jeudi, février 19, 2026

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Élections 2026: pourquoi le soupçon de report s’installe

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Un compte à rebours qui compresse tout

La date des législatives est donnée comme fixée au 10 mai 2026, ce qui laisse environ 80 jours à partir du 19 février 2026.  Dans un pays où l’organisation du scrutin repose sur une chaîne administrative lourde, ce délai devient un argument politique. Plus la clarification du cadre tarde, plus l’idée d’un report semble “possible”, même si elle n’est pas revendiquée frontalement. Le soupçon se nourrit donc autant des intentions prêtées aux acteurs que de la simple arithmétique du calendrier.

Cette pression du temps pèse aussi sur la dynamique des candidatures et des alliances. Dans plusieurs circonscriptions, les discussions avancent, mais les décisions finales restent conditionnées par des inconnues juridiques et logistiques. Le résultat est un climat de campagne inachevée. Les partis préparent des listes, mais évitent de verrouiller trop tôt des arrangements qui pourraient être remis en cause par un changement des règles.  

Le nœud central: le vote des expatriés et les six sièges dédiés

Le point de friction principal concerne le vote des expatriés et l’application du dispositif des six sièges dédiés à l’étranger, souvent évoqué comme un nœud technique qui peut faire basculer des calculs politiques.  Ce désaccord ne relève pas d’un simple débat de procédure. Il touche à la représentation, donc à l’équilibre des blocs, donc aux alliances en gestation.

Trois options sont décrites comme discutées au Parlement. La première consiste à demander au gouvernement d’émettre les décrets d’application du cadre existant. La deuxième est de modifier l’article lié au vote des expatriés pour les six sièges. La troisième option passe par une prolongation du mandat du Parlement, proposition attribuée au député Adib Abdel Massih, avec des durées évoquées allant de deux mois à un an ou deux ans.  Le simple fait que ce scénario soit cité contribue à installer l’idée qu’un report n’est plus seulement une rumeur. Il devient une hypothèse discutée.

Le rôle de Nabih Berry: convoquer, arbitrer, ou laisser courir le temps

Le président du Parlement Nabih Berry apparaît comme un acteur central, parce qu’une séance est décrite comme possible au début du mois suivant afin de discuter des options permettant de “sauver” l’élection.  Dans une séquence aussi courte, la décision de réunir ou non l’institution prend une valeur politique immédiate. Si la séance tranche vite, elle réduit la zone grise. Si elle est différée, elle alimente l’idée que l’impasse est entretenue.

Dans le même mouvement, le débat est rendu plus explosif par le fait qu’il concerne des règles qui modifient le poids de certains électorats. Ainsi, une partie des acteurs insiste sur une application stricte du cadre existant, tandis qu’une autre veut clarifier ou modifier la règle pour éviter une incohérence. Cette divergence n’est pas seulement juridique. Elle est stratégique, car elle modifie la distribution des gains et des pertes attendus.

Nawaf Salam et Ahmad Al Hajjar: promesse de date, dépendance institutionnelle

Du côté de l’exécutif, le Premier ministre Nawaf Salam est associé à une ligne publique qui affirme que le scrutin doit se tenir à sa date, tout en renvoyant l’arbitrage des règles au Parlement.  Cette posture protège le gouvernement sur deux plans. Elle évite d’endosser l’image d’un exécutif qui cherche un report. Elle évite aussi de porter seul le coût politique d’une modification sensible du vote des expatriés.

Le ministre de l’Intérieur Ahmad Al Hajjar est cité dans le cadre du dispositif électoral, avec l’idée que l’organisation administrative dépend d’un cadre clarifié, notamment pour la publication du décret convoquant les électeurs et des modalités liées au vote à l’étranger.  Tant que la règle reste contestée, l’administration avance sur ce qu’elle peut, mais ne peut pas verrouiller ce qui exige une décision nette. Le temps perdu devient alors un outil. Il suffit que la clarification arrive trop tard pour rendre la tenue du scrutin techniquement fragile.

Neemat Frem: une parole qui rend le doute audible

Le député Neemat Frem est cité comme exprimant que l’incertitude actuelle est précisément ce qui le pousse à considérer que l’élection pourrait ne pas se tenir à l’heure.  Il lie cette inquiétude à la nécessité d’un accord clair entre le Conseil des ministres et le Parlement, et à l’urgence de trancher rapidement. Cette prise de position compte, car elle ne vient pas d’une rumeur. Elle vient d’un élu identifié qui met en avant l’argument du délai.

Dans une période où les acteurs hésitent à assumer une position de report, une déclaration de ce type fonctionne comme un révélateur. Elle transforme une inquiétude diffuse en phrase politique. Elle renforce, par ricochet, l’idée qu’il existe un seuil à partir duquel le calendrier deviendra impraticable, même si personne n’avoue vouloir bloquer.

Sur le terrain, les alliances avancent: Qabalan Qabalan et Hassan Mourad dans la Békaa-Ouest

Malgré l’incertitude, les tractations locales continuent. Dans la Békaa-Ouest, un accord électoral est décrit comme acquis entre le député Qabalan Qabalan (présenté comme représentant du duo chiite) et le député Hassan Mourad, alors que des rumeurs avaient circulé auparavant sur une séparation possible et sur l’idée d’une liste indépendante.  Ce cas illustre un paradoxe. Les alliances se construisent comme si le scrutin aura lieu. Mais elles se construisent dans un cadre national encore contesté, donc sous risque de reconfiguration.

Cette situation nourrit le soupçon de report d’une autre manière. Quand les acteurs s’organisent, mais que la règle du jeu reste discutée, la population et les candidats interprètent le flottement comme une stratégie ou comme un prélude à une impasse. Le doute ne paralyse pas la politique. Il la rend plus nerveuse.

Saad Hariri, Kamil Chamoun, Ihab Matar: signaux politiques en période d’incertitude

Dans le même contexte électoral, Saad Hariri est mentionné au centre de rencontres politiques, notamment avec le député Kamil Chamoun et le député Ihab Matar, autour des derniers développements.  Ces rendez-vous ne constituent pas une preuve sur le calendrier, mais ils montrent que la séquence électorale continue de produire des repositionnements, y compris dans les milieux où l’on attend encore des clarifications.

Le fait que des acteurs relancent publiquement la discussion sur le rôle de Hariri, tout en observant l’incertitude des règles, contribue à la même atmosphère. Les calculs avancent, mais personne ne sait si le match aura lieu à l’heure prévue, ni sur quel terrain exact il se jouera.

Quand la procédure devient une horloge politique

Le soupçon de report s’installe parce qu’il repose sur une architecture complète: une date proche, une controverse sur le vote des expatriés, la mention d’une prolongation du mandat associée à Adib Abdel Massih, une centralité du Parlement dirigé par Nabih Berry, et une exécution administrative dépendante du ministère de l’Intérieur de Ahmad Al Hajjar, tandis que Nawaf Salam affirme le maintien du rendez-vous sans pouvoir trancher seul.  

Dans ce cadre, la question n’est pas seulement “qui veut quoi”. Elle est aussi “qui tranche quand”. Plus la décision est retardée, plus le report devient une issue présentée comme imposée par les délais, alors qu’il s’agirait d’un choix politique majeur.

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