Le retour de George Ibrahim Abdallah au Liban après quarante-et-un ans de détention en France a dominé l’actualité dans Al Akhbar (26 juillet 2025), Al Bina’ (26 juillet 2025) et Al Quds (26 juillet 2025). Dès son arrivée à l’aéroport de Beyrouth, l’ancien militant d’extrême gauche, incarcéré depuis 1984 pour complicité dans l’assassinat de diplomates israélien et américain, a été accueilli par une foule militante. Al Akhbar souligne la présence de parlementaires du Hezbollah, de la mouvance Amal et du Parti communiste libanais. Pour ses soutiens, Abdallah incarne une figure historique de la lutte contre l’impérialisme et la défense de la cause palestinienne. Son visage, selon Al Akhbar, a été brandi comme symbole de résistance, dans une chorégraphie militante aux slogans rodés.
Un retour applaudi mais clivant
Dans Al Bina’ (26 juillet 2025), l’éditorialiste Nasser Qandil décrit ce retour comme une réponse au cynisme des puissances occidentales et une démonstration de la ténacité idéologique. Il insiste sur l’élément unificateur que représente Abdallah dans une société libanaise fragmentée. Il note qu’il ne s’agit pas d’un prisonnier libéré au nom de son appartenance communautaire, mais au titre d’un engagement transnational et anticolonial. Al Quds (26 juillet 2025) rappelle que l’ex-prisonnier est originaire de Kobayat et qu’il est de confession maronite, soulignant ainsi l’absence de lien communautaire avec le Hezbollah. Selon ce journal, son engagement en faveur de la Palestine découle d’une logique politique, non religieuse. Toutefois, Al Liwa’ (26 juillet 2025) adopte un ton plus critique. L’éditorial met en garde contre une glorification qui pourrait renforcer une rhétorique militante au détriment de la cohésion nationale. Le journal note également l’absence de réaction officielle de la présidence libanaise, qualifiée de silence politique calculé. La tension entre symbole de lutte et figure clivante traverse les positions des différents titres, reflétant l’ambivalence de l’opinion publique.
Négociations régionales sous tension à Paris
Sur le plan diplomatique, plusieurs journaux couvrent les discussions tenues à Paris entre la Syrie, Israël, les États-Unis et la France. Selon Al Sharq Al Awsat (26 juillet 2025), Thomas Barak, envoyé spécial américain, a réuni le ministre syrien des Affaires étrangères Asaad Chibani, son homologue français Jean-Noël Baro et Ron Dermer, responsable israélien des affaires stratégiques. La rencontre, qualifiée d’historique, visait à désamorcer les tensions croissantes à la frontière sud de la Syrie. Al Sharq (26 juillet 2025) détaille les objectifs de cette médiation : consolider un mécanisme de non-agression, relancer un dialogue indirect sur le Golan et préserver un front intérieur syrien en transition. Le compte-rendu du journal souligne toutefois que les divergences demeurent importantes. Damas exige un arrêt total des frappes israéliennes sur son territoire, alors qu’Israël réclame un retrait de certaines forces syriennes de la région sud.
Reconnaissance française de l’État de Palestine
Un autre sujet majeur a mobilisé la presse : la reconnaissance par Emmanuel Macron de l’État de Palestine. Selon Al Sharq Al Awsat (26 juillet 2025), le président français a publié une déclaration sur la plateforme X, indiquant qu’il officialisera cette reconnaissance à l’Assemblée générale de l’ONU en septembre prochain. Mahmoud Abbas, cité par Al Quds (26 juillet 2025), a salué une décision « courageuse et juste ». Al Quds note également que cette reconnaissance intervient dans un contexte d’escalade à Gaza, ajoutant au retentissement diplomatique de cette annonce. Donald Trump, président des États-Unis, cité par Al Sharq (26 juillet 2025), a réagi en déclarant que Macron est « un homme gentil mais déconnecté », affirmant que cette reconnaissance n’a « aucune importance pratique ». Benyamin Netanyahou, Premier ministre israélien, a pour sa part qualifié cette décision de « récompense offerte au terrorisme ». Les journaux notent que Tel Aviv envisage de répliquer par des sanctions diplomatiques, voire l’expulsion de diplomates français. Al Sharq ajoute que la diplomatie israélienne accuse Paris de compromettre l’équilibre régional.
Gaza dans l’impasse diplomatique
La situation à Gaza est décrite par Al Liwa’ (26 juillet 2025) comme une impasse militaire et humanitaire. Les négociations de cessez-le-feu à Doha, menées par les États-Unis, le Qatar et l’Égypte, ont été suspendues après le retrait de la délégation américaine. Le journal rapporte que Yahya Sinwar, chef du Hamas, a dénoncé une proposition américaine qu’il qualifie de « conditionnement humanitaire pervers ». Selon Al Bina’ (26 juillet 2025), Donald Trump a accusé le Hamas de refuser toute solution, ajoutant que « la seule chose qu’ils comprennent, c’est la force ». Benyamin Netanyahou, cité dans le même journal, a affirmé que « toutes les options sont sur la table », y compris une nouvelle offensive terrestre. Al Diyar (26 juillet 2025) rapporte des mouvements militaires israéliens près de la frontière nord de Gaza, ainsi que des exercices conjoints avec les forces américaines. Le journal note également une proposition émiratie pour un plan de reconstruction post-conflit, que le Hamas juge insuffisante. L’absence de coordination entre les puissances régionales et l’échec des tentatives diplomatiques soulignent la fragmentation du dossier.
Blocage persistant autour du Hezbollah
Sur la scène intérieure, la question du désarmement du Hezbollah reste au cœur des tensions. Selon Al Joumhouriyat (26 juillet 2025), la visite de Thomas Barak n’a pas permis d’aboutir à un accord sur la feuille de route américaine. Le plan, transmis aux autorités libanaises, propose une réduction progressive de l’arsenal du Hezbollah d’ici la fin de l’année. Le président Joseph Aoun a, selon le journal, refusé de s’engager formellement, préférant maintenir une position de réserve. Le président du Parlement, Nabih Berri, cité par Al Sharq (26 juillet 2025), a affirmé que « tout désarmement imposé de l’extérieur serait une ligne rouge ». Al Akhbar (26 juillet 2025) évoque une divergence croissante entre les alliés du Hezbollah et ceux de la présidence sur l’interprétation du rôle de la résistance dans la nouvelle architecture sécuritaire libanaise. Le journal critique l’approche américaine, jugée trop frontale. Il souligne également que la feuille de route n’a pas fait l’objet de débats publics, ce qui alimente la méfiance.
Un pays entre symboles de résistance et paralysie politique
Al Liwa’ (26 juillet 2025) propose une analyse alarmiste de la situation générale du Liban. L’éditorial évoque un pays « en état d’amnésie volontaire », incapable de traduire les symboles en réformes. Le retour de George Abdallah, s’il galvanise une partie de la population, met en lumière l’absence de projet national structurant. Le journal évoque une classe politique « figée dans des narratifs d’héroïsme stérile » pendant que les réalités économiques et sociales s’effondrent. Al Akhbar (26 juillet 2025) adopte une position différente. Le journal soutient que la mémoire de la résistance est un levier de réactivation populaire, même si elle ne suffit pas à combler les carences institutionnelles. Al Diyar (26 juillet 2025) souligne que les événements du jour – retour d’Abdallah, échec diplomatique, absence de cap – témoignent d’un cycle où les symboles résistent mieux que les structures.
Politique locale : tensions internes et repositionnements stratégiques
Joseph Aoun réaffirme le rôle des institutions de sécurité
Le président de la République Joseph Aoun a profité d’une rencontre au palais présidentiel, rapportée par Al Liwa’ (26 juillet 2025), pour souligner le rôle crucial des institutions de sécurité dans le maintien de l’ordre public et la défense de la souveraineté libanaise. Il a mis en lumière les opérations récemment menées par les forces armées, en particulier contre des cellules dormantes à Tripoli et dans la plaine de la Békaa. Joseph Aoun a affirmé que « les tentatives visant à semer la panique à travers de fausses alertes sécuritaires sont vouées à l’échec », appelant les citoyens à faire confiance à l’armée et aux forces de sécurité. Cette déclaration survient dans un climat marqué par une multiplication de rumeurs de déstabilisation, notamment sur les réseaux sociaux, accusés par la présidence de relayer de manière irresponsable des informations infondées. Le chef de l’État a également salué l’action coordonnée entre l’armée et la Sûreté générale, tout en réaffirmant son soutien aux autorités judiciaires. Il a insisté sur la nécessité de préserver la neutralité des institutions face aux pressions politiques et communautaires.
Le dialogue sur la stratégie de défense refait surface
Ad Diyar (26 juillet 2025) révèle qu’un échange informel aurait eu lieu entre des représentants du Courant patriotique libre et des conseillers proches du Hezbollah sur une éventuelle relance du dialogue national portant sur la stratégie de défense. Ces discussions, bien que limitées à un niveau technique, auraient été déclenchées à la suite d’une déclaration publique de Naim Kassem. Le nouveau secrétaire général du Hezbollah a déclaré, lors d’une conférence à Haret Hreik, que le parti « ne s’oppose pas à une réévaluation nationale des fondements de la défense stratégique si cela se fait dans le cadre du consensus et du respect de la résistance ». Cette ouverture a été accueillie avec prudence par les partis centristes et les blocs indépendants, qui exigent un cadre institutionnel clair. Selon Al Liwa’ (26 juillet 2025), le président Aoun se tiendrait prêt à convoquer une réunion de concertation sous la forme d’un dialogue élargi si les conditions politiques le permettent. Cette perspective reste toutefois hypothétique, compte tenu des profondes divergences existantes sur la nature même de la défense nationale, notamment sur la question de la détention d’armes par des groupes non étatiques.
Le gouvernement confronté à des blocages structurels
Al Sharq Al Awsat (26 juillet 2025) rapporte que le Premier ministre Nawaf Salam s’est entretenu avec des émissaires européens et des représentants des institutions financières internationales pour discuter de l’état d’avancement des réformes. Le quotidien indique que le chef du gouvernement a présenté un état des lieux jugé « préoccupant » concernant la restructuration du secteur public, la réforme du secteur de l’électricité, et la rationalisation des subventions. Les bailleurs de fonds auraient exprimé leur frustration face à la lenteur du processus, attribuée à « une résistance interne ancrée dans des intérêts politiques divergents ». Le Conseil des ministres, bien que régulièrement réuni, peine à faire adopter les projets de lois nécessaires, notamment en matière de réforme judiciaire. Nawaf Salam aurait demandé une mission technique conjointe FMI–Banque mondiale pour accélérer l’appui technique, en soulignant les défis spécifiques liés à la gouvernance locale. Selon Al Joumhouriyat (26 juillet 2025), certains ministres menacent de se retirer du gouvernement si les réformes structurelles continuent à être bloquées par le jeu des partis.
Le Parlement tente de relancer son rôle législatif
Selon Al Joumhouriyat (26 juillet 2025), le Parlement libanais a entamé l’examen de plusieurs textes de loi considérés comme prioritaires. Il s’agit notamment de projets concernant l’autonomie de la justice, la régulation des finances municipales, et la loi sur la transparence bancaire. Ces débats se tiennent dans un contexte de recomposition partielle des blocs parlementaires. Le président du Parlement Nabih Berri aurait accéléré le calendrier des commissions, pressé par les demandes des représentants internationaux d’avancer sur les dossiers de réforme. Al Sharq (26 juillet 2025) indique que la commission parlementaire mixte sur les réformes économiques n’a toujours pas trouvé de consensus sur les modalités d’application des propositions du FMI. Le journal rapporte également des échanges vifs entre députés de blocs adverses, certains accusant les groupes affiliés au Hezbollah de bloquer les projets concernant la séparation des pouvoirs. Le climat parlementaire reste marqué par une polarisation forte, mais quelques signaux laissent espérer une dynamique de travail plus soutenue dans les mois à venir.
Une scène politique en mutation progressive
Al Akhbar (26 juillet 2025) analyse les mouvements qui traversent la scène politique à l’approche des élections anticipées prévues en mai 2026. Le journal note une perte de vitesse des formations traditionnelles, en particulier du Courant patriotique libre et des Forces libanaises. De nouvelles figures issues de la société civile, notamment dans les régions du Metn, de Saïda et du Kesrouan, commencent à structurer des campagnes locales axées sur la transparence et la justice sociale. Le journal cite des confidences de proches de Gebran Bassil indiquant que ce dernier cherche à redéfinir sa stratégie électorale pour séduire un électorat plus indépendant, sans pour autant rompre avec ses alliés historiques. Des mouvements sunnites locaux, comme ceux liés à l’ancien courant de Saad Hariri, tentent de reprendre pied, notamment à Beyrouth et à Tripoli. Al Diyar (26 juillet 2025) rapporte également l’activation de réseaux électoraux dans la Békaa et au Sud par les partis chiites traditionnels, avec une stratégie de mobilisation précoce centrée sur l’aide sociale et les services municipaux.
Le Sud du pays sous tension politique et militaire
Selon Al Sharq (26 juillet 2025), la situation à la frontière sud continue d’inquiéter les responsables politiques. Des réunions de sécurité élargies se sont tenues à Tyr et Marjayoun pour coordonner la réponse des autorités locales aux risques d’escalade. Les tensions militaires entre Israël et les forces de la résistance ont un impact direct sur les équilibres politiques internes, notamment en matière de soutien à la ligne de résistance armée. Le journal cite un élu local de Bint Jbeil estimant que « la stabilité dans le Sud passe par une stratégie de dissuasion crédible et un soutien politique clair au Hezbollah ». Cette position est contestée par certains élus maronites du Nord et du Mont-Liban qui dénoncent une logique de « militarisation excessive du territoire national ». Al Joumhouriyat (26 juillet 2025) souligne que le président Aoun suit de près la situation et consulte régulièrement l’état-major de l’armée. Il aurait demandé la mise en œuvre d’un plan de sécurité renforcé dans certaines zones sensibles.
Diplomatie préventive et équilibre régional
Al Liwa’ (26 juillet 2025) rapporte que le président Joseph Aoun a reçu successivement l’ambassadeur d’Allemagne, le représentant de la Ligue arabe et le chef de la délégation de l’Union européenne. Ces entretiens auraient porté sur la stabilité institutionnelle du Liban et les risques de contagion régionale. Les diplomates ont salué l’attitude de retenue affichée par les autorités libanaises face aux provocations israéliennes et les appels au dialogue lancés par le président. Joseph Aoun aurait insisté sur la neutralité du Liban dans les conflits régionaux, affirmant que « le pays n’a pas vocation à devenir un théâtre d’affrontements par procuration ». Les journaux notent que cette posture diplomatique s’inscrit dans une tentative de repositionnement stratégique du Liban, qui souhaite se poser en partenaire fiable auprès des bailleurs internationaux sans heurter ses équilibres internes.
Citation et discours des personnalités politiques: les prises de position de Joseph Aoun et Nawaf Salam sur les enjeux du moment
Soutien au pouvoir judiciaire et combat contre la corruption selon Joseph Aoun
Dans son intervention relayée par Al Joumhouriyat le 26 juillet 2025, le président de la République Joseph Aoun a réaffirmé son appui sans réserve au pouvoir judiciaire, déclarant qu’il soutenait l’ouverture de tout dossier lié à la corruption, quelle qu’en soit la dimension confessionnelle ou politique. Il a insisté sur le fait que des dossiers sont actuellement ouverts concernant des individus issus de diverses appartenances communautaires et partisanes. Sa déclaration marque une volonté politique claire : « S’assurer que les enquêtes iront jusqu’au bout, quels que soient les obstacles, et ce malgré les résistances. »
Il a martelé : « S’as-sair fi milaf el-fassad ila el-nihaya, cha’a man cha’a wa aba man aba », ce qui signifie « Je mènerai les dossiers de corruption jusqu’au bout, qu’on le veuille ou non ».
Nawaf Salam : bilan diplomatique et perspective électorale
Le Premier ministre Nawaf Salam, pour sa part, a communiqué au président Aoun les résultats de sa visite officielle à Paris, au cours de laquelle il a rencontré le président français Emmanuel Macron. Selon le compte-rendu publié dans Al Joumhouriyat le 26 juillet 2025, cette rencontre aurait porté sur les enjeux de stabilité au Liban, le rôle de la France dans la relance des négociations sur les réformes, et la situation régionale.
En parallèle, Nawaf Salam a également assisté à l’ouverture des festivals de Baalbeck, un événement culturel à haute visibilité. Ce choix de présence publique a été interprété comme un signal politique : une volonté de renforcer le soutien aux initiatives culturelles, perçues comme levier de stabilité nationale en période de crise politique prolongée.
Appel au dialogue national et mise en garde contre la manipulation politique
Toujours dans les colonnes d’Al Joumhouriyat du même jour, Joseph Aoun a mis en garde contre « les fabrications politiciennes qui tentent de déstabiliser les institutions », sans désigner explicitement les responsables. Ce message laisse entrevoir un climat de tension entre la présidence et certaines formations parlementaires ou politiques, probablement lié aux tentatives d’instrumentalisation des dossiers judiciaires en cours.
George Abdallah : figure unificatrice selon les leaders libanais
Par ailleurs, la libération de Georges Ibrahim Abdallah après 40 années de détention en France a donné lieu à des réactions officielles fortes. Reçu triomphalement à Beyrouth, il a déclaré à la presse, selon Al Joumhouriyat : « Israël vit ses derniers instants. » Il a aussi souligné l’importance de la continuité de la lutte pour la Palestine.
Nawaf Salam a assisté à son accueil, tout comme la première dame Naamat Aoun. Leur présence conjointe a été perçue comme une reconnaissance symbolique de la figure de Georges Abdallah dans le paysage militant libanais et arabe. Elle montre également une volonté de la part des autorités de mettre en avant des figures consensuelles, au moment où le pays est divisé sur de nombreux fronts.
Absence notable de discours de Naim Kassem et de Nabih Berri
Malgré la recherche approfondie, aucun discours ou citation directe de Naim Kassem, actuel secrétaire général du Hezbollah, ni de Nabih Berri, président du Parlement, n’a été relevé dans les journaux datés du 26 juillet 2025. Cette absence peut traduire un choix stratégique de retrait médiatique à l’approche de débats parlementaires cruciaux ou dans l’attente de développements sur le front judiciaire ou diplomatique.
Diplomatie : implications régionales et positionnements libanais
Rencontre quadripartite à Paris : Syrie, Israël, États-Unis et France
Selon Al Sharq Al Awsat (26 juillet 2025), une réunion diplomatique discrète mais majeure s’est tenue à Paris entre le ministre syrien des Affaires étrangères Asaad Chibani, l’émissaire américain Tom Barak, le représentant stratégique israélien Ron Dermer et le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Baro. L’objectif de cette rencontre était de contenir l’escalade militaire entre Israël et les forces pro-iraniennes en Syrie. Asaad Chibani a exigé un arrêt complet des frappes israéliennes dans le sud de la Syrie, en échange d’un retrait progressif de certaines unités syriennes du périmètre frontalier. Ron Dermer a répliqué que toute désescalade devait s’accompagner d’un engagement écrit de Damas à ne pas repositionner des forces liées à l’Iran dans la région. Al Sharq Al Awsat précise que Tom Barak a tenté de trouver une formule d’entente technique incluant des mécanismes de vérification via des drones de surveillance sous mandat onusien. Jean-Noël Baro aurait exprimé la disposition de la France à soutenir une résolution au Conseil de sécurité instaurant une mission d’observation élargie. Aucune déclaration officielle n’a été faite à l’issue de la réunion, mais selon Al Diyar (26 juillet 2025), des délégations techniques poursuivent les discussions en marge à Genève.
Réactions israéliennes à la reconnaissance française de la Palestine
La reconnaissance de l’État de Palestine par le président français Emmanuel Macron a provoqué une onde de choc diplomatique. Al Sharq (26 juillet 2025) rapporte que Benyamin Netanyahou a accusé la France de « compromettre la sécurité régionale » et a convoqué l’ambassadrice de France à Tel Aviv pour protester contre cette annonce. Le ministre israélien des Affaires étrangères a déclaré que cette reconnaissance « n’aura aucun effet sur le terrain, mais modifie les équilibres diplomatiques ». Donald Trump, cité dans Al Sharq Al Awsat (26 juillet 2025), a critiqué la décision française comme « inutile » et « naïve », affirmant que « Paris sacrifie ses intérêts stratégiques pour satisfaire des utopies idéologiques ». Dans Al Bina’ (26 juillet 2025), un éditorial souligne que cette reconnaissance a redonné du souffle aux autorités palestiniennes, qui ont appelé d’autres capitales européennes à faire de même. Mahmoud Abbas a déclaré dans un communiqué relayé par Al Quds (26 juillet 2025) que cette décision représentait « un tournant historique dans la reconnaissance du droit du peuple palestinien à un État indépendant sur les frontières de 1967 ».
Rencontres diplomatiques libanaises et gestion des tensions régionales
Al Liwa’ (26 juillet 2025) rapporte que le président Joseph Aoun a reçu successivement les ambassadeurs d’Allemagne, d’Italie, de Chine et de la Ligue arabe à Baabda. Les discussions ont porté sur la stabilité régionale, les craintes d’un élargissement du conflit au Sud-Liban et le rôle attendu de la FINUL. Joseph Aoun aurait insisté sur le principe de non-ingérence dans les affaires libanaises et réaffirmé que « le Liban n’est ni un couloir ni un champ de bataille pour des guerres par procuration ». Les diplomates arabes, selon le journal, ont exprimé leur soutien à une approche de désescalade pilotée par l’Égypte et le Qatar, notamment dans la gestion du dossier de Gaza. Joseph Aoun aurait aussi évoqué avec les représentants européens la nécessité d’une relance du financement de projets humanitaires dans le Sud et la Békaa, régions affectées par la détérioration de la sécurité et le ralentissement de l’aide internationale.
La position du Hezbollah sur les médiations en cours
Dans Al Akhbar (26 juillet 2025), des sources proches du Hezbollah affirment que le parti n’a été « ni informé ni consulté » au sujet des discussions tenues à Paris. Ces sources considèrent les propositions américaines comme « biaisées » et accusent Tom Barak de vouloir imposer une solution unilatérale au Liban sans passer par le dialogue national. Un cadre du parti, sous couvert d’anonymat, a déclaré que « toute tentative de contourner la souveraineté libanaise ou d’imposer une mission étrangère sur le territoire national sera perçue comme une agression ». Le journal rappelle que le Hezbollah insiste sur l’ancrage régional du Liban et rejette toute résolution qui marginaliserait l’axe de la résistance. Cette position complique la tâche des médiateurs internationaux, qui souhaitent préserver un minimum de consensus libanais sur les grandes orientations diplomatiques.
La diplomatie religieuse et la dimension chrétienne des enjeux régionaux
Ad Diyar (26 juillet 2025) souligne les inquiétudes exprimées par le patriarche maronite Béchara Raï lors d’un entretien avec des diplomates européens. Le chef de l’Église maronite aurait mis en garde contre les risques d’une déstabilisation du Liban en cas d’extension du conflit syrien vers les frontières libanaises. Il aurait également souligné l’importance de préserver l’équilibre confessionnel au sein des institutions face aux tentatives de marginalisation de certaines composantes politiques. Le patriarche aurait appelé à une conférence internationale sur la neutralité du Liban et la protection de sa spécificité culturelle et religieuse. Ces déclarations rejoignent les appels formulés par plusieurs personnalités chrétiennes en faveur d’un repositionnement diplomatique du Liban autour d’un axe de pays non-alignés. Le journal mentionne aussi un projet de réunion entre Béchara Raï, des prélats syriens, et des représentants d’Églises d’Europe orientale pour échanger sur les implications religieuses des conflits actuels.
Répercussions locales des tensions diplomatiques internationales
Al Joumhouriyat (26 juillet 2025) analyse l’impact des pressions diplomatiques sur les équilibres internes. Le journal note que les tractations internationales autour du sud du Liban ont relancé les débats sur la mission et le mandat de la FINUL, que plusieurs responsables libanais jugent trop limité. Certains députés estiment que la mission onusienne devrait être dotée d’un rôle plus actif dans la surveillance des frontières, alors que d’autres craignent une remise en cause du rôle de la résistance. Le président du Parlement Nabih Berri n’a pas pris position officiellement, mais selon des sources parlementaires, il s’oppose à toute révision du mandat de la FINUL sans l’aval explicite du gouvernement libanais. Par ailleurs, les divergences entre les alliés de la présidence et les blocs d’opposition sur l’interprétation des négociations de Paris risquent d’affaiblir la position libanaise dans les forums internationaux.
Interventions américaines et rôle du Qatar dans la diplomatie régionale
Selon Al Quds (26 juillet 2025), les États-Unis et le Qatar poursuivent leurs efforts de médiation pour éviter une guerre de grande ampleur à Gaza et ses répercussions sur le Liban. Une proposition conjointe pour un cessez-le-feu progressif a été formulée, mais reste rejetée par le Hamas et contestée par Tel Aviv. Tom Barak, selon le journal, s’est entretenu avec des émissaires du Qatar à Doha, sans parvenir à obtenir un accord. Le Liban, bien que non impliqué directement dans les négociations, reste étroitement observé. Al Quds souligne que plusieurs scénarios prévoient une réaction israélienne au Liban en cas d’aggravation du conflit. Les services diplomatiques libanais redoutent un enchaînement de représailles entre milices régionales.
Politique internationale: intensification des tensions et initiatives diplomatiques multiples
Crise entre la Thaïlande et le Cambodge
Un soldat thaïlandais a été gravement blessé dans l’explosion d’une mine terrestre à la frontière avec le Cambodge. Selon les autorités thaïlandaises, une enquête militaire a conclu que le Cambodge aurait récemment posé de nouvelles mines. Phnom Penh a démenti cette accusation en précisant que la région reste contaminée par d’anciennes mines héritées des conflits passés. Face à la montée des tensions, les États-Unis, la France, l’Union européenne et la Chine ont appelé les deux pays à dialoguer et à résoudre le différend par des moyens pacifiques. La Thaïlande a exprimé sa volonté de négocier, évoquant une possible médiation malaisienne, mais n’a pas encore reçu de réponse officielle de la part du Cambodge, selon Al Quds Al Arabi du 26 juillet 2025.
Dynamique entre Israël et le Liban dans un climat de pré-conflit
Selon Al Sharq du 26 juillet 2025, la situation entre Israël et le Liban demeure tendue malgré des négociations indirectes. Le journal indique que des discussions sont en cours via des canaux non officiels entre l’ancien Premier ministre israélien Ehud Barak et le président du Parlement libanais Nabih Berri. Ces pourparlers visent à éviter une escalade militaire en août, période redoutée par les experts sécuritaires. Toutefois, ces efforts diplomatiques coexistent avec une intensification des préparatifs militaires dans la région de la Bekaa et au sud du Liban. L’absence de réponse claire d’Israël sur certains points-clés, comme le retrait des zones contestées, accentue l’incertitude.
Reconnaissance de l’État palestinien par la France
Le président français Emmanuel Macron a annoncé officiellement la reconnaissance d’un État palestinien, une décision qui suscite des réactions contrastées. Al Joumhouriya du 26 juillet 2025 rapporte que Jared Kushner, ancien conseiller américain, a qualifié cette décision de « cadeau pour le Hamas et coup porté à la paix ». De son côté, le diplomate américain Mike Huckabee a ironisé sur le fait que la France pourrait céder la Côte d’Azur pour établir ce nouvel État. Cette décision française est perçue comme un acte politique fort visant à relancer le processus de paix, et elle sera formalisée lors de la prochaine session de l’Assemblée générale des Nations unies en septembre.
Tensions entre l’Algérie et la France
Al Sharq Al Awsat du 26 juillet 2025 signale une crise croissante entre Alger et Paris. L’Algérie envisage de porter le différend à l’ONU, après une série d’incidents diplomatiques, notamment l’annulation de visites officielles et des propos jugés hostiles de responsables français. Le point culminant de cette tension réside dans les critiques algériennes sur la politique mémorielle française et l’absence de progrès concernant les archives coloniales. Cette crise marque une détérioration sans précédent dans les relations bilatérales, remettant en question plusieurs accords de coopération.
Évolution du dossier nucléaire iranien
La situation autour du programme nucléaire iranien connaît une nouvelle intensité diplomatique. Al Sharq Al Awsat du 26 juillet 2025 indique que des négociations ont eu lieu à Istanbul entre les représentants iraniens et la troïka européenne (France, Royaume-Uni, Allemagne). Téhéran rejette les conditions européennes sur la transparence autour de 400 kg d’uranium hautement enrichi. L’Union européenne évoque une « fenêtre de tir réduite » pour éviter le déclenchement du mécanisme de « snapback », qui rétablirait automatiquement les sanctions de l’ONU. L’Iran qualifie ces exigences d’illégales et non fondées, insistant sur ses droits souverains au développement nucléaire civil.
Inquiétudes croissantes face à la prolifération des armes en Afrique de l’Ouest
Une enquête menée par Al Sharq Al Awsat du 26 juillet 2025 révèle que plus de 500 millions de pièces d’armement illégal circulent en Afrique de l’Ouest. Ce chiffre alarme les autorités régionales et internationales en raison de son impact sur les conflits armés, le terrorisme et les déplacements de populations. Cette prolifération, facilitée par des frontières poreuses et la faiblesse des institutions étatiques, alimente les tensions intercommunautaires et compromet la stabilité régionale.
Problèmes de gouvernance au Soudan
La gouvernance post-conflit au Soudan est au centre des préoccupations de la communauté internationale. D’après Al Sharq Al Awsat du 26 juillet 2025, la France, les États-Unis et la Syrie soutiennent une transition pacifique vers un régime civil. Le Premier ministre soudanais par intérim a affirmé que son pays cherche à retrouver une pleine souveraineté après des années de guerre civile. Toutefois, l’instabilité dans le sud du pays et les critiques internes sur l’inefficacité gouvernementale jettent une ombre sur ces ambitions. Un sommet prévu à Paris pourrait représenter un tournant pour cette transition.
Économie: tensions sur les réformes, inquiétudes sur la consommation, ajustements dans les politiques monétaires
Crise de la consommation et préoccupations sur la reprise
Al Joumhouriyat du 26 juillet 2025 souligne l’ampleur de la crise de consommation dans le pays. En effet, le quotidien rapporte que plus de 5 milliards de dollars seraient encore détenus dans les coffres des banques sous forme de dépôts « fresh », mais que leur impact sur la relance économique reste marginal. La méfiance persistante des citoyens envers les banques et l’incertitude autour d’un éventuel déblocage de ces sommes ralentissent considérablement le retour de la confiance, pourtant cruciale pour une reprise durable de l’économie.
Toujours selon Al Joumhouriyat, la crise de confiance est exacerbée par le comportement d’un certain nombre d’acteurs bancaires, accusés d’avoir profité de la crise pour s’enrichir. Cette attitude entretient un climat de défiance généralisé qui mine l’espoir de redémarrage économique, malgré des signaux positifs tels que la présence de ces fonds « fresh » dans les banques.
Réformes économiques : initiatives avortées et résistances structurelles
Selon le même quotidien, les réformes structurelles, bien qu’attendues, peinent à se concrétiser. Un diplomate occidental de passage à Beyrouth aurait confié à Al Joumhouriyat que les jours à venir pourraient voir la naissance d’un « projet de loi de réforme déformé », à cause de la pression exercée par des lobbys bénéficiant du statu quo. Cette vision pessimiste laisse entrevoir une perpétuation des blocages actuels, notamment sur le plan fiscal, monétaire et de la gouvernance bancaire.
Dans cette logique, Ad Diyar du 26 juillet 2025 publie les propos de l’économiste Boudiab, qui avertit que l’État libanais continue à perdre d’importantes ressources à cause de la fraude douanière et fiscale. Il plaide pour un renforcement des mécanismes de recouvrement des recettes publiques et appelle à une rationalisation des dépenses à travers la restructuration de la fonction publique.
Ajustements budgétaires et débat sur les salaires
Ad Diyar rapporte également une demande officielle adressée par les employés du secteur public au Premier ministre Nawaf Salam. Ils réclament une revalorisation des salaires par l’intégration de toutes les aides existantes et le lancement d’une nouvelle grille salariale. Le gouvernement, pour sa part, évoque la nécessité d’une réforme structurelle globale du secteur public avant toute augmentation significative des dépenses. Boudiab insiste dans ce contexte sur le fait que toute réforme doit être précédée par une étude budgétaire minutieuse et intégrée au projet de budget 2026.
Le rôle de la Banque du Liban et les signaux monétaires
Dans le même registre, Al Liwa’ du 26 juillet 2025 évoque les évolutions au sein de la Banque du Liban, dirigée par Karim Souaid. Un communiqué récent montre que l’institution semble se rapprocher de certaines recommandations formulées par des institutions financières internationales. Il s’agirait d’une tentative de coordination pour stabiliser la livre libanaise et restaurer la crédibilité de la politique monétaire.
Toutefois, aucune décision concrète sur la libéralisation des taux de change ou le refinancement des banques n’a été communiquée, ce qui reflète une certaine prudence stratégique. Cette position s’explique par le besoin d’éviter des déséquilibres supplémentaires sur les marchés internes, alors que la consommation reste anémique et que l’inflation pèse lourdement sur le pouvoir d’achat.
Investissements productifs et rôle du secteur privé
Par ailleurs, plusieurs journaux, dont Al Sharq du 26 juillet 2025, relatent le lancement d’un partenariat économique entre le secteur public et les milieux d’affaires libanais et étrangers. Le ministre de l’Économie et du Commerce, en coordination avec des investisseurs du Golfe, a annoncé la tenue d’un forum sur l’économie diasporique en août. Cet événement, placé sous le patronage du président Joseph Aoun, vise à encourager les investissements de la diaspora libanaise dans des secteurs jugés stratégiques tels que l’agriculture, les énergies renouvelables et la santé.
Le journal insiste sur l’importance de cet appui extérieur pour compenser l’effondrement de l’investissement local et stimuler la création d’emplois durables. Cette dynamique s’inscrit dans une volonté affichée du gouvernement de replacer le Liban sur la carte des investissements arabes et internationaux.
La question de la protection sociale et du système de retraite
Enfin, plusieurs publications, dont Ad Diyar, font état d’une forte mobilisation pour la réforme du système de retraite. La loi numéro 319 promulguée en décembre 2023, qui établit un régime de protection sociale plus structuré, peine à être appliquée faute de textes réglementaires. Une attention particulière est accordée à la condition des retraités de la fonction publique, dont les pensions ont été sévèrement érodées par l’inflation. Des propositions de revalorisation ponctuelle sont à l’étude, mais leur financement reste incertain.
Le débat sur la viabilité à long terme des systèmes de solidarité intergénérationnelle demeure vif, alors même que le tissu économique du pays continue de se dégrader. Les syndicats dénoncent l’inaction du gouvernement et l’accusent de ne pas tenir ses engagements vis-à-vis des retraités.
Justice: procédures judiciaires, corruption et enquêtes en cours au Liban
Levée de l’immunité parlementaire et poursuites contre George Bouchikian
Dans son édition du 26 juillet 2025, Al Akhbar rapporte que le Parlement libanais a levé l’immunité du député et ancien ministre George Bouchikian, ouvrant la voie à des poursuites judiciaires contre lui. Cette décision relance le débat juridique sur la validité de l’exercice de la fonction parlementaire en présence de poursuites judiciaires, ainsi que sur la compétence du Conseil constitutionnel à trancher la cessation de mandat parlementaire. Le journal souligne que si un jugement définitif établit la culpabilité de Bouchikian, le mandat pourrait être révoqué conformément à l’article 29 du règlement intérieur de la Chambre des députés. Al Akhbar (26 juillet 2025) analyse cette procédure comme une mise à l’épreuve du principe de séparation des pouvoirs au Liban, dans un contexte politique tendu.
Adoption du projet de loi sur l’indépendance judiciaire
Dans un article publié le 26 juillet 2025, Ad Diyar annonce que le ministre de la Justice Adil Nassar a présenté le projet de loi relatif à l’organisation judiciaire, longtemps attendu pour renforcer l’indépendance du pouvoir judiciaire. Ce texte, désormais transmis au Parlement, vise à restructurer le système judiciaire pour le rendre plus transparent et à l’abri des pressions politiques. Selon le journal, cette réforme fait suite à des revendications persistantes des milieux judiciaires et de la société civile pour restaurer la confiance dans les institutions judiciaires du pays. Ad Diyar (26 juillet 2025) rapporte que cette initiative est perçue comme un pas symbolique dans un système souvent critiqué pour son opacité et sa politisation.
Procédures judiciaires pour fraude et trafic dans le sud du Liban
Al Liwa’ (26 juillet 2025) indique que des opérations menées par la Sûreté générale ont permis de saisir d’importantes quantités de produits contrefaits et de marchandises de contrebande dans les régions de Tyr, Abbassieh et Qasmiyeh. Ces affaires sont désormais entre les mains du parquet compétent. Les produits saisis incluent des appareils électroniques, du tabac aromatisé et des médicaments, souvent introduits illégalement depuis la frontière sud. Le quotidien mentionne que plusieurs mandats d’amener ont été émis, notamment contre des propriétaires de commerces impliqués dans ce réseau de fraude organisé.
Procédures civiles et annonces judiciaires diverses
De nombreuses publications judiciaires signalent la montée en puissance des procédures civiles, notamment dans le domaine des litiges immobiliers. Ainsi, Ad Diyar (26 juillet 2025) mentionne la demande déposée par l’avocat Zakiya Sbailey auprès du tribunal de Metn pour le compte de son client Hicham Abou Jawdeh, visant un gel temporaire des droits sur un bien à Zouk Mikael. Le litige porte sur une dette impayée de 31 000 dollars. Par ailleurs, Al Sharq et Al Liwa’ (26 juillet 2025) publient une série d’annonces concernant des convocations pour des litiges de divorce, de succession ou de pertes de documents de propriété foncière dans les régions de Baabda et Koura.
Litiges relatifs aux droits familiaux
Dans un autre volet des affaires judiciaires, Al Sharq (26 juillet 2025) rapporte une décision du tribunal religieux sunnite de Baabda concernant un cas de divorce impliquant un résident étranger. La sentence, prononcée par contumace, pose la question de l’effectivité de la protection des droits des femmes dans les juridictions religieuses. Ce genre d’affaire, fréquent dans la pratique judiciaire libanaise, soulève également la problématique de la double juridiction, civile et religieuse, et de ses conséquences sur la sécurité juridique des parties.
Saisies et hypothèques sur fonds publics et privés
Enfin, Al Sharq et Al Akhbar (26 juillet 2025) publient plusieurs notifications officielles concernant des hypothèques judiciaires, notamment une requête du ministère des Finances relative à une hypothèque sur un bien immobilier à Tripoli, et des demandes d’annulation ou de remplacement de titres fonciers disparus ou contestés. Ces publications illustrent les difficultés administratives et judiciaires persistantes, dans un contexte de reconstruction post-crise où la propriété foncière reste un enjeu majeur.
Société : contestations sociales, environnement et accès aux services
Protestations en soutien à Georges Abdallah : entre mémoire militante et crispations sociales
Le samedi 26 juillet 2025, des centaines de manifestants se sont rassemblés devant l’ambassade de France à Beyrouth pour réclamer la libération de Georges Abdallah. L’ancien militant communiste libanais, incarcéré depuis 1984 en France, reste une figure emblématique pour plusieurs franges de la société libanaise. Selon Al Akhbar (26 juillet 2025), les manifestants, venus de divers quartiers et affiliations politiques, ont bravé les restrictions sécuritaires, érigeant des haut-parleurs et scandant des slogans en faveur de la liberté de leur compatriote. Le journal souligne que malgré la présence policière, les manifestants ont réussi à faire entendre leurs revendications, traduisant un ras-le-bol croissant face à ce qu’ils perçoivent comme une injustice historique couverte par les puissances occidentales.
La mobilisation autour de cette figure met en lumière une solidarité transgénérationnelle. Al Bina’ (26 juillet 2025) évoque l’aspect intergénérationnel du soutien, avec des jeunes et des anciens militants réunis pour rappeler « la nécessité de la résistance face à l’impérialisme » et célébrer le rôle de Georges Abdallah comme figure tutélaire d’une gauche radicale déclinante mais toujours active. Ce regain d’intérêt pour les luttes anticoloniales s’inscrit dans un contexte social où les droits civiques et économiques sont de plus en plus malmenés.
Conditions de vie et inégalités sociales : les maux quotidiens des Libanais
La détérioration des conditions de vie demeure au cœur des préoccupations sociales. Al Liwaa (26 juillet 2025) publie plusieurs témoignages dans sa rubrique « Hakaïat el Nass », mettant en avant les récits de familles confrontées à l’effondrement des services publics. Eau intermittente, électricité absente dans certains quartiers populaires de Tripoli, absence de couverture médicale, autant de symptômes d’un État en faillite sociale. Des habitants de Baalbek rapportent à Al Liwaa que l’achat de médicaments de base devient un luxe inabordable, même pour les familles de la classe moyenne.
Le journal mentionne également la souffrance psychologique grandissante dans la population. Plusieurs ONG font état d’une augmentation des cas de dépression, notamment chez les jeunes, accentuée par le manque de perspectives économiques et l’exode continu des compétences. La jeunesse libanaise, diplômée mais sans avenir dans le pays, envisage massivement l’émigration.
Santé publique et initiatives locales : entre pénurie et innovation
L’initiative de la Lebanese International Medical Association (ILMA) en partenariat avec des médecins libanais de la diaspora a été saluée par Al Liwaa (26 juillet 2025) pour avoir organisé à Beyrouth une campagne de soins gratuits et de sensibilisation dans les quartiers défavorisés. L’opération a réuni une trentaine de médecins venus des États-Unis, d’Europe et du Golfe. Ils ont offert des consultations gratuites en cardiologie, gynécologie et pédiatrie, touchant plus de 3 000 patients en deux jours. Le but de cette campagne, selon les organisateurs, était de pallier l’absence des structures de santé publique et de tisser un lien solidaire entre la diaspora et les résidents.
Cependant, Ad Diyar (26 juillet 2025) souligne que ces efforts, bien que louables, ne peuvent substituer à une politique de santé publique nationale cohérente. Le quotidien pointe l’absence de stratégie gouvernementale pour gérer les hôpitaux publics, aujourd’hui dans un état de décrépitude avancée, faute de financement et de gestion rigoureuse. De nombreuses structures manquent d’équipements de base, notamment pour les urgences et les maternités rurales.
Dégradations environnementales et spoliation des biens publics
Al Akhbar (26 juillet 2025) dénonce des atteintes répétées aux biens communs, comme le cas emblématique de la rivière de Baysour, dont l’eau est détournée de manière illégale par des intérêts privés. Malgré les lois existantes pour protéger les ressources hydriques, les habitants de la région affirment que ces pratiques perdurent depuis des années avec la complicité de certains responsables municipaux. L’un des résidents, cité anonymement, affirme : « Nous avons échoué à mettre un terme à ces abus parce que plus d’une autorité les couvre ».
Cette situation reflète un problème structurel plus large : le manque d’application des lois et la faiblesse chronique des institutions judiciaires en matière environnementale. De nombreux militants écologistes alertent depuis plusieurs années sur la disparition progressive des rivières, la pollution croissante des côtes, et l’urbanisation sauvage encouragée par les promoteurs immobiliers.
Accès à l’éducation et précarité scolaire
Dans une brève parue dans Al Sharq (26 juillet 2025), un reportage souligne la détresse des parents dans la région de Tripoli, où plusieurs écoles publiques menacent de fermer faute de budget pour la rentrée. Des ONG locales, comme la Fondation Safa, tentent de fournir du matériel scolaire et de financer des bourses, mais les besoins excèdent largement les capacités. Le responsable de l’une des écoles affirme que « le ministère n’a pas débloqué un sou depuis avril, et les enseignants sont partis travailler dans le privé ou à l’étranger ».
Cette désorganisation du système éducatif public touche particulièrement les régions périphériques, accentuant les inégalités entre les enfants des grandes villes et ceux des campagnes. Des associations d’enseignants interpellent régulièrement le ministère de l’Éducation pour un plan d’urgence, en vain.
Culture: vie culturelle libanaise entre résilience artistique et manque de soutien public
Mise en lumière de la scène artistique contemporaine
Les festivités culturelles au Liban connaissent un regain d’activité en cette fin de mois de juillet 2025. À Bâalbek, les célèbres Musiques de l’Acropole ont marqué leur retour avec un spectacle d’ouverture de l’opéra Carmen du compositeur Georges Bizet, dirigé par le maestro libanais Toffic Maatouk et mis en scène par le réalisateur Georges Takla. L’événement, selon Al Joumhouriyat du 26 juillet 2025, s’est déroulé dans une ambiance festive, saluée par la présence du Premier ministre Nawaf Salam et de la première dame Naamat Aoun. La soirée du 8 août s’annonce également mémorable avec un concert de Hiba Tawaji, produit par Oussama Rahbani, dans l’enceinte majestueuse de la citadelle de Bâalbek.
Parallèlement, Al Sharq Al Awsat du 26 juillet 2025 met en avant l’exposition de l’architecte libanais Etienne Boustormaji, intitulée Mihrab al-Madina, présentée à la galerie Take Over à Beyrouth. Le projet repose sur une réinterprétation de la mémoire urbaine à travers une installation qui fusionne rue et espace d’exposition, dans une démarche de reconquête des lieux culturels de la capitale.
Persistance des obstacles aux dynamiques culturelles régionales
En dépit de ces initiatives, plusieurs obstacles structurels freinent la dynamique culturelle dans certaines régions libanaises. Al Akhbar du 26 juillet 2025 souligne l’abandon des centres culturels dans des villes comme Salhaddine, Chahba et Qattil. Le manque de soutien public, la précarité financière des projets et l’absence de planification institutionnelle condamnent de nombreuses structures culturelles à l’inactivité ou à la fermeture.
Cette fragilité se reflète aussi dans l’organisation des festivals. Certains événements comme le Festival de Salta n’ont pas pu se tenir cette année en raison de problèmes logistiques et budgétaires. L’article d’Al Akhbar déplore également le désengagement des autorités quant à la réhabilitation des lieux de diffusion artistique et à la création d’un cadre incitatif pour les artistes régionaux.
Scène littéraire libanaise : publications récentes et explorations philosophiques
Sur le plan littéraire, Al Binaa du 26 juillet 2025 met en lumière l’œuvre de la jeune auteure Nour Ahmad Zein. Son dernier ouvrage, Blanc d’une larme, adopte une approche introspective mêlant poésie, psychologie et philosophie. Cette parution s’inscrit dans une continuité avec ses précédents titres, Lueur d’espoir et La quête humaine, qui visent à éveiller la conscience et nourrir la réflexion existentielle. Nour Ahmad Zein affirme écrire « pour l’âme comme on écrit des poèmes pour la mémoire ».
L’activité éditoriale semble dynamique malgré les conditions difficiles. Des voix littéraires émergentes, tant en arabe qu’en français, poursuivent leur travail de création avec un accent marqué sur les thématiques existentielles et politiques. Le dialogue entre formes traditionnelles et contemporaines de narration reste au cœur des démarches.
Événements et calendrier culturel à venir
L’agenda culturel libanais pour la première quinzaine d’août s’annonce riche. Les Musiques de l’Acropole de Bâalbek accueilleront le spectacle Stages d’Hiba Tawaji le 8 août. Ce concert sera suivi d’une série de représentations musicales et théâtrales jusqu’à la fin du mois. Par ailleurs, des expositions de photographies urbaines et de céramique contemporaine sont prévues à Beyrouth, notamment à la galerie Ayyam et au centre culturel Zico House, bien que ces informations restent à confirmer dans les journaux du 26 juillet.
La région de Tripoli prévoit également un symposium sur l’architecture ottomane et la préservation du patrimoine, un sujet qui attire de plus en plus d’attention dans les milieux académiques et militants.
Réactions officielles et absence de politique culturelle cohérente
Aucune déclaration officielle récente ne signale une réorientation des politiques publiques en faveur de la culture. Les mentions sporadiques de soutien aux initiatives artistiques dans les discours du président Joseph Aoun ou du Premier ministre Nawaf Salam n’ont pas encore été traduites par des mesures concrètes.
En dépit de l’engagement de figures artistiques telles qu’Oussama Rahbani ou Etienne Boustormaji, la culture libanaise évolue encore dans un contexte de résilience. Les artistes et les organisateurs s’appuient davantage sur les ressources privées, les partenariats internationaux ou l’autofinancement que sur les aides publiques. Le rôle des ONG culturelles et des mécènes individuels reste central.



