mardi, février 24, 2026

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Drones : le Hezbollah renforce sa production locale, Israël riposte

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Une montée en puissance locale des capacités aériennes

Des rapports relayés par plusieurs médias israéliens confirment une accélération de la production locale de drones au sein du Hezbollah. Selon ces sources, le parti chiite libanais privilégierait désormais la fabrication de drones armés et de reconnaissance à faible coût, en alternative aux missiles de précision plus complexes et onéreux. Cette stratégie viserait une meilleure autonomie opérationnelle, avec une dépendance moindre à l’égard du soutien technologique iranien.

Le portail israélien ynet, citant des sources militaires, affirme que le Hezbollah a tiré des leçons tactiques de la guerre en Ukraine, où l’usage massif de drones bon marché a transformé la logique des conflits asymétriques. Dans cette optique, le parti s’efforce de reproduire un modèle de production agile et dispersé sur le territoire libanais.

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Une infrastructure souterraine ciblée par Israël

La tension est montée d’un cran à la veille de la fête de l’Aïd al-Adha. L’armée israélienne a mené plusieurs frappes dans les banlieues sud de Beyrouth, affirmant avoir visé des installations souterraines supposées abriter des sites de production de drones. Dans un communiqué officiel, Tsahal indique que « le Hezbollah travaille à produire des milliers de drones, sous la supervision et le financement de groupes terroristes iraniens ».

Le même communiqué ajoute que « le Hezbollah utilise largement des drones dans ses attaques contre Israël et cherche à élargir cette capacité en vue de la prochaine guerre ». Le raid israélien a été précédé d’un débat interne au sein du cabinet de sécurité, selon ynet, illustrant la sensibilité stratégique de ces opérations en zone urbaine densément peuplée.

Une dénégation libanaise et l’absence d’inspection internationale

Un responsable du Hezbollah a nié la présence d’infrastructures liées à la fabrication de drones dans les lieux ciblés. De son côté, l’armée libanaise a indiqué avoir tenté d’intervenir diplomatiquement avant les frappes. Elle affirme avoir proposé aux autorités israéliennes de laisser les forces libanaises inspecter les sites désignés, conformément au mécanisme prévu par l’accord de cessez-le-feu. Cette proposition aurait été rejetée, ce qui a contraint les soldats libanais à évacuer les lieux visés par les frappes.

Le programme de drones du Hezbollah : un historique structuré

L’utilisation de drones par le Hezbollah remonte au début des années 2000, peu après le retrait israélien du Sud-Liban en 2000. Le premier drone de reconnaissance de type Mirsad a survolé le territoire israélien dès 2004. Ces appareils, conçus en Iran, ont été ensuite assemblés au Liban grâce à une assistance technique fournie par les Gardiens de la révolution islamique.

Depuis, le Hezbollah a lancé près de 1 500 drones d’observation ou de combat. Le programme s’est intensifié depuis le conflit de juillet 2006, et a connu une nouvelle dynamique lors des hostilités de 2024-2025. L’un des épisodes les plus marquants remonte à octobre 2024, lorsqu’un drone explosif a pénétré l’espace aérien israélien, contourné les systèmes de défense, et frappé une base militaire, tuant quatre soldats.

Des drones plus discrets, plus efficaces

Les drones, aussi appelés UAV (Unmanned Aerial Vehicles), constituent un avantage tactique de plus en plus recherché par les groupes armés. Moins détectables que les missiles ou roquettes, ils peuvent voler bas, lentement, et suivre des trajectoires irrégulières. Leur structure légère, parfois en plastique, limite leur signature thermique et radar. Cette discrétion les rend difficiles à intercepter, même par les systèmes de défense sophistiqués.

Un exemple frappant a eu lieu en juillet 2024, lorsqu’un drone lancé depuis le Yémen a parcouru plus de 270 kilomètres et frappé Tel Aviv sans interception, tuant un civil. Israël, bien qu’équipé d’un arsenal aérien avancé, a reconnu que la menace drone n’avait pas été priorisée ces dernières années, l’accent ayant été mis sur la défense antimissile classique.

Israël face à une menace évolutive

La prolifération de drones dans la région remet en cause les paradigmes traditionnels de dissuasion. Alors qu’Israël a investi massivement dans des dispositifs comme le Dôme de fer ou la Fronde de David pour contrer les roquettes et missiles, les drones posent des défis technologiques différents. La multiplicité des vecteurs, leur faible coût, et leur capacité à saturer les radars compliquent leur neutralisation.

Le renforcement du programme de drones du Hezbollah est perçu à Tel Aviv comme une évolution dangereuse du rapport de force. Il s’inscrit dans un schéma de guerre asymétrique où le Hezbollah chercherait à contourner les défenses israéliennes par la saturation, la surprise, et la résilience industrielle.

Une autonomie stratégique partielle visée par le Hezbollah

Le recours accru aux drones fabriqués localement pourrait aussi répondre à des considérations logistiques. La dépendance au soutien iranien, bien que toujours importante, pourrait se heurter à des obstacles liés au blocus, à la surveillance internationale ou à la fragilisation des routes d’approvisionnement régionales. En développant une capacité domestique, le Hezbollah cherche à assurer une continuité opérationnelle en cas d’escalade prolongée ou de sanctions accrues.

L’extension de cette production pourrait également se faire selon un modèle décentralisé, limitant les risques d’identification et de destruction par des frappes ciblées. Cela expliquerait les choix tactiques liés aux installations supposées souterraines et réparties sur plusieurs quartiers sensibles.

Répercussions sur le cessez-le-feu et les mécanismes de surveillance

Les frappes israéliennes récentes interviennent malgré l’accord de trêve en vigueur depuis novembre 2024, parrainé par les États-Unis. Cet accord prévoit un mécanisme de coordination entre Israël, l’armée libanaise, le Hezbollah et les membres du comité de suivi comprenant les États-Unis, la France et la FINUL. L’absence de concertation préalable pour les frappes suscite des interrogations sur la solidité de l’accord.

La FINUL, qui suit la situation, n’a pas commenté officiellement l’incident, mais son porte-parole a rappelé récemment que « la stabilité du Sud repose sur l’application stricte de la résolution 1701 » et sur « une coopération active entre toutes les parties ». La multiplication des incidents de ce type pourrait fragiliser les mécanismes existants et alimenter de nouveaux cycles de violence.

Un enjeu diplomatique et sécuritaire majeur

Au-delà des considérations militaires, la question des drones du Hezbollah devient un point de friction diplomatique. Les États-Unis, bien qu’opposés à une escalade, soutiennent le droit d’Israël à se défendre. Le Liban, de son côté, dénonce les violations de souveraineté et craint une déstabilisation prolongée. La diplomatie française, impliquée dans le comité de suivi, cherche à maintenir un équilibre fragile entre pressions sécuritaires et dialogue indirect.

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