Le président américain Donald Trump a reçu ce lundi 29 septembre 2025 le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou à la Maison-Blanche, dans un effort diplomatique majeur pour clore le conflit qui ravage Gaza depuis près de deux ans. Cette rencontre, entamée vers 11 heures locales soit 18 heures à Jérusalem, survient alors que les forces israéliennes intensifient leurs opérations dans Gaza-ville, ordonnant l’évacuation de quartiers entiers et forçant plus de 100 000 Palestiniens à se déplacer vers des zones surpeuplées au sud, comme Deir al-Balah. Au centre des échanges : un plan de paix en 21 points élaboré par l’administration Trump, qualifié de « formule gagnante » par le président lui-même, qui inclut la libération immédiate des otages, une démilitarisation complète de l’enclave, une aide humanitaire massive et une perspective prudente d’un État palestinien souverain, conditionnée à des réformes profondes au sein de l’Autorité palestinienne.
Les détails du plan, révélés progressivement au cours des derniers jours par des sources proches des négociations et confirmés par des entretiens avec des responsables arabes en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, mettent en lumière une approche structurée en phases. La première étape exige une cessation totale des hostilités, avec un retrait progressif des troupes israéliennes en échange d’un désarmement du Hamas et d’une amnistie conditionnelle pour ses membres s’engageant à une coexistence pacifique. Ces combattants pourraient quitter l’enclave ou s’intégrer à une structure civile, une mesure destinée à atténuer les résistances internes au sein du mouvement islamiste. Le document fixe un délai de 48 heures pour la libération des 48 otages encore détenus, dont une vingtaine seraient toujours en vie selon les estimations des services de renseignement, avec une supervision internationale pour vérifier le respect des engagements.
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Benyamin Netanyahou, arrivé à Washington dimanche soir après des discussions préliminaires avec l’envoyé spécial américain Steve Witkoff et le conseiller Jared Kushner, aborde cette rencontre avec une marge de manœuvre restreinte, confronté à la pression de son aile droite extrémiste. Le premier ministre israélien a réaffirmé ces derniers jours sa détermination à éradiquer totalement le Hamas, une position qui pourrait entraver les négociations. Itamar Ben Gvir, ministre de la Sécurité nationale et figure du parti Force juive, a multiplié les avertissements publics, déclarant que tout compromis prématuré serait perçu comme une capitulation. « Le premier ministre n’a pas le mandat de mettre fin à la guerre sans la défaite totale du Hamas », a-t-il affirmé sur les réseaux sociaux samedi 27 septembre. De son côté, Bezalel Smotrich, ministre des Finances et leader du parti Sionisme religieux, a qualifié toute reconnaissance d’un État palestinien de « récompense pour le terrorisme du 7 octobre », en référence à l’attaque du Hamas qui avait causé la mort de 1 200 Israéliens et l’enlèvement de plus de 250 personnes.
Les grandes lignes du plan américain
Le plan, présenté par Steve Witkoff lors de réunions avec des dirigeants arabes et musulmans en marge de l’Assemblée générale des Nations unies la semaine dernière, se structure en phases distinctes pour établir une stabilité durable. Le point initial définit Gaza comme une zone déradicalisée et exempte de terrorisme, ne constituant aucune menace pour ses voisins. Cela implique la destruction ou la remise de toutes les armes du Hamas, supervisée par une force de sécurité internationale composée de soldats palestiniens, arabes et musulmans, excluant explicitement toute participation directe du Hamas à la gouvernance future.
La phase suivante confie l’administration provisoire de Gaza à un organisme international, soutenu par plusieurs pays, en attendant des réformes au sein de l’Autorité palestinienne. Cet organisme gèrerait un financement massif pour la reconstruction, via un « plan de développement Trump » axé sur la réhabilitation de l’enclave. Les spécifications incluent la réparation des réseaux d’eau potable, des systèmes électriques endommagés par les bombardements, des égouts effondrés, des hôpitaux partiellement détruits et des boulangeries essentielles à la survie quotidienne. Des équipements lourds, tels que des grues et des bulldozers, seraient autorisés à entrer pour dégager les décombres accumulés depuis le 7 octobre 2023, sous une supervision des Nations unies excluant toute interférence des parties en conflit.
Le texte prévoit une aide humanitaire d’urgence, avec l’ouverture de corridors sécurisés pour l’acheminement de nourriture, de médicaments et de carburant. Selon les chiffres intégrés au plan et corroborés par des rapports officiels, plus de 66 000 Palestiniens ont été tués depuis le début du conflit, dont environ 18 500 enfants, et 251 otages avaient été initialement emmenés à Gaza par le Hamas. Ces données mettent en évidence l’ampleur de la catastrophe humanitaire, avec 1,9 million de déplacés internes sur une population de 2,3 millions, comme lors des récentes évacuations forcées à Gaza-ville où les forces israéliennes ont étendu leurs opérations, touchant plus de 700 000 personnes selon les agences humanitaires.
Une clause clé interdit toute annexion de la Cisjordanie ou de Gaza par Israël, une garantie réitérée par Trump lors de ses échanges avec des dirigeants arabes. « Nous ne permettrons pas à Israël d’annexer la Cisjordanie », a affirmé le président américain, selon des participants à ces discussions. Cette position cherche à apaiser les partenaires régionaux, irrités par la progression de la colonisation en Cisjordanie, où plus de 500 000 colons juifs vivent dans des implantations jugées illégales par la communauté internationale. Le plan évoque aussi une aide financière pour encourager les Palestiniens à rester à Gaza, avec des incitations économiques comme des subventions pour le logement et des emplois dans des secteurs high-tech.
Les défis politiques pour Netanyahou
Benyamin Netanyahou entame ces négociations avec une coalition gouvernementale fragile, dominée par des formations d’extrême droite qui pourraient s’effriter face à des compromis perçus comme faibles. Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich ont tous deux menacé de quitter le cabinet si le plan incluait une amnistie pour des membres du Hamas ou une ouverture vers un État palestinien. Vendredi 26 septembre, à la tribune de l’ONU, Netanyahou a réaffirmé son opposition à une souveraineté palestinienne, comparant cela à « donner un État à al-Qaida à un kilomètre de New York après le 11 septembre ». Cependant, des signes d’optimisme émergent, avec des réunions préliminaires entre Netanyahou, Witkoff et Jared Kushner indiquant que les États-Unis et Israël sont très proches d’un accord sur le plan, bien que l’accord du Hamas reste nécessaire, comme l’a indiqué un haut responsable américain.
L’opinion publique israélienne ajoute à la complexité. Des manifestations régulières des familles d’otages, comme celles qui ont rassemblé des milliers de personnes à Tel-Aviv samedi soir, exigent un accord immédiat pour ramener les captifs. Les services de renseignement estiment que 20 otages sont encore vivants, mais leur localisation dans les tunnels de Gaza-ville complique toute opération de sauvetage. Netanyahou doit aussi composer avec les récentes reconnaissances d’un État palestinien par plusieurs pays occidentaux, dont la France, qui ont isolé Israël sur la scène internationale. Eytan Gilboa, spécialiste des relations israélo-américaines à l’université Bar-Ilan, analyse : « Benyamin Netanyahou n’a pas vraiment d’autre choix que d’accepter la proposition. Israël a perdu le soutien de beaucoup de ses alliés, y compris la France. Il ne peut se permettre d’entrer en conflit avec Donald Trump. Mais c’est une chose d’accepter un plan, c’en est une autre de le mettre en œuvre. »
Du côté américain, Trump affiche un optimisme marqué. Dimanche 28 septembre, il a déclaré dans une interview : « J’espère que les détails de l’accord sur Gaza seront finalisés lors de ma rencontre avec Benyamin Netanyahou à la Maison-Blanche le 29 septembre. Tout le monde veut conclure un accord et j’ai reçu une très bonne réponse d’Israël et des États arabes. » Son administration a obtenu un soutien initial de partenaires arabes et musulmans pour la gestion post-conflit de Gaza, incluant une force de sécurité régionale.
Les positions du Hamas et les obstacles
Le Hamas n’a pas officiellement réagi au plan ce lundi matin, mais des déclarations internes suggèrent des divisions sur le désarmement. Basem Naim, un responsable, a affirmé que « la résistance et les armes sont un droit légitime jusqu’à l’établissement d’un État palestinien souverain avec Jérusalem comme capitale », exigeant un retrait complet israélien et la levée du blocus. Des factions au sein du Hamas seraient prêtes à négocier, mais les leaders craignent une défaite si Gaza-ville tombe. Les négociations pourraient s’étendre, avec des sessions techniques impliquant des conseillers comme Jared Kushner. Des obstacles persistent, notamment l’opposition de l’extrême droite israélienne.
Les implications humanitaires immédiates
La situation à Gaza reste critique ce lundi, avec l’intensification des opérations israéliennes à Gaza-ville. Les forces de Tsahal ont ordonné l’évacuation de quartiers entiers, forçant plus de 100 000 résidents à se déplacer vers des zones déjà surchargées comme Deir al-Balah. Les hôpitaux de l’enclave, comme l’hôpital al-Aqsa, fonctionnent à capacité réduite, manquant de carburant pour les générateurs et de médicaments essentiels. Le ministère de la Santé à Gaza a rapporté dimanche plus de 66 000 morts depuis octobre 2023, avec une augmentation récente due aux bombardements aériens. Des épidémies menacent en raison des infrastructures d’égouts détruites, aggravant la famine qui touche plus de 500 000 personnes selon l’IPC, un organisme soutenu par l’ONU.
Le plan américain insiste sur une augmentation immédiate de l’aide, avec des convois humanitaires sous escorte internationale. Des discussions préliminaires avec la Turquie et des pays du Golfe visent à financer la reconstruction, estimée à des dizaines de milliards de dollars. Trump a évoqué un rôle potentiel pour Tony Blair, ancien premier ministre britannique, dans la supervision de Gaza post-conflit. Les estimations indiquent que la réhabilitation pourrait prendre plus de cinq ans, avec un focus sur la création d’un hub technologique et touristique, incluant des projets de désalinisation pour résoudre la pénurie d’eau.
Les dynamiques régionales en jeu
Les négociations de ce lundi s’inscrivent dans un contexte régional tendu, avec des implications pour la Cisjordanie et les relations israélo-arabes. Trump a promis aux dirigeants arabes qu’il bloquerait toute annexion de la Cisjordanie, où les tensions montent avec des incursions régulières des forces israéliennes et des attaques de colons contre des villages palestiniens. Plus de 700 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie depuis le début de la guerre, selon des rapports onusiens. Le plan prévoit un gel des constructions de colonies pour quatre ans et un moratoire sur les annexions, ajustant potentiellement les frontières aux lignes de 1967 avec des échanges territoriaux.
Le rôle de l’Autorité palestinienne est central, désignée pour incarner un futur État après des réformes de gouvernance, incluant la lutte contre la corruption et la modernisation des institutions. Une administration intérimaire à Gaza, sans Hamas, serait supervisée par une coalition incluant les États-Unis, l’Europe et des États arabes. Des sources diplomatiques indiquent que des pays comme les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite ont exprimé un intérêt pour financer des projets économiques, comme des zones high-tech, en échange de garanties sécuritaires. L’Arabie saoudite conditionne son soutien à des avancées vers une normalisation avec Israël, intégrant la paix régionale.
Les familles d’otages et l’opinion publique
À Jérusalem, les familles des otages ont organisé une veillée dimanche soir devant la résidence de Netanyahou, exigeant qu’il accepte le plan américain. « Chaque jour compte pour nos proches », a déclaré un porte-parole du forum des familles, soulignant les risques accrus avec l’offensive à Gaza-ville. Parmi les 48 otages, des femmes et enfants sont prioritaires pour la libération, avec des échanges potentiels impliquant des milliers de détenus palestiniens, dont Israël en détient actuellement plus de 9 000. Les sondages récents en Israël montrent une division : 55 % soutiennent un accord si les otages sont libérés, mais une part croissante priorise le retour des captifs.
En Israël, l’économie a souffert, avec un coût de la guerre estimé à 60 milliards de dollars et une contraction du PIB due à la mobilisation. À Gaza, le chômage atteint 90 %, et plus de 150 000 personnes ont été blessées depuis octobre 2023. Le plan propose une relocalisation temporaire des résidents dans des zones sécurisées pendant les travaux, avec des camps préparés par l’ONU dotés de 500 millions de dollars alloués.
Les positions du Hamas et les obstacles
Le Hamas n’a pas officiellement réagi au plan ce lundi matin, mais des déclarations internes suggèrent des divisions sur le désarmement. Le mouvement exige un retrait complet et la levée du blocus, tout en étant ouvert à une trêve longue si la souveraineté est garantie. Des factions au sein du Hamas seraient prêtes à négocier, mais les leaders craignent une défaite si Gaza-ville tombe. Les négociations pourraient s’étendre, avec des sessions techniques impliquant des conseillers comme Jared Kushner. Trump a qualifié le plan de « percée possible », mais des obstacles persistent, notamment l’opposition de l’extrême droite israélienne.
Les aspects économiques du plan
Le « plan de développement Trump » prévoit une transformation de Gaza en hub technologique et touristique, avec des investissements dans des infrastructures modernes. Des tokens numériques pour les droits fonciers sont évoqués pour les propriétaires palestiniens, encourageant leur retour. Le coût total de la reconstruction est estimé à 50 milliards de dollars, avec des contributions attendues des États-Unis, de l’Europe et du Golfe. À Gaza-ville, les opérations en cours ont détruit plus de 70 % des bâtiments, selon des images satellites.
Les réactions internationales
Des pays comme la France et le Royaume-Uni ont salué l’initiative, appelant à une reconnaissance rapide d’un État palestinien. L’ONU a offert son soutien pour la supervision humanitaire, avec le secrétaire général appelant à un cessez-le-feu immédiat. En Cisjordanie, des manifestations ont eu lieu dimanche contre toute annexion, avec des affrontements près de Ramallah. Plus de 10 pays ont reconnu l’État palestinien depuis mai 2025.
Les détails sur la force de sécurité
La force internationale proposée inclurait des troupes arabes et musulmanes pour maintenir l’ordre à Gaza, avec un mandat de cinq ans renouvelable. Excluant le Hamas, elle formerait des unités palestiniennes locales. Les Émirats et l’Arabie saoudite conditionnent leur soutien à des garanties contre l’annexion.
Les implications pour les otages
La libération dans 48 heures vise à prioriser l’humain, avec des échanges de prisonniers : Israël libérerait des milliers de détenus palestiniens. Les familles attendent des nouvelles ce lundi soir, avec 28 corps d’otages encore détenus. Des opérations de sauvetage ont échoué récemment.
Les opérations militaires récentes
À Gaza-ville, les forces israéliennes contrôlent 40 % de la zone, avec des combats intenses et la destruction de 200 tunnels la semaine dernière. Plus de 500 Palestiniens tués la semaine dernière, selon le ministère local. À Khan Younès, des raids aériens ont eu lieu dimanche.
Les perspectives diplomatiques
Trump a rencontré Recep Tayyip Erdogan jeudi dernier, discutant d’un rôle turc dans l’aide. Les discussions de ce lundi pourraient inclure des ajustements basés sur les réserves de Netanyahou. « Nous sommes très proches d’un accord », a dit Trump vendredi, tandis que Netanyahou a tempéré : « Pas finalisé, mais nous travaillons dessus. »
Les chiffres de la crise
Plus de 66 000 Palestiniens tués, 150 000 blessés, 1,9 million déplacés. En Israël, 1 200 morts le 7 octobre, économie impactée par la mobilisation.



