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Syrie: 4 ans seraient nécessaires pour des élections selon les nouveaux dirigeants

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Ahmad al-Sharaa, chef de facto de la Syrie et ancien leader du groupe Hayat Tahrir al-Sham (HTS), a déclaré qu’il faudrait jusqu’à quatre ans pour organiser des élections dans le pays. Dans une interview récente avec Al-Arabiya, il a annoncé son intention de dissoudre HTS lors d’un sommet de dialogue national prévu pour mars. Ces déclarations marquent une étape cruciale après la chute du régime de Bachar al-Assad, renversé lors d’une insurrection éclair menée par HTS.

Un contexte de transformation profonde

La chute du régime Assad a mis fin à plus de cinq décennies de domination familiale sur la Syrie. Depuis le début des manifestations en 2011, transformées en guerre civile, le pays a été marqué par des violences extrêmes, des divisions politiques et une fragmentation sociale. La prise de pouvoir par HTS en novembre dernier a ouvert un nouveau chapitre, mais les défis à relever restent immenses. Al-Sharaa, anciennement connu sous le nom d’Abu Mohammed al-Golani, assume désormais le rôle de dirigeant intérimaire, chargé de piloter une transition délicate.

La nécessité d’une refonte constitutionnelle

Al-Sharaa a souligné que la priorité immédiate est de rédiger une nouvelle constitution pour le pays. Ce texte devra remplacer celui du régime Assad, jugé obsolète après cinq décennies d’autoritarisme. Il a insisté sur l’importance d’un document pérenne, capable de garantir une gouvernance démocratique et d’éviter les crises politiques futures.

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« La chance que nous avons aujourd’hui ne se présente pas tous les 5 ou 10 ans. Nous voulons une constitution qui dure pour les générations futures », a-t-il déclaré.

La rédaction de cette constitution nécessite la participation de toutes les factions politiques et des acteurs locaux, y compris les groupes qui étaient autrefois en conflit. Ce processus de consultation sera au cœur du sommet de dialogue national prévu pour mars.

La reconstruction d’un pays dévasté

Le conflit syrien a laissé des infrastructures essentielles en ruines, compliquant encore davantage la transition politique. Al-Sharaa a rappelé que la reconstruction est un prérequis pour stabiliser le pays et offrir une base solide à un futur gouvernement.

Les priorités de la reconstruction

  • Infrastructure de base : routes, réseaux électriques et d’approvisionnement en eau.
  • Services publics : rétablir l’éducation et les soins de santé.
  • Économie : relancer l’agriculture, le commerce et les petites entreprises pour fournir des emplois à une population largement appauvrie.

Le coût de ces projets est estimé à plusieurs milliards de dollars. La Syrie devra compter sur l’aide internationale pour financer cette reconstruction, un sujet encore délicat compte tenu des sanctions économiques imposées au pays.

La dissolution de Hayat Tahrir al-Sham

L’annonce de la dissolution de HTS représente une rupture majeure avec le passé. Ce groupe, considéré comme terroriste par de nombreux pays, a été la force motrice derrière l’insurrection ayant conduit à la chute d’Assad. Al-Sharaa a indiqué que cette dissolution permettra de faciliter la formation d’un gouvernement inclusif et légitime.

Les raisons derrière cette décision

En dissolvant HTS, al-Sharaa cherche à légitimer son rôle de dirigeant et à rassurer les factions opposées, ainsi que la communauté internationale. Ce geste symbolise également une volonté de tourner la page sur le passé violent du groupe et de s’engager dans un processus démocratique.

Le sommet de dialogue national

Le sommet de mars réunira les principales factions syriennes pour définir l’avenir politique du pays. Les discussions porteront sur la formation d’un gouvernement de transition, la répartition des pouvoirs et les étapes nécessaires pour organiser des élections. La dissolution de HTS sera officialisée à cette occasion, marquant un moment clé dans la transition.

Les défis de la réconciliation nationale

Malgré les efforts annoncés, la réconciliation entre les différentes communautés syriennes reste un défi colossal. Le conflit a exacerbé les divisions ethniques, religieuses et politiques, rendant la cohésion nationale difficile à atteindre.

Les tensions communautaires

  • Les Kurdes : bien qu’ils aient établi une autonomie de facto dans le nord-est, leur rôle dans la Syrie post-Assad reste incertain.
  • Les Alaouites : historiquement associés au régime Assad, ils pourraient craindre des représailles.
  • Les réfugiés : avec plus de six millions de Syriens dispersés à travers le monde, leur retour est essentiel pour assurer une légitimité démocratique.

Ces tensions nécessitent une médiation soigneuse et des garanties de sécurité pour tous les groupes.

Le rôle de la communauté internationale

La transition syrienne est suivie de près par la communauté internationale, qui joue un rôle clé dans son succès. Plusieurs acteurs régionaux, notamment la Turquie, l’Iran et l’Arabie saoudite, ainsi que des puissances mondiales comme les États-Unis et la Russie, ont des intérêts stratégiques en Syrie.

Sanctions et aide internationale

Les sanctions imposées à la Syrie sous le régime Assad restent en vigueur, compliquant les efforts de reconstruction. Leur levée partielle pourrait être envisagée si des progrès tangibles sont réalisés dans la transition politique. Par ailleurs, l’aide humanitaire reste cruciale pour répondre aux besoins immédiats de la population.

Médiation et surveillance

Les Nations unies pourraient jouer un rôle clé dans la médiation entre les factions et la supervision des élections à venir. Leur implication garantirait un processus transparent et inclusif, tout en renforçant la confiance de la communauté internationale.

Une opportunité unique pour la Syrie

La transition actuelle représente une opportunité historique pour la Syrie de sortir de la guerre et de construire un avenir meilleur. Cependant, les défis sont nombreux : réconciliation nationale, reconstruction économique, rédaction d’une nouvelle constitution et organisation d’élections libres. La réussite de ce processus dépendra de la capacité d’al-Sharaa et des factions syriennes à collaborer et à surmonter les divisions.

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Newsdesk Libnanews
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