Le Premier ministre libanais, Najib Mikati, a émis un document officiel adressé aux ministères et administrations concernés, leur demandant de fournir un rapport détaillé sur les mesures prises et à prendre concernant la gestion du dossier des réfugiés syriens (النزوح السوري). Ce document, daté du mois de septembre 2023, met en lumière l’urgence de la situation et les préoccupations croissantes liées à la présence prolongée des réfugiés syriens sur le sol libanais, ainsi que les obstacles rencontrés dans l’application des politiques.
Les enjeux actuels
Le Liban, déjà fragilisé par une crise économique sans précédent, fait face à des défis supplémentaires posés par l’accueil d’un nombre important de réfugiés syriens depuis le début de la guerre en Syrie en 2011. Ces réfugiés représentent aujourd’hui une part significative de la population, ce qui exerce une pression considérable sur les infrastructures et les ressources locales.
Dans cette optique, le gouvernement a élaboré plusieurs plans pour gérer au mieux la situation, mais ces derniers semblent avoir rencontré de nombreux obstacles. Le Premier ministre Mikati demande donc à chaque ministère de son cabinet de soumettre un rapport d’urgence qui dresserait un bilan des actions entreprises jusqu’à ce jour et de proposer des solutions aux défis persistants.
Un plan d’action ministériel
Le document fait référence à plusieurs décisions du Conseil des ministres, notamment celle du 17 avril 2023, qui soulignait la nécessité pour les ministères concernés d’adopter des mesures visant à encadrer la situation des réfugiés, qu’ils soient en situation légale ou non. Toutefois, il est clair que de nombreux aspects de ces décisions n’ont pas encore été mis en œuvre.
En particulier, le Premier ministre insiste sur la nécessité de réguler l’inscription des réfugiés syriens dans les écoles et établissements publics, un point crucial pour alléger la pression sur le système éducatif national. Il appelle également à une meilleure coordination avec les Nations unies et les organisations internationales pour garantir un soutien financier et logistique approprié, notamment en ce qui concerne les coûts liés à l’éducation des enfants syriens.
Vers une régulation plus stricte
Najib Mikati souligne dans son rapport l’importance de mettre en place des procédures plus strictes concernant l’enregistrement des réfugiés. Il évoque notamment la question des permis de résidence et des documents légaux, en demandant que seuls les réfugiés en situation régulière puissent bénéficier de services publics tels que l’éducation et les soins de santé.
Le gouvernement entend également limiter l’accès aux services publics pour les réfugiés sans statut légal afin de gérer plus efficacement les ressources déjà limitées du pays. Des mesures pour vérifier la validité des documents légaux des réfugiés sont également évoquées, ainsi que la collaboration avec les forces de sécurité pour identifier les réfugiés en situation irrégulière.
Les prochaines étapes
Le Premier ministre insiste sur la rapidité d’action. Chaque ministère concerné est sommé de fournir au plus vite un rapport détaillant les actions prises jusqu’à présent et les obstacles rencontrés. Les ministères sont également appelés à proposer des solutions concrètes pour surmonter les difficultés en cours.
Le document mentionne par ailleurs que toute politique publique future concernant les réfugiés syriens devra prendre en compte les implications légales des décisions à venir, notamment en matière de droit international humanitaire et de droits de l’homme.
La question du financement
Une autre problématique soulevée dans ce rapport concerne les financements alloués par la communauté internationale. Le Premier ministre met en exergue le besoin pressant d’obtenir des soutiens financiers supplémentaires de la part des donateurs internationaux, en particulier pour soulager les secteurs les plus touchés, tels que l’éducation, la santé, et les services publics.
Face à une crise qui semble loin de s’atténuer, le gouvernement libanais tente de répondre aux attentes de la communauté internationale tout en protégeant ses propres intérêts. Le rapport commandé par le Premier ministre Mikati met en évidence les défis institutionnels et financiers rencontrés, tout en ouvrant la voie à une possible régularisation plus stricte des réfugiés syriens au Liban.
Le Liban, malgré ses difficultés, a longtemps été un refuge pour les populations déplacées, mais la situation économique actuelle rend la gestion de cette crise de plus en plus insoutenable. Le pays se tourne donc vers ses partenaires internationaux pour renforcer la coopération et obtenir des aides financières et techniques afin de faire face à ce défi de taille



