côté, le Premier ministre Nawaf Salam a profité de plusieurs réunions publiques et médiatiques pour rappeler les priorités de son gouvernement. Selon Al Bina’ (20 septembre 2025), il a insisté sur le fait que « la seule voie de sortie de la crise passe par l’unité politique et l’action collective », tout en affirmant que son cabinet restait déterminé à appliquer les réformes économiques et judiciaires.
Dans un entretien avec des représentants de la société civile, Nawaf Salam a déclaré : « Nous ne pourrons avancer sans que chacun assume sa part de responsabilité. Ce pays ne peut plus se permettre des jeux de pouvoir ou des calculs confessionnels. »
Toujours selon Al Bina’, cette déclaration s’adressait implicitement à ceux qui freinent la mise en œuvre de certaines réformes clés, notamment la loi sur la régulation bancaire et l’indépendance du judiciaire.
Discours de l’imam Ali Fadlallah : responsabilité morale et rôle de l’État
Dans son prêche du vendredi, prononcé à la mosquée des Imams Hassanayn à Harat Hreik, l’imam Ali Fadlallah a livré une analyse morale de la situation politique et sécuritaire. D’après Al Sharq (20 septembre 2025), il a mis en garde contre les conséquences de l’escalade israélienne, qu’il a qualifiée de tentative « d’imposer à l’État libanais des conditions humiliantes ».
Il a appelé les autorités à faire preuve de fermeté tout en réaffirmant que « l’unité nationale passe aussi par la capacité de l’État à défendre ses citoyens ». Il a exhorté le gouvernement à « éviter de faire peser les efforts de redressement économique uniquement sur les citoyens », tout en appelant la population à soutenir l’action publique dans un esprit de responsabilité collective.
Ce discours reflète une tendance plus large dans les milieux religieux chiites à repositionner leur message autour du rôle de l’État et de l’intérêt général, tout en continuant à dénoncer les agressions israéliennes.
Rhétorique de la résistance : entre mobilisation idéologique et stratégie communicationnelle
Enfin, Al Akhbar (20 septembre 2025) propose une analyse du langage politique adopté par les dirigeants du Hezbollah dans la période actuelle. Le journal souligne la résurgence d’une rhétorique exaltant le sacrifice, l’unité des fronts et la lutte contre l’« arrogance impérialiste ».
Un extrait du discours de Naim Kassem est mis en avant : « Nous avançons dans l’obscurité, mais notre foi nous éclaire. Chaque martyr est une boussole. Chaque agression est un révélateur. Nous ne cherchons pas la guerre, mais nous refusons l’humiliation. »
Cette posture, souvent associée à une stratégie de communication en direction des bases populaires, est aussi un moyen d’envoyer un message de détermination à Israël et à ses alliés, selon les analystes cités.
Diplomatie : ouverture vers Riyad et pressions occidentales en toile de fond
Dialogue en gestation entre le Hezbollah et l’Arabie saoudite
Le 20 septembre 2025, plusieurs sources, dont Al Bina’ et Al Akhbar, ont relayé les signaux d’ouverture entre le Hezbollah et Riyad, interprétés comme une évolution majeure dans le paysage diplomatique régional. Selon Al Bina’(20 septembre 2025), Naim Kassem, secrétaire général du Hezbollah, a publiquement appelé à « tourner la page » avec les puissances du Golfe, en particulier l’Arabie saoudite, et à « dialoguer sur la base des intérêts mutuels ».
Cette déclaration a été perçue comme un geste d’apaisement, surtout après une période marquée par une hostilité réciproque. Al Akhbar (20 septembre 2025) précise que cette ouverture intervient dans un contexte de recrudescence des frappes israéliennes dans la région, y compris en Syrie, et d’un besoin croissant de rééquilibrage stratégique. Le quotidien rapporte que la rhétorique adoptée par Kassem est celle de « la résistance rationalisée », prônant le dialogue avec les États arabes non pas comme un abandon de principe, mais comme une nécessité tactique.
Toujours selon Al Bina’, la réponse saoudienne reste prudente, mais l’ancien ministre des Affaires étrangères Fayçal Ben Farhan aurait rencontré le président Joseph Aoun à Beyrouth, signalant un réchauffement diplomatique. Lors de cet échange, les discussions auraient porté sur la stabilité régionale et les garanties de sécurité mutuelle, sans qu’aucun accord formel ne soit pour l’heure évoqué.
Visite discrète d’émissaires américains : pression sur la ligne du gouvernement
Parallèlement à ces dynamiques régionales, la diplomatie américaine semble vouloir maintenir une présence active au Liban. D’après issue17098 (20 septembre 2025), une délégation conduite par Morgan Ortagus, conseillère spéciale du département d’État, aurait effectué une visite confidentielle à Beyrouth. Cette visite n’a pas été officiellement confirmée, mais selon des sources citées par le journal, elle s’inscrit dans une série de consultations visant à « préserver les équilibres internes libanais face aux risques d’embrasement ».
Le journal rapporte que la délégation américaine aurait transmis aux autorités libanaises un message ferme concernant les tensions au sud du pays et la nécessité de contenir toute escalade avec Israël. Les responsables américains auraient également évoqué le maintien de l’aide militaire à l’armée libanaise, tout en insistant sur la « neutralité du Liban » dans les conflits régionaux, en particulier face à la situation entre Israël et le Hamas.
Réactivation du rôle français : pressions et incitations diplomatiques
Selon Ad Diyar (20 septembre 2025), la diplomatie française multiplie les contacts avec les acteurs politiques libanais afin de relancer les réformes bloquées. L’ambassadeur de France aurait récemment rencontré le Premier ministre Nawaf Salam pour discuter du programme de coopération bilatérale, conditionné à des avancées concrètes sur les plans économique et judiciaire.
Toujours selon la même source, Paris continue de plaider pour l’application de l’accord du FMI, tout en exhortant les autorités libanaises à respecter leurs engagements, notamment en matière de transparence bancaire et d’indépendance du pouvoir judiciaire. Ces exigences s’inscrivent dans un contexte de lassitude croissante des partenaires occidentaux, qui craignent un effondrement total de l’État libanais si aucune réforme substantielle n’est engagée.
En parallèle, les chancelleries européennes semblent soutenir, en coulisse, le dialogue naissant entre le Hezbollah et Riyad, y voyant une opportunité de stabilisation régionale.
Le Liban face à l’axe iranien : prudence calculée et double discours
Malgré cette volonté affichée de diversification diplomatique, le Liban reste fortement dépendant de ses liens avec l’axe iranien. Comme le rapporte Alquds (20 septembre 2025), le gouvernement libanais adopte une posture d’équilibriste, refusant de s’aligner pleinement sur les positions de Téhéran tout en continuant à maintenir des relations politiques et économiques solides avec ce dernier.
Le quotidien souligne que Beyrouth n’a pas pris position contre les récentes sanctions européennes visant plusieurs responsables iraniens, tout en permettant à certains réseaux commerciaux liés à l’Iran de continuer leurs opérations au Liban. Cette ambivalence traduit la difficulté pour le gouvernement à concilier ses alliances régionales avec les attentes de la communauté internationale.
Tensions sur le front syrien : coordination limitée entre Beyrouth et Damas
La diplomatie libanaise semble également marquer le pas sur le dossier syrien. Selon Alquds (20 septembre 2025), les discussions sur la délimitation des frontières et le dossier des détenus syriens n’ont pas abouti à un accord formel, malgré plusieurs tentatives de médiation.
Un responsable cité par le journal indique que « les négociations sont gelées en raison de désaccords profonds sur les termes de la coopération sécuritaire ». Le Premier ministre Nawaf Salam, qui s’était rendu à Damas en avril dernier, n’aurait pas encore reçu d’invitation officielle pour une visite de suivi. Cette situation complique la gestion de dossiers sensibles comme le retour des réfugiés syriens ou la lutte contre le trafic transfrontalier.
Perspectives : vers une reconfiguration diplomatique du Liban ?
L’ensemble des dynamiques relevées dans les publications du 20 septembre 2025 laisse entrevoir une phase de recomposition diplomatique pour le Liban. Entre les appels au dialogue du Hezbollah, les visites d’émissaires occidentaux, les pressions françaises et les calculs prudents vis-à-vis de Damas et de Téhéran, le pays semble chercher une nouvelle posture sur l’échiquier régional.
Selon Al Bina’, la diplomatie libanaise tente de jouer un rôle de facilitateur dans la région, mais reste freinée par les divisions internes et le manque de coordination stratégique entre les institutions. Le président Joseph Aoun aurait évoqué lors de son entretien avec le ministre saoudien la possibilité d’un « cadre de concertation régionale » incluant les acteurs arabes et les organisations libanaises, mais ce projet n’a, pour l’instant, reçu aucun écho public.
Politique internationale : escalade au Proche-Orient et pressions globales
Israël : stratégie d’annexion sécuritaire et guerre régionale sans fin
Le 20 septembre 2025, plusieurs journaux arabes et libanais ont relayé l’intensification de la stratégie militaire israélienne sur plusieurs fronts. Selon al Joumhouriyat (20 septembre 2025), Israël mène une campagne d’actions militaires coordonnées visant à établir des « zones économiques et sécuritaires tampons » au Liban, en Syrie, dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. L’objectif déclaré serait d’instaurer une dissuasion pérenne et un contrôle territorial indirect sur des poches stratégiques.
Le journal souligne que cette offensive militaire est justifiée par le gouvernement israélien comme une réponse préventive à une « menace multiforme ». Toutefois, cette justification est perçue par les acteurs régionaux comme un écran pour une politique d’annexion progressive. Al Liwa’ (20 septembre 2025) évoque une « doctrine du bénéfice net », par laquelle Israël chercherait à transformer ses victoires militaires en gains géopolitiques durables, sans passer par des accords de paix formels.
La même source met en lumière une fracture croissante entre Washington et Tel-Aviv. Malgré l’annonce par les États-Unis d’un nouveau programme d’assistance militaire d’une valeur de 6,5 milliards de dollars à Israël, des tensions émergent sur la question palestinienne. Al Liwa’ indique que Paris, par la voix d’Emmanuel Macron, aurait annoncé une reconnaissance officielle de l’État de Palestine « dès lundi prochain », ce qui représenterait un tournant diplomatique majeur.
Gaza : offensive prolongée et catastrophe humanitaire
Le journal Alquds (20 septembre 2025) rapporte que l’armée israélienne poursuit ses opérations intensives dans le sud de la bande de Gaza. Des unités d’infanterie soutenues par l’aviation ont visé des bastions présumés de la résistance, entraînant la destruction d’infrastructures civiles et la coupure totale de l’aide humanitaire. Le chef d’état-major Eyal Zamir a ordonné la suspension des convois humanitaires en provenance de Jordanie, arguant de préoccupations sécuritaires après une attaque meurtrière contre un poste frontière.
Toujours selon Alquds, les autorités sanitaires de Gaza signalent une situation alarmante. Le blocus total, combiné aux destructions, a engendré un risque de famine dans plusieurs zones. Des milliers de familles auraient quitté leurs habitations pour se réfugier dans des bâtiments scolaires ou des mosquées. Des témoignages font état d’un usage massif de bombes à fragmentation dans les quartiers densément peuplés.
Al Akhbar (20 septembre 2025) cite des responsables du Hamas qui affirment que « Gaza deviendra un cimetière pour l’ennemi » et évoquent la mobilisation de « milliers de combattants préparés à des opérations suicides ». Cette rhétorique suggère que le conflit entre dans une nouvelle phase, marquée par une guerre d’usure dont les répercussions pourraient s’étendre au Liban et à la Jordanie.
Iran : retour des sanctions et rejet global au Conseil de sécurité
Sur un autre front international, Al Bina’ et Alquds (20 septembre 2025) annoncent que le Conseil de sécurité des Nations unies a voté en faveur de la réactivation des sanctions contre l’Iran. Cette décision, prise sous pression des capitales européennes qui ont invoqué la clause de « snapback » de l’accord de Vienne (JCPOA), est toutefois contestée par la Russie et la Chine. Ces deux pays ont déclaré publiquement que cette décision « n’a aucune valeur légale » en l’absence d’un consensus.
L’Iran, par la voix de son négociateur Abbas Araghchi, a proposé un « compromis équitable » aux Européens, sans en révéler les détails. Mais Téhéran affirme que toute tentative de sanction supplémentaire sera considérée comme un acte hostile, ouvrant la voie à des représailles économiques et sécuritaires. Le ministre des Affaires étrangères iranien a également accusé les États-Unis d’orchestrer une « guerre hybride » en multipliant les cyberattaques sur les infrastructures énergétiques iraniennes.
Selon Ad Diyar (20 septembre 2025), cette escalade diplomatique se produit à quelques jours du discours prévu de Donald Trump à l’Assemblée générale des Nations unies, où il devrait réaffirmer l’isolement de l’Iran comme une priorité de sa politique étrangère.
Ukraine : enlisement stratégique et repositionnements internationaux
La guerre en Ukraine reste dans une impasse stratégique, selon un article de Alquds (20 septembre 2025). Le front sud autour de Kherson connaît une stagnation, tandis que la Russie renforce ses positions dans l’est de l’Ukraine. Le président Vladimir Poutine a dénoncé dans une déclaration à la presse un « sabotage de la paix » orchestré par l’OTAN, accusant les États-Unis de bloquer toute issue diplomatique.
Donald Trump, dans un entretien rapporté par Ad Diyar, a affirmé être « déçu par le comportement de Poutine », ajoutant que ce dernier l’a « personnellement trahi ». Ces propos laissent présager un revirement dans la posture américaine vis-à-vis de Moscou, possiblement dans le but de consolider l’image d’un Trump médiateur désabusé mais ferme.
Les chancelleries européennes, quant à elles, s’activent en coulisses pour éviter une relance de l’offensive russe avant l’hiver. Berlin et Paris ont proposé une conférence de sécurité paneuropéenne pour relancer le dialogue sur les garanties de sécurité mutuelle, mais l’initiative peine à susciter l’adhésion de Kiev.
Soudan : intensification du conflit et silence diplomatique
Le Soudan continue de sombrer dans un chaos militaire et humanitaire. Alquds (20 septembre 2025) rapporte que des affrontements massifs ont eu lieu à Khartoum entre les Forces de soutien rapide (RSF) et l’armée régulière, entraînant la mort de dizaines de civils. Les tentatives de médiation de l’Union africaine sont restées vaines, en raison du refus des deux camps d’ouvrir un couloir humanitaire sécurisé.
Les ONG internationales dénoncent une détérioration rapide de la situation, avec des cas de famine enregistrés dans les provinces occidentales. Le Conseil de sécurité de l’ONU n’a pas réussi à adopter une résolution contraignante, en raison du veto chinois. Ce blocage est interprété comme une manifestation des rivalités géopolitiques mondiales, dans lesquelles le Soudan devient un terrain d’expérimentation indirect.
Économie : bras de fer bancaire et signaux mitigés de reprise
Blocage des négociations sur le contrat collectif bancaire
Selon Al Akhbar (20 septembre 2025), la crise entre l’Union des employés de banque et l’Association des banques du Liban demeure dans une impasse préoccupante. Les négociations sous médiation du ministère du Travail n’ont donné lieu à aucun compromis, malgré l’échéance du 1er octobre fixée comme date limite pour répondre à la dernière proposition de médiation. Georges El Haj, président du syndicat des employés de banque, a averti que l’absence d’accord mènera à une grève générale, ajoutant que cette dernière est « un droit protégé par la loi ».
Le conflit porte principalement sur la tentative de l’Association des banques d’annuler le contrat collectif de 1974, qui encadre les droits salariaux et sociaux des employés. Al Akhbar souligne que les représentants des banques refusent de reconnaître la valeur structurante de ce contrat, qu’ils considèrent comme un obstacle à la flexibilité de gestion des ressources humaines dans un secteur en crise.
Le quotidien ajoute que la délégation bancaire, représentée uniquement par un avocat et non par des membres exécutifs, a été accusée par les syndicats de pratiquer la politique de la chaise vide pour ralentir les négociations. De son côté, Ibrahim Bassil, président du syndicat des employés bancaires, a affirmé que l’objectif de l’Association des banques est d’« imposer unilatéralement de nouvelles règles du jeu », notamment en réduisant les indemnités et les salaires minimaux, certains étant actuellement inférieurs à 500 dollars.
Une reprise en trompe-l’œil : FMI et réformes bancaires sous surveillance
Dans ce contexte, Ad Diyar (20 septembre 2025) annonce la venue à Beyrouth d’un nouveau comité du Fonds monétaire international pour évaluer l’état d’avancement des réformes engagées. Ce déplacement est particulièrement crucial car il intervient à la veille de la clôture de l’exercice budgétaire 2025, avec en ligne de mire la finalisation du budget 2026.
Le FMI, selon les sources du journal, entend durcir ses positions et exiger une modification substantielle du projet de loi sur « la régularisation du système bancaire » et celui sur la « gestion de la faille financière ». Ces textes, qui visent à restructurer les pertes du secteur bancaire sans recours massif aux déposants, n’ont pas encore obtenu l’aval du parlement. Le FMI insiste sur le respect de la méthodologie internationale en matière de classification des actifs, de capitalisation et de transparence des comptes.
Toujours selon Ad Diyar, la délégation entend également examiner le projet de budget 2026 en détail, en particulier sur la capacité de l’État à augmenter ses recettes fiscales sans plomber l’activité économique. Cette double exigence pose problème, étant donné l’ampleur du secteur informel et l’absence d’un cadastre fiscal complet.
Progrès législatifs salués mais jugés insuffisants
Alquds et Al Sharq (20 septembre 2025) soulignent les progrès réalisés par le gouvernement libanais sur plusieurs fronts. Des lois sur la levée du secret bancaire, la restructuration des banques et l’indépendance du pouvoir judiciaire ont été adoptées. Les élections municipales se sont également déroulées avec succès. Ces avancées sont perçues comme des signaux positifs par la communauté internationale, qui y voit une volonté de redressement structurel.
Cependant, al Joumhouriyat (20 septembre 2025) adopte une ligne beaucoup plus critique. Le journal affirme que ces réformes ne sont que « des pansements » qui évitent soigneusement le cœur du problème : l’ouverture des livres de comptes de la Banque du Liban et des banques privées. Selon le journal, la réticence à publier les chiffres réels des pertes accumulées est une forme de dissimulation organisée, et tant que cette opacité perdure, la confiance ne pourra pas être restaurée.
L’article met en garde contre une crise prolongée de la liquidité et un effondrement de la confiance dans les institutions financières si aucune mesure sérieuse de reddition de comptes n’est prise. Le journaliste Fadi Abboud y dénonce la continuité d’un « système Ponzi » et appelle à une réforme radicale du cadre législatif et judiciaire.
Dialogue public-privé : un frémissement à consolider
Du côté des entreprises, Al Sharq (20 septembre 2025) rapporte une réunion entre le ministre de l’Économie, Amer Bassat, et les représentants du secteur privé. Le vice-président de l’Association des entreprises libanaises, Hadi Soubra, s’est félicité de cette initiative, affirmant qu’il s’agit de l’un des rares moments où le secteur privé « se sent véritablement écouté ».
Les discussions ont porté sur la création d’un environnement favorable à l’investissement, notamment par l’harmonisation des normes fiscales et la simplification des procédures d’enregistrement. Le ministre a promis une série de décrets exécutifs visant à faciliter l’accès au crédit pour les PME, en collaboration avec la BDL et les banques commerciales.
Cette ouverture est toutefois tempérée par le blocage des négociations salariales et les tensions persistantes dans le secteur bancaire, qui reste la pierre angulaire de l’économie libanaise.
Tourisme et stabilité : levier de court terme ou illusion passagère ?
Enfin, plusieurs journaux comme Alquds et Al Sharq insistent sur le retour progressif des flux touristiques. La sécurité relative assurée par l’armée et les Forces de sécurité intérieure a permis un redémarrage de l’activité dans les zones côtières et rurales. Les stations balnéaires ont accueilli un nombre significatif de visiteurs libanais et arabes durant l’été.
Le gouvernement mise sur ce regain touristique pour relancer la consommation interne, mais les économistes avertissent que cette dynamique reste fragile. Elle dépend d’un environnement sécuritaire stable et de la reprise de la connectivité bancaire, notamment à travers les paiements par carte et les transferts internationaux, encore limités.
Justice : l’enquête du port relancée et tensions autour de la transparence judiciaire
Avancées dans l’enquête sur l’explosion du port de Beyrouth
Selon al Joumhouriyat (20 septembre 2025), l’instruction judiciaire sur l’explosion du port de Beyrouth, menée par le juge d’instruction Tarek Bitar, a franchi une nouvelle étape avec la transmission officielle d’une commission rogatoire à la Bulgarie. Cette initiative vise à interroger l’un des acteurs clés de l’affaire, actuellement détenu à Sofia. La requête inclut toutes les questions préparées pour clarifier le rôle du suspect dans l’acheminement du nitrate d’ammonium vers le Liban. Cette démarche est présentée comme essentielle pour « dévoiler l’un des maillons les plus critiques du dossier ».
Ad Diyar (20 septembre 2025) précise que le ministre de la Justice, Adil Nassar, s’est entretenu à deux reprises avec l’ambassadeur de Bulgarie à Beyrouth. Il affirme suivre personnellement les démarches administratives, indiquant que le Liban compte sur une réponse rapide de la justice bulgare. Le délai de détention du suspect expire le 13 octobre 2025, rendant cette phase de coopération judiciaire particulièrement sensible. En cas de refus, plusieurs alternatives sont envisagées, notamment l’interrogatoire du suspect en Bulgarie par le juge Bitar ou une audition par vidéoconférence, sous condition d’accord préalable.
Des sources judiciaires citées par al Joumhouriyat alertent cependant sur les obstacles logistiques et diplomatiques, rappelant les précédents blocages observés dans des dossiers similaires, notamment avec l’Espagne.
Multiplication des arrestations dans des dossiers financiers et douaniers
Toujours selon al Joumhouriyat, un service de sécurité libanais a procédé à une série d’arrestations dans le cadre de deux dossiers distincts. Le premier concerne des infractions judiciaires en cours d’instruction, avec neuf individus déjà arrêtés. Le second touche à une affaire de fraude douanière impliquant des individus disposant de cartes d’exonération. Des documents falsifiés et des produits non déclarés ont été découverts dans plusieurs entrepôts de la région du Metn.
Parallèlement, Ad Diyar relate une opération menée dans le camp de Chatila par l’armée libanaise, en collaboration avec les services de renseignement. Cette intervention visait un réseau de trafic de drogue. Plusieurs suspects ont été arrêtés et un stock important de stupéfiants a été saisi sous la supervision du parquet compétent. Le communiqué officiel parle d’une « étape majeure » dans le cadre de la lutte contre le narcotrafic.
Inquiétudes autour de la lenteur des procédures judiciaires
Le ministre de la Justice, cité dans Ad Diyar, a reconnu que l’appareil judiciaire a souffert de paralysies prolongées dues à des conflits internes et à des blocages dans les nominations. Il espère que les récentes nominations de juges permettront d’accélérer les procédures, notamment dans le dossier du port. Il a également rappelé que le ministère de la Justice avait pleinement accompli ses obligations et que « la balle est désormais dans le camp du pouvoir judiciaire ».
Cependant, al Joumhouriyat dénonce l’opacité persistante entourant certains dossiers économiques et financiers. Le journal critique la lenteur des procédures dans les affaires liées aux pertes bancaires et à la gestion des fonds publics. Il pointe du doigt un « refus systématique » d’ouvrir les registres de la Banque du Liban et des établissements financiers. Selon la même source, cette rétention d’information mine la crédibilité de l’ensemble de la chaîne judiciaire.
Des avocats cités anonymement affirment qu’une frange de la magistrature se livre à une stratégie d’évitement pour ne pas compromettre des figures de l’élite politico-financière. Ils estiment que la justice libanaise n’a pas encore démontré une volonté réelle de lutter contre la corruption systémique.
Justice et réforme : initiatives législatives sous haute surveillance
Alquds (20 septembre 2025) rapporte que le Liban envisage de conclure un accord bilatéral avec la Syrie concernant la gestion des détenus syriens présents dans les prisons libanaises. Près de 2 575 ressortissants syriens sont actuellement incarcérés pour divers motifs, allant de l’immigration illégale aux accusations de terrorisme. La majorité de ces détenus sont maintenus sans procès formel.
Le ministère de la Justice travaille à une convention de coopération judiciaire qui permettrait d’accélérer les procédures de transfert ou de jugement. Cette mesure vise également à désengorger les établissements pénitentiaires, largement surpeuplés. Cette initiative suscite toutefois des réserves, notamment de la part des ONG, qui craignent des extraditions sans garantie d’un procès équitable en Syrie.
Dans le même temps, des représentants de la société civile ont rencontré le ministre de la Justice pour discuter de la réforme du code électoral et du droit de vote des Libanais non résidents. Ad Diyar évoque l’existence d’un projet de loi visant à garantir un vote égalitaire pour les expatriés, sans restriction du nombre de sièges réservés. Le texte n’a toutefois pas encore été adopté.
Société : entre précarité sociale et pressions sur les services publics
Les militaires retraités menacent de paralyser le pays
Ad Diyar (20 septembre 2025) rapporte que les militaires libanais retraités ont intensifié leur mobilisation, menaçant de bloquer entièrement le pays si leurs revendications sociales ne sont pas prises en compte. À travers des déclarations publiques relayées dans le journal, l’ancien général Rammah a directement interpellé le président Joseph Aoun, lui demandant de respecter les engagements pris dans son discours d’investiture.
Les revendications principales portent sur la revalorisation des pensions, qui restent gelées malgré l’inflation galopante. Les militaires retraités dénoncent également la discrimination dont ils s’estiment victimes par rapport à d’autres catégories de la fonction publique. Leurs protestations se sont multipliées en marge des dernières réunions du Conseil des ministres. Ad Diyar précise que ces actions s’inscrivent dans un climat de mécontentement généralisé parmi les anciens membres des forces armées, frustrés de leur marginalisation croissante.
Le climat social tendu inquiète les observateurs. Plusieurs commentateurs s’alarment d’un possible embrasement si les autorités continuent d’ignorer ces segments de la population considérés comme « les piliers historiques de l’État ».
Santé publique : pénurie chronique et réforme sous tension
Selon Ad Diyar, le ministre de la Santé, Rakan Nassereddine, a récemment affirmé que la santé n’aura désormais « ni couleur politique, ni appartenance confessionnelle ». Il a souligné l’urgence de doter les hôpitaux publics de moyens adaptés, notamment dans les zones rurales et périurbaines. Lors d’une rencontre avec le député Ibrahim Kanaan, il a annoncé que la santé serait l’une des priorités budgétaires de 2026.
Parmi les projets en cours figure la modernisation de l’hôpital public de Dhour El-Bachiq, équipée d’un nouveau scanner CT, d’un système d’échographie numérique et d’un service de diagnostic du cancer, grâce à un financement conjoint de la Banque mondiale et du Fonds islamique. Le ministre a insisté sur la nécessité de renforcer la couverture médicale publique, particulièrement pour les maladies chroniques et les soins urgents.
Malgré ces annonces, al Joumhouriyat souligne la faiblesse persistante de l’infrastructure sanitaire, marquée par la fuite des personnels médicaux, les retards dans le versement des salaires et les ruptures régulières de stock de médicaments. De nombreuses municipalités se plaignent également de la lenteur des remboursements des soins par les caisses publiques.
Éducation : la déroute des écoles publiques
Ad Diyar décrit une situation dramatique dans le secteur éducatif, particulièrement à Tripoli. Les écoles publiques y sont de plus en plus délaissées au profit des écoles privées, malgré le coût prohibitif de ces dernières. Le journal évoque un effondrement du niveau dans plusieurs établissements publics, autrefois réputés. Les enseignants dénoncent des conditions de travail déplorables, des bâtiments délabrés, et l’absence de matériel pédagogique.
Face à cela, des familles contraintes par la crise économique se rabattent sur l’école publique. Le paradoxe, selon les sources éducatives citées, réside dans l’incapacité de nombreuses familles à payer même les frais d’inscription les plus bas. La disparition progressive des aides scolaires de la part des parlementaires et leaders communautaires accentue cette détresse. Le phénomène de déscolarisation des enfants dans certaines zones défavorisées devient préoccupant.
Les syndicats d’enseignants dénoncent une dégradation continue du statut de l’enseignant, avec des salaires équivalents à moins de 200 dollars par mois. Plusieurs appels à la grève sont envisagés à l’approche de la rentrée scolaire.
Impact social de la crise du déplacement interne
Une autre dimension préoccupante de la situation sociale est soulignée par Ad Diyar, qui consacre un reportage aux déplacés internes du Sud, notamment ceux qui ont trouvé refuge dans des localités comme Nabatiyeh et Saida. Beaucoup vivent dans des conditions précaires, sans accès stable à l’eau, à l’électricité ni à l’aide alimentaire. Le journal souligne que la majorité des déplacés gèrent des activités économiques non enregistrées, telles que la vente de produits alimentaires, la réparation ou la couture.
Selon un expert local du dossier cité par le journal, les rapports entre les déplacés et les populations hôtes sont tendus. Les ONG locales et internationales alertent sur l’insuffisance de l’aide humanitaire et l’absence d’un plan gouvernemental de soutien à long terme. Le manque de coordination entre les acteurs publics et privés freine également la mise en œuvre de projets de développement.
Le même rapport évoque une fracture nette entre les chiffres produits par les agences internationales et la réalité vécue sur le terrain, plus grave et instable.
Précarisation croissante des familles libanaises
Dans une tribune publiée par Al Bina’, le président de l’Union des familles beyrouthines, Mohieddine Kachli, alerte sur l’état d’abandon dans lequel se trouvent de nombreuses familles libanaises. Il évoque notamment la hausse du coût de la vie, l’effondrement de la monnaie nationale et la perte des économies des ménages.
Parmi les revendications formulées lors de sa rencontre avec le Premier ministre Nawaf Salam, figurent le lancement de projets économiques à fort impact social, la mise en place d’un système d’aide pour les frais scolaires, et l’amélioration des services publics dans la capitale, notamment l’élimination des déchets, la fourniture d’eau potable et la disponibilité de l’électricité.
L’intervention du gouvernement dans ces domaines reste perçue comme faible. Les syndicats de quartier et les associations locales dénoncent un État défaillant, incapable de garantir les droits sociaux les plus élémentaires.



