Sud-Liban : Entre tension persistante et perspectives incertaines
La situation au Sud-Liban demeure le principal sujet de préoccupation pour les autorités libanaises. An-Nahar a souligné que, bien que l’escalade militaire généralisée entre Israël et le Hezbollah semble avoir été évitée pour l’instant, les tensions sur le terrain restent élevées. Al-Akhbar apporte une perspective complémentaire en signalant que les affrontements sporadiques, tels que les bombardements israéliens sur des positions du Hezbollah et les ripostes de ce dernier, entretiennent une atmosphère de crise permanente. Ces affrontements interviennent alors que la communauté internationale, notamment par le biais de la FINUL, tente de maintenir un fragile équilibre de paix dans la région.
Le journal Al-Joumhouria ajoute que le président du Parlement, Nabih Berri, est attendu pour clarifier sa position sur ces développements lors de son discours à l’occasion de la commémoration de la disparition de l’imam Moussa Sadr. Ce discours pourrait également aborder la question cruciale de la présidence libanaise, un dossier en suspens depuis des mois. Al-Joumhouria anticipe que Berri évitera de s’engager pleinement sur ce sujet, préférant laisser les discussions internationales, notamment la médiation française, suivre leur cours.
En parallèle, Samir Geagea, chef des Forces Libanaises, est attendu pour un discours critique envers le gouvernement, où il abordera notamment l’inefficacité de l’État à gérer la crise au Sud et la paralysie politique qui en résulte. Selon Al-Joumhouria, Geagea insistera sur la nécessité de rétablir un État souverain, capable de gérer les crises sans être soumis aux influences extérieures, en particulier celles du Hezbollah.
Crise des déposants : La colère sociale explose
La crise financière au Liban a pris une nouvelle tournure avec les actions violentes des déposants dont les économies sont bloquées dans les banques depuis 2019. Al-Akhbar rapporte que ces manifestants, rassemblés sous la bannière de la « Scream of Depositors », ont incendié et vandalisé plusieurs établissements bancaires à Beyrouth. Ces actions témoignent d’une frustration croissante face à l’inaction des autorités pour résoudre la crise bancaire.
Al-Joumhouria précise que ces événements interviennent alors que le gouvernement continue de discuter de la restructuration du secteur bancaire sans apporter de solutions concrètes pour les déposants. Le ministre des Déplacés, Issam Sharaf El-Din, et les députés Najat Saliba et Melhem Khalaf ont rejoint les manifestants, exprimant leur solidarité avec leurs revendications. Al-Joumhouria souligne également que ces manifestations violentes pourraient signaler le début d’une nouvelle phase de crise sociale au Liban, avec des conséquences potentiellement graves pour la stabilité du pays.
Nouvelles locales
Blocage présidentiel : Vers une nouvelle médiation internationale ?
Alors que le Liban reste sans président depuis des mois, An-Nahar et Al-Joumhouria rapportent que la médiation internationale pourrait connaître un nouvel élan. L’ambassadeur d’Égypte à Beyrouth, Alaâ Moussa, a récemment rencontré le Mufti de la République, Sheikh Abdel Latif Derian, pour discuter des moyens de relancer le processus électoral. Moussa a exprimé la nécessité pour les forces politiques libanaises de saisir cette opportunité pour avancer vers un consensus sur la présidence.
Selon Al-Joumhouria, cette médiation, soutenue par le groupe de la « Quint » (France, États-Unis, Égypte, Arabie Saoudite, Qatar), est cependant compliquée par la situation sécuritaire au Sud-Liban et les tensions régionales croissantes. An-Nahar note que l’absence de progrès dans la résolution de la crise présidentielle paralyse les institutions libanaises, compliquant davantage la tâche des diplomates internationaux. Cette paralysie entrave aussi la capacité du Liban à recevoir l’aide internationale dont il a désespérément besoin.
Retour des tensions bancaires : Les déposants en colère prennent d’assaut les banques
La crise des déposants a atteint un nouveau point critique avec des manifestations violentes à Beyrouth. Al-Akhbar et Al-Joumhouria rapportent que les manifestants ont incendié plusieurs banques, dont les succursales du Libano-Français et de la Banque de Beyrouth, en réponse à la rétention continue de leurs fonds par les établissements financiers.
Al-Joumhouria rapporte que ces actions illustrent la frustration grandissante des déposants face à ce qu’ils perçoivent comme une inaction du gouvernement. Le soutien de certains députés à ces manifestations montre que la crise des déposants devient un enjeu politique majeur, risquant de déstabiliser encore plus le fragile équilibre social du pays. Ces événements mettent en lumière l’incapacité des autorités à trouver une solution à la crise bancaire, laissant planer la menace d’une escalade des violences.
Contexte régional
Gaza et Cisjordanie : Escalade de la violence malgré les efforts diplomatiques
Al-Akhbar et Al-Joumhouria détaillent l’aggravation de la situation dans les territoires palestiniens occupés, en particulier à Tulkarem et Jenin, où les forces israéliennes ont intensifié leurs opérations militaires. Al-Akhbar rapporte que ces opérations, les plus violentes depuis des années, ont entraîné la mort de plusieurs Palestiniens et la destruction d’infrastructures vitales. Ces attaques s’inscrivent dans une stratégie israélienne visant à affaiblir les capacités de résistance palestiniennes tout en consolidant leur contrôle sur les territoires occupés.
La création d’un nouveau poste de « Chef des efforts humanitaires et civils à Gaza », rapportée par Al-Joumhouria, montre l’intention d’Israël de maintenir un contrôle strict sur le territoire de Gaza, malgré les tentatives de médiation en cours à Doha. Ces efforts diplomatiques, bien que soutenus par les États-Unis, semblent pour l’instant dans l’impasse, Israël refusant de céder sur des points clés tels que le retrait de ses forces des passages stratégiques.
Le Hezbollah et la stratégie régionale
Al-Akhbar se penche sur la réponse du Hezbollah aux attaques israéliennes, soulignant que le groupe a intensifié ses attaques contre des cibles militaires israéliennes, en particulier à la frontière libanaise. Selon Al-Akhbar, ces attaques, qui incluent l’utilisation de drones pour cibler des bases militaires israéliennes, montrent la capacité du Hezbollah à maintenir une pression constante sur Israël malgré les systèmes de défense avancés de ce dernier.
En parallèle, Al-Joumhouria rapporte que ces développements sont surveillés de près par l’Iran et d’autres alliés régionaux, ce qui pourrait annoncer une escalade plus large du conflit. Le journal note également que le Hezbollah a réussi à frapper des cibles sensibles, renforçant ainsi sa position de dissuasion face à Israël. Cette situation, combinée à l’incapacité des négociations à aboutir à un cessez-le-feu, fait craindre une extension du conflit à d’autres fronts dans la région.
Assad et la résistance : Un soutien affirmé
Al-Binaa complète cette analyse régionale en rapportant les déclarations du président syrien Bachar al-Assad, qui lors d’un entretien avec des diplomates syriens, a réitéré son soutien à la résistance palestinienne et libanaise. Assad a qualifié les opérations du Hezbollah et des autres groupes de résistance comme essentielles dans la lutte contre l’hégémonie israélienne dans la région. Al-Binaa souligne que ces déclarations renforcent la position de la Syrie comme un acteur clé dans l’axe de la résistance, prêt à soutenir militairement et logistiquement ses alliés face aux agressions israéliennes.



