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Dans la presse: Le Courant patriotique libre face à la réforme bancaire

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Une position ambiguë sur la restructuration du secteur bancaire

Le Courant patriotique libre (CPL), fondé par Michel Aoun et actuellement dirigé par Gebran Bassil, adopte une position ambivalente face à la réforme bancaire exigée par le Fonds monétaire international (FMI). D’un côté, le parti affirme soutenir une refonte du système financier pour sortir de la crise. De l’autre, il refuse certaines conditions qui pourraient affaiblir son influence politique et économique.

Selon Al Akhbar (30 janvier 2025), le CPL craint qu’une restructuration bancaire ne profite principalement aux grands actionnaires des banques et aux élites financières, au détriment des épargnants libanais et des classes moyennes. En revanche, Ad Diyar (30 janvier 2025) rapporte que le parti est conscient que le Liban ne pourra pas obtenir l’aide internationale sans une réforme en profondeur du secteur bancaire.

Les points de friction avec le FMI et la Banque mondiale

Le CPL s’oppose à certaines mesures jugées trop contraignantes pour l’économie libanaise. Al Sharq Al Awsat (30 janvier 2025) identifie trois points majeurs de désaccord entre le CPL et les bailleurs de fonds internationaux :

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  • La restructuration des banques : Le CPL exige que les pertes du secteur bancaire ne soient pas uniquement supportées par les déposants, mais que les actionnaires et les dirigeants des grandes banques soient également tenus responsables.
  • Le contrôle des capitaux : Le FMI exige un cadre légal pour réglementer les flux financiers et limiter les sorties de capitaux. Le CPL estime qu’un tel contrôle pourrait paralyser les investissements et ralentir la reprise économique.
  • L’unification du taux de change : Le CPL craint que la suppression des multiples taux de change ne provoque une nouvelle flambée de l’inflation, pénalisant ainsi les classes populaires et la base électorale du parti.

Selon Al Liwa’ (30 janvier 2025), le parti souhaite un cadre de réforme progressif, qui éviterait un choc brutal pour l’économie et permettrait une transition en douceur.

Une tentative de compromis avec les élites financières et politiques

Le CPL se retrouve dans une position délicate : s’il rejette en bloc les réformes, il risque d’être accusé de bloquer le sauvetage économique du Liban. Mais s’il accepte toutes les exigences du FMI, il pourrait perdre une partie de son électorat et son influence au sein des institutions financières libanaises.

Selon Al Sharq (30 janvier 2025), le parti tente de négocier un compromis avec les banques et certains acteurs politiques, notamment en proposant :

  • Un plan de recapitalisation des banques, où l’État injecterait des fonds pour stabiliser le système financier.
  • Une restructuration partielle, avec une prise en charge progressive des pertes sur plusieurs années.
  • Des garanties pour les petits déposants, afin d’éviter des manifestations contre la politique économique du parti.

Cependant, Ad Diyar (30 janvier 2025) rapporte que ces propositions ne convainquent ni les institutions internationales, qui demandent des réformes plus rapides et radicales, ni les opposants au CPL, qui accusent le parti de protéger les intérêts de certains grands acteurs du système bancaire.

Le poids des alliances politiques dans la réforme bancaire

L’attitude du CPL face à la réforme bancaire est également dictée par ses alliances politiquesAl Akhbar (30 janvier 2025) indique que le Hezbollah, principal allié du CPL, refuse toute réforme qui affaiblirait les banques proches de son réseau. Cette position oblige le CPL à ménager une certaine prudence dans ses négociations.

En parallèle, les tensions avec les Forces libanaises (FL) et les indépendants compliquent la donne. Al Liwa’ (30 janvier 2025) précise que les FL accusent le CPL d’avoir contribué à la crise bancaire, notamment en protégeant certains banquiers et en retardant l’adoption des réformes nécessaires sous les gouvernements précédents.

Un enjeu électoral majeur pour Gebran Bassil

Pour Gebran Bassil, la gestion de la réforme bancaire est un test politique crucial. À l’approche des prochaines élections, il doit maintenir son image de leader réformateur, tout en évitant de se mettre à dos les milieux financiers et les classes moyennes, qui forment une partie de son électorat.

Selon Al Sharq Al Awsat (30 janvier 2025), si le CPL soutient des réformes trop dures, il risque de perdre des soutiens parmi les petits entrepreneurs et les fonctionnaires, qui ont vu leurs économies s’effondrer avec la crise. À l’inverse, s’il bloque la réforme bancaire, il pourrait être tenu responsable de la faillite du système financier.

Quelles perspectives pour la réforme bancaire avec le CPL ?

Trois scénarios sont envisageables dans les mois à venir :

  1. Le CPL finit par accepter un compromis avec le FMI, en validant une réforme bancaire progressive pour éviter une crise sociale immédiate.
  2. Le parti bloque les réformes trop contraignantes, misant sur une solution alternative avec un soutien régional, mais au risque d’isoler encore plus le Liban.
  3. Un éclatement de la majorité actuelle, avec un CPL qui pourrait revoir ses alliances si la pression économique devient trop forte.

Selon Al Akhbar (30 janvier 2025), le CPL joue actuellement une stratégie d’attente, en espérant que les pressions internationales diminuent et qu’un compromis plus favorable puisse émerger.

Cependant, si les négociations échouent, Al Sharq (30 janvier 2025) prévient que le Liban risque une faillite complète du secteur bancaire, avec des conséquences sociales et économiques désastreuses.

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Newsdesk Libnanews
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