Gaza agonise, et le monde regarde. Plus de trois semaines se sont écoulées depuis que la bande de Gaza a été privée d’aide humanitaire, alors que les bombes continuent de pleuvoir. Enfants, femmes, familles entières sont coincés dans une prison à ciel ouvert, où l’eau et la nourriture se font de plus en plus rares. Et pourtant, un ultimatum de 30 jours est annoncé : Israël a un mois pour permettre le passage de l’aide humanitaire, ou bien les États-Unis menacent de couper le flux d’armes, ces mêmes armes qui tuent aussi à Gaza. Trente jours de plus, trente jours de trop pour une population déjà à bout de souffle. Cet ultimatum, loin de résoudre la crise, devient un sinistre compte à rebours pour les habitants de Gaza, qui vivent l’enfer au quotidien.
Comment peut-on parler d’un mois supplémentaire pour organiser une aide qui aurait dû arriver dès les premiers instants ? Depuis des semaines, les camions humanitaires attendent à la frontière, bloqués, alors que les bébés meurent de malnutrition, les blessés n’ont plus accès aux médicaments, et les abris deviennent des pièges mortels sous les frappes aériennes incessantes. Le silence du monde est assourdissant, et chaque seconde qui passe voit le nombre de victimes s’accroître.
Les images qui circulent à peine sur les réseaux sociaux sont terrifiantes. Des corps de jeunes enfants, amaigris, déshydratés, allongés dans des hôpitaux de fortune qui parfois sont pris pour cible même sans la moindre chance de survie. Des mères implorent pour un peu de nourriture, pour un peu d’eau, pour un peu d’espoir, mais rien n’arrive. Leurs appels sont ignorés. Pendant ce temps, les puissances internationales, qui détiennent les moyens de faire cesser ce massacre, tergiversent, discutent, fixent des délais absurdes.
Ce fameux document, signé par des diplomates américains et adressé aux responsables israéliens, annonce que l’État d’Israël a 30 jours pour « faciliter » le passage de l’aide humanitaire, sous peine de voir les États-Unis couper l’approvisionnement en armes. Trente jours supplémentaires de terreur, trente jours pour que la situation empire encore plus. Trente jours qui équivalent à une condamnation à mort lente pour des milliers d’innocents. Et après ces trente jours, que se passera-t-il ? Quel gage de bonne foi sera exigé pour accorder enfin ce qui est pourtant un droit humain fondamental : le secours d’urgence ? Et encore, s’ils font passer l’aide humanitaire d’ici 30 jours, les bombes fournies par les Etats-Unis elles-aussi, continueront à tomber, brulant au passage les chairs.
Ce délai de 30 jours ne fait que souligner l’hypocrisie des décisions politiques. Lorsque l’on sait qu’un enfant meurt toutes les dix minutes à cause de la pénurie de nourriture et d’eau potable, comment justifier un mois de délai supplémentaire ? Il ne s’agit pas de chiffres ou de statistiques, il s’agit de vies humaines sacrifiées au nom d’une guerre qui n’épargne personne. L’aide humanitaire doit être immédiate, sans condition, sans autre délai. Mais voilà, ce mois accordé à Israël semble n’être qu’un écran de fumée, un jeu diplomatique qui dissimule mal la réalité : les plus vulnérables continuent de payer le prix fort.
Les voix des organisations humanitaires sont ignorées, tout comme celles des civils qui crient à l’aide depuis leurs abris de fortune. C’est une véritable course contre la montre pour sauver les derniers survivants, mais cette course est déjà truquée. Le temps, ici, ne se mesure plus en heures ou en jours, mais en vies perdues.
Ceux qui prennent ces décisions depuis leurs bureaux confortables à des milliers de kilomètres de Gaza n’ont jamais ressenti cette faim qui tenaille, cette soif qui brûle, cette peur qui glace. Ils n’ont jamais dû creuser sous les décombres pour tenter de sauver un proche ou fuir à pied des zones dévastées. Ils parlent de « discussions », de « progrès », mais chaque jour sans action concrète est un jour de plus de souffrance inhumaine pour les habitants de Gaza.
Et une question s’impose : pourquoi ne pas arrêter les armes tout de suite pour faire cesser ce conflit ? Pourquoi attendre 30 jours alors que le flux des armes pourrait être interrompu immédiatement, non seulement pour sauver des vies à Gaza, mais pour mettre fin à cette spirale de violence destructrice ? Si ces armes continuent d’alimenter ce conflit, c’est autant de morts et de destructions en plus. Ce n’est pas dans un mois que la paix se négocie, c’est maintenant, en coupant court à la guerre, aux bombardements, aux tirs, et à cette horreur qui, chaque jour, engloutit un peu plus de vies innocentes.



