Hier encore, un drame criminel avec son cortège de victimes et de désolations. On vit depuis quelques temps au rythme de courtes accalmies  entre le dépistage de justesse des voitures piégées et la course achevée de kamikazes vers la mort et la destruction. L’expression sur les visages reflète une terne tristesse. La vive douleur ressentie pour des familles de la nation se fonde aux nôtres. Une grande colère crie en nous. La désespérante impuissance cloue la volonté d’agir de tant de libanais face aux abstinences et restrictions relationnelles entre les divers représentants des tendances partisanes.

Ceux qu’on souhaite vivement appeller les « partenaires » de la nation, seraient-ils devenus peu sensibles ou étrangers au pacte de la coexistence nationale, fondé en 1943? D’infimes espoirs accrochent quand même le quotidien d’hommes et de femmes. Il serait davantage orienté au mode de survie individualisé, peu substantiel, assez superficiel, gravement aléatoire, sans réelles initiatives, motivations et/ou perspectives.

D’autres, finiront par lâcher prise, plier bagages et quitter vers des cieux plus cléments, surtout moins absurdes, ordinaires et cohérents. Ils décideront de ne plus vouloir espérer des changements dans notre sphère politique aride ni de permettre aux mêmes « responsables » de voler encore une fois leur droit à la tranquillité sur le territoire. Ainsi, les précieux moments de décharges demeurent ce temps rêvé pour goûter enfin aux saveurs d’une légèreté indispensable à l’équilibre des êtres humains. Certains, choisiront de se laisser bercer par la résignation aux; lieux, souvenirs, rêves, illusions, habitudes et aux rituels pour tenir bon, malgré la crise économique sévère, la stagnation des préjugés, le danger sécuritaire omniprésent, l’indescriptible incohérence et l »immaturité des rapports entre le citoyen et l’état.

Il y aurait cependant une large communauté d’intrépides citoyens, des optimistes ou des rêveurs pour certains, qui ressent inlassablement la joie et le devoir à chaque lever du jour de promouvoir la conciliation. Sa mission consiste, à favoriser la conscience pragmatique de la citoyenneté et mettre en relief le meilleur de nos potentiels  pour servir des valeurs humaines reciproques. Elles serviraient à rassembler les points communs, à souder les bonnes résolutions, à soutenir toute forme d’expression nationale unificatrice afin de prémunir le Liban des tempêtes de colères. Attention, ses ennemis nous observent et veillent à préserver la dissenssion et le chaos!

Joe Acoury.