Le 18 août 2025, Washington a accueilli un sommet d’une importance majeure pour l’avenir du conflit russo-ukrainien, réunissant le président américain Donald Trump, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, et plusieurs dirigeants européens, dont le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz, le Premier ministre britannique Keir Starmer, la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni, le président finlandais Alexander Stubb, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte. Ce sommet fait suite à une rencontre bilatérale entre Trump et le président russe Vladimir Poutine à Anchorage, en Alaska, le 15 août 2025. Alors que la guerre en Ukraine, déclenchée par l’invasion russe en février 2022, se prolonge, les discussions ont porté sur une possible rencontre entre Poutine et Zelensky, les garanties de sécurité pour l’Ukraine et les perspectives d’un accord de paix. Cet article revient sur les principaux points abordés, les déclarations des leaders et les enjeux en cours, en s’appuyant sur les informations disponibles.
Contexte : un conflit persistant et un sommet en Alaska sans accord
Depuis l’invasion russe de l’Ukraine le 24 février 2022, les combats se poursuivent dans les régions de Donetsk, Lougansk, Kherson et Zaporijia, avec environ 20 % du territoire ukrainien, y compris la Crimée annexée en 2014, sous contrôle russe. Environ 70 % des régions de Donetsk, Kherson et Zaporijia sont occupées par les forces russes. Les attaques russes continuent de viser les civils et les infrastructures, comme en témoigne l’attaque de drones sur Kharkiv le 17 août 2025, qui a tué sept personnes, dont des enfants, et une autre à Zaporijia, faisant trois morts.
Le 15 août 2025, Donald Trump et Vladimir Poutine se sont rencontrés à Anchorage, en Alaska, pour discuter d’un possible accord de paix. Ce sommet, qualifié de « très utile » par Poutine et de « productif » par Trump, n’a toutefois abouti à aucun accord de cessez-le-feu. Selon le Financial Times, Poutine a proposé que l’Ukraine cède l’intégralité du Donbass (Donetsk et Lougansk) en échange d’un gel du front dans les régions de Kherson et Zaporijia. Cette proposition a été rejetée par Zelensky, qui a rappelé que la Constitution ukrainienne interdit toute cession de territoire sans référendum et que le Donbass pourrait servir de base pour de futures attaques russes.
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Le sommet en Alaska, tenu sans la participation de l’Ukraine ni des Européens, a suscité des inquiétudes à Kiev et dans les capitales européennes, où l’on craignait que Trump ne privilégie les positions russes. Zelensky a insisté sur le fait que « toutes les questions importantes pour l’Ukraine doivent être discutées avec l’Ukraine ».
Cette dynamique a conduit à l’organisation rapide du sommet du 18 août à Washington, où les Européens et Zelensky ont cherché à s’assurer que leurs voix soient entendues. La présence d’un grand nombre de dirigeants européens, mobilisés en urgence, témoigne de l’importance des enjeux et des craintes d’un déséquilibre dans les négociations.
Le sommet de Washington : une mobilisation européenne sans précédent
Le sommet du 18 août a débuté par un entretien bilatéral entre Trump et Zelensky à 19 h 15 (heure de Paris), suivi d’une réunion multilatérale avec les dirigeants européens dans la East Room de la Maison Blanche. La délégation européenne comprenait Emmanuel Macron, Friedrich Merz, Keir Starmer, Giorgia Meloni, Alexander Stubb, Ursula von der Leyen et Mark Rutte, un rassemblement qualifié d’« sans précédent » par des sources diplomatiques en raison de son organisation rapide et de l’ampleur des participants. L’objectif était de présenter un front uni entre l’Ukraine et ses alliés européens face aux propositions russes et de s’assurer que les négociations incluent les intérêts de Kiev.
Une rencontre Poutine-Zelensky en préparation
Un des résultats majeurs du sommet est l’annonce d’une possible rencontre entre Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky. Selon Emmanuel Macron, les discussions à Washington ont permis d’« acter » cette rencontre, qui pourrait se tenir « dans les prochains jours ». Friedrich Merz a précisé que Poutine et Trump, lors d’un appel téléphonique de 40 minutes pendant le sommet, ont convenu qu’une rencontre entre les présidents russe et ukrainien pourrait avoir lieu d’ici deux semaines. Trump a confirmé avoir entamé les préparatifs pour organiser cette rencontre, qui serait suivie d’un sommet trilatéral incluant les États-Unis. Zelensky s’est dit prêt à rencontrer Poutine « dans n’importe quel format », tout en soulignant qu’aucune date précise n’a encore été confirmée.
Cependant, des doutes persistent. Alexander Stubb a exprimé des réserves sur la volonté réelle de Poutine, se demandant s’il aura « le courage » de participer à une telle rencontre ou s’il cherche à « gagner du temps ». Le Kremlin, par la voix de Yuri Ushakov, s’est montré prudent, qualifiant l’idée d’une rencontre de « digne d’intérêt » sans s’engager fermement. Poutine avait jusqu’alors refusé de négocier directement avec Zelensky, ce qui rend cette annonce significative, bien que son issue reste incertaine.
Les garanties de sécurité : un enjeu central
Les discussions à Washington ont largement porté sur les garanties de sécurité pour l’Ukraine, destinées à prévenir de nouvelles agressions russes après un éventuel accord de paix. Selon Steve Witkoff, envoyé spécial américain, Poutine a accepté lors du sommet en Alaska que les États-Unis et l’Europe puissent offrir à l’Ukraine des garanties de sécurité similaires à l’article 5 de l’OTAN, qui stipule qu’une attaque contre un membre est une attaque contre tous.
Witkoff a précisé que cette proposition pourrait être une alternative à une adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, une option à laquelle Poutine s’oppose fermement. Zelensky a qualifié cette offre de « historique », tout en insistant sur la nécessité que ces garanties soient « très pratiques, offrant une protection sur terre, dans les airs et en mer, et développées avec la participation de l’Europe ».
Trump a indiqué que les garanties seraient principalement assurées par les Européens, avec une coordination américaine. Il a également révélé que l’Ukraine envisage d’acheter pour 90 milliards de dollars d’armes américaines via un financement européen, et que les États-Unis pourraient acheter des drones ukrainiens, renforçant ainsi la défense de Kiev. Mark Rutte a salué cette ouverture comme un « grand pas », tandis qu’Ursula von der Leyen a souligné que des garanties solides sont « essentielles » pour la sécurité de l’Ukraine et de l’Europe. Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité d’une armée ukrainienne forte, déclarant : « Si nous sommes faibles aujourd’hui, nous le paierons cher demain. »
Cependant, les détails de ces garanties restent flous. Zelensky a appelé à des précisions sur leur mise en œuvre, rappelant l’échec du mémorandum de Budapest de 1994, qui n’avait pas empêché l’invasion russe. Les Européens, conscients que leur propre sécurité est en jeu, ont plaidé pour une implication forte de l’Union européenne et de l’OTAN dans l’élaboration de ces garanties.



