Liban : L’armée libanaise face à l’impossible défi du désarmement du Hezbollah
À l’approche du 2 septembre, l’armée libanaise—affaiblie par la crise, les désertions et le manque d’équipement—est sommée de désarmer le Hezbollah. Plan en quatre phases, divisions politiques, mobilisation populaire au Sud et violations israéliennes du cessez-le-feu rendent l’objectif quasi irréalisable et font craindre une escalade voire des affrontements internes.
Liban : Les pressions américaines et israéliennes sur le désarmement du Hezbollah menacent d’embraser...
La cinquième visite de Tom Barrack a ravivé les tensions au Liban : son plan de désarmement du Hezbollah, perçu comme aligné sur Israël, déclenche une opposition populaire et politique. À l’approche de la session gouvernementale du 2 septembre, Nabih Berri alerte sur une réunion « explosive » tandis que les risques d’escalade s’intensifient.
Liban : La frustration grandissante de Nabih Berri face à l’impasse diplomatique américaine
#DECRYPTAGE: Nabih Berri fustige des émissaires américains « venus les mains vides », dénonçant une impasse diplomatique sur le désarmement du Hezbollah et le retrait israélien. À l’approche d’un cabinet décisif, Washington exige des actes rapides, tandis que Beyrouth réclame des garanties. Entre pressions croisées et cessez-le-feu fragile, le risque d’escalade demeure.
Edito: Un émissaire américain, des journalistes « bestiaux » et un parfum de condescendance
Lors d’une conférence de presse à Baabda, l’émissaire américain Tom Barrack a déclenché un tollé en qualifiant les journalistes libanais de « bestiaux ». Ses propos, jugés condescendants, ternissent une mission déjà tendue autour du désarmement du Hezbollah et illustrent l’arrogance de la diplomatie américaine sous Donald Trump non seulement avec le Liban, mais aussi avec la France et même le monde.
Joseph Aoun défend la santé financière du Liban : retour à la stabilité ou illusion politique ?
Le président Joseph Aoun affirme que « le Liban n’est pas en faillite », insistant sur la richesse humaine et la diaspora comme piliers du redressement. Mais derrière ce discours optimiste, la réalité économique reste sombre : dette massive, inflation, pauvreté et réformes bloquées alimentent le doute sur un retour à la stabilité.
Éditorial : La France et ses alliés sous la pression israélo-américaine
Alors que la France s’apprête à reconnaître l’État de Palestine en septembre 2025, Paris subit une offensive diplomatique d’Israël et des États-Unis. L’ambassadeur américain Charles Kushner a accusé Emmanuel Macron « d’alimenter l’antisémitisme », tandis que Netanyahou exige un recul avant Roch Hachana. L’Australie, le Royaume-Uni et le Canada font aussi face à des pressions. Une stratégie coordonnée vise à délégitimer la reconnaissance palestinienne, malgré un soutien international croissant.
EDITO: Une réflexion pour la compétence et non l’héritage
#EDITO: Dans un Liban prisonnier des héritages politiques, les noms des grandes figures du passé continuent d’orienter les choix collectifs au détriment de la compétence. Il s'agit aussi de rompre avec la logique clanique et confessionnelle qui sacralise les descendants, pour privilégier la compétence, la vision et l’intégrité. La mémoire oui, mais il s'agit surtout de progresser quitte à remettre en cause des héritages du passé.
Édito : La ferraille du Fatah, ou l’art de réécrire l’histoire avec un sourire
#EDITO: On nous dit que c’est une "première phase", que d’autres camps comme Aïn al-Hilweh suivront. Avec un sens du spectacle digne d’un mauvais téléfilm, ils ont livré à l’armée libanaise un camion de ferraille : des fusils qui toussent plus qu’ils ne tirent, des lance-roquettes qui semblent tout droit sortis d’un musée de la guerre froide, et des munitions si vieilles qu’elles pourraient exploser juste en les regardant trop fort.
Liban : Des fedayin aux salafistes, l’évolution armée des camps palestiniens
Des fedayin des années 1970 aux salafistes actuels, l’armement des camps palestiniens au Liban illustre une trajectoire complexe, façonnée par l’exil, les soutiens étrangers et les fractures internes. Alors que le désarmement s’amorce timidement, ce dossier revient sur les origines, les acteurs et les conséquences de cette militarisation, au cœur des équilibres libanais fragiles. Un éclairage sur un héritage explosif qui continue de menacer la stabilité nationale.
Liban : le désarmement, l’obsession qui fracture encore la classe politique
Extrait SEO (75 mots) :
La question du désarmement du Hezbollah reste au cœur du débat politique libanais, divisant les souverainistes, qui réclament l’autorité exclusive de l’État, et les partisans de la résistance, qui invoquent la menace israélienne. Entre pressions internationales, faiblesse de l’armée nationale et blocages institutionnels, le Liban s’enferme dans un statu quo périlleux qui empêche toute réforme durable et nourrit les fractures internes menaçant la stabilité du pays.
Sud-Liban : pourquoi les capitales arabes se taisent face à l’escalade
Le silence des capitales arabes face à l’escalade au Sud-Liban interroge. Tandis que Joseph Aoun et Nawaf Salam appellent à un soutien régional, aucune capitale ne s’engage clairement. Entre prudence sécuritaire, calculs économiques et dépendance vis-à-vis de Washington, les États arabes privilégient la réserve. Ce mutisme, perçu comme un désengagement à Beyrouth, illustre une recomposition diplomatique où le Liban risque l’isolement face aux pressions internationales.
Liban-Israël : Paris et Washington à couteaux tirés sur la diplomatie de crise
Liban-Israël : Paris et Washington à couteaux tirés sur la diplomatie de crise
Contexte immédiat : une journée de tensions au Sud-Liban
Le 21 août 2025, les collines du Sud-Liban ont résonné d’une nouvelle inquiétude. À Kfarkela, l’armée israélienne poursuivait la construction d’un poste militaire, malgré les protestations répétées de Beyrouth. Depuis Baabda, le président Joseph Aoun a convoqué une réunion sécuritaire pour rappeler que la souveraineté nationale ne souffrait d’aucune ambiguïté. « La souveraineté ne se partage pas, elle se défend par l’État et uniquement par ses institutions », a-t-il martelé. Le Premier ministre Nawaf Salam a immédiatement relayé cette position auprès des chancelleries étrangères, déclenchant une vague d’initiatives diplomatiques. Dès lors, Paris et Washington se sont retrouvés engagés dans un bras de fer silencieux, chacun défendant sa vision du règlement de la crise. Derrière les portes closes des ambassades et des sièges onusiens, deux approches inconciliables se sont affrontées : celle de la France, attachée au maintien de la FINUL et à la symétrie des engagements, et celle des États-Unis, soucieux de conditionner tout apaisement à des concessions libanaises sur le terrain sécuritaire.
L’initiative française : préserver la FINUL et rassurer Beyrouth
Dès les premières heures de la journée, la diplomatie française a multiplié les signaux. Le ministre des Affaires étrangères, en lien direct avec l’Élysée, a contacté Joseph Aoun et Nawaf Salam. L’objectif était clair : réaffirmer que la Force intérimaire des Nations unies au Liban restait un pilier incontournable de la stabilité régionale. Paris craignait que les pressions américaines n’aboutissent à un affaiblissement de son mandat. Pour la France, la mission, renforcée depuis 2006 après la guerre, n’est pas seulement une opération internationale, mais également un symbole de son influence au Proche-Orient. À Beyrouth, les diplomates français ont insisté sur le caractère vital de ce dispositif. Une réduction de ses effectifs, ou une restriction de ses moyens opérationnels, reviendrait à laisser Israël agir sans contrainte au sud du Litani. Les responsables libanais ont abondé dans ce sens, soulignant que sans la FINUL, les incidents risqueraient de se multiplier. En parallèle, Paris a entretenu des contacts avec Tel-Aviv, afin de prévenir une escalade immédiate. L’ambassade française a rappelé que le chantier militaire de Kfarkela, considéré comme une violation flagrante de la résolution 1701, constituait une provocation inutile. En insistant sur la nécessité de « parler à toutes les parties », Paris entendait démontrer sa capacité de médiation et préserver son rôle historique de protecteur des équilibres au Liban.
La stratégie américaine : conditionner la désescalade
De son côté, Washington a opté pour une approche bien différente. L’envoyé spécial Tom Brak, missionné par la Maison-Blanche, a rencontré Nawaf Salam afin de lui transmettre les conditions américaines à toute désescalade. Le message était limpide : aucune avancée diplomatique n’est possible sans un engagement concret de Beyrouth à contrôler les activités militaires au sud du Litani. Derrière ce langage diplomatique se cachait une exigence précise, à savoir la réduction progressive du rôle militaire du Hezbollah dans cette zone sensible. Selon des participants à l’entretien, le Premier ministre libanais a répliqué que « la sécurité ne peut être définie unilatéralement ». Pour lui, exiger du Liban un contrôle absolu, alors même qu’Israël multiplie les provocations, revenait à imposer une paix à sens unique. Depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025, Donald Trump a durci l’alignement de son administration sur les positions israéliennes. Dans les couloirs du Département d’État, on ne cache pas que la stabilité du Liban passe, selon Washington, par le désarmement progressif des milices. Le discours officiel consiste à rappeler que la résolution 1701 prévoit l’interdiction de toute présence armée non étatique au sud du Litani. Dans cette perspective, les États-Unis estiment qu’un mandat robuste de la FINUL est inutile tant que Beyrouth n’assume pas son rôle sécuritaire.
Divergences de méthode : simultanéité contre conditionnalité
Cette opposition illustre une différence fondamentale d’approche. Pour Washington, toute désescalade doit être conditionnelle, chaque geste israélien devant être précédé d’une mesure libanaise. Paris, à l’inverse, plaide pour une simultanéité des engagements. La France considère qu’il est illusoire d’attendre du Liban des concessions unilatérales alors que la frontière sud reste sous pression militaire permanente. Dans les discussions, les diplomates français ont insisté sur le risque d’un engrenage si Israël poursuit ses travaux sans contrepartie. Les Américains ont rétorqué que céder face aux protestations de Beyrouth reviendrait à donner un blanc-seing aux groupes armés. Ces divergences se sont retrouvées jusque dans les couloirs de l’ONU, où les deux puissances ont tenté de rallier leurs alliés respectifs.
Le Conseil de sécurité : théâtre d’un bras de fer
Réuni pour examiner le renouvellement du mandat de la FINUL, le Conseil de sécurité a servi de caisse de résonance aux rivalités franco-américaines. Paris a défendu un mandat robuste, permettant aux Casques bleus de conserver leurs prérogatives d’intervention. Washington, au contraire, a plaidé pour une mission réduite à un rôle d’observateur. Les représentants européens ont soutenu la position française, tandis que les États-Unis ont trouvé un écho favorable auprès du Royaume-Uni et de certains pays d’Amérique latine. Dans les échanges à huis clos, la délégation française a souligné que la FINUL avait évité de nombreux incidents en maintenant une présence dissuasive. Les Américains ont accusé la mission de complaisance, arguant qu’elle fermait les yeux sur les activités du Hezbollah. Ce désaccord a empêché l’adoption rapide d’une résolution, repoussant les négociations à une date ultérieure.
Réactions libanaises : entre soutien et méfiance
Au Liban, les responsables politiques ont suivi ces débats avec attention. Nabih Berri a mis en garde contre toute tentative de réduire la mission. « Ce serait un coup porté à la stabilité de notre sud », a-t-il affirmé lors d’un entretien avec des diplomates européens. Nawaf Salam, pour sa part, a insisté sur la coopération entre l’armée libanaise et la FINUL, tout en dénonçant la construction du poste israélien comme une violation flagrante de la souveraineté. Dans le camp chiite, Naim Kassem a accusé Washington de vouloir transformer la mission en simple « décor diplomatique », dépourvu de moyens réels. Ces prises de position montrent que la classe politique libanaise s’efforce d’exploiter les divergences internationales. En privilégiant le dialogue avec Paris, Joseph Aoun et Nawaf Salam ont consolidé le soutien européen, tout en ménageant Washington afin d’éviter une confrontation ouverte. Cette stratégie d’équilibre, typique de la diplomatie libanaise, vise à maintenir le pays dans un espace de négociation malgré les tensions régionales.
Kfarkela, point de cristallisation
Le chantier militaire israélien de Kfarkela est devenu le symbole des tensions. Pour Beyrouth et Paris, il s’agit d’une violation manifeste de la résolution 1701. Pour Washington, il ne s’agit que d’une mesure défensive, rendue nécessaire par la présence du Hezbollah. Sur le terrain, les habitants vivent cette situation comme une épée de Damoclès. Des associations locales ont alerté sur l’impact psychologique de ces tensions sur les civils, en particulier les enfants. Dans les villages proches, la peur d’un nouvel affrontement s’installe, rappelant les souvenirs de 2006. Cette réalité concrète nourrit les arguments des responsables libanais, qui estiment que la diplomatie internationale doit se traduire en garanties tangibles pour les populations.
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