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217 morts et 798 blessés au Liban : frappes israéliennes intenses sur Beyrouth et ordre d’évacuation massif de Dahieh

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À 18 heures ce vendredi, les frappes aériennes israéliennes se poursuivent par intermittence sur la banlieue sud de la capitale libanaise, le Dahieh, et sur plusieurs localités du sud du pays. Les quartiers de Haret Hreik, Bourj el-Barajneh, Hadath et Ghobeiry ont été touchés par de nouveaux raids dans la matinée et l’après-midi, selon l’Agence nationale d’information libanaise. Le ministère libanais de la Santé a actualisé son bilan à 217 morts et 798 blessés depuis le déclenchement de cette nouvelle phase d’escalade le 3 mars. Plus de 130 000 personnes ont été déplacées, un chiffre qui continue d’augmenter avec les ordres d’évacuation diffusés par Tsahal via cartes géolocalisées, messages téléphoniques et publications sur les réseaux sociaux.

L’ordre d’évacuation concerne des secteurs densément peuplés de la banlieue sud de Beyrouth, où vivent environ 500 000 habitants, ainsi que de nombreuses localités du sud jusqu’au fleuve Litani. Les autorités israéliennes exigent le départ immédiat des civils vers le nord sous peine de frappes intensives. À 18 heures, les routes vers Beyrouth-Est, la montagne et la Bekaa restent saturées de convois de familles emportant à la hâte quelques effets personnels. Des embouteillages monstres sont signalés sur les axes principaux, avec des files de véhicules s’étendant sur plusieurs kilomètres.

Le gouvernement libanais de Nawaf Salam condamne les tirs du Hezbollah et impose un embargo militaire

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Le cabinet de Nawaf Salam, formé en février 2025, a réagi avec une fermeté inédite. Le Premier ministre a qualifié les salves de roquettes et de drones lancées par le Hezbollah ces derniers jours de « provocations irresponsables » qui exposent le Liban à une guerre qu’il n’a pas choisie. Lors d’une conférence de presse tenue ce matin, il a ordonné l’interdiction immédiate de toute activité militaire non étatique sur le territoire national et exigé le déploiement exclusif de l’armée régulière au sud du Litani.

Le vice-Premier ministre Tarek Mitri, artisan historique de la résolution 1701, a rappelé que la souveraineté de l’État passe par le monopole de la violence légitime. Le ministre des Affaires étrangères Joe Rajji a multiplié les contacts avec les chancelleries occidentales. Le ministre de la Défense Michel Menassa supervise le renforcement des positions de l’armée libanaise le long de la frontière. Le ministre des Finances Yassine Jaber a alerté sur les conséquences économiques immédiates : la dette publique dépasse déjà 170 % du PIB et toute nouvelle destruction d’infrastructures aggraverait la crise ouverte en 2019.

La ministre des Affaires sociales Hanine Sayyed a fait état de la saturation des centres d’accueil à Beyrouth, Saïda et Tyr. Plus de 130 000 personnes sont déjà hébergées dans des écoles, gymnases et bâtiments publics réquisitionnés. Le ministre de la Santé a confirmé que les hôpitaux de la capitale et du sud fonctionnent au-delà de leurs capacités, avec un appel urgent à l’aide internationale en médicaments et matériel médical.

Du côté israélien, poursuite des opérations et préparation d’une possible extension terrestre

À 18 heures en Israël, l’armée annonce avoir frappé plus de 250 cibles liées au Hezbollah depuis le début de l’escalade. Le porte-parole des Forces de défense israéliennes a indiqué que les opérations visent des centres de commandement, des sites de lancement de missiles et des infrastructures dans la banlieue sud de Beyrouth et dans le sud du Liban. Des troupes supplémentaires ont été déployées le long de la frontière, avec des mouvements observés par la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) au-delà de la Ligne bleue.

Le ministre de la Défense israélien a ordonné l’occupation de positions supplémentaires en territoire libanais pour créer une zone tampon au sud du Litani. Des unités des divisions 91e, 210e et 146e sont positionnées respectivement à l’est, au mont Dov et à l’ouest du sud-Liban. À Tel Aviv, le cabinet de sécurité se réunit en continu pour évaluer l’extension possible des opérations terrestres.

Macron en première ligne : appels répétés à la désescalade et renforcement concret de l’armée libanaise

Le président Emmanuel Macron est intervenu personnellement à plusieurs reprises ces dernières 48 heures. Mercredi 5 mars, il a joint Benjamin Netanyahu pour lui demander de « préserver l’intégrité territoriale du Liban et de s’abstenir d’une offensive terrestre ». « J’ai appelé le Premier ministre israélien à préserver l’intégrité territoriale du Liban et à s’abstenir d’une offensive terrestre », a-t-il écrit sur X. Jeudi 5 mars en soirée, il a déclaré : « Pour le Liban, nous devons agir. Tout doit être fait pour empêcher que ce pays, si proche de la France, soit à nouveau entraîné dans la guerre. »

Le chef de l’État a confirmé des échanges avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam « afin d’établir un plan en vue de mettre un terme aux opérations militaires que le Hezbollah et Israël mènent actuellement de part et d’autre de la frontière ». Paris a annoncé le renforcement immédiat de sa coopération avec les Forces armées libanaises : livraison accélérée de véhicules blindés de transport de troupes, soutien logistique opérationnel et formation renforcée. La France maintient environ 700 soldats au sein de la FINUL.

La résolution 1701 au centre des tensions persistantes depuis 2006

Adoptée à l’unanimité le 11 août 2006 après la guerre de 33 jours, la résolution 1701 du Conseil de sécurité exige le déploiement de 15 000 soldats libanais au sud du Litani, le désarmement de tous les groupes armés non étatiques dans cette zone et l’interdiction de toute arme lourde en dehors des forces régulières. Dix-neuf ans plus tard, son application demeure partielle. La FINUL, forte de plus de 10 000 Casques bleus, a rapporté le 5 mars des mouvements de troupes israéliennes au-delà de la Ligne bleue et des survols de drones près de ses positions. Le commandant de la mission a exprimé sa profonde préoccupation et rappelé que toute opération militaire doit respecter le cadre onusien.

Le gouvernement Salam a réitéré son engagement total à appliquer la résolution 1701, à condition de recevoir le soutien militaire et financier promis par Paris et ses partenaires. Le vice-Premier ministre Tarek Mitri a souligné que la souveraineté passe par le retour exclusif de l’armée libanaise au sud du Litani.

La situation humanitaire et économique au Liban à 18 heures

Les routes du sud restent engorgées. Les écoles et bâtiments publics de Beyrouth, Saïda et Tyr accueillent des familles entières sans électricité ni eau courante dans de nombreux cas. Le Programme alimentaire mondial et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés ont commencé à distribuer des rations d’urgence. La Croix-Rouge libanaise, soutenue par ses homologues française et internationale, a déployé des équipes mobiles dans les zones d’accueil.

Sur le plan économique, les ports de Beyrouth et de Tripoli ont vu leur trafic chuter de 40 % en 48 heures. Les entreprises de la banlieue sud, cœur de l’activité commerciale chiite, ont suspendu leurs opérations. Le ministre des Finances Yassine Jaber estime que chaque jour de conflit supplémentaire coûte plusieurs centaines de millions de dollars en pertes directes et indirectes. Les marchés de la capitale ont enregistré une flambée des prix des produits de première nécessité ; les pharmacies signalent des ruptures de stock pour les traitements chroniques.

Les réactions du Hezbollah et les tirs maintenus vers Israël

Le chef du Hezbollah, Naim Qassem, a réaffirmé ce 5 mars que le mouvement poursuivrait son combat contre Israël. Le groupe a revendiqué plusieurs tirs de roquettes et de drones vers le nord d’Israël et les hauteurs du Golan ce matin même. Ces attaques sont présentées comme une solidarité avec l’Iran après l’assassinat présumé du Guide suprême Ali Khamenei. À 18 heures, aucun nouveau tir majeur n’a été signalé depuis le début de l’après-midi, mais la vigilance reste maximale dans le nord d’Israël.

La position de la communauté internationale et le rôle de la France

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a appelé dans un communiqué du 6 mars à un cessez-le-feu immédiat et au respect strict de la résolution 1701. L’Union européenne a réuni en urgence ses ministres des Affaires étrangères le 5 mars pour examiner des mesures de soutien financier supplémentaires. Plusieurs pays européens ont exprimé leur soutien à la souveraineté libanaise.

La France, en tant que membre permanent du Conseil de sécurité et puissance mandataire historique du Liban entre 1920 et 1943, joue un rôle pivot. Des discussions se poursuivent à New York pour une éventuelle réunion d’urgence. Paris coordonne avec Washington et les capitales européennes pour conditionner toute aide future au strict respect de la résolution 1701 par toutes les parties.

Le déploiement naval français et la protection des ressortissants

Le porte-hélicoptères amphibie Tonnerre a quitté Toulon ce matin, escorté par la frégate Courbet. Le bâtiment met le cap sur la Méditerranée orientale pour se positionner au large des côtes libanaises. Sa mission : se tenir prêt à participer à l’évacuation de ressortissants français et binationaux, alors que près de 20 000 d’entre eux se trouvent encore sur place. Le navire, de classe Mistral, dispose d’un hôpital de 69 lits et d’une capacité d’accueil de plusieurs centaines de personnes. Le Quai d’Orsay et le ministère des Armées suivent heure par heure la situation des Français présents à Beyrouth, dans le sud et dans la Bekaa.

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Newsdesk Libnanews
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