Le 9 septembre 2025, plusieurs quotidiens libanais ont mis en lumière une montée de tension sécuritaire significative à la frontière sud du Liban. L’armée israélienne a mené une frappe ciblée sur la région du Hermel, en réponse à ce qu’elle qualifie d’actions hostiles émanant de groupes armés opérant sous couverture du territoire libanais. Selon Ad Diyar(09/09/2025), cette opération, qualifiée de « mesure préventive » par Tel-Aviv, aurait visé des positions supposées de soutien logistique au Hezbollah.
La riposte verbale de Beyrouth ne s’est pas fait attendre. Le président Joseph Aoun a tenu des consultations de crise avec les principaux responsables de la sécurité et du gouvernement. Toujours selon Ad Diyar (09/09/2025), l’État libanais a dénoncé cette incursion comme une violation flagrante de la souveraineté nationale et une mise en péril des efforts de stabilisation engagés avec la FINUL.
Le quotidien Al Sharq (09/09/2025) ajoute que cette frappe coïncide avec des mouvements militaires inhabituels observés le long de la Ligne bleue, poussant plusieurs localités frontalières à prendre des mesures de précaution. Des sources militaires, citées anonymement, évoquent un « repositionnement défensif » des forces libanaises appuyées par des éléments de la Résistance islamique, sans toutefois confirmer d’initiatives offensives.
Un axe politique improbable : Aoun et Berri unis face à l’urgence
Dans ce contexte tendu, le président Joseph Aoun et le président de la Chambre, Nabih Berri, se sont rencontrés à Baabda pour coordonner une réponse institutionnelle aux défis sécuritaires croissants. Selon Al Sharq (09/09/2025), cette réunion, qualifiée d’« indispensable » par des proches du palais présidentiel, visait à renforcer l’unité nationale face aux menaces extérieures.
La tonalité des échanges entre les deux hommes, historiquement en désaccord sur plusieurs dossiers internes, a surpris par sa cordialité. Berri aurait déclaré à l’issue de la réunion, selon Ad Diyar (09/09/2025), que « par les bénédictions de Sayyidat al-Maounah, tout ira pour le mieux ». Cette formule, à mi-chemin entre langage symbolique et message politique, a été interprétée par certains éditorialistes comme un signal d’apaisement.
Le journal Annahar (09/09/2025) mentionne également une volonté commune d’éviter toute dérive communautaire dans l’interprétation des frappes israéliennes, en soulignant que les institutions de l’État restent les seules garantes de la légitimité de la réponse.
Naim Kassem appelle à la retenue stratégique
Dans une allocution relayée par Al Akhbar (09/09/2025), le secrétaire général du Hezbollah, Naim Kassem, a mis en garde contre toute tentative israélienne de « tester les limites de la Résistance ». Il a toutefois insisté sur le fait que son mouvement agit « dans le cadre d’un équilibre de dissuasion maîtrisé » et que toute escalade serait « une responsabilité qu’Israël devra pleinement assumer ».
Cette déclaration a été interprétée par les milieux diplomatiques comme un signal de modération. Le Hezbollah, tout en affichant sa capacité de réponse, semble temporiser, probablement en coordination tacite avec les autorités libanaises soucieuses d’éviter une guerre ouverte.
Le discours de Kassem intervient à un moment critique où la pression internationale sur le Liban se fait plus forte. Al Sharq Al Awsat (09/09/2025) rapporte que plusieurs chancelleries occidentales ont rappelé l’importance de la neutralité du territoire libanais dans les conflits régionaux, tout en exprimant leur soutien à la souveraineté du Liban.
Le gouvernement Salam sous pression : gestion d’une crise multidimensionnelle
Le Premier ministre Nawaf Salam, selon Ad Diyar (09/09/2025), aurait convoqué une réunion d’urgence du Conseil des ministres pour discuter de l’ampleur de la crise sécuritaire et ses répercussions économiques immédiates. Plusieurs ministres auraient exprimé leur inquiétude face à la détérioration du climat régional et ses conséquences sur les échanges commerciaux, notamment dans les régions frontalières.
Le journal souligne que des divergences auraient émergé au sein du cabinet, certains plaidant pour une condamnation ferme d’Israël, d’autres optant pour une posture plus diplomatique. Nawaf Salam, fidèle à son profil de juriste international, aurait défendu une ligne équilibrée en insistant sur le recours aux instances onusiennes.
Par ailleurs, toujours selon Al Akhbar (09/09/2025), la séance gouvernementale a été marquée par un débat sur la coordination civile avec la FINUL, afin d’éviter les erreurs de communication et les interprétations erronées qui pourraient envenimer la situation sur le terrain.
Tensions et scénarios : la population entre inquiétude et résilience
Les reportages de terrain publiés par Al Akhbar et Al Sharq (09/09/2025) mettent en lumière une forte inquiétude dans les régions du Sud. Plusieurs écoles ont suspendu les cours à proximité de la frontière et certains habitants auraient quitté temporairement leurs villages. Les récits recueillis par les journalistes témoignent d’un mélange de résignation et de préparation, la mémoire des conflits passés restant vive.
Cependant, la couverture de Nahar (09/09/2025) souligne également la résilience des communautés locales. Des comités civils se sont mobilisés pour assurer la distribution de vivres, et les mairies locales ont activé leurs plans d’urgence. Ce contraste entre la peur d’une reprise du conflit et l’organisation proactive des citoyens montre la complexité du climat actuel.
Vers un repositionnement stratégique régional ?
Les observateurs militaires et politiques, cités dans plusieurs titres, évoquent une redéfinition des équilibres régionaux. Selon Al Sharq (09/09/2025), la récente visite de responsables américains et français au Liban pourrait annoncer un soutien diplomatique accru à la stabilité du pays. Toutefois, aucune déclaration officielle n’a confirmé ces rencontres, ce qui alimente les spéculations dans la presse.
L’hypothèse d’un repositionnement stratégique du Hezbollah et de ses alliés face à une éventuelle reconfiguration des rapports de force entre Israël, l’Iran et leurs alliés respectifs alimente les analyses. Al Akhbar (09/09/2025) souligne que la séquence actuelle pourrait servir de test grandeur nature à la stratégie de « dissuasion proportionnée » revendiquée par Naim Kassem.
Citation et discours des personnalités politiques : convergences prudentes dans les hautes sphères de l’État
Nabih Berri : entre spiritualité politique et signal d’unité nationale
Le président de la Chambre, Nabih Berri, s’est exprimé à l’issue de sa rencontre avec le président Joseph Aoun au palais de Baabda, dans un contexte d’alerte sécuritaire renforcée. Selon Ad Diyar (09/09/2025), Berri a choisi une formule religieuse pour illustrer le climat d’unité retrouvée : « par les bénédictions de Sayyidat al-Maounah, tout ira pour le mieux ». Loin d’être une simple figure de style, cette citation est apparue comme un message codé destiné aux diverses formations politiques, suggérant que les divergences doivent s’effacer face aux enjeux de souveraineté.
Toujours selon Ad Diyar (09/09/2025), cette déclaration, prononcée après des mois de blocage entre les institutions, marque un tournant dans la communication de Berri. Lui qui adopte d’ordinaire une rhétorique plus frontalement politique, a opté ici pour une tonalité quasi liturgique, visant à rassurer les opinions publiques et à donner l’image d’un État en reconquête de stabilité.
En filigrane, cette posture traduit également un message adressé au Hezbollah, dont Berri est l’un des principaux alliés stratégiques. L’usage du registre religieux, tout en évitant la rhétorique martiale, permet au leader chiite d’exprimer sa solidarité sans provoquer de surenchère.
Joseph Aoun : une parole rare mais une présence symbolique forte
Le président de la République, Joseph Aoun, ne s’est pas exprimé directement dans les médias. Toutefois, sa présence à la réunion avec Nabih Berri a été abondamment relayée par Al Sharq (09/09/2025) et Ad Diyar (09/09/2025). Son silence public contraste avec l’intensité de ses gestes politiques : convocation d’une cellule de crise, coordination avec les forces armées, réception des représentants des différentes confessions.
Selon Al Sharq (09/09/2025), le chef de l’État aurait insisté, en réunion restreinte, sur la nécessité d’éviter toute réaction émotionnelle aux provocations israéliennes. Même si ses propos n’ont pas été rendus publics, plusieurs ministres ayant participé à la réunion ont confié que le président a souligné « l’importance du calme et de la maîtrise institutionnelle ».
Cette stratégie de communication indirecte, rapportée dans Annahar (09/09/2025), vise à renforcer son image de chef d’État modéré, guidé par la stabilité nationale plutôt que par les logiques de camp. Il s’inscrit ainsi dans une posture présidentielle où l’action prime sur la déclaration, en rupture avec la tradition oratoire de ses prédécesseurs.
Naim Kassem : dissuasion verbale et encadrement idéologique
Le discours le plus structuré de la journée du 9 septembre 2025 est venu du secrétaire général du Hezbollah, Naim Kassem. Relayé par Al Akhbar (09/09/2025), son allocution a été diffusée depuis la banlieue sud de Beyrouth et transmise intégralement par les chaînes proches du parti.
Dans son intervention, Kassem a déclaré que « toute tentative de tester les limites de la Résistance recevra une réponse à la mesure de l’arrogance ennemie ». Cette formulation s’inscrit dans la rhétorique historique du Hezbollah, mais elle a été nuancée par une autre phrase qui a retenu l’attention des observateurs : « nous agissons dans le cadre d’un équilibre de dissuasion maîtrisé ». Cette combinaison de fermeté et de contrôle vise à rassurer la population tout en maintenant la posture stratégique du mouvement.
Toujours selon Al Akhbar (09/09/2025), Kassem a également évoqué la coordination avec les institutions de l’État, déclarant que « le Liban, par son armée et son peuple, reste indivisible face à l’agression ». Cette phrase, bien qu’ambiguë sur le rôle effectif du gouvernement dans les décisions du Hezbollah, montre une volonté d’intégration symbolique dans le cadre républicain.
Nawaf Salam : la voix pondérée de l’État face à la crise
Le Premier ministre Nawaf Salam a pris la parole à l’issue d’une réunion gouvernementale d’urgence, comme le rapporte Al Sharq (09/09/2025). Dans une déclaration sobre mais déterminée, Salam a affirmé que « le Liban utilisera toutes les voies du droit international pour faire entendre sa voix et protéger sa souveraineté ». Cette citation traduit la ligne diplomatique constante du chef du gouvernement, ancien juge à la Cour internationale de justice.
Toujours selon la même source, Salam a précisé que « toute réaction doit être à la hauteur des institutions et non dictée par l’émotion ou l’impulsivité ». Cette remarque semble répondre indirectement aux critiques de certains ministres favorables à une réponse militaire immédiate.
L’analyse de Al Akhbar (09/09/2025) note que Nawaf Salam a été applaudi à la fin de la réunion du cabinet, signe que sa position a été perçue comme un compromis viable entre les diverses sensibilités politiques représentées au gouvernement.
Un langage de crise calibré : convergence sur la forme, divergence sur le fond
La juxtaposition des déclarations de ces quatre figures politiques — Berri, Aoun, Kassem, Salam — montre une convergence apparente sur la nécessité de préserver la stabilité. Toutefois, les nuances lexicales révèlent des divergences de fond : Berri utilise la liturgie, Salam la légalité internationale, Kassem l’idéologie de la résistance, Aoun le langage de la retenue institutionnelle.
Al Sharq (09/09/2025) souligne que cette diversité verbale, loin d’indiquer une cacophonie, reflète la complexité du système libanais où chaque pôle cherche à rassurer sa base tout en s’inscrivant dans une narration nationale commune. Cette cohérence de façade est rendue nécessaire par l’urgence sécuritaire, mais elle pourrait se fissurer en cas d’escalade prolongée.
Diplomatie : prudence internationale et repositionnements autour de la souveraineté libanaise
Position internationale face à la frappe israélienne : un soutien sous condition
Le 9 septembre 2025, les milieux diplomatiques internationaux ont suivi avec vigilance les développements survenus au Liban, notamment à la suite de la frappe israélienne sur la région du Hermel. Plusieurs chancelleries, selon Al Sharq Al Awsat (09/09/2025), ont exprimé leur inquiétude quant à la déstabilisation progressive de la frontière sud, tout en réaffirmant leur attachement à la souveraineté du Liban dans le cadre de la résolution 1701.
Selon ce même journal, les ambassades de France, des États-Unis, et du Royaume-Uni ont envoyé des messages officiels au ministère des Affaires étrangères libanais, appelant au calme, tout en insistant sur la nécessité pour le Liban de rester en dehors des conflits régionaux. Les diplomates ont souligné qu’une escalade militaire risquerait d’affaiblir encore davantage l’économie et les institutions du pays.
Toujours dans Al Sharq Al Awsat (09/09/2025), des sources diplomatiques occidentales anonymes ont insisté sur le fait que « la patience des partenaires du Liban a des limites » si les violations des engagements internationaux devaient se répéter. Ce ton reflète une forme de pression indirecte sur le Hezbollah, sans le nommer explicitement.
Coordination avec la FINUL : entre nécessité opérationnelle et tensions politiques
La Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) a tenu une réunion technique avec les autorités militaires libanaises dans les heures suivant la frappe israélienne. Selon Al Sharq (09/09/2025), la FINUL a demandé un accès sécurisé aux zones ciblées, dans le but de documenter l’incident et de prévenir toute escalade ultérieure. L’armée libanaise a répondu positivement à cette demande, tout en insistant sur la nécessité de respecter les protocoles de souveraineté.
Al Akhbar (09/09/2025) rapporte que certains milieux proches du Hezbollah se méfient de l’action de la FINUL, perçue comme influencée par les États occidentaux. Le journal indique que des responsables du parti ont réaffirmé leur attachement à la coordination minimale avec la mission onusienne, mais refusent toute immixtion dans les affaires militaires internes.
Cette posture ambiguë reflète les tensions structurelles entre les acteurs libanais et les forces internationales. La diplomatie officielle du Liban, représentée par le ministère des Affaires étrangères, tente de préserver cet équilibre fragile. Toujours selon Al Sharq (09/09/2025), un haut responsable du ministère aurait déclaré que « la coopération avec la FINUL reste indispensable mais doit être respectueuse de la souveraineté nationale ».
La République islamique d’Iran en filigrane : alliée discrète mais présente
La dimension régionale de la crise actuelle n’échappe pas à la presse libanaise. Al Akhbar (09/09/2025) souligne que la montée des tensions à la frontière sud intervient quelques jours après des consultations entre des émissaires du Hezbollah et des représentants iraniens, tenues à Damas. Bien que ces réunions n’aient pas été confirmées officiellement, plusieurs commentateurs estiment qu’elles ont permis d’ajuster les lignes rouges fixées par Téhéran.
Toujours selon Al Akhbar, l’Iran aurait encouragé ses alliés libanais à maintenir une posture défensive sans provoquer d’escalade immédiate, afin de ne pas compromettre ses propres discussions stratégiques avec la Russie et la Chine. Cette approche suggère un encadrement diplomatique régional des réponses militaires locales.
Al Sharq Al Awsat (09/09/2025) adopte une lecture différente, considérant que l’Iran cherche à utiliser la scène libanaise comme levier dans ses négociations avec les puissances occidentales. Selon ce quotidien, des diplomates européens craindraient une instrumentalisation du Liban dans un jeu géopolitique plus large.
Silence de la Ligue arabe, prudence du Conseil de coopération du Golfe
Alors que la situation au Liban aurait pu susciter une réaction collective du monde arabe, aucun communiqué officiel n’a été publié par la Ligue arabe au 9 septembre 2025. Al 3arabi Al Jadid (09/09/2025) mentionne que cette absence s’explique par des divisions internes sur la position à adopter vis-à-vis du Hezbollah et de la politique étrangère iranienne.
En revanche, certains pays membres du Conseil de coopération du Golfe ont réagi de manière individuelle. Selon Ad Diyar (09/09/2025), les Émirats arabes unis ont rappelé leur ambassadeur à Beyrouth pour consultations, tandis que le Qatar aurait proposé une médiation discrète entre les parties concernées. Le journal précise toutefois que ces mouvements diplomatiques n’ont pas encore été confirmés par les autorités libanaises.
Cette prudence régionale reflète l’isolement croissant du Liban sur la scène arabe, conséquence d’un manque de clarté dans sa politique étrangère et des tensions récurrentes avec certains pays du Golfe. Al Sharq (09/09/2025) souligne que cette distance diplomatique fragilise la capacité du Liban à mobiliser un soutien économique dans un moment critique.
Les États-Unis en observateur actif : présence militaire et dialogue discret
Selon Al Sharq Al Awsat (09/09/2025), des représentants du commandement central américain (CENTCOM) ont effectué une visite technique au quartier général de l’armée libanaise à Yarzeh. Cette visite, tenue discrètement, aurait porté sur la coordination logistique et la modernisation de certaines unités.
Cette présence américaine intervient dans un contexte où Washington tente de maintenir son influence militaire tout en désengageant progressivement ses moyens directs de pression. Toujours selon le même journal, des diplomates américains auraient transmis au gouvernement Salam des messages « d’encouragement à la stabilité » sans s’impliquer publiquement dans les tensions actuelles.
Al Akhbar (09/09/2025), de son côté, critique cette présence qu’il juge « ambivalente ». Le journal estime que les États-Unis se livrent à une double stratégie, en soutenant l’armée libanaise tout en maintenant un appui inconditionnel à Israël.
Une diplomatie libanaise passive ou pragmatique ?
Face à ces multiples interactions, la diplomatie libanaise semble adopter une attitude réactive plutôt qu’initiatrice. Annahar (09/09/2025) constate que le ministère des Affaires étrangères n’a publié aucun communiqué officiel depuis le début de la crise, préférant laisser le président et le Premier ministre occuper le devant de la scène.
Cette discrétion est perçue par certains comme un manque d’initiative diplomatique. Al Sharq (09/09/2025) rapporte que plusieurs anciens ambassadeurs ont appelé à une réactivation du rôle diplomatique du Liban, notamment à travers l’organisation d’une réunion spéciale du Groupe international de soutien au Liban (ISG).
Mais d’autres voix, citées dans Al Akhbar (09/09/2025), défendent cette stratégie de bas profil, considérée comme adaptée à un contexte d’extrême volatilité. Le Liban, affaibli sur le plan institutionnel, chercherait ainsi à ne pas se retrouver piégé dans des alliances qu’il ne peut assumer.
Politique internationale : reconfiguration géopolitique et effets systémiques des conflits régionaux
La guerre à Gaza comme catalyseur stratégique
Le conflit persistant à Gaza continue de remodeler l’architecture géopolitique régionale. Selon Al Akhbar (09/09/2025), les derniers développements militaires dans l’enclave palestinienne ne peuvent plus être analysés comme des affrontements localisés entre Israël et le Hamas. L’évolution des tactiques utilisées, la sophistication des armes et l’intensification des frappes israéliennes signalent, selon le journal, une escalade qualitative, impliquant indirectement d’autres puissances.
Le quotidien rapporte également que les récents bombardements de zones civiles à Gaza ont suscité des protestations croissantes dans plusieurs capitales internationales. Moscou, Pékin et Téhéran ont publié des déclarations accusant Israël de « crimes de guerre » et dénonçant le « silence complice des capitales occidentales ».
Al Liwa’ (09/09/2025) voit dans cette guerre une transformation stratégique plus large : la polarisation du système international autour de deux blocs antagonistes. D’un côté, un axe pro-occidental regroupant les États-Unis, l’Union européenne, le Japon et l’Australie. De l’autre, un pôle Eurasie-Moyen-Orient emmené par la Russie, l’Iran, la Chine et, dans une moindre mesure, certains pays du Sud global.
L’Iran renforce ses alliances au Proche-Orient
Dans ce contexte, Al Akhbar (09/09/2025) détaille les efforts diplomatiques de la République islamique d’Iran pour consolider un réseau de partenariats stratégiques dans la région. L’Iran aurait multiplié les réunions bilatérales avec des représentants du Hamas, du Jihad islamique et du Hezbollah. Ces rencontres, qualifiées de « techniques » par les médias iraniens, viseraient à renforcer les capacités de coordination en cas de conflit multithéâtre.
Le journal mentionne également l’intensification des exercices conjoints entre les gardiens de la Révolution et les forces syriennes dans la région d’Abou Kamal, à la frontière irako-syrienne. Ces manœuvres, selon les analystes cités par le journal, envoient un message clair aux puissances occidentales sur la volonté de l’Iran de sécuriser ses axes logistiques en cas d’escalade militaire élargie.
Toujours selon Al Akhbar, Téhéran s’est aussi engagé dans une offensive diplomatique auprès de la Turquie et du Qatar, dans l’objectif de construire une plateforme politique commune face à l’hégémonie américaine dans la région.
Russie et Chine : l’ombre des grandes puissances
La Russie, engagée sur plusieurs fronts militaires, notamment en Ukraine, maintient un intérêt constant pour le Levant. Al Liwa’ (09/09/2025) affirme que Moscou envisage d’intensifier sa présence navale en Méditerranée orientale. Cette posture vise à garantir ses intérêts logistiques à Tartous mais aussi à signifier son soutien indirect à l’axe de la résistance.
La Chine, de son côté, opte pour une approche moins frontale. Al Sharq (09/09/2025) évoque une série de rencontres organisées par l’ambassade chinoise à Beyrouth avec des représentants de différents partis politiques libanais. L’objectif serait de renforcer la position de Pékin comme médiateur commercial et stratégique, tout en évitant un engagement militaire direct.
Le même journal souligne que la Chine considère le Liban comme un maillon potentiellement stratégique dans le cadre de son initiative « Belt and Road », bien que les conditions économiques et politiques actuelles ne permettent pas d’investissement immédiat.
Une diplomatie américaine en mode gestion de crise
Face à cette recomposition, les États-Unis maintiennent une posture prudente. Selon Al Sharq Al Awsat (09/09/2025), Washington suit de près les mouvements de ses adversaires stratégiques sans pour autant modifier fondamentalement sa politique régionale. Le journal indique que des réunions internes ont eu lieu au Département d’État pour évaluer la portée des engagements iraniens et russes au Liban et en Syrie.
La Maison-Blanche, selon des sources diplomatiques relayées par Al Sharq, aurait donné instruction à ses ambassadeurs dans la région de privilégier une communication apaisante, en évitant toute déclaration perçue comme provocatrice par les alliés de l’Iran. Toutefois, le même journal précise que des navires militaires américains restent déployés en Méditerranée orientale, signe que le Pentagone ne sous-estime pas le risque d’embrasement.
Par ailleurs, les États-Unis continuent de soutenir diplomatiquement Israël, tout en appelant à la retenue. Cette ambivalence est critiquée dans la presse arabe, notamment dans Al Akhbar (09/09/2025), qui y voit une hypocrisie stratégique.
Les Nations Unies en retrait
Alors que le conflit à Gaza s’intensifie et que les tensions régionales augmentent, le rôle des Nations Unies apparaît de plus en plus marginal. Al 3arabi Al Jadid (09/09/2025) note que le Conseil de sécurité n’a pas réussi à adopter une résolution commune sur la situation, en raison du veto américain et des divisions croissantes entre ses membres permanents.
Le journal évoque également l’affaiblissement progressif du système multilatéral, incapable de contenir des conflits à haute intensité ou d’imposer des cessez-le-feu durables. Cette impuissance pousse plusieurs acteurs régionaux à se tourner vers des alliances bilatérales ou des coalitions ad hoc pour défendre leurs intérêts.
Vers une nouvelle cartographie des rapports de force ?
Plusieurs analystes cités par Al Liwa’ et Al Akhbar (09/09/2025) estiment que les événements récents pourraient accélérer le basculement vers un monde multipolaire où les institutions internationales actuelles perdraient leur centralité. Cette lecture est partagée par certains intellectuels arabes, qui appellent à un réalignement stratégique fondé sur une autonomie régionale accrue.
Certains, selon Al Akhbar, évoquent la nécessité de construire un « axe du Sud global » regroupant des États d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie refusant la domination des deux grands blocs. Cette perspective reste théorique mais témoigne d’une volonté croissante de rupture avec les équilibres hérités de la guerre froide.
Économie : inertie institutionnelle, pressions conjoncturelles et incertitudes financières
Absence de dynamique budgétaire et flou sur les réformes structurelles
Au 9 septembre 2025, aucun signal institutionnel ne permet de confirmer la reprise des discussions autour du projet de budget de l’année en cours. Selon Ad Diyar (09/09/2025), le gouvernement présidé par Nawaf Salam n’a toujours pas transmis une version complète du projet de loi de finances au Parlement. L’exécutif invoque l’instabilité régionale pour justifier ce retard, mais plusieurs députés, notamment membres de la commission des Finances, critiquent un immobilisme volontaire.
Toujours selon Ad Diyar (09/09/2025), des divergences internes bloqueraient l’adoption d’un scénario unique de réforme fiscale. Les partis politiques représentés au gouvernement n’auraient pas trouvé de consensus sur les questions relatives à la TVA, aux taxes douanières, ni sur le plafonnement des dépenses publiques. Certains ministres souhaiteraient inclure un plan de relance ciblant le secteur productif, alors que d’autres insistent sur la nécessité de réduire les déficits avant toute injection de liquidités.
Dans ce climat de flou, le Conseil supérieur des douanes aurait reporté à une date ultérieure l’application de nouvelles grilles tarifaires censées corriger les distorsions de marché liées au taux de change non unifié. Cette décision, selon des sources citées dans Al Akhbar (09/09/2025), aurait été prise sous pression de certaines associations professionnelles du commerce et de l’industrie.
Banques et dépôts : attente prolongée des déposants
Le secteur bancaire libanais continue d’opérer dans un régime d’exception prolongée. Aucune avancée significative n’a été observée concernant l’adoption du plan de restructuration bancaire promis par les autorités à leurs bailleurs de fonds. Annahar (09/09/2025) rapporte que les discussions internes à l’Association des banques du Liban (ABL) tournent principalement autour de la question des pertes accumulées et de leur répartition entre l’État, la Banque du Liban et les établissements financiers.
Selon des chiffres communiqués officieusement à la presse, cités par Al Sharq (09/09/2025), le volume des dépôts gelés dans les comptes bancaires dits « bloqués » dépasserait 90 milliards de dollars au taux de change officiel. Le quotidien indique que les négociations entre l’ABL et les autorités gouvernementales restent informelles, aucun plan légalement contraignant n’ayant été validé à ce jour.
Toujours selon Al Sharq, les banques persistent à imposer un contrôle informel des capitaux malgré l’absence de législation spécifique. Des experts interrogés par le journal estiment que cette situation pourrait durer jusqu’à l’adoption d’une loi sur les capitaux et la restructuration du secteur, texte qui ne figure pas encore à l’ordre du jour parlementaire.
Inflation maîtrisée, mais à quel prix ?
Malgré les tensions régionales, le niveau d’inflation a légèrement reculé selon les estimations rapportées par Ad Diyar(09/09/2025). Cette stabilisation relative serait principalement due à une contraction de la demande intérieure, conséquence directe de la baisse du pouvoir d’achat et de la précarité des salaires dans le secteur privé non régulé.
Le journal évoque également un effet de correction sur certains produits alimentaires importés, en lien avec l’évolution des taux de change appliqués au marché parallèle. Toutefois, des sources proches du ministère de l’Économie citées dans Al Akhbar (09/09/2025) alertent sur une hausse imminente des prix du carburant en cas de prolongation du conflit à Gaza, qui pourrait perturber les chaînes logistiques régionales.
Le secteur de la grande distribution anticipe une augmentation des prix dans les semaines à venir, principalement sur les produits importés d’Asie et de Turquie. Des importateurs interrogés dans Annahar (09/09/2025) évoquent des délais de livraison rallongés et une instabilité des prix d’achat, exacerbée par la rareté du financement commercial en devises.
Tourisme et secteur hôtelier : reprise fragile sous la menace
Les chiffres communiqués par le syndicat des hôteliers, selon Al Liwa’ (09/09/2025), indiquent une reprise partielle de l’activité touristique durant la période estivale. Le taux moyen d’occupation aurait atteint 58 % sur l’ensemble du territoire, avec des pics à 70 % dans certaines régions côtières du Nord et du Sud. Ce rebond, bien qu’encourageant, reste largement en deçà des niveaux enregistrés avant 2019.
Le même journal précise que les touristes proviennent majoritairement de la diaspora libanaise, et dans une moindre mesure de pays arabes du Golfe. Les flux en provenance de l’Europe restent très limités, notamment en raison des recommandations de prudence émises par plusieurs chancelleries étrangères.
Selon Al Sharq Al Awsat (09/09/2025), les investisseurs du secteur hôtelier se montrent prudents. La majorité d’entre eux privilégient des stratégies d’entretien ou de rénovation légère, sans projets d’extension ni de nouvelles constructions. Le journal souligne que les coûts d’assurance, particulièrement élevés dans les zones frontalières, freinent toute dynamique de croissance.
Immobilier et dollarisation de fait
Le secteur immobilier, longtemps perçu comme une valeur refuge, montre des signes d’essoufflement. Al Sharq(09/09/2025) rapporte que les transactions immobilières enregistrées au cadastre ont diminué de 15 % au cours du mois d’août. Ce ralentissement affecte principalement les unités de standing moyen, tandis que les propriétés de luxe continuent à se vendre, mais exclusivement en dollars américains.
Toujours selon ce journal, la dollarisation du marché immobilier devient une norme. Près de 90 % des ventes se réaliseraient aujourd’hui hors du cadre bancaire, par des paiements directs en liquide ou via des transferts internationaux. Cette évolution, tolérée de facto par les autorités, reflète le manque de confiance dans le système bancaire et l’absence d’alternative crédible.
Des promoteurs immobiliers, cités dans Al Akhbar (09/09/2025), soulignent que le coût des matériaux de construction a fortement augmenté en raison des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement mondiales. Les marges bénéficiaires se réduisent, et plusieurs chantiers sont suspendus dans l’attente de financements extérieurs.
Justice : opacité procédurale, inertie des institutions et retour des procès médiatiques
Aucune avancée dans le dossier de l’explosion du port de Beyrouth
Le 9 septembre 2025, les journaux n’ont rapporté aucun développement dans l’enquête sur l’explosion du port de Beyrouth survenue en août 2020. Le dossier, longtemps piloté par le juge Tarek Bitar, reste en suspens juridique, sans que le Conseil supérieur de la magistrature n’ait nommé un nouveau magistrat instructeur. Ad Diyar (09/09/2025) rappelle que cette absence d’évolution alimente une frustration croissante au sein des familles des victimes, qui continuent de dénoncer des interférences politiques dans le processus judiciaire.
Selon ce même journal, plusieurs associations de la société civile auraient prévu de relancer la mobilisation autour du dossier lors de la prochaine rentrée judiciaire, prévue en octobre. Le nom de certains anciens ministres, cités dans le cadre des responsabilités administratives liées au stockage du nitrate d’ammonium, figure toujours dans les archives du dossier, sans qu’aucune mesure judiciaire n’ait été prise à leur encontre depuis près d’un an.
Le climat ambiant dans le monde judiciaire reste marqué par une crainte d’ingérence. Al Sharq (09/09/2025) mentionne une déclaration syndicale de magistrats exprimant leur préoccupation face à ce qu’ils qualifient d’« obstructions institutionnelles répétées » visant à retarder les procédures dans les affaires sensibles.
Procès de corruption : tergiversations et mécanismes dilatoires
Les affaires de corruption liées à l’importation de carburant pendant la crise de 2019 à 2021 ne semblent pas avoir progressé non plus. Al Akhbar (09/09/2025) consacre un article à l’analyse du blocage administratif autour des poursuites visant plusieurs hauts fonctionnaires et intermédiaires du secteur pétrolier. Le journal souligne que, malgré les preuves documentées transmises par la Cour des comptes au parquet financier, aucune mise en examen formelle n’a été enregistrée.
Toujours selon Al Akhbar, ce blocage serait lié à des « désaccords procéduraux » entre la direction du ministère de la Justice et le procureur de la République, qui refuserait de signer certaines autorisations d’enquête. Le journal cite un ancien juge d’instruction qui évoque « une volonté claire d’enterrer les dossiers avant leur audience publique ».
Cette inertie s’inscrit dans une tendance plus large. Al Sharq Al Awsat (09/09/2025) affirme que plusieurs organismes de contrôle, dont l’Inspection centrale et l’Autorité anticorruption, manquent de moyens humains et techniques pour poursuivre leur mission. Le quotidien indique que certaines enquêtes auraient été confiées à des magistrats de province sans compétences spécialisées, ce qui retarde encore davantage le traitement des dossiers.
Dossier des juges : le contentieux de la politisation de la magistrature
La presse du jour revient également sur les tensions internes au sein du corps judiciaire. Annahar (09/09/2025) évoque des désaccords profonds entre le président du Conseil supérieur de la magistrature et plusieurs membres du Conseil d’État sur la nomination de magistrats à la Cour de cassation. Des juristes cités par le journal dénoncent une mainmise politique sur les promotions, notamment par le biais de pressions exercées par certains partis à travers leurs relais au ministère de la Justice.
Selon Al Joumhouriyat (09/09/2025), la Commission parlementaire de la Justice aurait été saisie de ces contestations, mais n’aurait pas encore auditionné les plaignants. Ce même journal indique que le climat reste tendu au sein des juridictions d’appel, où plusieurs juges auraient demandé à être mutés vers des postes administratifs ou à quitter la magistrature.
Ce malaise institutionnel est aggravé par l’absence de réforme statutaire. La loi sur l’indépendance du pouvoir judiciaire, votée en 2023, n’a toujours pas été appliquée dans ses décrets d’exécution. Cette carence, selon Al Akhbar(09/09/2025), permet à l’exécutif de conserver un levier d’influence sur la carrière des magistrats.
Affaires criminelles : traitement différencié et silences structurés
Les journaux du 9 septembre 2025 mentionnent plusieurs faits divers, mais peu d’entre eux donnent lieu à une couverture judiciaire approfondie. Al Liwa’ (09/09/2025) signale le meurtre d’un jeune homme dans la région de Zahlé, sur fond de conflit familial aggravé. L’enquête aurait été confiée à la police judiciaire locale, sans indication de l’implication du parquet général.
Toujours dans Al Liwa’, un autre article rapporte l’arrestation d’un homme pour tentative de vol à main armée dans le quartier de Tariq el-Jdideh, à Beyrouth. Le suspect, connu des services de police pour des faits similaires, aurait été déféré devant le juge de l’instruction, mais aucune information n’a été communiquée sur la suite de la procédure.
Ces deux exemples illustrent un traitement souvent minimaliste des affaires pénales dans la presse libanaise, sauf lorsque celles-ci touchent des figures politiques ou médiatiques. Selon Al 3arabi Al Jadid (09/09/2025), cette tendance reflète une crise de confiance entre les citoyens et les institutions judiciaires, perçues comme sélectives dans leur application du droit.
Lutte contre le blanchiment : l’autorité bancaire en attente
La Commission spéciale d’enquête sur le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, rattachée à la Banque du Liban, n’a publié aucun rapport depuis plus de six mois. Selon Ad Diyar (09/09/2025), cette absence de communication alimente les critiques de plusieurs ONG spécialisées, qui accusent l’instance de passivité volontaire face aux flux financiers douteux.
Le journal indique qu’une liste de transactions suspectes aurait été transmise par des institutions bancaires européennes au ministère des Finances libanais, sans suite judiciaire à ce jour. Ces opérations concerneraient des transferts effectués en 2020 et 2021 vers des comptes offshores liés à d’anciens responsables publics.
Société : tensions sociales, pressions sur les services publics et désenchantement du quotidien
Grèves dans les hôpitaux publics : personnel médical en rupture
Le 9 septembre 2025, plusieurs journaux ont rapporté l’amplification du mouvement de grève dans les établissements hospitaliers publics. Al Liwa’ (09/09/2025) indique que le Syndicat des employés de l’Hôpital gouvernemental de Saïda a annoncé l’arrêt total de ses services, à l’exception des soins d’urgence. Les employés dénoncent des mois de retards dans le versement de leurs salaires et l’absence de couverture sociale.
Selon le même journal, les revendications portent également sur les conditions de travail, qualifiées d’inhumaines par les infirmiers. Les équipements seraient en nombre insuffisant et les stocks de médicaments essentiels proches de la rupture. Le personnel reproche à l’État un désengagement progressif au profit de partenariats non contractuels avec le secteur privé.
Al Akhbar (09/09/2025) rapporte que des actions similaires sont envisagées à Tripoli, Tyr et Nabatiyé. Le journal souligne que les hôpitaux publics deviennent des zones de tension croissante, où les usagers expriment leur colère dans des conditions de plus en plus tendues, notamment lors des files d’attente prolongées et des refus de prise en charge.
Scolarité sous tension : rentrée incertaine dans le public
La rentrée scolaire 2025-2026 s’annonce particulièrement difficile dans les écoles publiques. Al Joumhouriyat(09/09/2025) rapporte que plusieurs établissements n’ont pas encore reçu les dotations financières nécessaires pour lancer les activités pédagogiques. Certains directeurs d’école auraient même proposé de repousser la rentrée d’une semaine, invoquant des raisons logistiques et sanitaires.
Selon ce même journal, les syndicats des enseignants du secteur public menacent d’un mouvement de grève si aucune solution n’est trouvée. Ils dénoncent l’absence de revalorisation salariale, une année après la signature d’un accord resté partiellement appliqué. Le journal cite un syndicaliste déclarant que « le ministère de l’Éducation a transformé les écoles publiques en abris d’urgence, sans aucune ambition pédagogique ».
Al Liwa’ (09/09/2025) ajoute que les écoles privées subventionnées font face à leurs propres difficultés : hausse des frais de scolarité, démissions d’enseignants, déclin du niveau des élèves. L’association des parents d’élèves dénonce un effondrement de la qualité éducative, et réclame une intervention gouvernementale immédiate.
Crise alimentaire : hausse des prix et insécurité nutritionnelle
La hausse des prix alimentaires continue d’affecter profondément les ménages. Selon Ad Diyar (09/09/2025), plusieurs denrées de base ont vu leur prix augmenter de 20 à 30 % au cours des deux derniers mois, notamment le pain, l’huile, les œufs et les produits laitiers. Ces hausses sont dues à la fois à la dépréciation de la livre libanaise et à la perturbation des chaînes logistiques internationales.
Toujours selon Ad Diyar, les petits commerces de quartier peinent à maintenir leur activité. Le journal signale une baisse de 15 % de la consommation domestique dans les classes moyennes inférieures, désormais contraintes de supprimer des postes de dépense, notamment les protéines animales.
Annahar (09/09/2025) mentionne que les ONG actives dans l’aide alimentaire ont épuisé une grande partie de leurs stocks. La Croix-Rouge libanaise, l’association Beit el Baraka et le Secours populaire libanais auraient toutes réduit leur champ d’intervention, faute de financement international et en raison d’une inflation logistique.
Crise énergétique : retour des rationnements sévères
Le retour des coupures d’électricité prolongées affecte l’ensemble du pays. Al Akhbar (09/09/2025) rapporte que la production d’Électricité du Liban ne dépasse plus les 3 heures par jour en moyenne dans certaines régions. Les générateurs privés ne parviennent plus à compenser ce manque, notamment en raison du prix élevé du mazout, que peu de foyers peuvent encore se permettre.
Le journal précise que les contrats signés avec la Jordanie et l’Égypte pour l’importation d’énergie sont actuellement suspendus, officiellement pour des raisons techniques. Des experts cités dans Al Akhbar suggèrent cependant que ces interruptions pourraient être liées à des pressions diplomatiques en lien avec la situation à Gaza.
Al Joumhouriyat (09/09/2025) rapporte que certaines municipalités ont été contraintes de couper l’éclairage public pendant la nuit. Cette mesure de restriction a suscité des craintes croissantes en matière de sécurité, notamment dans les quartiers urbains périphériques, où les vols et agressions auraient augmenté.
Santé mentale : sous-investissement et saturation du système
Les services de santé mentale continuent d’opérer dans un contexte de sous-financement chronique. Al Akhbar(09/09/2025) signale que plusieurs unités de prise en charge psychologique, notamment dans les hôpitaux universitaires, fonctionnent sans personnel psychiatrique permanent. Les listes d’attente pour un rendez-vous dépassent trois mois dans les centres publics.
Le journal souligne également que la crise sociale et économique a provoqué une augmentation significative des troubles anxieux et dépressifs, sans que l’État n’ait mis en place de programme spécifique de soutien psychologique. Des associations de psychologues alertent sur un « effondrement silencieux » du moral collectif, notamment chez les jeunes adultes de 20 à 30 ans.
Selon Al Liwa’ (09/09/2025), les tentatives de suicide auraient connu une augmentation de 15 % par rapport à la même période en 2024, d’après des données non officielles de la Sûreté générale. Aucun communiqué gouvernemental n’a été publié sur le sujet.
Migration des jeunes : exode professionnel toujours massif
La fuite des compétences continue d’être un phénomène structurel au Liban. Al Akhbar (09/09/2025) note que plusieurs syndicats professionnels, dont ceux des ingénieurs, médecins et pharmaciens, enregistrent chaque mois entre 300 et 400 demandes de désaffiliation motivées par un départ à l’étranger.
Selon le journal, cette dynamique concerne aussi bien les jeunes diplômés que les professionnels expérimentés, qui cherchent des perspectives de stabilité et de rémunération hors du pays. Les destinations les plus fréquentes restent l’Europe, le Golfe, le Canada et l’Afrique francophone.
Al Sharq (09/09/2025) mentionne que les établissements universitaires privés signalent une baisse du taux de réinscription, en particulier dans les filières scientifiques et paramédicales. Certains départements auraient même envisagé de suspendre temporairement leurs formations, faute de masse critique d’étudiants.



