samedi, février 21, 2026

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Télécommunications: 36,5 millions de dollars, le recouvrement comme signal économique

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36,5 millions de dollars: un chiffre qui change la lecture du “possible”

Un montant s’est imposé dans le débat public. 36,5 millions de dollars. Il ne s’agit pas d’une promesse. Il s’agit de titres de recouvrement au profit du Trésor. La somme découle d’une décision de la Cour des comptes visant plusieurs anciens ministres des Télécommunications. Le jugement est présenté comme inédit dans l’histoire de l’institution.

Ce caractère inédit compte autant que le montant. Une crise longue a habitué le pays à l’impunité. L’absence de sanctions a fini par devenir une “norme”. La décision renverse ce réflexe. Elle affirme que la responsabilité financière peut être individualisée. Elle affirme aussi qu’elle peut être exécutée.

Le même dossier mentionne une extension possible. Environ 20 millions de dollars supplémentaires pourraient s’ajouter. Cela dépendrait de l’issue d’une procédure liée à un immeuble, connu dans ce dossier sous le nom de “bâtiment Qasabian”. Si ce second chiffre se matérialise, l’enveloppe totale atteindrait environ 56,5 millions de dollars.

Ce total potentiel a une portée simple. Il donne une échelle. Il rappelle que l’État peut, au moins sur certains dossiers, récupérer des montants en dollars. Il rappelle aussi qu’un jugement peut produire une chaîne administrative concrète. Décision, puis titres, puis transmission au ministère des Finances.

La valeur économique du précédent: la preuve d’exécution avant la réforme

Dans un pays bloqué par le manque de confiance, la question n’est plus seulement “que dit la loi”. La question est “qui exécute, et comment”. La décision de la Cour des comptes est utilisée comme démonstration. Elle ne repose pas sur un discours. Elle repose sur une action.

Le fait le plus important est précisément celui-ci. La décision n’est pas restée théorique. Elle a été suivie par des actes exécutifs. Le ministère des Télécommunications a émis des titres de recouvrement officiels. Puis il les a transmis au ministère des Finances. Cette séquence est décrite comme un tournant.

D’un point de vue économique, la séquence a trois effets. Elle réduit l’écart entre l’institution et le réel. Elle augmente l’effet dissuasif, car le risque devient palpable. Enfin, elle donne à l’État un début de crédibilité sur un terrain précis, celui du recouvrement.

Dans une trajectoire de redressement, cette crédibilité est un actif. Elle vaut parfois plus qu’une annonce de réforme. Une réforme peut être contestée. Elle peut aussi être retardée. Un recouvrement, lui, produit un fait.

20 millions “en attente”: l’incertitude juridique comme variable budgétaire

L’éventuel ajout d’environ 20 millions de dollars est plus qu’un chiffre. Il est un rappel de la lenteur du contentieux. Il est aussi un rappel des risques juridiques. Tant que la procédure n’est pas tranchée, l’État ne peut pas compter sur la somme. Elle reste une option. Elle n’est pas une recette sécurisée.

Cette incertitude a un coût. Elle oblige le budget à rester prudent. Elle oblige aussi l’administration à éviter de “vendre” trop vite le résultat. Mais elle peut jouer dans l’autre sens. Elle met une pression sur la conclusion des procédures. Elle incite à accélérer, car l’enjeu est un montant tangible.

Dans un pays où chaque dollar public compte, un montant de 20 millions devient un objet de politique publique. Il devient aussi un test de cohérence. Si l’État réclame des sacrifices au public, il doit montrer qu’il poursuit aussi les dossiers de responsabilités.

Pourquoi ce dossier parle au-delà des télécommunications

Le secteur des télécommunications est souvent lu comme un secteur de revenus. Il est aussi un secteur de services. Mais ici, il devient un secteur de gouvernance. Le dossier ne porte pas sur une innovation. Il porte sur des responsabilités passées. Il porte sur des sanctions. Et il porte sur la capacité d’un État à récupérer des sommes.

Ce déplacement est capital, car il change la fonction du secteur. Le secteur n’est plus seulement un “compte”. Il devient un exemple. Si l’État peut recouvrer ici, il peut recouvrer ailleurs. Si l’État ne recouvre pas ici, la promesse de réforme ailleurs perd sa force.

Ce point explique l’usage politique de ce chiffre de 36,5 millions. Il sert d’argument dans une discussion plus large sur la crédibilité des institutions. Il sert aussi d’argument face à une opinion fatiguée des annonces.

Le recouvrement comme message aux marchés et aux partenaires

Un recouvrement n’est pas seulement une recette. C’est un message. Il dit que les règles peuvent s’appliquer à des profils politiques. Il dit aussi que le contrôle financier n’est pas uniquement cérémonial.

Ce message a un intérêt externe. Il contribue à réduire le “risque d’impunité”. Or ce risque est l’un des freins principaux à l’investissement. Un investisseur n’a pas seulement peur d’une crise monétaire. Il a aussi peur d’un cadre où le contrat n’est pas opposable. Il a peur d’une concurrence capturée. Il a peur d’une justice inefficace.

La décision de la Cour des comptes ne suffit pas à réparer ces craintes. Elle agit toutefois comme un indicateur. Elle montre une capacité de sanction. Elle montre surtout un passage à l’exécution. Et dans la lecture externe, l’exécution est la monnaie la plus rare.

Un chiffre utile, mais petit face aux “dizaines de milliards”

Le débat public rappelle que les pertes financières accumulées depuis 2019 dépassent des dizaines de milliards de dollars. Dans ce cadre, 36,5 millions semblent modestes. Même une enveloppe totale de 56,5 millions resterait limitée à l’échelle macroéconomique.

Mais le raisonnement économique ne se limite pas à la taille. Il intègre la qualité. 36,5 millions ne changent pas la structure des pertes. Ils changent le signal. Ils changent aussi le précédent.

Un précédent a une valeur multiplicative. Il ouvre la porte à d’autres dossiers. Il rend plus crédible un contrôle futur. Il transforme un risque abstrait en risque réel pour ceux qui gèrent. Ce mécanisme de dissuasion peut, à terme, valoir plus que le montant recouvré, si la dissuasion réduit les pertes futures.

La chaîne institutionnelle: Cour des comptes, ministère, Finances

La décision met en lumière un point souvent sous-estimé. Une institution de contrôle peut juger. Elle doit ensuite être relayée. Sans relais administratif, une décision reste symbolique.

Ici, le relais est décrit comme effectif. Les titres de recouvrement ont été émis par le ministère des Télécommunications. Ils ont ensuite été transmis au ministère des Finances. Cette chaîne montre une coordination entre contrôle et exécution.

Cette coordination n’est pas automatique au Liban. Elle a souvent été l’un des points faibles. Son apparition dans ce dossier sert donc à raconter une nouvelle norme. Une norme où une décision de contrôle produit un acte fiscal.

La suite logique est le recouvrement réel. C’est la phase la plus sensible. Elle dépend des procédures. Elle dépend aussi de la capacité à résister aux pressions. C’est là que l’État sera jugé. L’émission d’un titre est une étape. La perception est l’épreuve.

La régulation des télécommunications revient dans le paysage institutionnel

Dans la même séquence politique, une autre décision institutionnelle touche directement les télécommunications. La présidence de l’instance de régulation des télécommunications a été attribuée à Jenny Jamil, avec la nomination de membres, dans un mouvement présenté comme une réactivation de lois restées longtemps inactives. Cette réactivation est associée à un objectif de transparence et d’amélioration du climat des affaires.

Ce point est important, car il donne un cadre. Le recouvrement traite le passé. La régulation traite l’avenir. Le pays tente donc, dans un même temps, de sanctionner des pratiques anciennes et de structurer un secteur avec des règles.

L’intérêt économique est clair. Un secteur régulé attire plus facilement l’investissement. Il réduit les risques d’arbitraire. Il rend aussi plus prévisible la concurrence. Mais la régulation ne peut pas être crédible si l’impunité domine. Le recouvrement et la régulation se renforcent donc mutuellement, à condition que les deux soient exécutés.

Le recouvrement comme outil de crédibilité budgétaire

Le budget 2026 est au centre de la fenêtre parlementaire. Dans ce contexte, tout recouvrement en dollars est politiquement précieux. Il permet de dire que l’État ne se contente pas de demander. Il agit aussi pour récupérer.

Cette logique ne transforme pas les équilibres macroéconomiques. Elle influence toutefois la discussion budgétaire. Elle donne un argument à ceux qui réclament une discipline de dépenses. Elle donne aussi un argument à ceux qui réclament plus de justice fiscale, en montrant que l’État peut poursuivre des dossiers sensibles.

Elle peut aussi produire un effet plus subtil. Un recouvrement visible peut augmenter l’acceptabilité de certaines décisions difficiles. La société accepte mieux un effort si elle voit une lutte contre le gaspillage et les abus. L’effet n’est pas automatique. Il dépend du suivi. Il dépend aussi de la répétition.

Ce que 36,5 millions disent du rapport à la réforme

Le pays débat d’une réforme bancaire et d’une redistribution de pertes. Ces sujets sont massifs. Ils sont aussi conflictuels. Dans ce paysage, un dossier de recouvrement ciblé a une fonction. Il réduit le sentiment d’impunité. Il donne un exemple de responsabilité. Il donne aussi un point d’appui à une méthode de réforme.

Une méthode de réforme suppose une hiérarchie. Elle suppose des responsabilités. Elle suppose un calendrier. Mais elle suppose surtout une capacité d’exécution. Sans exécution, les textes deviennent des compromis fragiles. Ils deviennent aussi des sources de colère.

Le dossier des télécommunications apporte donc une leçon simple. Un État peut perdre de la crédibilité en promettant trop. Il peut en gagner en exécutant même petit. 36,5 millions ne sont pas un plan. Ils sont une preuve.

L’enjeu réel: transformer un précédent en série

Un précédent isolé peut être absorbé par le scepticisme. Il peut être présenté comme une exception. Il peut aussi être neutralisé par des retards. Pour que le précédent change la norme, il doit devenir une série.

Une série signifie plusieurs choses. D’abord, d’autres décisions qui se traduisent par des titres. Ensuite, des perceptions effectives, pas seulement des transmissions. Enfin, une communication sobre et vérifiable, qui évite l’exagération.

La série exige aussi une cohérence institutionnelle. La Cour des comptes doit pouvoir travailler sans blocage. Les ministères doivent relayer sans hésitation. Le ministère des Finances doit poursuivre sans discrimination. Et l’État doit accepter le conflit politique que cela produit.

C’est là que le dossier devient un test de gouvernance. S’il reste une exception, son effet sera limité. S’il devient une pratique, il peut modifier la perception du pays. Il peut aussi modifier la perception de la réforme, en donnant à l’exécution un visage concret.

Un signal économique, plus qu’une simple recette

Ce dossier ne se résume pas à 36,5 millions de dollars. Il se résume à une chaîne de responsabilité. Une institution a jugé. Une administration a émis des titres. Une autre administration doit recouvrer. Et une procédure peut ajouter environ 20 millions.

Cette chaîne crée une nouvelle question, très simple. Le Liban peut-il rendre l’exécution routinière. Peut-il passer de l’exception à la norme. Peut-il faire du recouvrement un instrument de discipline, et non un événement.

Si la réponse est positive, le secteur des télécommunications aura produit plus qu’un service. Il aura produit un précédent de crédibilité. Dans un pays où la confiance est devenue le bien le plus rare, ce type de précédent vaut, économiquement et politiquement, bien plus que sa seule valeur comptable.

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