e secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a exprimé sa « profonde préoccupation » face à deux nouvelles lois israéliennes qui, selon lui, pourraient gravement compromettre les activités de l’UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient). Guterres a souligné que, si elles étaient appliquées, ces législations pourraient empêcher l’UNRWA de poursuivre son travail humanitaire essentiel, entraînant des « conséquences dévastatrices » pour les réfugiés palestiniens.
Le rôle crucial de l’UNRWA
Créée en 1949, l’UNRWA est une agence des Nations unies dédiée à l’assistance et au soutien des réfugiés palestiniens dans plusieurs régions du Moyen-Orient, incluant la Cisjordanie, Gaza, la Jordanie, le Liban et la Syrie. Elle fournit des services vitaux tels que l’éducation, la santé et l’aide alimentaire. Antonio Guterres a fermement défendu l’importance de cette agence, en insistant sur le fait qu’ »il n’y a pas d’alternative à l’UNRWA » pour remplir cette mission humanitaire et de développement.
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L’impact potentiel des lois israéliennes
Les deux lois en question viseraient à restreindre l’activité de l’UNRWA sur le territoire israélien et dans les territoires palestiniens occupés, remettant en question sa capacité à opérer librement et à fournir des services aux réfugiés palestiniens. Pour Guterres, l’application de ces lois représenterait un obstacle majeur, non seulement pour l’UNRWA, mais aussi pour la stabilité de la région, en risquant de priver des milliers de réfugiés de l’aide dont ils dépendent.
Le 28 octobre 2024, la Knesset israélienne a approuvé deux projets de loi visant à restreindre les activités de l’UNRWA, l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens, marquant une étape importante dans le contexte de tensions accrues entre Israël et les Nations unies. Ces projets de loi, votés par une large majorité (92 voix contre 10), empêchent l’UNRWA d’opérer en territoire israélien, incluant Jérusalem-Est, et interdisent tout contact officiel entre l’agence et les représentants israéliens. Les lois révoquent également les privilèges et immunités de l’UNRWA en Israël, notamment pour ses bureaux, écoles, et autres installations présentes dans les zones palestiniennes sous contrôle israélien
Ces mesures ont été motivées par des accusations selon lesquelles certains employés de l’UNRWA auraient participé aux attaques du 7 octobre menées par le Hamas, et l’agence aurait permis l’utilisation de ses installations pour stocker des armes. Des diplomates occidentaux, notamment des États-Unis et de plusieurs pays européens, ont exercé des pressions sur Israël pour freiner l’adoption de ces lois, mettant en garde contre les répercussions humanitaires, surtout dans la bande de Gaza où l’UNRWA fournit des services essentiels à des centaines de milliers de Palestiniens
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et plusieurs membres de la Knesset souhaitent démanteler l’UNRWA, accusant l’agence de perpétuer le conflit israélo-palestinien en maintenant les Palestiniens dans une situation de réfugiés perpétuelle, plutôt que de favoriser leur intégration dans d’autres pays. Selon eux, l’UNRWA entretient l’idée du « droit au retour » pour les descendants des réfugiés de 1948, ce qui pose un problème majeur pour Israël, car cela impliquerait potentiellement des millions de Palestiniens revenant sur ce qu’Israël considère comme son territoire.
Netanyahu et ses alliés soulignent que l’UNRWA applique une définition élargie du statut de réfugié, qui inclut les descendants des réfugiés originaux de 1948, contrairement aux normes du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Ils estiment que cela dissuade les pays arabes d’accorder une pleine citoyenneté aux Palestiniens vivant dans des camps de réfugiés en Jordanie, au Liban, en Syrie et dans d’autres pays, perpétuant ainsi leur dépendance à l’égard de l’aide internationale plutôt que de promouvoir leur intégration.



