jeudi, février 5, 2026

Les derniers articles

Articles liés

Saad Hariri de retour à Beyrouth pour la commémoration du 14 février et annoncer sa position sur les élections

- Advertisement -

À l’approche du 21e anniversaire de l’assassinat de Rafic Hariri, le 14 février 2026 marque un moment pivotal pour la scène politique libanaise, particulièrement au sein de la communauté sunnite. Saad Hariri, ancien Premier ministre et leader du Courant du Futur, est attendu à Beyrouth pour participer à la commémoration de la mort de son père, survenue en 2005 dans un attentat qui a profondément marqué le pays. Ce retour, annoncé par des proches et relayé dans les cercles politiques, intervient dans un contexte de tensions régionales exacerbées et de préparatifs pour les élections parlementaires prévues en 2026. Ahmad Hariri, secrétaire général du Courant du Futur, a multiplié les rencontres avec des figures locales et tribales pour mobiliser les soutiens, appelant à une participation massive à l’événement commémoratif. Ces initiatives soulignent une stratégie visant à reaffirmer la capacité d’attraction du mouvement, tout en naviguant dans un paysage politique fragmenté où les influences extérieures, notamment saoudiennes, pèsent lourdement sur les dynamiques internes.

La commémoration du 14 février n’est pas seulement un rituel mémoriel ; elle sert de baromètre pour mesurer la vitalité du Courant du Futur au sein de la communauté sunnite. Ahmad Hariri a entamé une série de réunions avec divers acteurs locaux, incluant des groupes tribaux, pour préparer le terrain. Lors de ces échanges, il a insisté sur l’importance de transformer la manifestation en une démonstration de force, reliant l’héritage de Rafic Hariri à des thèmes d’unité et de modération. Le mouvement appelle ses partisans de toutes les régions à converger vers Beyrouth, où Saad Hariri devrait prononcer un discours abordant les développements au Liban et dans la région. Ce discours est particulièrement attendu, car il pourrait clarifier la position de Hariri sur les élections à venir, un enjeu crucial alors que le pays se prépare à un scrutin qui pourrait redessiner les équilibres confessionnels.

Les autorités libanaises ont d’ores et déjà pris des mesures pour faciliter l’événement. Le Premier ministre Nawaf Salam a émis une circulaire ordonnant la fermeture des institutions publiques le 14 février 2026, en hommage à la mémoire de Rafic Hariri. Cette décision, inscrite dans la circulaire n° 3/2026, reflète la reconnaissance institutionnelle de l’importance de cette date, qui commémore non seulement l’assassinat de l’ancien Premier ministre mais aussi les événements qui ont suivi, comme la Révolution du Cèdre ayant conduit au retrait syrien en 2005. Dans un contexte de changements géopolitiques majeurs, dont la chute du régime Assad en Syrie, Ahmad Hariri a suggéré que les manifestations du 14 février pourraient également célébrer la fin de la tyrannie syrienne, accusée d’implication dans l’attentat de 2005.

La mobilisation autour de Saad Hariri

La stratégie de mobilisation déployée par le Courant du Futur s’inscrit dans une logique à la fois locale et nationale. Ahmad Hariri, en tant que secrétaire général, a visité des groupes tribaux et des représentants communautaires, délivrant des discours qui soulignent le retour potentiel de Saad Hariri comme une nécessité pour la stabilité du Liban. Ces visites, rapportées comme des efforts de terrain, visent à réactiver des réseaux dormants et à remettre en circulation des messages d’unité associés à l’héritage de Rafic Hariri. Le leader sunnite, qui réside principalement aux Émirats arabes unis depuis son retrait de la vie politique en 2022, est perçu par ses partisans comme un symbole de modération face aux polarisations confessionnelles qui minent le pays.

Cette mobilisation intervient alors que la communauté sunnite fait face à une fragmentation accrue. Des voix au sein du mouvement estiment que l’événement du 14 février doit prouver la capacité d’entraînement du Courant du Futur, particulièrement dans des villes clés comme Beyrouth, Tripoli et Saïda, où les équilibres électoraux se jouent. Les élections parlementaires de 2026, initialement prévues pour mai mais potentiellement avancées à janvier selon certaines sources, représentent un test majeur. Ahmad Hariri a exhorté les partisans à se préparer pour ce scrutin, indiquant que le mouvement pourrait annoncer sa stratégie lors de la commémoration. Cette approche tactique vise à consolider les listes électorales sunnites, dans un paysage où la représentation communautaire s’est effritée depuis les élections de 2022, marquées par une faible participation dans les bastions sunnites.

Les pressions saoudiennes et leurs implications

Les dynamiques internes libanaises sont inextricablement liées aux influences régionales, particulièrement celles émanant de Riyad. Des informations circulent sur une possible interdiction saoudienne pesant non seulement sur Saad Hariri mais sur l’ensemble du courant qu’il représente. Un média saoudien a récemment diffusé des allégations selon lesquelles Ahmad Hariri aurait rencontré des responsables du Hezbollah pour discuter d’une coopération électorale et d’orientations futures, incluant un changement de gouvernement post-électoral. Ahmad Hariri a promptement démenti ces affirmations, les qualifiant d’inexactes et contraires à la vérité. Cependant, le timing de cette diffusion, à la veille de la commémoration du 14 février, est perçu comme un message politique clair, visant à exercer une pression sur le « courant bleu » – surnom du Courant du Futur – dans un contexte de spéculations sur sa participation électorale.

Cette campagne de signaux négatifs fragilise les tentatives de repositionnement du mouvement. L’Arabie saoudite, historiquement soutien du clan Hariri, semble adopter une posture plus distante, influencée par les évolutions régionales. Des rapports évoquent un veto saoudien sur la famille Hariri, affectant potentiellement la candidature de figures comme Bahia Hariri. Cette tension s’inscrit dans une rivalité plus large, où Riyad cherche à contrer l’influence iranienne au Liban, particulièrement via le Hezbollah. Le Courant du Futur, en partageant le pouvoir avec des forces pro-iraniennes dans le passé, a parfois irrité ses alliés saoudiens, menant à des réductions de soutien financier.

La scène sunnite et les défis électoraux

La communauté sunnite libanaise reste structurée autour de la perspective du 14 février et de la place de Saad Hariri. Malgré son retrait annoncé en 2022, Hariri demeure la figure la plus représentative pour de nombreux sunnites, comme l’affirme le député Samad, qui note une sympathie accrue due aux injustices perçues contre lui. Cette fragmentation de la représentation sunnite, exacerbée par l’absence forcée de Hariri, a conduit à une dispersion des voix lors des scrutins précédents. À Beyrouth et dans d’autres villes, l’équation sunnite se traduit en listes électorales et en scores qui déterminent les alliances futures.

Les élections de 2026 s’annoncent comme un moment décisif. Le Courant du Futur, malgré les défis, tente de se repositionner en mobilisant autour de thèmes nationaux comme la souveraineté et la réforme économique. Ahmad Hariri a indiqué que Saad Hariri annoncera sa position électorale lors de son retour le 14 février, potentiellement prolongeant sa visite au-delà de la commémoration. Ce discours pourrait esquisser une feuille de route pour l’avenir, incluant des propositions sur la gouvernance et les relations régionales. Dans un Liban marqué par une crise économique persistante, avec une dette publique écrasante et une inflation galopante, ces enjeux électoraux sont cruciaux pour stabiliser le pays.

Les implications régionales sur la politique libanaise

Les tensions au Liban ne se limitent pas aux dynamiques internes ; elles sont amplifiées par le contexte régional. La chute du régime Assad en Syrie a modifié les équilibres, affaiblissant le Hezbollah et ses soutiens iraniens. Ahmad Hariri a lié la commémoration du 14 février à la célébration de la liberté syrienne, accusant l’ancien régime d’implication dans l’assassinat de Rafic Hariri. Cette rhétorique vise à repositionner le Courant du Futur comme un acteur clé dans un Moyen-Orient en mutation, où l’Arabie saoudite et la Turquie poussent pour une stabilisation régionale.

Cependant, les proxies iraniens au Moyen-Orient sont en état d’alerte accrue. Au Liban, le Hezbollah affirme que toute escalade impliquant l’Iran pourrait embraser la région entière. Cette déclaration intervient dans un climat de menaces croisées, avec des milices irakiennes comme al-Nujaba et Badr se rangeant aux côtés de Téhéran, et les Houthis au Yémen menaçant de reprendre leurs attaques maritimes. Ces développements pèsent sur la scène libanaise, où le Hezbollah reste une force dominante malgré ses pertes récentes.

La famille Hariri et les rivalités internes

Au sein de la famille Hariri, des dynamiques complexes émergent. Bahaa Hariri, frère aîné de Saad, a exprimé son intention de poursuivre l’héritage de leur père, soulignant l’importance d’une relation privilégiée avec l’Arabie saoudite remontant aux années 1980. Interrogé sur un possible retour du « haririsme » en politique libanaise, Bahaa a laissé la décision au peuple libanais, tout en critiquant l’inaction face aux défis du pays. Ces déclarations reflètent une rivalité potentielle, avec des sources historiques indiquant que Riyad a parfois favorisé Bahaa comme alternative à Saad, particulièrement après les tensions de 2017 où Saad a été perçu comme trop conciliant envers le Hezbollah.

En 2017, Saad Hariri avait été convoqué à Riyad dans des circonstances controversées, menant à une démission forcée qu’il a ensuite rétractée. Des sources proches indiquent que l’Arabie saoudite cherchait alors à le remplacer par Bahaa pour renforcer l’opposition sunnite au Hezbollah. Bien que ces événements datent, ils résonnent dans le contexte actuel, où les messages saoudiens semblent viser à influencer le repositionnement du Courant du Futur. Saad Hariri, dans des déclarations passées, a défendu sa liberté de mouvement et son engagement pour le Liban, affirmant que son séjour en Arabie saoudite visait à discuter de l’avenir du pays.

Les enjeux de la commémoration dans un Liban en crise

La commémoration du 14 février 2026 s’inscrit dans un Liban confronté à des défis multiples. Le pays, toujours sans président stable depuis 2022, navigue entre instabilité politique et crise économique. Le gouvernement de Nawaf Salam, formé en février 2025, tente de stabiliser les institutions, mais les tensions confessionnelles persistent. La communauté sunnite, exclue de certains postes clés dans le cabinet actuel, cherche à reaffirmer son rôle via des figures comme Hariri.

Ahmad Hariri a multiplié les appels à la mobilisation, visitant des régions sunnites pour consolider les soutiens. Ces efforts incluent des discussions sur des alliances électorales potentielles, bien que démenties lorsqu’elles impliquent le Hezbollah. Le timing des allégations saoudiennes, coïncidant avec ces préparatifs, souligne une double tension : d’un côté, une stratégie de démonstration de force ; de l’autre, des signaux visant à affaiblir le mouvement. Cette rivalité se joue principalement à Beyrouth et dans les villes sunnites, où les scores électoraux déterminent les listes et les coalitions.

Les perspectives électorales et les alliances

À l’approche des élections de 2026, le Courant du Futur évalue ses options. Saad Hariri, lors de son discours attendu, pourrait esquisser une alliance avec d’autres forces modérées, visant à contrer les extrêmes. Des analystes notent que le mouvement, malgré les pressions, conserve une base fidèle, particulièrement dans les zones urbaines. La question de la candidature de Bahia Hariri reste en suspens, avec des rapports sur un veto saoudien potentiel sur la famille.

Dans ce cadre, les messages de Riyad sont interprétés comme une tentative de peser sur les orientations futures. Un changement de gouvernement post-électoral, évoqué dans les allégations démenties, reste un scénario plausible si les équilibres parlementaires évoluent. Le Hezbollah, affaibli par les pertes régionales, pourrait chercher des coopérations tactiques, bien que niées par le Courant du Futur.

Les dynamiques confessionnelles et régionales

La scène politique libanaise est marquée par des dynamiques confessionnelles où les sunnites, chiites et chrétiens négocient leurs influences. Le Hezbollah, qualifié de proxy iranien par certains, sert les intérêts de Téhéran au détriment des Libanais, selon des observateurs. Le Liban ne pourra avancer sans se libérer de telles influences, argue-t-on dans les cercles modérés.

Récemment, des protestations ont émergé contre les actions miliciennes justifiant des demandes économiques, risquant de fragmenter davantage le pays. Les retraités militaires, par exemple, bloquent des routes pour des pensions, illustrant les tensions sociales. Ces mouvements, dans un contexte de génocide régional perçu, menacent la cohésion nationale plus que les résidus du régime khomeiniste.

Les efforts saoudiens pour stabiliser la région, incluant des accords avec la Syrie et des pushes pour une « NATO musulmane » avec le Pakistan et la Turquie, pourraient influencer le Liban. Riyad, impatient face aux interférences émiraties, pousse pour mettre fin aux conflits, y compris au Liban. Ceux qui s’opposent risquent l’isolement, comme vu avec Nasrallah et les leaders du Hamas.

La mobilisation sunnite et ses défis immédiats

La mobilisation pour le 14 février se concentre sur Beyrouth, où Saad Hariri participera à une commémoration publique près du sanctuaire de son père. Il y délivrera un discours sur les événements actuels, adressant à la fois le public libanais et régional. Cette visite, potentiellement étendue, pourrait marquer un retour plus actif en politique, malgré les pressions saoudiennes.

Des sources indiquent que Hariri vise à offrir une feuille de route pour l’avenir, sans reprendre immédiatement les activités politiques. Cela inclut des discussions sur la gouvernance, l’économie et les relations avec les voisins. Dans un Liban à la croisée des chemins, vingt et un ans après l’assassinat de Rafic Hariri, ces initiatives factuelles prolongent l’analyse des implications immédiates, centrées sur les faits récents comme les rencontres d’Ahmad Hariri et les fermetures institutionnelles ordonnées pour la date. Les tensions avec le Hezbollah persistent, avec des déclarations indiquant qu’une guerre impliquant l’Iran embraserait la région, tandis que les milices alignées sur Téhéran se mobilisent. Au Liban, la réorganisation militaire chiite, anticipant des menaces sunnites jihadistes de Syrie, souligne les risques de conflit interne, indépendant d’Israël. Le pays, spectateur de ces dynamiques, observe les préparatifs électoraux où les listes sunnites à Beyrouth et ailleurs déterminent les scores futurs.

- Advertisement -
Newsdesk Libnanews
Newsdesk Libnanewshttps://libnanews.com
Libnanews est un site d'informations en français sur le Liban né d'une initiative citoyenne et présent sur la toile depuis 2006. Notre site est un média citoyen basé à l’étranger, et formé uniquement de jeunes bénévoles de divers horizons politiques, œuvrant ensemble pour la promotion d’une information factuelle neutre, refusant tout financement d’un parti quelconque, pour préserver sa crédibilité dans le secteur de l’information.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

A lire aussi