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Sud-Liban : Tsahal élimine une cellule du Hezbollah infiltrée dans une localité chrétienne

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Les forces de défense israéliennes ont annoncé samedi 8 mars 2026 l’élimination d’une cellule du Hezbollah armée qui avait pénétré dans un site situé au cœur d’une localité chrétienne du sud du Liban. Selon le communiqué officiel de l’armée israélienne, les troupes de la 300e brigade, placées sous le commandement de la 146e division, ont repéré le groupe terroriste lors d’une opération de défense avancée. Après identification, un avion de chasse de l’armée de l’air israélienne a été dirigé sur la cible, éliminant la cellule dans son intégralité. Cette intervention intervient dans un contexte d’escalade continue au Liban-Sud, où Israël maintient une posture défensive renforcée pour prévenir toute reconstitution des capacités militaires du Hezbollah, en violation flagrante des termes du cessez-le-feu de novembre 2024.

Le communiqué de Tsahal, diffusé avec des images et des vidéos à l’appui, insiste sur le caractère délibéré de cette infiltration. « La présence de terroristes dans la zone constitue un autre exemple de l’exploitation cynique par le Hezbollah d’infrastructures civiles pour des activités terroristes », peut-on lire textuellement dans le document. Les forces israéliennes ont également publié des images montrant des hommes armés entrant dans le site, ainsi que des photos des opérations menées par la 300e brigade dans le secteur. Un lien vers une séquence vidéo supplémentaire illustre les mouvements des unités au sol dans le sud du Liban, tandis qu’un autre document photographique détaille l’activité récente de la brigade.

Cette frappe aérienne précise s’inscrit dans une série d’opérations menées par la 146e division de réserve, déployée dans la partie occidentale de la frontière libanaise depuis plusieurs semaines. La 300e brigade, unité régionale expérimentée, opère au quotidien pour renforcer la ligne de défense avancée et neutraliser toute tentative de réarmement ou de repositionnement du Hezbollah. Selon les précisions fournies par l’armée israélienne, les terroristes éliminés tentaient manifestement d’utiliser le site comme base ou point d’observation, profitant de sa localisation au sein d’une communauté chrétienne pour se fondre dans l’environnement civil.

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L’opération de la 300e brigade et les détails tactiques révélés

Les troupes de la 300e brigade, sous commandement de la 146e division, étaient engagées dans une mission de routine de surveillance et de prévention lorsqu’elles ont détecté le mouvement suspect. L’identification rapide a permis d’éviter tout engagement au sol risqué et de privilégier une frappe aérienne chirurgicale. Tsahal souligne que cette approche minimise les dommages collatéraux tout en répondant à une menace immédiate. Le communiqué joint des images des forces en action dans le sud du Liban, montrant des soldats en position et des équipements en mouvement, ainsi que des clichés des sites inspectés après l’opération.

Cette unité, spécialisée dans les opérations frontalières, fait partie du dispositif israélien déployé en profondeur au Liban-Sud depuis la reprise des tensions. La 146e division, unité de réserve mobilisée pour la zone ouest, coordonne les efforts avec d’autres formations comme la 91e division Galilée à l’est. L’objectif affiché reste clair : empêcher le Hezbollah de reconstituer son infrastructure militaire, notamment ses tunnels, dépôts d’armes et positions de tir, conformément aux engagements du cessez-le-feu mais face à des violations répétées constatées par Israël.

Les autorités israéliennes rappellent que de telles infiltrations ne sont pas isolées. Depuis novembre 2024, l’armée a documenté des centaines de tentatives similaires, où le Hezbollah utiliserait des zones habitées, y compris des villages à majorité chrétienne comme Rmeish, Ein Ebel ou Marjayoun, pour dissimuler ses activités. Ces localités, historiquement peuplées de communautés maronites et grecques-catholiques, ont vu leurs habitants défier à plusieurs reprises les ordres d’évacuation israéliens, préférant rester sur place malgré les risques.

Le contexte d’escalade depuis le 2 mars 2026 et les violations du cessez-le-feu

Cet incident survient au cœur d’une nouvelle phase de tensions qui a débuté dans la nuit du 1er au 2 mars 2026. Le Hezbollah avait alors lancé plusieurs roquettes vers le nord d’Israël, dont une interceptée près de Haïfa, en riposte à l’assassinat du Guide suprême iranien Ali Khamenei lors de frappes américano-israéliennes fin février. Tsahal a riposté par une série de bombardements aériens et d’opérations ciblées sur Beyrouth-Sud, la plaine de la Bekaa et le Liban-Sud, causant des dizaines de morts selon les bilans libanais. L’armée israélienne maintient depuis une présence dans cinq positions jugées stratégiques en territoire libanais, justifiant ses actions par la nécessité de bloquer toute reconstruction des capacités du mouvement chiite.

Le cessez-le-feu du 27 novembre 2024, négocié sous médiation américaine et française et inspiré de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU adoptée en 2006, prévoyait pourtant le retrait israélien complet du sud du Liban, le déploiement exclusif de l’armée libanaise au sud du Litani et le désarmement total des groupes non étatiques. Beyrouth s’était engagée à rétablir le monopole étatique sur les armes. Or, depuis cette date, les autorités libanaises ont recensé plus de 6 000 violations israéliennes, tandis qu’Israël accuse le Hezbollah de reconstituer ses forces et d’utiliser des zones civiles pour ses opérations.

Dans ce cadre, l’infiltration dans une zone chrétienne soulève des questions précises sur les intentions du Hezbollah. Pourquoi choisir un site situé au sein d’une communauté historiquement distante du mouvement chiite ? Les villages chrétiens du sud-Liban, souvent frontaliers, ont payé un lourd tribut lors des conflits passés. Leurs habitants, majoritairement opposés à l’emprise du Hezbollah, ont exprimé à plusieurs reprises leur refus d’être instrumentalisés. Des figures locales ont publiquement dénoncé toute présence armée non étatique, craignant que de telles infiltrations ne transforment leurs localités en champs de bataille.

La question sensible des tensions communautaires : une volonté délibérée de provoquer des troubles au Liban ?

L’annonce explicite par Tsahal que l’infiltration visait « une zone chrétienne » invite à une analyse mesurée des dynamiques confessionnelles libanaises. Le Liban, pays multiconfessionnel par excellence, reste marqué par le souvenir de la guerre civile de 1975-1990, qui avait vu l’armée se fracturer le long des lignes communautaires et les milices s’affronter dans des combats fratricides. Les chrétiens, qui représentent une part significative de la population du sud-Liban, ont souvent été en première ligne des tensions avec les groupes armés chiites.

Faut-il y voir une stratégie délibérée du Hezbollah pour semer le trouble entre communautés ? En pénétrant dans un site chrétien, le mouvement pourrait chercher à provoquer une réaction israélienne visible, espérant ainsi rallier une partie de la population locale contre Tsahal ou, à l’inverse, créer des divisions internes au Liban en accusant les chrétiens de complicité passive. Cette hypothèse mérite examen : le Hezbollah, affaibli par la guerre de 2024 qui lui a coûté des milliers de combattants et une partie de son arsenal, a besoin de maintenir une présence visible pour préserver son influence politique. Utiliser des zones à majorité chrétienne permettrait-il de masquer ses activités tout en risquant d’exacerber les fractures confessionnelles ?

À l’inverse, la mise en avant par l’IDF de la dimension « chrétienne » de la zone pourrait être interprétée comme une communication ciblée. En soulignant que le Hezbollah menace désormais toutes les communautés, y compris les minorités chrétiennes traditionnellement réticentes à son égard, Tsahal cherche peut-être à isoler davantage le mouvement sur la scène libanaise et internationale. Les villages comme Marjayoun, où les habitants ont défié les ordres d’évacuation israéliens pour rester chez eux, illustrent cette complexité : les chrétiens du sud refusent souvent d’être évacués, affirmant leur attachement à leur terre tout en dénonçant les provocations du Hezbollah.

Le gouvernement libanais, présidé par Joseph Aoun et dirigé par le Premier ministre Nawaf Salam, n’a pas réagi officiellement à cet incident précis à ce stade. Cependant, les autorités de Beyrouth ont réitéré à plusieurs reprises leur engagement à appliquer le plan de désarmement progressif, tout en mettant en garde contre toute action qui pourrait raviver les divisions internes. L’armée libanaise, déployée au sud du Litani avec l’appui de la Finul, dont le mandat a été prolongé jusqu’à fin 2026, mène des patrouilles conjointes mais reste confrontée à des contraintes opérationnelles majeures.

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