Les récentes avancées sur le front sud-libanais dominent l’actualité dans les journaux du 29 novembre 2024. Al Liwa’souligne que l’arrêt des hostilités grâce à l’application de la résolution 1701 de l’ONU a permis le retour progressif des populations déplacées dans les zones affectées. Des milliers de familles regagnent leurs villages dans le Sud et la Bekaa, malgré l’ampleur des destructions. Les autorités libanaises, avec l’appui des Nations unies, s’efforcent de coordonner les efforts de reconstruction, mais les défis logistiques et financiers restent majeurs. Les rapports indiquent un retour significatif à Marjayoun, Nabatieh, et dans d’autres régions frontalières, où les infrastructures essentielles, comme les routes et les hôpitaux, ont été sévèrement touchées.
Dans ce contexte, Ad Diyar met en avant le rôle clé des médiations internationales, en particulier l’implication de la France et des États-Unis. Jean-Yves Le Drian, émissaire français, a entrepris une série de rencontres avec des responsables politiques pour accélérer le processus de stabilisation. La France, en coordination avec Washington, insiste sur la nécessité d’une réponse rapide et efficace pour renforcer la sécurité et éviter toute escalade. La publication évoque également l’importance d’un suivi rigoureux par la FINUL, dans une région où la situation reste tendue.
Nida’ Al Watan met en exergue les défis humanitaires qui subsistent. Des ONG locales et internationales, notamment le Croissant-Rouge libanais, se mobilisent pour répondre aux besoins urgents des déplacés. Cependant, le quotidien pointe un problème récurrent : le manque de fonds disponibles pour répondre aux demandes croissantes d’aide alimentaire, d’abris temporaires et de soins médicaux. Cette situation met en évidence une coopération encore insuffisante entre les institutions libanaises et les donateurs internationaux.
Par ailleurs, Al Sharq Al Awsat évoque les tensions sous-jacentes au cessez-le-feu, notamment les violations israéliennes signalées dès les premiers jours de l’accord. Des incidents de survols de drones et de tirs d’avertissement ont été rapportés à proximité de la ligne bleue, suscitant des inquiétudes quant à la durabilité de la trêve. Le journal rappelle que la mise en œuvre effective de la résolution 1701 nécessite un engagement sérieux de toutes les parties, mais souligne que l’absence d’un cadre de gouvernance libanais pleinement opérationnel complique ces efforts.
Al Quds Al Arabi se penche également sur les implications politiques de cette accalmie. Le retour des déplacés est perçu comme un test pour les autorités libanaises, déjà fragilisées par des divisions internes et un contexte économique désastreux. Les régions rurales, où les infrastructures sont les plus endommagées, illustrent les limites de l’État à répondre efficacement aux crises multiples auxquelles il est confronté.
Enfin, An-Nahar explore l’impact international de cette trêve fragile. L’accord de cessez-le-feu est vu comme un moment charnière pour la diplomatie régionale. Les négociations en coulisses, impliquant les États-Unis, la France et d’autres acteurs internationaux, visent à sécuriser durablement le Sud-Liban tout en ouvrant la voie à des pourparlers sur des questions plus larges, comme le désarmement du Hezbollah. Cependant, le quotidien met en garde contre une vision optimiste, rappelant les nombreux précédents où des accords similaires ont échoué en raison des tensions persistantes entre les parties.
Focus sur la présidentielle
La vacance présidentielle : enjeu national et pression internationale
La crise présidentielle continue d’alimenter les débats dans la presse libanaise du 29 novembre 2024. Nida’ Al Watanmet en lumière l’absence prolongée de président au Liban, une situation qui paralyse les institutions depuis plus d’un an. Les divergences entre les principaux blocs politiques, incapables de s’accorder sur un candidat consensuel, aggravent cette impasse. Alors que le pays traverse une phase critique sur les plans économique et sécuritaire, l’urgence d’une solution se fait de plus en plus pressante, notamment sous la pression de la communauté internationale.
Selon Al Sharq, Nabih Berri, président du Parlement, a fixé la date du 9 janvier 2025 pour une nouvelle session électorale, espérant qu’un compromis pourra être trouvé d’ici là. Cette annonce est intervenue en parallèle à une intensification des efforts diplomatiques français, avec la visite de Jean-Yves Le Drian, qui multiplie les consultations avec les forces politiques libanaises. Ce dernier, porteur d’un message clair d’Emmanuel Macron, insiste sur l’urgence de restaurer les institutions étatiques pour stabiliser le pays.
Ad Diyar met en avant le contexte stratégique de cette vacance du pouvoir. Selon la publication, la situation politique actuelle ne se limite pas à une querelle interne, mais s’inscrit dans un cadre géopolitique plus large. La guerre au Sud-Liban a exacerbé les divisions entre les blocs politiques, notamment entre les alliés du Hezbollah et ceux qui lui sont opposés. Le journal souligne également l’importance de cette échéance présidentielle pour les partenaires internationaux, qui conditionnent leur aide financière et sécuritaire à un retour à la normalité institutionnelle.
D’après Al Liwa’, la France et les États-Unis exercent une pression accrue sur les principaux partis politiques pour accélérer le processus. La visite de Le Drian à Beyrouth, à peine deux jours après l’accord de cessez-le-feu, est perçue comme une tentative de rétablir un minimum de gouvernance avant que les tensions ne repartent à la hausse. Cependant, le journal note que l’absence de consensus sur un candidat reste le principal obstacle, chaque camp maintenant ses positions.
Al Sharq Al Awsat se concentre sur les implications de ce blocage pour l’économie et la gouvernance. Le journal rappelle que des réformes cruciales, notamment celles exigées par le FMI, sont suspendues en raison de l’absence de chef d’État. La paralysie gouvernementale empêche également toute avancée significative dans la gestion des crises sociales et économiques, exacerbant la colère populaire et la méfiance envers les institutions.
Selon Al Quds Al Arabi, plusieurs figures politiques cherchent à se positionner comme candidats de compromis, mais sans succès jusqu’à présent. Le général Joseph Aoun, commandant en chef de l’armée, est souvent évoqué comme un choix potentiellement consensuel, mais il fait face à une opposition venant de plusieurs camps. Le journal souligne que les négociations en coulisses sont dominées par des calculs partisans et régionaux, rendant difficile l’émergence d’un véritable consensus.
An-Nahar met en exergue le rôle des acteurs régionaux dans cette impasse. Le Hezbollah, allié de l’Iran, reste un acteur clé dans le processus électoral, alors que les pays du Golfe, notamment l’Arabie saoudite, continuent d’exercer leur influence à travers leurs partenaires libanais. La publication relève que la session prévue en janvier pourrait être une étape décisive, mais avertit que sans un compromis préalable, elle risque de reproduire les échecs des précédentes tentatives.
Les analyses des différents journaux montrent que la crise présidentielle dépasse les seuls enjeux locaux. Les pressions internationales, la polarisation interne et les intérêts régionaux s’entrelacent, complexifiant la résolution de cette impasse. La presse met également en lumière les conséquences profondes de cette vacance prolongée sur l’avenir du Liban, notamment en termes de crédibilité institutionnelle et de stabilité socio-économique.
Focus sur le conflit israélo-libanais
Cessez-le-feu fragile et défis persistants au Sud-Liban
La situation au Sud-Liban continue de dominer les pages de la presse libanaise, les journaux du 29 novembre 2024 revenant largement sur les premiers jours du cessez-le-feu entre Israël et le Liban. Ad Diyar souligne que cet accord, obtenu grâce à une médiation internationale, repose sur la résolution 1701 de l’ONU. Pourtant, les violations israéliennes dès les premières heures mettent en évidence la fragilité de cet arrangement. Des frappes aériennes à proximité de Saïda et des tirs d’artillerie dans la région de Marjayoun illustrent les tensions persistantes. Israël affirme avoir ciblé des installations liées au Hezbollah, alors que les autorités libanaises dénoncent des provocations injustifiées.
Al Liwa’ insiste sur les efforts déployés par l’armée libanaise pour renforcer sa présence au sud du Litani. Des patrouilles et des points de contrôle ont été établis pour sécuriser la région et soutenir le retour des déplacés. Toutefois, le quotidien met en avant les difficultés logistiques et les défis liés à la démilitarisation totale de certaines zones, conformément à l’accord. L’implication de la FINUL est jugée essentielle pour garantir le respect des termes de la trêve, mais sa capacité à prévenir de nouveaux affrontements reste limitée.
Al Sharq met en lumière le rôle central de la France et des États-Unis dans la mise en œuvre de cet accord. Une « commission de surveillance » dirigée par un général américain a été annoncée pour superviser les activités militaires dans la région. Ce dispositif est perçu par certains comme une tentative de renforcer la neutralité dans l’application de la résolution 1701, mais il suscite également des inquiétudes au sein de certaines factions libanaises, notamment le Hezbollah, qui voit dans cette présence une possible ingérence étrangère.
Selon Nida’ Al Watan, le conflit dépasse les simples considérations militaires. Le journal souligne que la crise au Sud-Liban est intimement liée aux tensions régionales, notamment à la rivalité entre Israël et l’Iran. Le soutien militaire et logistique de Téhéran au Hezbollah reste un facteur clé dans cette équation, tandis qu’Israël intensifie ses appels à la communauté internationale pour imposer un désarmement total du groupe chiite. Ces dynamiques renforcent les divisions politiques internes au Liban, où certains appellent à un dialogue national sur la stratégie de défense du pays.
Al Sharq Al Awsat se concentre sur les implications économiques du conflit. Les frappes israéliennes ont touché plusieurs infrastructures essentielles, notamment des installations agricoles et des réseaux de transport dans le Sud. Le quotidien rapporte que la reconstruction dépend largement de l’aide internationale, mais celle-ci reste conditionnée à des avancées politiques, notamment l’élection d’un président. Les tensions persistantes rendent également difficiles les efforts pour sécuriser les champs gaziers offshore, une source potentielle de revenus pour le pays.
Al Quds Al Arabi analyse les réactions internationales au cessez-le-feu. Les Nations unies, par l’intermédiaire de la FINUL, appellent à un respect strict de la résolution 1701, tandis que les États-Unis et la France insistent sur l’importance de stabiliser durablement la région. Toutefois, les divergences entre les acteurs internationaux sur la manière de traiter la question du Hezbollah compliquent les discussions, laissant entrevoir des obstacles majeurs à une paix durable.
An-Nahar explore les perspectives à long terme du conflit. L’accord de cessez-le-feu est présenté comme une opportunité pour relancer les négociations sur des questions plus larges, telles que le tracé des frontières et le désarmement des factions armées non étatiques. Cependant, le journal avertit que les conditions actuelles, marquées par une méfiance mutuelle et des intérêts divergents, rendent toute avancée significative difficile à envisager.
L’ensemble des publications met en évidence la complexité de la situation au Sud-Liban. Entre violations continues, défis logistiques et pressions internationales, le cessez-le-feu semble plus être une pause temporaire qu’une solution durable à un conflit enraciné.
Politique locale
L’impasse présidentielle et la paralysie institutionnelle
La politique locale reste profondément marquée par la vacance présidentielle, une situation qui, selon les journaux du 29 novembre 2024, bloque le fonctionnement des institutions au Liban. Nida’ Al Watan rapporte que cette crise, qui dure depuis plus d’un an, constitue un obstacle majeur à la gouvernance et à l’adoption des réformes économiques et administratives nécessaires pour répondre à la crise. La session électorale prévue par Nabih Berri pour le 9 janvier 2025 est perçue comme une tentative de relancer le processus politique, mais l’absence de consensus entre les blocs parlementaires demeure problématique.
Al Sharq met en lumière les divisions internes qui continuent d’alimenter l’impasse. Les factions pro-Hezbollah, soutenues par l’Iran, insistent sur un candidat proche de leur ligne politique, tandis que leurs adversaires, appuyés par l’Arabie saoudite et d’autres partenaires internationaux, rejettent cette option. Cette polarisation complique les efforts de médiation, malgré les pressions exercées par la France et d’autres acteurs internationaux.
Ad Diyar explore les implications de cette vacance présidentielle sur la sécurité intérieure. Selon le journal, l’absence d’un chef d’État affaiblit la chaîne de commandement, rendant difficile la coordination des réponses aux défis sécuritaires, notamment dans les régions frontalières du Sud. La prolongation du mandat de certains responsables militaires, comme le général Joseph Aoun, chef de l’armée, est vue comme une solution temporaire, mais elle ne peut remplacer une structure institutionnelle pleinement fonctionnelle.
Al Liwa’ évoque la frustration croissante de la population face à cette paralysie politique. Le quotidien souligne que l’impasse présidentielle s’accompagne d’une aggravation des conditions de vie, marquée par une hausse continue du coût de la vie, des coupures d’électricité prolongées, et une détérioration des services publics. Cette situation alimente un sentiment de méfiance envers la classe politique, perçue comme incapable de répondre aux besoins urgents du pays.
Al Sharq Al Awsat analyse les efforts internationaux pour débloquer la situation. La visite de Jean-Yves Le Drian, émissaire français, est présentée comme une tentative de rétablir un dialogue constructif entre les parties. Cependant, le journal note que les acteurs internationaux, bien qu’influents, sont limités par les dynamiques internes libanaises, où chaque camp privilégie ses intérêts partisans au détriment du compromis.
Al Quds Al Arabi se concentre sur le rôle du Parlement dans cette crise. Selon le journal, le président du Parlement, Nabih Berri, cherche à maintenir une position d’arbitre, mais son alignement avec le Hezbollah suscite des critiques de l’opposition. Le Parlement, paralysé par les blocages politiques, n’a pas pu légiférer sur des questions cruciales, ce qui entrave davantage la gestion de la crise.
An-Nahar explore les alternatives possibles pour sortir de l’impasse. Le général Joseph Aoun, souvent évoqué comme un candidat de compromis, bénéficie d’un soutien international croissant, mais son élection nécessiterait une révision des équilibres politiques internes. Le journal souligne également la possibilité d’une intervention plus directe des partenaires internationaux, bien que cela risque d’être perçu comme une ingérence par certains acteurs locaux.
Les publications mettent en évidence un paysage politique profondément divisé, où la vacance présidentielle illustre l’incapacité des leaders libanais à surmonter leurs divergences. L’absence d’un président compromet la gestion des crises économiques et sécuritaires, tout en renforçant le sentiment de désillusion au sein de la population.
Politique internationale
Les tensions régionales et les initiatives diplomatiques autour du Liban
La presse libanaise du 29 novembre 2024 se concentre largement sur les implications internationales des récents développements au Liban, notamment le rôle des puissances étrangères dans la gestion de la crise. Al Sharq Al Awsatrapporte que la France et les États-Unis continuent de jouer un rôle central dans les efforts diplomatiques pour stabiliser le Liban. La visite de Jean-Yves Le Drian à Beyrouth a été suivie de discussions bilatérales avec les autorités américaines pour coordonner les initiatives de soutien au Liban. La mise en œuvre du cessez-le-feu au Sud-Liban est perçue comme une priorité immédiate, mais les observateurs notent que les tensions régionales, notamment entre Israël et l’Iran, compliquent ces efforts.
Al Liwa’ souligne que l’Iran reste au cœur des préoccupations internationales. Le programme nucléaire de Téhéran et son soutien au Hezbollah sont des éléments clés des discussions entre la troïka européenne (France, Allemagne, Royaume-Uni) et les États-Unis. Le journal rapporte que ces puissances tentent d’adopter une position commune pour faire pression sur l’Iran, tout en cherchant à éviter une escalade militaire dans la région.
Selon Ad Diyar, la Russie, alliée de l’Iran, adopte une posture ambivalente. Moscou soutient les initiatives de désescalade au Sud-Liban tout en poursuivant ses propres objectifs stratégiques dans la région. Le journal mentionne que la Russie a encouragé la Turquie à jouer un rôle plus actif dans la gestion des crises régionales, notamment en renforçant ses relations avec la Syrie et en modérant ses différends avec l’Iran.
Al Quds Al Arabi analyse les initiatives israéliennes pour influencer la diplomatie internationale. Israël, tout en respectant officiellement le cessez-le-feu, continue de pousser pour un désarmement total du Hezbollah, une position soutenue par Washington. Le journal note que l’État hébreu intensifie également ses relations avec des partenaires arabes, notamment via les accords d’Abraham, pour consolider une coalition régionale contre l’Iran.
Nida’ Al Watan met en lumière les efforts de la Ligue arabe pour maintenir une position unifiée sur les développements libanais. Bien que certains pays arabes, comme les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite, soutiennent des initiatives internationales, des divisions internes persistent au sein de la Ligue, notamment sur la manière de gérer les relations avec le Hezbollah et ses alliés régionaux.
Al Sharq évoque les discussions en cours à Genève entre l’Iran et la troïka européenne, qui portent sur le programme nucléaire iranien et son implication régionale. Ces pourparlers, bien que limités à des échanges informels, pourraient influencer les dynamiques au Liban, notamment en ce qui concerne le rôle du Hezbollah dans le maintien ou la rupture du cessez-le-feu.
An-Nahar explore les implications de la crise libanaise sur les relations entre les grandes puissances. Alors que les États-Unis et la France s’efforcent de maintenir une coordination étroite, des divergences émergent sur la manière de gérer la crise régionale. Le journal note que la Chine, bien qu’en retrait sur le dossier libanais, continue de renforcer ses partenariats avec l’Iran, ce qui pourrait compliquer les efforts occidentaux pour stabiliser la région.
L’ensemble des publications reflète une situation où le Liban reste un terrain de confrontation indirecte entre puissances régionales et internationales. Les enjeux diplomatiques dépassent largement les frontières du pays, alors que les acteurs internationaux cherchent à concilier leurs intérêts stratégiques tout en évitant une escalade.
Économie
Reconstruction et impact des tensions sur l’économie libanaise
La presse libanaise du 29 novembre 2024 met en avant les défis économiques majeurs auxquels le Liban est confronté après les récents affrontements au Sud-Liban. Al Quds Al Arabi insiste sur l’ampleur des destructions dans les zones rurales du Sud, où les infrastructures agricoles et commerciales ont été gravement touchées. Les agriculteurs, pilier économique de ces régions, peinent à reprendre leurs activités en raison de la destruction des routes, des canaux d’irrigation et des équipements essentiels. Le journal rapporte également que la perte des récoltes compromet la sécurité alimentaire du pays, déjà affectée par une crise économique prolongée.
Ad Diyar souligne que les efforts de reconstruction sont entravés par le manque de financement et par l’instabilité politique. Les donateurs internationaux, notamment l’Union européenne et les Nations unies, conditionnent leur aide à des réformes structurelles et à une meilleure transparence dans la gestion des fonds. Toutefois, l’incapacité du gouvernement à adopter des réformes, en partie due à l’impasse présidentielle, ralentit considérablement l’afflux des capitaux nécessaires à la reconstruction.
Al Liwa’ met en lumière les opportunités offertes par la reconstruction, bien qu’elles soient encore largement inexploitées. Le journal évoque les discussions en cours avec des entreprises chinoises et russes pour la construction d’infrastructures modernes, mais note que ces projets sont compliqués par les sanctions occidentales qui limitent la coopération économique avec ces acteurs. De plus, le manque de coordination entre les autorités locales et les investisseurs étrangers pose des défis logistiques importants.
Selon Al Sharq, les tensions régionales aggravent également la situation économique. Le quotidien rapporte que les échanges commerciaux avec les pays voisins, notamment la Syrie, ont diminué en raison des affrontements récents. Les exportations libanaises, déjà fragilisées par la crise économique, sont particulièrement affectées, ce qui aggrave le déficit commercial et la dévaluation continue de la livre libanaise.
Nida’ Al Watan se concentre sur le rôle potentiel des champs gaziers offshore dans la relance économique du Liban. Alors que le gouvernement a récemment signé des accords avec un consortium international pour l’exploitation de ces ressources, les tensions avec Israël autour de la délimitation des frontières maritimes restent un obstacle majeur. Le journal rappelle que ces projets, bien qu’ambitieux, nécessitent une stabilité politique et régionale pour attirer les investissements nécessaires.
Al Sharq Al Awsat met en avant les pressions exercées par le FMI pour que le Liban adopte des réformes économiques. Parmi les priorités, le FMI exige une restructuration du secteur bancaire, une réforme du système de subventions et une amélioration de la transparence dans la gestion des finances publiques. Cependant, le journal note que l’absence de consensus politique et la résistance des élites économiques freinent la mise en œuvre de ces réformes.
An-Nahar explore les efforts de la diaspora libanaise pour soutenir l’économie nationale. Les transferts de fonds des expatriés restent une source essentielle de devises étrangères, mais leur impact est limité par la dévaluation rapide de la livre libanaise. De plus, la méfiance croissante envers le système bancaire libanais dissuade de nombreux expatriés d’investir dans leur pays d’origine.
Les publications reflètent une économie libanaise à bout de souffle, prise entre les défis immédiats de la reconstruction et les pressions structurelles à long terme. Alors que les opportunités existent, notamment dans le secteur énergétique, leur réalisation dépendra d’une stabilisation politique et d’une coopération efficace entre les acteurs locaux et internationaux.
Justice
Violations du cessez-le-feu et tensions autour de la résolution 1701
La presse libanaise du 29 novembre 2024 met en lumière les questions de justice et de légalité entourant les violations israéliennes signalées depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu. Al 3arabi Al Jadid rapporte que plusieurs incidents ont été documentés, notamment des frappes aériennes et des survols de drones au nord du Litani, en contradiction avec la résolution 1701 de l’ONU. Le Liban, à travers ses représentants diplomatiques, a officiellement dénoncé ces actes devant le Conseil de sécurité des Nations unies, appelant à des sanctions contre Israël pour non-respect de ses engagements.
Ad Diyar insiste sur le rôle de la FINUL dans le maintien de la stabilité dans la région. Le quotidien met en avant les efforts de cette force internationale pour documenter les violations et renforcer les mécanismes de surveillance. Cependant, les capacités limitées de la FINUL et les pressions exercées par Israël compliquent sa mission, alimentant des critiques sur son efficacité. Le journal souligne également les appels libanais à une réforme du mandat de la FINUL pour lui permettre d’agir plus efficacement.
Al Sharq Al Awsat se penche sur les défis juridiques posés par les actions israéliennes. Selon le journal, des experts en droit international appellent à une enquête indépendante pour évaluer les violations présumées et établir des responsabilités. Cependant, ces initiatives se heurtent à des obstacles diplomatiques, Israël bénéficiant d’un soutien important de la part des États-Unis et de certains de ses alliés au sein de l’ONU.
Nida’ Al Watan explore les implications locales de ces violations. Le journal souligne que les populations du Sud-Liban, déjà éprouvées par les affrontements récents, sont les principales victimes de l’absence d’application stricte de la résolution 1701. Les habitants des zones frontalières continuent de signaler des mouvements militaires israéliens, suscitant un sentiment d’insécurité persistant. Cette situation exacerbe les tensions entre les communautés locales et les forces de maintien de la paix, accusées de ne pas protéger efficacement les civils.
Al Liwa’ met en lumière les efforts du gouvernement libanais pour renforcer sa capacité à répondre juridiquement aux violations israéliennes. Le journal rapporte que le ministère de la Justice, en coordination avec des organisations internationales, a commencé à collecter des preuves pour étayer d’éventuelles plaintes devant des juridictions internationales. Ces démarches visent à renforcer la position diplomatique du Liban tout en attirant l’attention de la communauté internationale sur les défis auxquels le pays est confronté.
Al Quds Al Arabi aborde les divisions internes au Liban concernant la gestion de ces violations. Certaines factions politiques, notamment celles proches du Hezbollah, appellent à une réponse plus ferme, y compris des représailles militaires. D’autres, en revanche, insistent sur la nécessité de privilégier la voie diplomatique pour éviter une escalade qui pourrait déstabiliser davantage le pays.
An-Nahar examine les précédents juridiques dans des cas similaires impliquant Israël. Le journal rappelle que plusieurs décisions de l’ONU ont condamné les actions israéliennes dans le passé, mais que ces résolutions restent souvent inappliquées en raison du manque de volonté politique au sein de la communauté internationale. Ce constat alimente le scepticisme quant à la possibilité d’obtenir une justice véritable dans le cadre actuel.
Les publications soulignent une problématique complexe où le droit international se heurte aux réalités géopolitiques. Alors que le Liban tente de mobiliser les outils juridiques pour répondre aux violations israéliennes, l’efficacité de ces démarches dépendra largement du soutien de la communauté internationale et de la capacité du pays à surmonter ses divisions internes.
Société
Le retour des déplacés au Sud-Liban et les défis humanitaires
Les journaux libanais du 29 novembre 2024 se penchent largement sur les enjeux sociaux liés au retour des déplacés dans les régions du Sud-Liban, après l’instauration du cessez-le-feu. Al Joumhouriyat rapporte que des milliers de familles ont commencé à regagner leurs villages, notamment dans les zones de Marjayoun et Nabatieh. Cependant, ces populations reviennent souvent pour découvrir leurs maisons détruites et des infrastructures essentielles inutilisables. L’armée libanaise s’efforce de sécuriser les zones à risque, notamment celles contaminées par des restes d’explosifs non détonés, mais le processus est lent et complexe.
Al Liwa’ met en lumière les tensions sociales qui émergent dans les communautés d’accueil, où de nombreux déplacés avaient trouvé refuge pendant les affrontements. Ces régions, déjà affectées par la crise économique nationale, peinent à absorber les retours massifs. Les infrastructures, comme les écoles et les hôpitaux, sont surchargées, et les ressources limitées alimentent un sentiment de frustration parmi les habitants locaux.
Ad Diyar insiste sur le rôle crucial joué par les ONG locales et internationales dans cette crise. Le Croissant-Rouge libanais, en collaboration avec plusieurs organisations internationales, fournit une aide humanitaire d’urgence, notamment en matière de nourriture, d’abris temporaires et de soins médicaux. Cependant, le journal souligne que les besoins dépassent largement les capacités disponibles, en raison du manque de financement et de la complexité logistique.
Nida’ Al Watan explore les implications psychologiques de cette crise sur les populations affectées. Le journal rapporte que de nombreux déplacés souffrent de troubles liés au stress post-traumatique, exacerbés par les conditions de vie difficiles et l’incertitude quant à l’avenir. Les enfants, en particulier, sont vulnérables, avec des signes croissants de détresse psychologique observés par les équipes médicales sur le terrain.
Al Sharq aborde les initiatives communautaires visant à soutenir les déplacés. Dans certains villages, des comités locaux se mobilisent pour organiser des campagnes de collecte de fonds et de distribution de biens essentiels. Cependant, ces initiatives restent limitées et ne peuvent compenser l’absence de soutien étatique structuré. Le journal critique l’inaction des autorités locales et nationales, accusées de ne pas prioriser cette crise.
Al Sharq Al Awsat met l’accent sur la nécessité d’une approche coordonnée pour gérer la reconstruction sociale et économique des régions affectées. Le journal appelle à un partenariat plus solide entre le gouvernement libanais, les ONG et la communauté internationale pour assurer une réponse efficace. Il souligne également que le retour des déplacés pourrait être une opportunité pour renforcer la résilience des communautés locales, à condition que les ressources nécessaires soient mobilisées.
An-Nahar analyse les implications à long terme de cette crise pour la société libanaise. Le journal avertit que l’échec à répondre aux besoins des déplacés pourrait aggraver les divisions sociales et politiques, en alimentant la méfiance envers l’État et en renforçant les tensions communautaires. Cette situation, combinée à la crise économique, risque de créer un environnement encore plus instable dans les mois à venir.
L’ensemble des publications met en évidence une crise humanitaire complexe, où les défis sociaux, économiques et psychologiques se chevauchent. Les déplacés, confrontés à des conditions de vie précaires et à un avenir incertain, illustrent les difficultés du Liban à surmonter les effets combinés de la guerre et de la crise économique.
Culture
Les médias et la culture à l’ère numérique dans le monde arabe
Les questions culturelles et médiatiques occupent une place importante dans les journaux libanais du 29 novembre 2024. Nahar International se concentre sur le Congrès mondial des médias, tenu récemment à Abou Dhabi, qui a réuni des experts, des décideurs et des journalistes de plusieurs pays arabes. Le forum a exploré l’impact croissant de l’intelligence artificielle et de la transition numérique sur les médias traditionnels, mettant en lumière les défis et les opportunités pour les producteurs de contenu en langue arabe. Une attention particulière a été accordée au développement de modèles linguistiques adaptés aux spécificités culturelles arabes, comme le modèle JAIS, développé aux Émirats arabes unis.
Al Sharq Al Awsat met en avant l’importance des contenus numériques dans la préservation et la diffusion de la culture arabe. Le journal souligne que les plateformes de streaming et les réseaux sociaux sont devenus des vecteurs essentiels pour promouvoir les arts, la musique et la littérature dans un contexte où les médias traditionnels sont en déclin. Cependant, il note également que cette transformation pose des défis en termes de régulation et de préservation de la qualité du contenu.
An-Nahar explore l’impact des crises régionales sur la production culturelle au Liban. Selon le journal, les artistes et les institutions culturelles font face à des contraintes financières sans précédent, réduisant considérablement leur capacité à produire et à diffuser des œuvres. Les festivals et les expositions, autrefois un pilier de la scène culturelle libanaise, sont de plus en plus rares, affectant la visibilité des artistes locaux et la transmission du patrimoine culturel.
Al Quds Al Arabi met en lumière les initiatives individuelles pour promouvoir la culture malgré les défis actuels. Le journal cite des exemples de cinéastes, d’auteurs et de musiciens libanais qui utilisent les plateformes numériques pour atteindre un public international. Bien que ces efforts soient limités par des moyens financiers réduits, ils illustrent la résilience et la créativité des artistes face à l’adversité.
Al Sharq analyse les débats autour de l’impact de la numérisation sur la langue arabe. Certains experts, cités par le journal, craignent que la domination de l’anglais dans le paysage numérique ne marginalise davantage l’arabe, notamment auprès des jeunes générations. Des initiatives, comme la création d’une université dédiée à l’intelligence artificielle aux Émirats arabes unis, visent à contrer cette tendance en formant une nouvelle génération de spécialistes capables de développer des solutions technologiques adaptées aux besoins culturels régionaux.
Ad Diyar souligne l’importance du patrimoine culturel comme outil de résilience dans les contextes de crise. Le journal rapporte que plusieurs associations locales organisent des événements axés sur la préservation des traditions et des coutumes libanaises, même dans les régions touchées par les conflits. Ces initiatives visent à renforcer le sentiment d’identité et de communauté, tout en sensibilisant le public aux richesses culturelles du pays.
Nida’ Al Watan aborde le rôle des médias dans la promotion de la diversité culturelle au Liban. Le journal critique le manque de soutien des institutions publiques aux initiatives médiatiques indépendantes qui cherchent à valoriser les différentes facettes de la culture libanaise. Il appelle à des réformes pour garantir un financement stable et une liberté éditoriale accrue pour les médias culturels.
Les publications montrent que, malgré les crises multiples, la culture et les médias restent des vecteurs essentiels pour préserver et promouvoir l’identité arabe. Cependant, les défis liés à la numérisation, aux contraintes économiques et aux tensions régionales nécessitent des réponses coordonnées pour soutenir ces secteurs vitaux.
International
Les initiatives diplomatiques et les tensions régionales au centre des débats internationaux
La presse libanaise du 29 novembre 2024 se concentre sur les implications internationales des tensions régionales et sur les efforts diplomatiques visant à stabiliser la situation au Liban et au-delà. An-Nahar met en lumière le rôle central des États-Unis et de la France dans la mise en œuvre du cessez-le-feu au Sud-Liban. Les discussions en coulisses entre les deux puissances se concentrent sur la nécessité de renforcer l’application de la résolution 1701 de l’ONU, en impliquant des acteurs régionaux comme l’Arabie saoudite et l’Égypte.
Al Sharq Al Awsat rapporte que les discussions entre l’Iran et la troïka européenne à Genève se poursuivent, bien qu’elles soient limitées à des échanges exploratoires. Ces pourparlers portent principalement sur le programme nucléaire iranien et son rôle dans les conflits régionaux, y compris son soutien au Hezbollah. Le journal souligne que les divergences entre les puissances occidentales sur la manière de traiter la question iranienne compliquent les efforts pour parvenir à une position commune.
Al Quds Al Arabi analyse le rôle de la Russie et de la Chine dans les dynamiques régionales. Moscou, tout en soutenant la désescalade au Liban, continue de renforcer ses relations avec l’Iran, notamment par des accords énergétiques stratégiques. De son côté, la Chine se concentre sur des initiatives économiques en Méditerranée orientale, notamment dans le secteur énergétique, tout en évitant une implication directe dans les tensions israélo-libanaises.
Al Liwa’ explore les efforts de l’ONU pour maintenir la paix dans la région. Le journal rapporte que le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé à un respect strict du cessez-le-feu au Sud-Liban et à une coopération accrue entre les parties concernées. Cependant, l’efficacité de ces appels est remise en question par les violations continues de la résolution 1701 par Israël et les tensions persistantes autour des activités du Hezbollah.
Ad Diyar se penche sur les relations entre Israël et les États-Unis, qui restent cruciales pour les développements au Liban. Washington, tout en soutenant Israël, appelle à une retenue militaire pour éviter une escalade qui pourrait déstabiliser l’ensemble de la région. Le journal note que cette posture vise également à préserver les alliances stratégiques des États-Unis avec d’autres partenaires arabes.
Nida’ Al Watan évoque les efforts de l’Arabie saoudite pour jouer un rôle de médiateur dans la crise libanaise, en collaboration avec la France. Le journal souligne que Riyad cherche à rétablir son influence au Liban en soutenant des initiatives économiques et politiques qui favorisent ses alliés locaux. Cependant, cette stratégie se heurte à la résistance des factions proches de l’Iran, qui continuent de dominer certaines régions stratégiques du pays.
Al Sharq aborde les tensions croissantes entre Israël et l’Iran, qui alimentent indirectement le conflit israélo-libanais. Les récentes frappes israéliennes en Syrie, visant des installations présumées liées à l’Iran, sont perçues comme un signal fort de la part de Tel-Aviv, bien que ces actions risquent de compliquer davantage les efforts diplomatiques dans la région.



