Le Liban s’est retrouvé ce 25 août 2025 au cœur d’un double mouvement, mêlant pressions diplomatiques américaines croissantes et regain d’instabilité sécuritaire dans plusieurs zones sensibles, en particulier dans les camps palestiniens. La presse libanaise dans son ensemble s’est largement faite l’écho de cette actualité, mettant en évidence les lignes de fracture internes et les repositionnements internationaux qui redessinent les équilibres du pouvoir à Beyrouth.
Dans les colonnes d’Al Joumhouriyat daté du 25 août 2025, l’arrivée à Beyrouth du conseiller spécial américain Tom Barak, accompagné de la diplomate Morgan Ortagus et du sénateur Lindsey Graham, marque un tournant dans l’implication directe de Washington dans la gestion de la sécurité au Liban. Le quotidien indique que le trio diplomatique, déjà passé par Tel-Aviv et Damas, a entamé une série de consultations à Beyrouth, avec notamment un déjeuner officiel à la table du Premier ministre Nawaf Salam. Cette visite s’inscrit dans une initiative américaine visant à faire respecter un agenda sécuritaire strict, avec pour objectif de pacifier les frontières sud du pays et d’encadrer les discussions autour du désarmement du Hezbollah.
La teneur des échanges avec les autorités israéliennes, relayée par Al Akhbar dans son édition du 25 août 2025, révèle un contexte de négociation délicat : Barak aurait reçu un accord partiel de Tel-Aviv sur une réduction des hostilités, à condition que Beyrouth applique intégralement la décision gouvernementale d’exclusivité de l’armement entre les mains de l’armée libanaise. Le journal souligne que cet engagement est perçu comme une tentative d’imposer à Beyrouth une feuille de route unilatérale, assortie de contreparties israéliennes encore floues.
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De son côté, Ad Diyar, dans son édition du même jour, cite des sources proches du gouvernement libanais qui conditionnent toute avancée au retrait israélien d’au moins un des cinq points litigieux du Sud et à l’arrêt complet des incursions terrestres et aériennes pendant une durée déterminée. Le quotidien met en garde contre toute tentative de création d’une zone industrielle tampon dans le Sud, qui impliquerait le déplacement des populations civiles et constituerait un précédent dangereux, difficile à faire accepter par les acteurs locaux, y compris le Hezbollah.
Le désengagement progressif de Paris
L’ensemble des quotidiens note également un changement de ton dans les rapports entre Beyrouth et ses alliés occidentaux traditionnels. Al Sharq, dans sa livraison du 25 août 2025, évoque en creux le recul de la diplomatie française sur la scène libanaise. L’ambassadeur de France n’a pas été convié aux entretiens organisés autour de la visite américaine, un fait interprété comme un désaveu ou, à tout le moins, comme une mise à l’écart volontaire. Cette dynamique semble traduire une perte d’influence de Paris dans la gestion du dossier libanais, au profit d’un pilotage plus offensif de la part de Washington.
Ce glissement diplomatique est confirmé dans les colonnes d’An-Nahar International en date du 25 août 2025, qui consacre une analyse aux récents échecs de la diplomatie française dans les négociations sur le renouvellement du mandat de la FINUL. Selon le journal, c’est désormais la Maison-Blanche qui définit les termes de la reconduction de la mission onusienne, en coordination directe avec Israël et les autorités militaires libanaises. La diplomatie multilatérale, traditionnellement animée par la France dans ce contexte, semble avoir cédé la place à un dialogue bilatéral imposé par Washington.
Montée des tensions dans les camps palestiniens
Sur le plan sécuritaire, plusieurs titres, dont Al Liwa’ et Al Bina’, signalent un regain de tensions dans le camp palestinien de Borj el-Brajneh, situé dans la banlieue sud de Beyrouth. Le quotidien Al Bina’ rapporte une série d’accrochages entre factions rivales, avec des tirs sporadiques et un déploiement renforcé des forces de sécurité libanaises à l’extérieur du camp. Ces incidents ont relancé le débat sur le rôle des groupes armés palestiniens au Liban et sur la capacité de l’État à garantir la sécurité dans les zones extraterritoriales échappant à son autorité.
Selon Al Liwa’, ces affrontements s’inscrivent dans un contexte plus large de réactivation des cellules dormantes au sein du Fatah, certaines rumeurs évoquant même des tentatives d’infiltration de groupes affiliés à des puissances régionales. Le journal insiste sur l’urgence d’une intervention politique pour restaurer le calme, rappelant que ces tensions interviennent à un moment critique, alors que la scène politique libanaise est déjà fragilisée par les divisions internes.
Le même constat est partagé par Nida’ Al Watan, qui relie les tensions dans les camps à la situation régionale, notamment à la reprise des combats dans le sud de Gaza et au durcissement des positions israéliennes. Le quotidien suggère que le Liban devient, malgré lui, l’un des terrains périphériques de cette confrontation, dans un schéma de régionalisation des conflits où la moindre faille sécuritaire locale peut avoir des répercussions internationales.
Le Hezbollah face à un dilemme stratégique
La réaction du Hezbollah face aux récents développements diplomatiques et sécuritaires occupe également une large place dans la presse. Al Akhbar rappelle que le parti chiite reste fermement opposé à la stratégie dite du « pas à pas », imposée selon lui par Washington. Il réclame un retrait israélien total, la libération des prisonniers et la fin des violations territoriales comme conditions préalables à toute négociation sur une éventuelle stratégie de défense nationale.
Le journal rapporte les propos du député Raed Berro, membre du bloc parlementaire du Hezbollah, qui qualifie la décision du gouvernement de limiter les armes à l’armée comme une « trahison » en l’absence de contreparties israéliennes. Selon lui, cette décision constitue un précédent dangereux qui affaiblit la résistance face à Israël et risque de diviser encore davantage la scène politique libanaise.
Pour sa part, Al 3arabi Al Jadid analyse cette prise de position comme un symptôme d’une impasse plus globale : le Hezbollah est confronté à un dilemme entre son ancrage local et les logiques régionales auxquelles il est étroitement lié. Toute concession, aussi minime soit-elle, pourrait être interprétée comme un recul stratégique, tant sur le plan militaire que sur celui de l’influence politique.
Équilibres fragiles et incertitudes
Enfin, plusieurs titres, dont An-Nahar et Al Joumhouriyat, mettent en lumière les dilemmes du gouvernement face à l’accélération des agendas régionaux. Le Premier ministre Nawaf Salam semble naviguer entre les attentes américaines, les lignes rouges posées par le Hezbollah, et les impératifs de stabilité interne. Les négociations sur la mission de la FINUL, le désarmement, la sécurité aux frontières, mais aussi la pression sociale et économique, dessinent un paysage politique libanais sous tension permanente.
Le débat sur la souveraineté nationale, au cœur des discours officiels, apparaît de plus en plus dissonant face à la réalité du terrain, où les décisions majeures semblent pilotées de l’extérieur. Cette dynamique d’externalisation du pouvoir décisionnel libanais est soulignée à plusieurs reprises par Al Sharq, qui voit dans la visite de Barak et la relative marginalisation de la diplomatie française un tournant historique dans la gestion du dossier libanais.
Politique locale : tensions gouvernementales et recomposition des alliances internes
La scène politique libanaise, en ce 25 août 2025, est dominée par les tiraillements au sein de l’exécutif autour de la question du désarmement et des arrangements sécuritaires dans le Sud. La décision controversée du Conseil des ministres d’entériner le principe de l’exclusivité de l’armement à l’armée nationale a provoqué une levée de boucliers dans plusieurs camps politiques, révélant la fragilité des équilibres institutionnels en place.
Fracture sur la stratégie sécuritaire du gouvernement
Dans son édition du 25 août 2025, Ad Diyar rapporte que l’initiative gouvernementale visant à centraliser les armes entre les mains de l’armée a été mal reçue par plusieurs forces politiques, en particulier par le Hezbollah. Ce dernier, par la voix du député Raed Berro, membre du bloc de la « Loyauté à la Résistance », a dénoncé une décision unilatérale et sans contrepartie. Il a exigé, dans une déclaration publiée le même jour, que « le gouvernement libanais revienne sur cette décision, qui constitue une atteinte directe à l’équilibre de la dissuasion nationale ».
Le gouvernement de Nawaf Salam, à l’origine de cette orientation stratégique, se trouve ainsi dans une position inconfortable. Bien que l’objectif affiché soit de répondre aux attentes des partenaires occidentaux et d’instaurer une coordination sécuritaire avec les forces internationales présentes au Liban-Sud, cette ligne suscite de fortes oppositions internes. Selon Al Joumhouriyat du 25 août 2025, le Premier ministre a tenté d’expliquer sa démarche comme un « préalable au dialogue national », sans pour autant convaincre ses détracteurs, qui y voient plutôt une soumission aux injonctions américaines.
Le Hezbollah dans la confrontation politique
Le parti chiite, qui dispose d’une forte capacité d’action au sein des institutions, semble déterminé à empêcher toute évolution de la doctrine de défense sans consultation préalable. Al Akhbar, dans son édition du même jour, souligne que le Hezbollah considère la démarche de Nawaf Salam comme « un coup porté à l’accord de Taëf » et à l’équilibre confessionnel du pays. Le journal note également que plusieurs cadres du parti ont intensifié leurs rencontres avec leurs alliés politiques pour mettre en place un front de refus parlementaire, destiné à bloquer toute tentative de vote contraignant au Parlement.
La tension est montée d’un cran lorsque les services du Premier ministre ont annoncé une réunion prochaine avec les chefs de blocs parlementaires pour « consulter avant tout passage en force législatif ». Une manœuvre perçue comme dilatoire par les opposants au projet, mais saluée par certains centristes, à l’image du bloc du président du Parlement Nabih Berri, qui, selon Al Sharq, s’est déclaré « favorable à un consensus si et seulement si l’unanimité nationale est assurée ».
Réactions du camp présidentiel
Le président de la République Joseph Aoun, resté en retrait depuis plusieurs semaines, a rompu le silence à l’occasion d’un entretien privé avec des journalistes rapporté par An-Nahar le 25 août 2025. Il aurait exprimé « son attachement au rôle de l’armée dans la consolidation de l’unité nationale et à la nécessité de préserver le pluralisme politique dans les processus décisionnels liés à la sécurité ». Bien que ses propos soient restés mesurés, plusieurs analystes y ont vu une manière de soutenir prudemment la ligne du Premier ministre tout en appelant à la modération des tensions.
Le chef de l’État a également tenu à rappeler l’importance de préserver les institutions dans leur fonctionnement régulier. Al Bina’, dans un article publié le 25 août, rapporte qu’au sein du Palais de Baabda, certains conseillers plaident pour un renforcement du rôle du Conseil supérieur de défense, en tant qu’organe de médiation entre les forces politiques et les institutions de sécurité, y compris dans la question du désarmement progressif.
Blocages au Parlement
La question du désarmement n’est pas la seule à diviser la classe politique. Le Parlement libanais, toujours marqué par l’instabilité des majorités, peine à avancer sur les dossiers économiques et sociaux. Selon Al Liwa’, plusieurs projets de lois liés à la fiscalité, à la gestion des hydrocarbures et à la réforme de la fonction publique sont en attente depuis des mois, faute de consensus en commission. Le président de la commission des finances, interrogé par le journal, a admis que « la priorité est actuellement donnée aux questions sécuritaires, au détriment des urgences économiques ».
Ce blocage est accentué par la pression populaire croissante. Des manifestations spontanées ont eu lieu dans plusieurs quartiers de Beyrouth, comme le rapporte Al Sharq, pour protester contre la montée du coût de la vie, la pénurie d’électricité et la stagnation des salaires. Bien que les rassemblements soient encore modestes, ils témoignent d’un climat de mécontentement latent, sur lequel certains partis d’opposition cherchent à capitaliser.
Reconfiguration des alliances
Dans ce contexte troublé, la classe politique semble engagée dans une phase de reconfiguration. Le courant patriotique libre, en perte de vitesse selon plusieurs sondages évoqués dans Al Joumhouriyat, tenterait de relancer des passerelles avec des formations modérées, tandis que les Forces libanaises multiplient les rencontres avec des représentants de la société civile, en vue de constituer un front parlementaire de réforme.
Par ailleurs, An-Nahar mentionne une rencontre discrète entre des représentants du mouvement Amal et ceux du Parti socialiste progressiste, avec pour objectif d’étudier une plateforme commune autour des réformes administratives et du renforcement des services publics. Cette dynamique, encore embryonnaire, pourrait s’accélérer si la crise politique actuelle devait se prolonger dans les prochaines semaines.
Le rôle des autorités religieuses
Enfin, plusieurs titres, dont Al Akhbar et An-Nahar, soulignent l’implication croissante des autorités religieuses dans le débat politique. Le patriarche maronite Béchara Raï, lors d’un sermon dimanche 24 août, a appelé à « l’unité du rang national et au rejet de toute mainmise étrangère sur les décisions de souveraineté ». Un message perçu comme une critique à peine voilée de la diplomatie américaine, mais aussi comme un appel à la réconciliation entre les factions chrétiennes.
Du côté chiite, le Conseil supérieur islamique chiite a publié un communiqué appelant à la retenue et au respect des équilibres issus de l’accord de Taëf. Le communiqué, rapporté par Al Bina’, insiste sur « la nécessité de préserver la coexistence confessionnelle et de ne pas transformer le débat sécuritaire en affrontement communautaire ».
Citation et discours des personnalités politiques : la parole politique entre mise en garde, appel à l’unité et affirmation de souveraineté
La journée du 25 août 2025 a vu l’émergence de plusieurs prises de parole marquantes de la part de figures politiques et religieuses libanaises. Dans un contexte de tensions sécuritaires et de repositionnements diplomatiques, les déclarations publiques sont apparues comme autant de marqueurs d’alignements, d’oppositions et de rappels aux fondements de l’équilibre libanais.
Le patriarche maronite Raï appelle à l’unité nationale
Lors de sa messe dominicale célébrée à Dimane, le patriarche maronite Béchara Raï a prononcé un discours au ton grave, relayé par Al Sharq dans son édition du 25 août 2025. Il a déclaré : « Il est impératif de nous réunir, chrétiens et musulmans, autour du projet national libanais fondé sur la coexistence et la souveraineté. Si nous n’y parvenons pas, nous serons comptables devant l’histoire de l’échec de cette nation. » Cette déclaration s’inscrit dans une tradition désormais régulière du patriarcat maronite, qui intervient dans le débat national à des moments critiques.
Selon Ad Diyar du même jour, le patriarche aurait visé implicitement les ingérences étrangères dans le processus décisionnel libanais, en rappelant que « toute solution dictée de l’extérieur ne peut qu’aggraver nos divisions internes ». Cette phrase, largement reprise dans les milieux politiques, a été interprétée par plusieurs observateurs comme un avertissement contre la dynamique diplomatique actuelle, dans laquelle les puissances étrangères semblent prendre l’initiative au détriment du dialogue interne.
Dans Al Liwa’, un éditorialiste commente que le patriarche Raï « cherche à ranimer l’esprit du Pacte national de 1943, dans un Liban où les références fondatrices paraissent désormais caduques aux yeux de la nouvelle génération ». La presse souligne que cette déclaration a été saluée par une partie des responsables politiques, notamment du côté des Forces libanaises et du Courant patriotique libre, qui y voient une tentative de recentrer le débat national sur la souveraineté et le vivre-ensemble.
Nawaf Salam entre prudence institutionnelle et équation sécuritaire
Le Premier ministre Nawaf Salam a, lui aussi, pris la parole dans le cadre d’un point presse informel organisé à la sortie d’un conseil ministériel, selon Al Joumhouriyat du 25 août 2025. Il a réaffirmé que « le gouvernement est engagé dans une stratégie de consolidation de la sécurité nationale, en coordination avec toutes les institutions concernées, y compris l’armée libanaise et les partenaires internationaux ». Cette déclaration intervient alors que plusieurs factions, dont le Hezbollah, ont dénoncé les orientations sécuritaires adoptées par le Conseil des ministres.
Interrogé sur les critiques visant le recentrage de l’autorité militaire, Nawaf Salam a répondu, selon An-Nahar, que « la souveraineté ne se divise pas, elle se garantit par l’unité du commandement militaire et la clarté des décisions stratégiques ». Cette formule a été perçue comme une réponse directe aux prises de position de certains partis politiques, en particulier à celles exprimées par Raed Berro.
Toujours selon Al Sharq, le Premier ministre aurait également tenu à rappeler que « le Liban n’est l’otage d’aucune puissance étrangère et reste maître de ses choix », tout en appelant à « ne pas surinterpréter la coordination sécuritaire avec les partenaires internationaux ». Une position d’équilibre que ses détracteurs jugent ambiguë, mais qui traduit la ligne adoptée par le gouvernement actuel.
Raed Berro rejette toute remise en cause du rôle de la résistance
Du côté du Hezbollah, le député Raed Berro a pris la parole lors d’un rassemblement politique organisé à Nabatiyeh. Selon les informations publiées par Al Akhbar le 25 août 2025, il a affirmé que « toute tentative de limiter les armes à l’armée libanaise sans garanties politiques et militaires claires est une violation de l’accord de Taëf et un danger pour la souveraineté nationale ». Cette déclaration a été suivie de plusieurs commentaires dans la presse, certains y voyant une montée de ton inédite depuis le début du mandat du Premier ministre actuel.
Raed Berro a poursuivi en déclarant que « le Hezbollah ne permettra pas que la résistance soit affaiblie sous couvert de réformes institutionnelles. Nous avons vaincu l’occupation grâce à notre engagement. Nous ne renoncerons pas à notre mission ». Cette prise de position a été considérée par Ad Diyar comme une réponse directe aux discussions en cours sur le rôle de la FINUL et sur la proposition d’exclusivité de l’armement formulée par le gouvernement.
Le quotidien Al Bina’ souligne que ce discours intervient dans un moment de fragilité pour l’axe de la résistance, confronté à une double pression : diplomatique, par le biais des émissaires américains ; politique, à travers les nouvelles alliances internes qui émergent au Parlement.
Joseph Aoun évoque la cohésion militaire et la neutralité institutionnelle
Le président de la République, Joseph Aoun, a exprimé sa position à l’occasion d’un entretien accordé à un groupe restreint de journalistes, dont le contenu a été relayé par Al Joumhouriyat. Dans cet échange, il a insisté sur la nécessité de préserver l’armée comme « pilier de la stabilité nationale » et « espace de neutralité dans un environnement politique conflictuel ».
Selon Al 3arabi Al Jadid, Joseph Aoun a tenu à affirmer que « l’institution militaire ne saurait être instrumentalisée au profit d’un camp politique ou d’un projet partisan. Elle appartient à tous les Libanais ». Il a également rappelé que « la confiance des citoyens dans leur armée est un bien précieux qu’il convient de protéger au-dessus des divisions ».
Cette déclaration a été perçue comme un message de prudence, alors que plusieurs acteurs cherchent à entraîner l’armée dans des débats politiques. Dans les milieux diplomatiques, cette posture a été saluée comme un facteur de stabilité. Al Sharq indique qu’au sein de la FINUL, certains responsables considèrent que la cohérence du commandement militaire libanais constitue un atout majeur dans les négociations en cours.
Les leaders chrétiens entre dénonciation et stratégie
Du côté chrétien, le président des Forces libanaises, Samir Geagea, s’est exprimé lors d’un rassemblement dans le Metn. Selon Nida’ Al Watan, il a accusé le gouvernement de « céder aux chantages de la communauté internationale au lieu de défendre une politique souverainiste claire ». Il a critiqué la « confusion stratégique » de l’exécutif et appelé à la formation d’un large front parlementaire « pour bloquer les projets qui sapent l’équilibre constitutionnel du pays ».
Michel Moawad, de son côté, a publié un communiqué dans lequel il affirme que « le Liban a besoin d’un plan de relèvement fondé sur la réforme de l’administration, le retour des institutions, et la fin de la logique des armes parallèles ». Ce message, cité dans Al Liwa’, s’inscrit dans une ligne de fermeté vis-à-vis du Hezbollah, tout en insistant sur la nécessité d’un soutien international structurant.
Naim Kassem se fait discret mais présent dans le débat
Naim Kassem, récemment nommé à la tête du Hezbollah en remplacement de Hassan Nasrallah, n’a pas encore prononcé de discours officiel long, mais il a fait parvenir un message écrit au Conseil politique du parti. Ce texte, partiellement divulgué par Al Akhbar, indique que « la résistance est un droit constitutionnel et une réalité nationale que nul ne peut effacer par décret ».
Il précise également que « le dialogue est la voie, mais la force reste l’ultime garant de la souveraineté libanaise ». Selon Al Bina’, cette ligne semble confirmer la continuité doctrinale avec le leadership précédent, tout en introduisant un style plus concis et moins véhément.
Diplomatie : intensification des tractations internationales autour du Liban et redéploiement des équilibres géopolitiques
Le Liban, théâtre d’une recomposition stratégique régionale, se retrouve à nouveau au cœur d’intenses tractations diplomatiques. Les positions internationales se croisent et parfois s’affrontent, avec des effets directs sur la dynamique interne libanaise. Le 25 août 2025, les médias libanais consacrent plusieurs de leurs unes et analyses à cette nouvelle phase de pression diplomatique, portée notamment par les États-Unis, et marquée par un relatif effacement de la diplomatie française.
Mission américaine à Beyrouth : la pression de Tom Barak et Morgan Ortagus
Selon An-Nahar dans son édition du 25 août 2025, la mission de l’émissaire américain Tom Barak, accompagné de l’ex-porte-parole du Département d’État Morgan Ortagus, vise à « obtenir une posture libanaise compatible avec la poursuite du mandat de la FINUL, mais aussi avec l’objectif d’une désescalade durable avec Israël ». La diplomatie américaine semble déterminée à rééquilibrer les mécanismes de supervision du cessez-le-feu au Liban-Sud, en insistant sur l’engagement du Liban à limiter les actions de groupes armés non étatiques opérant dans la zone d’opérations des Nations unies.
D’après les informations recueillies par Al Akhbar, les deux diplomates ont insisté lors de leurs rencontres préliminaires avec les représentants du ministère des Affaires étrangères et de l’état-major de l’armée libanaise sur « la nécessité d’un geste significatif de Beyrouth en direction des pays occidentaux, afin de préserver le soutien logistique à la FINUL et de maintenir les crédits humanitaires ». La visite, perçue comme une tentative de consolidation de l’influence américaine sur le terrain libanais, n’a pas été officiellement commentée par le ministère.
Al Joumhouriyat rapporte que le Premier ministre Nawaf Salam aurait été sollicité pour « garantir l’application effective des résolutions internationales pertinentes, notamment la 1701 », tout en veillant à préserver « l’équilibre intérieur et la souveraineté nationale ». Il aurait affirmé aux diplomates que « toute approche sécuritaire doit s’accompagner d’une relance économique réelle pour être durable ».
Les exigences israéliennes et la position libanaise sur les négociations de la frontière
Toujours selon An-Nahar, les discussions avec les émissaires américains ont inclus des éléments liés au retrait israélien de certains points contestés à la frontière sud. Ces retraits, que Tel-Aviv présenterait comme un « geste de bonne volonté », seraient conditionnés à un engagement clair du Liban en matière de surveillance et de désarmement. Israël, indique le journal, aurait exigé en échange des garanties de non-agression à travers la FINUL, ainsi qu’une coordination plus étroite avec l’armée libanaise.
Dans les colonnes de Al Akhbar, une source sécuritaire indique que « le Liban refuse toute formule qui suggérerait un désengagement de sa souveraineté sur une partie du territoire au profit d’une force internationale ». Cette position a été réaffirmée par plusieurs responsables militaires libanais, qui soulignent que « l’Armée libanaise reste la seule force légitime déployée sur l’ensemble du territoire national, y compris dans les zones sensibles du Sud ».
Al Bina’ met en avant le refus du Hezbollah de toute évolution du rôle de la FINUL perçue comme intrusive. Selon le journal, le parti chiite considère que « tout changement de mandat sans consultation locale équivaudrait à une mise sous tutelle déguisée du territoire ». Il aurait transmis cette position via son bloc parlementaire à l’exécutif, avec une mise en garde contre toute « décision précipitée » en matière de coordination sécuritaire.
L’effacement de la diplomatie française
La presse libanaise commente également le recul manifeste de la diplomatie française. An-Nahar s’interroge dans un article publié le 25 août sur la discrétion de l’ambassade de France à Beyrouth, autrefois très active sur les dossiers liés au Liban-Sud. Le journal rappelle qu’aucun émissaire français n’a été aperçu dans les négociations en cours, laissant le champ libre aux Américains et, dans une moindre mesure, aux diplomates onusiens.
Dans Ad Diyar, un éditorial déplore que « la France, amie historique du Liban, ne semble plus disposée à s’engager dans la défense des intérêts libanais comme par le passé ». Le texte évoque un « changement de doctrine à Paris », désormais plus centré sur les enjeux européens et africains, et un désintérêt progressif pour les crises proche-orientales, jugées insolubles.
Cette lecture est partagée par Al Liwa’, qui souligne que le rôle diplomatique joué par Jean-Yves Le Drian et ses successeurs a été réduit à des déclarations ponctuelles sans impact opérationnel. Certains analystes évoquent un calcul stratégique : laisser Washington assumer seul la gestion du dossier libanais, tout en conservant une position d’observateur prêt à intervenir en cas de vide diplomatique.
Relations avec les pays arabes et implication du Qatar
Sur un autre front, Al Sharq évoque des tractations discrètes menées par le Qatar pour offrir une médiation parallèle sur certains dossiers bilatéraux. Doha, qui a récemment renforcé son engagement humanitaire au Liban, chercherait à jouer un rôle de facilitateur entre le gouvernement libanais et les bailleurs de fonds internationaux, notamment sur la question du soutien au secteur énergétique.
Le journal rapporte que des envoyés qataris ont rencontré des représentants du ministère de l’Énergie et du ministère des Finances pour « discuter d’un possible plan de financement conditionnel à des réformes de gestion des infrastructures publiques ». Cette initiative aurait reçu un accueil favorable de la part des autorités, bien que certains responsables expriment leur scepticisme quant à l’aboutissement rapide de cette voie.
Al 3arabi Al Jadid indique également que des contacts auraient été établis avec l’Arabie saoudite via des canaux diplomatiques non officiels, dans l’optique d’un réchauffement partiel des relations. Riyad reste toutefois prudent, exigeant des preuves tangibles de changement de gouvernance, en particulier dans la gestion du port de Beyrouth et de l’aéroport de la capitale.
Enjeux internes de la diplomatie libanaise
Enfin, plusieurs titres abordent la stratégie propre du Liban dans cette configuration diplomatique mouvante. Nida’ Al Watan cite un diplomate libanais en poste à New York qui affirme que « le Liban cherche à faire entendre une voix unifiée dans les enceintes multilatérales, mais se heurte à des divergences internes sur la définition même de ses priorités stratégiques ».
L’absence de coordination entre le ministère des Affaires étrangères et les autres pôles décisionnels est pointée du doigt dans plusieurs articles. Al Joumhouriyat mentionne un rapport confidentiel transmis à la Présidence, dans lequel il est recommandé de réactiver le Conseil national de politique étrangère, resté inactif depuis plus de dix ans, pour mieux structurer la diplomatie libanaise.
An-Nahar conclut que « la parole libanaise à l’étranger reste morcelée, reflétant les divisions internes du pays ». Le Liban, pris dans une tenaille géopolitique entre la pression américaine, l’ombre israélienne, le repli français et les ambitions arabes, semble devoir redéfinir en urgence sa doctrine diplomatique.
Politique internationale : conflits persistants, nouvelles alliances et pressions géostratégiques
La presse libanaise datée du 25 août 2025 accorde une attention marquée à plusieurs foyers de tension à travers le monde. L’actualité internationale y est traitée sous l’angle des équilibres géopolitiques, des affrontements militaires et des repositionnements diplomatiques, en mettant l’accent sur les implications régionales et les conséquences sur le Liban et ses partenaires. Plusieurs titres abordent ainsi les récents développements au Yémen, en Ukraine, en Palestine et en Afrique du Nord, en les articulant autour d’une lecture géostratégique régionale.
Offensive israélienne au Yémen : une escalade calculée
Dans son édition du 25 août 2025, An-Nahar consacre une large place à l’escalade militaire entre Israël et les Houthis. Le journal rapporte que l’aviation israélienne a mené une série de frappes aériennes sur Sanaa, en réponse à des tirs de missiles à fragmentation lancés depuis le territoire yéménite. L’une des frappes a visé un complexe contenant le palais présidentiel et des infrastructures de sécurité, provoquant, selon les autorités locales, la mort de deux personnes et des blessures pour trente-cinq autres.
Selon Al Akhbar, les frappes ont été précédées par une publication dans la presse israélienne d’une liste de cibles militaires stratégiques, que Tsahal présentait comme les « centres de gravité opérationnels des Houthis ». Cette action israélienne est interprétée par Al Bina’ comme une tentative de contenir l’influence croissante de l’Iran dans la péninsule arabique, tout en envoyant un signal clair à ses alliés occidentaux, notamment les États-Unis, quant à sa capacité de projection régionale.
D’après les analystes interrogés par Al Joumhouriyat, cette intervention militaire soulève des interrogations sur une éventuelle extension du conflit au-delà du théâtre yéménite. Le journal évoque également l’inquiétude croissante de l’Union européenne face à un possible embrasement régional, susceptible de perturber les flux pétroliers et d’accroître la pression migratoire vers la Méditerranée.
Ukraine : consolidation de l’axe euro-américain face à Moscou
Toujours dans les colonnes de An-Nahar, la situation en Ukraine demeure une source de tension géopolitique majeure. Le journal revient sur les déclarations conjointes des présidents Donald Trump et Volodymyr Zelensky, à l’issue d’une visioconférence du Conseil de sécurité transatlantique. Trump y a réaffirmé l’engagement de Washington « à soutenir sans équivoque la souveraineté ukrainienne et à faire respecter les lignes rouges imposées à la Russie ».
Zelensky, de son côté, a dénoncé une nouvelle vague de bombardements sur les infrastructures énergétiques ukrainiennes, notamment dans la région de Dnipropetrovsk. Selon Al 3arabi Al Jadid, les frappes auraient visé des installations civiles stratégiques, traduisant une volonté de Moscou de briser la résilience ukrainienne à la veille de l’hiver. Le quotidien rapporte également que la diplomatie américaine travaille activement à convaincre certains pays européens, dont l’Allemagne et l’Italie, de renforcer leur contribution militaire à l’Ukraine.
Dans Al Bina’, un article analyse la dynamique tripartite entre Moscou, Pékin et Téhéran, en soulignant que la Russie, fragilisée sur le front occidental, mise de plus en plus sur une convergence stratégique avec la Chine et l’Iran. Le journal cite des sources diplomatiques russes selon lesquelles « le monde unipolaire est en train de se déliter, et la nouvelle ère est celle des blocs souverains ». Cette rhétorique est reprise par les médias proches de Moscou pour justifier le maintien de l’offensive en Ukraine comme un acte de rééquilibrage global.
Palestine : tensions persistantes autour de Naplouse et Gaza
Le conflit israélo-palestinien continue également d’alimenter les pages internationales de la presse libanaise. Al Akhbarrapporte que les forces israéliennes ont mené plusieurs raids dans la vieille ville de Naplouse, entraînant la mort de deux jeunes Palestiniens accusés d’avoir participé à des tirs contre des colons dans la région de Huwara. Ces opérations, qualifiées par l’Autorité palestinienne de « punitions collectives », ont suscité une vague de protestations en Cisjordanie.
Le journal précise également que les tensions à Gaza restent vives, notamment après l’annonce de la fermeture du terminal de Kerem Shalom. Cette décision aurait été prise en réponse à des tirs sporadiques de roquettes, attribués à des factions salafistes non alignées sur le Hamas. Al Bina’ souligne que cette situation accroît la pression sur le mouvement islamiste, pris entre sa volonté de maintenir une trêve fragile et les critiques internes dénonçant un immobilisme politique.
Al Sharq consacre un article à la réaction des pays arabes, notamment de la Jordanie et de l’Égypte, qui ont lancé un appel conjoint au Conseil de sécurité pour l’envoi d’une mission d’enquête sur les « violations systématiques » commises par les forces israéliennes à Naplouse. Cette initiative, saluée par le Qatar, se heurte cependant à l’opposition des États-Unis, qui bloquent toute résolution contraignante au sein de l’instance onusienne.
Afrique du Nord : reconfiguration sécuritaire en Libye et pressions migratoires
Dans un article de fond, Nida’ Al Watan analyse les implications de la reprise des combats dans la région de Sebha, au sud de la Libye. Le journal rapporte que des affrontements ont éclaté entre forces fidèles au gouvernement de Tripoli et milices tribales affiliées à Haftar, provoquant une trentaine de morts et des centaines de déplacés. Ces développements fragilisent davantage les efforts de stabilisation soutenus par l’ONU et aggravent les flux migratoires vers les côtes italiennes.
Selon Al Liwa’, la Tunisie a renforcé son dispositif de surveillance à la frontière sud, en coordination avec les autorités européennes. Des unités spéciales italiennes auraient été déployées sur le littoral tunisien pour soutenir les gardes-côtes dans la détection des embarcations clandestines. Ce partenariat, s’il est salué par les chancelleries occidentales, suscite des critiques des ONG locales, qui dénoncent « une externalisation de la politique migratoire européenne au détriment des droits humains ».
Al 3arabi Al Jadid signale également une montée en tension entre le Maroc et l’Algérie, à la suite de la découverte de drones de surveillance survolant la zone frontalière de Figuig. Les autorités algériennes accusent Rabat de provoquer délibérément des incidents pour justifier une nouvelle course à l’armement. Le ministère marocain des Affaires étrangères a nié toute implication et évoqué une « campagne de désinformation orchestrée à des fins internes ».
Multipolarité et tensions entre puissances
Plusieurs journaux libanais proposent des analyses de fond sur la recomposition de l’ordre international. Al Akhbarpublie un article sur le rapprochement stratégique entre la Chine et la Russie, illustré par des manœuvres militaires conjointes en mer de Chine méridionale. Le texte met en lumière une volonté commune de défier la suprématie maritime américaine, en renforçant la coordination navale et l’échange de technologies de défense.
Ad Diyar aborde quant à lui la question du leadership américain dans un monde fragmenté. Dans une tribune signée par un ancien diplomate libanais, le journal s’interroge : « Trump peut-il encore imposer une hégémonie américaine, alors même que l’Europe vacille et que l’Asie s’organise en contrepoids structuré ? ». Le texte appelle le Liban à « se repositionner habilement dans ce contexte multipolaire, en s’appuyant sur ses spécificités culturelles, économiques et géostratégiques ».
Économie : crispations sur les appels d’offres, fragilité des indicateurs et dépendance persistante aux aides étrangères
La presse libanaise du 25 août 2025 aborde avec gravité la situation économique du pays, oscillant entre paralysie administrative, tensions politiques sur la gestion des ressources publiques et inquiétudes sur la soutenabilité des équilibres financiers. Les débats autour de la gouvernance du secteur énergétique, les signaux de blocage dans les investissements, ainsi que les alertes monétaires adressées à la Banque du Liban dominent les colonnes économiques. Le ton est unanime : l’économie libanaise demeure sous perfusion dans un contexte de stagnation politique.
Gestion du secteur énergétique : soupçons de clientélisme et dérives contractuelles
Selon An-Nahar dans son édition du 25 août 2025, la société Électricité du Liban continue de se désengager de sa responsabilité de pilotage des appels d’offres, en laissant cette prérogative entre les mains du ministre de l’Énergie Joe Saddé. Cette délégation, bien qu’encadrée par des mécanismes juridiques, suscite des critiques croissantes dans les cercles économiques et administratifs, d’autant plus qu’elle est vécue comme un abandon de souveraineté technique de la part de l’entreprise publique.
Le quotidien rapporte que cette attitude est dénoncée dans plusieurs rapports internes comme une forme de paralysie institutionnelle. Elle permettrait au ministère de l’Énergie d’orienter les marchés en fonction d’affiliations politiques. Les accusations sont d’autant plus vives que Joe Saddé est perçu comme une figure montante des Forces libanaises, dont la stratégie consisterait à conserver des leviers décisionnels dans un secteur stratégique, en l’absence de marges d’action parlementaires.
Al Akhbar évoque de son côté un projet de contrat avec un fournisseur international de fuel, négocié sans consultation avec le Parlement ni appel d’offres ouvert. Cette absence de transparence suscite l’inquiétude des partenaires internationaux, en particulier du Qatar et de la Banque mondiale, engagés dans des discussions parallèles pour soutenir le secteur électrique. Le journal rapporte que des diplomates étrangers auraient averti le gouvernement libanais que la poursuite de telles pratiques mettrait en péril les engagements pris dans le cadre du programme de restructuration de l’État.
Selon Al Joumhouriyat, le ministère de l’Énergie aurait préparé un document de cadrage fixant un nouveau calendrier d’approvisionnement en hydrocarbures jusqu’à la fin de l’année. Ce texte, qui n’a pas été rendu public, prévoirait une réorganisation des flux d’importation, l’intégration de clauses d’ajustement automatique en cas de volatilité monétaire, et un recentrage sur le terminal pétrolier de Zahrani.
Instabilité monétaire : la Banque du Liban confrontée à une reprise des tensions sur la livre
Sur le plan monétaire, Al Liwa’ signale une légère détérioration de la parité livre-dollar au marché parallèle, avec un retour du taux autour de 89 000 livres pour un dollar. Cette dépréciation, bien que contenue, intervient dans un contexte de tension sur les réserves en devises, à la suite d’une baisse de 4,5 % des dépôts en dollars auprès des banques commerciales selon les données internes consultées par le journal.
Al Bina’ rapporte que le gouverneur de la Banque du Liban, Karim Souaid, aurait adressé un rapport confidentiel au gouvernement, dans lequel il tire la sonnette d’alarme sur l’absence de coordination interinstitutionnelle en matière de gestion monétaire. Le rapport pointerait le risque d’un retour de l’hyperinflation si les transferts du Trésor vers les institutions publiques, notamment Électricité du Liban et l’Office des grains, se poursuivaient sans contrôle.
Toujours selon Al Bina’, la Banque centrale aurait discrètement relancé ses opérations d’intervention sur le marché en injectant 80 millions de dollars en deux semaines. Ces interventions visent à stabiliser le taux, mais elles ponctionnent encore davantage les réserves déjà affaiblies. Des sources au sein de l’institution affirment que la BdL espère contenir les pressions jusqu’à fin septembre, dans l’attente d’un possible déblocage de lignes de crédit internationales.
Financement externe : stagnation des négociations et scepticisme des bailleurs
La presse du jour souligne également l’enlisement du dialogue entre le gouvernement et le Fonds monétaire international. Al Sharq affirme que la délégation du FMI, actuellement en poste à Beyrouth, aurait exprimé sa déception face à la lenteur des réformes. L’adoption de la loi sur la gouvernance bancaire, la refonte du code des marchés publics et l’établissement d’un cadastre numérique des avoirs de l’État figurent toujours parmi les conditions non remplies.
Al 3arabi Al Jadid ajoute que les bailleurs arabes, en particulier l’Arabie saoudite et le Koweït, ont réduit leur exposition aux obligations souveraines libanaises de 12 % depuis le début de l’année, signe d’un recul de la confiance. Le journal cite une note du département des finances du Koweït indiquant que « le Liban n’a pas démontré sa capacité à garantir la traçabilité de l’usage des fonds ». Cette position reflète une fatigue croissante des donateurs, accentuée par la persistance des conflits institutionnels à Beyrouth.
En réaction, selon Ad Diyar, le ministère des Finances aurait soumis un projet de loi d’urgence au Parlement, visant à sécuriser une enveloppe de financement à court terme à travers une titrisation d’actifs immobiliers publics. Ce projet, qui suscite de vives oppositions, est accusé par les ONG d’entraîner une forme de privatisation déguisée du domaine public.
Entreprises et classement économique : stagnation de la performance et fuite des capitaux
La situation des entreprises libanaises reste marquée par une grande fragilité. Nida’ Al Watan consacre un article à la chute du chiffre d’affaires des grandes surfaces commerciales, notamment dans les secteurs de l’électroménager, des matériaux de construction et des importations automobiles. Le journal mentionne une contraction de 13 % des volumes de ventes au premier semestre 2025, en comparaison avec la même période de l’année précédente.
Selon les données économiques citées par Al Sharq, le Liban est désormais classé 149e sur 180 pays dans l’édition 2025 du classement Doing Business, publié par un think tank basé à Genève. Le pays recule de cinq places, en raison de la complexité administrative, de la faiblesse de l’État de droit et de l’absence de mécanismes d’arbitrage rapide pour les litiges commerciaux.
An-Nahar rapporte par ailleurs une accélération de la fuite des capitaux, illustrée par le transfert d’au moins 700 millions de dollars vers des juridictions offshore depuis le mois de juin. Le journal évoque un rapport de la commission parlementaire des Finances, selon lequel « les grands groupes industriels libanais externalisent de plus en plus leurs opérations afin d’échapper à l’instabilité du cadre légal et fiscal local ».
Enfin, Al Akhbar revient sur les récentes difficultés de l’entreprise Solidere, qui aurait vu ses bénéfices nets reculer de 23 % sur un an. La société pointe la faiblesse de la demande, la paralysie des permis de construire et les restrictions bancaires comme les principales causes de cette baisse. Les analystes estiment que ce ralentissement pourrait se prolonger, à défaut d’un véritable plan de relance urbaine à Beyrouth et dans sa périphérie.
Économie : crispations sur les appels d’offres, fragilité des indicateurs et dépendance persistante aux aides étrangères
La presse libanaise du 25 août 2025 aborde avec gravité la situation économique du pays, oscillant entre paralysie administrative, tensions politiques sur la gestion des ressources publiques et inquiétudes sur la soutenabilité des équilibres financiers. Les débats autour de la gouvernance du secteur énergétique, les signaux de blocage dans les investissements, ainsi que les alertes monétaires adressées à la Banque du Liban dominent les colonnes économiques. Le ton est unanime : l’économie libanaise demeure sous perfusion dans un contexte de stagnation politique.
Gestion du secteur énergétique : soupçons de clientélisme et dérives contractuelles
Selon An-Nahar dans son édition du 25 août 2025, la société Électricité du Liban continue de se désengager de sa responsabilité de pilotage des appels d’offres, en laissant cette prérogative entre les mains du ministre de l’Énergie Joe Saddé. Cette délégation, bien qu’encadrée par des mécanismes juridiques, suscite des critiques croissantes dans les cercles économiques et administratifs, d’autant plus qu’elle est vécue comme un abandon de souveraineté technique de la part de l’entreprise publique.
Le quotidien rapporte que cette attitude est dénoncée dans plusieurs rapports internes comme une forme de paralysie institutionnelle. Elle permettrait au ministère de l’Énergie d’orienter les marchés en fonction d’affiliations politiques. Les accusations sont d’autant plus vives que Joe Saddé est perçu comme une figure montante des Forces libanaises, dont la stratégie consisterait à conserver des leviers décisionnels dans un secteur stratégique, en l’absence de marges d’action parlementaires.
Al Akhbar évoque de son côté un projet de contrat avec un fournisseur international de fuel, négocié sans consultation avec le Parlement ni appel d’offres ouvert. Cette absence de transparence suscite l’inquiétude des partenaires internationaux, en particulier du Qatar et de la Banque mondiale, engagés dans des discussions parallèles pour soutenir le secteur électrique. Le journal rapporte que des diplomates étrangers auraient averti le gouvernement libanais que la poursuite de telles pratiques mettrait en péril les engagements pris dans le cadre du programme de restructuration de l’État.
Selon Al Joumhouriyat, le ministère de l’Énergie aurait préparé un document de cadrage fixant un nouveau calendrier d’approvisionnement en hydrocarbures jusqu’à la fin de l’année. Ce texte, qui n’a pas été rendu public, prévoirait une réorganisation des flux d’importation, l’intégration de clauses d’ajustement automatique en cas de volatilité monétaire, et un recentrage sur le terminal pétrolier de Zahrani.
Instabilité monétaire : la Banque du Liban confrontée à une reprise des tensions sur la livre
Sur le plan monétaire, Al Liwa’ signale une légère détérioration de la parité livre-dollar au marché parallèle, avec un retour du taux autour de 89 000 livres pour un dollar. Cette dépréciation, bien que contenue, intervient dans un contexte de tension sur les réserves en devises, à la suite d’une baisse de 4,5 % des dépôts en dollars auprès des banques commerciales selon les données internes consultées par le journal.
Al Bina’ rapporte que le gouverneur de la Banque du Liban, Karim Souaid, aurait adressé un rapport confidentiel au gouvernement, dans lequel il tire la sonnette d’alarme sur l’absence de coordination interinstitutionnelle en matière de gestion monétaire. Le rapport pointerait le risque d’un retour de l’hyperinflation si les transferts du Trésor vers les institutions publiques, notamment Électricité du Liban et l’Office des grains, se poursuivaient sans contrôle.
Toujours selon Al Bina’, la Banque centrale aurait discrètement relancé ses opérations d’intervention sur le marché en injectant 80 millions de dollars en deux semaines. Ces interventions visent à stabiliser le taux, mais elles ponctionnent encore davantage les réserves déjà affaiblies. Des sources au sein de l’institution affirment que la BdL espère contenir les pressions jusqu’à fin septembre, dans l’attente d’un possible déblocage de lignes de crédit internationales.
Financement externe : stagnation des négociations et scepticisme des bailleurs
La presse du jour souligne également l’enlisement du dialogue entre le gouvernement et le Fonds monétaire international. Al Sharq affirme que la délégation du FMI, actuellement en poste à Beyrouth, aurait exprimé sa déception face à la lenteur des réformes. L’adoption de la loi sur la gouvernance bancaire, la refonte du code des marchés publics et l’établissement d’un cadastre numérique des avoirs de l’État figurent toujours parmi les conditions non remplies.
Al 3arabi Al Jadid ajoute que les bailleurs arabes, en particulier l’Arabie saoudite et le Koweït, ont réduit leur exposition aux obligations souveraines libanaises de 12 % depuis le début de l’année, signe d’un recul de la confiance. Le journal cite une note du département des finances du Koweït indiquant que « le Liban n’a pas démontré sa capacité à garantir la traçabilité de l’usage des fonds ». Cette position reflète une fatigue croissante des donateurs, accentuée par la persistance des conflits institutionnels à Beyrouth.
En réaction, selon Ad Diyar, le ministère des Finances aurait soumis un projet de loi d’urgence au Parlement, visant à sécuriser une enveloppe de financement à court terme à travers une titrisation d’actifs immobiliers publics. Ce projet, qui suscite de vives oppositions, est accusé par les ONG d’entraîner une forme de privatisation déguisée du domaine public.
Entreprises et classement économique : stagnation de la performance et fuite des capitaux
La situation des entreprises libanaises reste marquée par une grande fragilité. Nida’ Al Watan consacre un article à la chute du chiffre d’affaires des grandes surfaces commerciales, notamment dans les secteurs de l’électroménager, des matériaux de construction et des importations automobiles. Le journal mentionne une contraction de 13 % des volumes de ventes au premier semestre 2025, en comparaison avec la même période de l’année précédente.
Selon les données économiques citées par Al Sharq, le Liban est désormais classé 149e sur 180 pays dans l’édition 2025 du classement Doing Business, publié par un think tank basé à Genève. Le pays recule de cinq places, en raison de la complexité administrative, de la faiblesse de l’État de droit et de l’absence de mécanismes d’arbitrage rapide pour les litiges commerciaux.
An-Nahar rapporte par ailleurs une accélération de la fuite des capitaux, illustrée par le transfert d’au moins 700 millions de dollars vers des juridictions offshore depuis le mois de juin. Le journal évoque un rapport de la commission parlementaire des Finances, selon lequel « les grands groupes industriels libanais externalisent de plus en plus leurs opérations afin d’échapper à l’instabilité du cadre légal et fiscal local ».
Enfin, Al Akhbar revient sur les récentes difficultés de l’entreprise Solidere, qui aurait vu ses bénéfices nets reculer de 23 % sur un an. La société pointe la faiblesse de la demande, la paralysie des permis de construire et les restrictions bancaires comme les principales causes de cette baisse. Les analystes estiment que ce ralentissement pourrait se prolonger, à défaut d’un véritable plan de relance urbaine à Beyrouth et dans sa périphérie.
Culture : hommages musicaux et vitalité rurale autour des traditions
La mémoire de Fayrouz revisitée par Maïa Wakid
Selon Nahar, édition du 25 août 2025, la chanteuse libanaise Maïa Wakid a récemment marqué les esprits lors d’une prestation donnée à Dubaï, où elle a rendu un hommage personnel à Fayrouz, figure emblématique de la chanson libanaise. Dans un entretien publié par le journal, Wakid évoque son lien intime avec cette icône du patrimoine musical, affirmant que « chaque chanson de Fayrouz est un fragment de [ses] rêves, de [son] enfance, de [sa] famille et de [son] pays ». Elle considère que l’interpréter revient à « chanter les étoiles et la lune » (Nahar, 25 août 2025).
L’artiste a proposé une version revisitée de la chanson française C’était le temps des fleurs, adaptée en dialecte libanais, une initiative qui, selon elle, vise à rapprocher le public international de la musicalité arabe. Le public dubaïote a ainsi pu découvrir une hybridation culturelle portée par une langue locale incarnée, tout en conservant l’esprit mélodique de l’original. Dans ses propos rapportés par Nahar Int’l du même jour, Maïa Wakid souligne l’importance de « nourrir les souvenirs collectifs à travers une langue chantée qui reste vivante et accessible ».
Toujours dans cet échange, elle insiste sur l’influence décisive de Ziad Rahbani dans son propre parcours artistique, évoquant un « musicien visionnaire » dont l’humour, la profondeur sociopolitique et la richesse musicale ont contribué à forger une esthétique proprement libanaise, profondément urbaine et critique (Nahar Int’l, 25 août 2025). Wakid s’inscrit ainsi dans une filiation assumée, alliant fidélité au patrimoine et exploration formelle.
Layali Chretein : le patrimoine musical célébré dans le Mont-Liban
Le festival Layali Chretein, organisé par la municipalité du village de Chretein les 22 et 23 août, a été longuement documenté dans Ad Diyar en date du 25 août 2025. Cet événement culturel annuel a rassemblé un large public autour d’un programme dédié à la préservation et à la transmission des formes musicales traditionnelles libanaises. Le journal rapporte la participation de plusieurs artistes de renom dont Jihad Mahfouz, les chanteuses Yara et Aïli, ainsi que la troupe Naji Hanna and the Band (Ad Diyar, 25 août 2025).
L’article met en valeur l’aspect communautaire de l’événement, décrit comme « un acte de résistance culturelle dans un contexte de précarité généralisée ». Le groupe Al Majd a notamment ouvert le festival avec une série de chants traditionnels du Zajal, tandis que des démonstrations de dabké ont rythmé les deux soirées. Le public a répondu présent, malgré les difficultés logistiques liées à la crise économique.
Le maire de la localité, cité par Ad Diyar, s’est félicité du succès de cette initiative, soulignant que « la culture est notre dernier rempart contre l’oubli et l’indifférence ». Le journal relève également la présence de plusieurs élus locaux et figures associatives venus soutenir les organisateurs. Un accent particulier a été mis sur l’animation pour les jeunes : des ateliers de chant folklorique et d’initiation aux instruments traditionnels ont été proposés aux enfants du village, dans l’objectif explicite de transmettre les pratiques à la nouvelle génération.
Les festivités ont également servi de vitrine pour les producteurs locaux. Des stands de spécialités artisanales, de confitures, de produits laitiers et de tissus brodés étaient disposés sur la place centrale du village, mêlant l’événement artistique à une forme de marché rural temporaire. Les témoignages recueillis par le journal font état d’un sentiment de fierté partagée, dans une région souvent marginalisée par les grandes structures culturelles centralisées.



