Lors du sommet conjoint de la Ligue arabe et de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) à Riyad, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a plaidé pour un cessez-le-feu immédiat à Gaza et au Liban, dénonçant les actions israéliennes comme une forme de génocide. Ce sommet, réunissant des dirigeants arabes et musulmans, vise à renouveler l’appel pour la création d’un État palestinien tout en envoyant un message clair à l’administration du président élu des États-Unis, Donald Trump.
Un appel unanime pour la fin des hostilités
En ouvrant le sommet, le prince héritier saoudien a condamné les actions israéliennes en Palestine et au Liban. « La communauté internationale doit immédiatement mettre fin aux actions israéliennes contre nos frères en Palestine et au Liban », a-t-il déclaré. Mohammed ben Salmane a réaffirmé le soutien de l’Arabie saoudite aux populations palestinienne et libanaise, insistant sur la nécessité d’atténuer les conséquences humanitaires désastreuses de ces agressions. Une résolution en cours d’adoption au sommet soutient fermement les « droits nationaux » des Palestiniens, en particulier leur droit à la liberté et à un État souverain indépendant.
Tensions autour de la reconnaissance d’un État palestinien
Alors que les leaders arabes et musulmans appellent à la création d’un État palestinien, le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, a minimisé cette perspective, affirmant depuis Jérusalem qu’il n’était pas « réaliste » d’envisager un tel État dans le contexte actuel, qu’il considère comme dominé par le Hamas. Cette position intransigeante, énoncée quelques heures avant le sommet, met en évidence l’écart entre les aspirations palestiniennes et la réalité politique israélienne.
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Un sommet influencé par le retour de Donald Trump
Ce sommet est aussi l’occasion pour les leaders régionaux de faire passer un message à Donald Trump, récemment élu pour un second mandat. Anna Jacobs, analyste senior pour le International Crisis Group, souligne que le sommet permet aux dirigeants d’exprimer leurs attentes quant à l’implication des États-Unis. « Le message sera probablement un appel au dialogue, à la désescalade, et à la dénonciation des campagnes militaires israéliennes dans la région », explique-t-elle.
Sous la présidence précédente de Trump, les États-Unis avaient reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël et soutenu l’expansion des colonies israéliennes en Cisjordanie, un revirement qui avait suscité une vive controverse internationale. Bien que l’Arabie saoudite n’ait pas rejoint les Accords d’Abraham, Trump avait maintenu des liens étroits avec le royaume, ce qui laisse espérer un potentiel dialogue renouvelé sous sa nouvelle présidence.
Appels à la mise en œuvre de la Résolution 1701 et soutien au Liban
Le sommet a également mis l’accent sur la situation au Liban, où le roi Abdullah II de Jordanie, le Premier ministre irakien et d’autres dirigeants ont appelé à la mise en œuvre de la Résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU, visant à mettre fin aux hostilités entre Israël et le Liban. Le roi Abdullah a insisté sur la nécessité de protéger la souveraineté et la sécurité du Liban, tout en appelant la communauté internationale à soutenir les Libanais face aux attaques.
Condamnation unanime des violences en Palestine et au Liban
Les dirigeants présents ont dénoncé les violences israéliennes, avec des interventions marquantes de la part du président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, qui a qualifié la situation de « campagne de meurtres systématiques » dans un contexte de « silence honteux » de la communauté internationale. Le président de la Mauritanie, le Premier ministre malaisien et le président syrien Bachar al-Assad ont également apporté leur soutien au peuple palestinien, condamnant ce qu’ils ont qualifié d’inaction mondiale.
Le président palestinien Mahmoud Abbas a, quant à lui, appelé à suspendre l’adhésion d’Israël à l’ONU et à imposer des sanctions. Il a exhorté le Conseil de sécurité à protéger Jérusalem, en réaffirmant son engagement à obtenir une reconnaissance internationale de l’État palestinien.



