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Samir Geagea refuse le prolongement de deux ans du Parlement libanais et propose six mois au milieu de la guerre avec Israël

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Le président des Forces libanaises, Samir Geagea, a fermement rejeté ce vendredi 6 mars 2026 tout prolongement du mandat du Conseil des députés pour une durée de deux ans. Dans un communiqué diffusé à 13 h 44 par l’agence nationale d’information, il accuse certains parlementaires d’exploiter la situation dramatique créée par la guerre en cours sur le sol libanais pour tenter de se maintenir au pouvoir le plus longtemps possible. Il propose à la place un report limité à six mois et appelle tous les députés à se rallier à la proposition de loi déposée aujourd’hui même par son bloc, le Takkoul al-Joumhouriya al-Qawiya.

Cette prise de position intervient au cœur d’une escalade régionale d’une gravité inédite entre Israël et l’Iran, dont le débordement direct frappe le Liban depuis le 1er mars. Les ordres d’évacuation israéliens se multiplient : ce matin même, l’armée de Tsahal a sommé les habitants de Nabi Sheet, al-Khodr, Saraain al-Fawqa et Saraain al-Tahta, dans le district de Baalbek, de quitter immédiatement leurs foyers et de se diriger vers le nord. Ces consignes font suite, quelques heures plus tôt, aux ordres similaires visant Douris, Brital et Majdaloun dans la même région. Parallèlement, les frappes aériennes se poursuivent dans le sud du pays et la banlieue sud de Beyrouth, tandis que le bilan humain ne cesse de s’alourdir.

Une accusation claire d’exploitation de la situation de force majeure

Samir Geagea dénonce sans détour : « Certains ont tenté d’exploiter la situation dramatique dans laquelle le Liban se trouve en raison de la guerre qui se déroule sur son sol ces derniers jours, pour tenter de prolonger leur mandat au Parlement le plus longtemps possible. »

Il reconnaît pourtant la réalité des faits : le pays traverse des conditions tragiques qui empêchent l’organisation des élections législatives prévues en mai 2026. « Le Liban vit actuellement des circonstances tragiques et une force majeure l’empêche de préparer et de tenir ces élections à la date prévue. » Mais il refuse catégoriquement d’accepter que cette force majeure justifie deux années de prolongation : « La force majeure ne durera pas deux ans pour que certains essaient de prolonger leur mandat de deux ans. »

Six mois seulement : la contre-proposition concrète des Forces libanaises

Face à cette analyse, Samir Geagea annonce une initiative immédiate : son bloc parlementaire a déposé aujourd’hui une proposition de loi pour reporter les élections et prolonger le mandat du Parlement de six mois seulement. « Nous sommes contre le prolongement de deux ans. Nous proposons six mois parce qu’il est clair que la situation de force majeure qui pèse actuellement sur le Liban ne durera pas plus de quelques semaines. »

Cette durée limitée est présentée comme la seule réponse proportionnée à la crise. Elle permettrait de répondre à l’urgence sécuritaire sans ouvrir la porte à un enlisement institutionnel.

Ne pas ajouter de « destruction constitutionnelle » aux destructions de la guerre

Le leader chrétien met en garde avec force : « À côté des destructions qui frappent le pays en ce moment, nous ne devons pas nous infliger une destruction supplémentaire dans nos institutions constitutionnelles, la seule qui nous reste. » Le Parlement est décrit comme la dernière institution encore debout dans un pays ravagé. Toute prolongation excessive risquerait, selon lui, d’infliger un dommage irréparable à l’édifice démocratique libanais.

Un appel solennel à tous les députés

Samir Geagea conclut son communiqué par un appel direct : « J’invite donc tous les députés du Conseil des députés à se rassembler autour de la proposition de loi que nous avons déposée aujourd’hui, car elle répond d’un côté aux exigences de la situation de force majeure que traverse le Liban et, de l’autre, elle ne laisse aucune place au relâchement du Parlement. »

Cet appel intervient quelques heures seulement après la déclaration du vice-président Elias Bou Saab, qui avait annoncé ce matin un consensus en faveur d’un prolongement de deux ans et la convocation d’une séance plénière lundi pour examiner trois propositions de loi en ce sens.

Le contexte dramatique de l’escalade israélo-iranienne et de son débordement au Liban

La déclaration de Samir Geagea prend tout son poids dans un climat de tension extrême. L’assassinat du Guide suprême iranien Ali Khamenei fin février 2026 a déclenché une chaîne de réactions. En solidarité avec Téhéran, le Hezbollah a lancé le 1er mars des missiles et des drones vers le nord d’Israël. Israël a riposté par une campagne aérienne et terrestre massive sur le territoire libanais.

Depuis cinq jours, les raids se multiplient. La nuit dernière et ce matin, la région de Nabatiyeh a été particulièrement touchée : destruction complète de la mosquée de l’imam al-Mahdi à Toul, mort du muezzin Mehdi Fahs, frappes sur Kfar Tebnit, Jibchit, Choukine, Kfar Rouman et plusieurs autres localités. Ce vendredi matin, l’armée israélienne a étendu ses ordres d’évacuation à la plaine de la Bekaa orientale, touchant désormais Nabi Sheet, al-Khodr et les deux Saraain après Douris, Brital et Majdaloun. Le porte-parole de Tsahal a justifié ces mesures par la nécessité de cibler les infrastructures militaires du Hezbollah.

Le bilan humain et humanitaire qui s’alourdit d’heure en heure

Le ministère libanais de la Santé a confirmé ce matin un bilan provisoire de 123 morts et 683 blessés depuis le début de l’escalade, dont une majorité de civils. Plus de 90 000 personnes ont déjà fui leurs foyers. Les hôpitaux de Baalbek, Zahleh, Saïda, Tyr et Beyrouth sont en état d’alerte maximale. Les routes du nord sont saturées de convois de déplacés. Des centres d’accueil improvisés dans les écoles et bâtiments publics accueillent un afflux incessant.

La position souverainiste du gouvernement Salam

Le Premier ministre Nawaf Salam et le président Joseph Aoun ont réagi dès les premiers jours en interdisant toutes les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah, limitant son rôle à la sphère politique. L’armée libanaise a reçu l’ordre d’appliquer cette décision « par tous les moyens », notamment au nord du Litani et désormais dans la Bekaa. Cette ligne ferme converge avec l’appel de Samir Geagea à préserver les institutions sans créer de précédent dangereux.

La Force intérimaire des Nations unies au Liban en première ligne

Les Casques bleus de la Finul documentent chaque incident et chaque ordre d’évacuation. Ils ont observé des mouvements israéliens persistants près d’El Khiam, Houla, Kfar Kila et désormais dans la Bekaa. Chaque action constitue, selon la mission, une violation de la résolution 1701. La Finul maintient ses patrouilles et le mécanisme de liaison tripartite malgré les risques accrus.

La riposte iranienne et ses effets collatéraux régionaux

L’Iran a répliqué par des centaines de missiles et près de 1 000 drones, ciblant principalement les pays du Golfe. Aux Émirats arabes unis, trois morts et 78 blessés ont été recensés à Dubaï. Au Koweït, un mort et 32 blessés. Le Qatar a suspendu temporairement ses exportations de gaz. Ces attaques ont provoqué une onde de choc économique mondiale, avec une hausse brutale des prix du pétrole et des marchés boursiers en chute libre à Dubaï, Abu Dhabi et Riyad.

Les négociations indirectes en cours

Des contacts se poursuivent avec les États-Unis, la France et l’Égypte pour tenter de ramener le calme. Le gouvernement libanais demande un engagement clair d’Israël pour respecter le cessez-le-feu de novembre 2024. La Finul reste en liaison permanente avec les deux parties.

Les derniers développements sur le terrain ce vendredi après-midi

Au milieu de l’après-midi du 6 mars, les ordres d’évacuation israéliens pour Nabi Sheet, al-Khodr, Saraain al-Fawqa et Saraain al-Tahta sont en cours d’exécution dans la Bekaa. Des colonnes de véhicules chargés de familles se dirigent vers le nord sous escorte de l’armée libanaise. Des frappes sporadiques se poursuivent dans le sud du pays. Les équipes de secours continuent de déblayer les décombres à Nabatiyeh, où l’appel à une pelleteuse lourde lancé ce matin reste d’actualité. L’armée libanaise a renforcé ses positions dans la plaine de la Bekaa pour sécuriser les mouvements de population et accompagner les convois humanitaires. La proposition de loi déposée par le bloc des Forces libanaises est désormais officiellement sur la table du Parlement, tandis que la séance plénière prévue lundi s’annonce décisive pour trancher entre les deux options sur la table : deux ans selon le consensus initial ou six mois selon Samir Geagea. Les autorités locales de Baalbek ont lancé un appel à la solidarité nationale pour accueillir les nouveaux déplacés. Les hôpitaux de la région restent en alerte maximale et les organisations humanitaires de l’ONU coordonnent l’acheminement d’aide d’urgence vers les zones touchées.

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