En pleine escalade des tensions militaires et une situation sécuritaire extrêmement préoccupante, le gouvernement libanais a adopté le très controversé budget 2025. Ce projet de loi budgétaire, critiqué pour ses répercussions potentielles sur une population déjà frappée par une crise économique sans précédent, a suscité une vive opposition, notamment parmi les retraités et les militaires.
Un contexte sécuritaire et social tendu
L’adoption du budget intervient alors que le Liban est sous le coup de frappes aériennes israéliennes intensifiées, avec plus de 150 cibles visées dans le sud et l’est du pays. Lors de la session du Conseil des ministres, le Premier ministre Najib Mikati a dénoncé un « plan destructeur » orchestré par Israël, qualifiant les frappes de « guerre d’extermination » visant à raser les villages et les infrastructures civiles libanaises.
En parallèle à cette crise sécuritaire, le climat social est lui aussi sous tension. Ces dernières semaines ont été marquées par des manifestations de retraités et de militaires, réclamant des améliorations salariales et des protections face à la chute vertigineuse du pouvoir d’achat. Des groupes de retraités ont bloqué des routes et organisé des sit-ins devant des bâtiments gouvernementaux, dénonçant la précarisation croissante de leur situation. Les militaires, frappés par les mêmes difficultés économiques, ont également intensifié leurs actions, exprimant leur mécontentement face aux promesses non tenues du gouvernement en matière de soutien.
Un budget controversé dans un contexte de crise économique
Le budget 2025, bien qu’essentiel pour redresser les finances publiques, prévoit des augmentations d’impôts et de taxes qui risquent d’alourdir encore davantage le fardeau de la population la plus vulnérable. Les retraités et militaires, parmi les plus touchés par la dévaluation de la livre libanaise et l’inflation, se sentent particulièrement lésés par les mesures d’austérité proposées.
Najib Mikati a toutefois insisté sur le fait que des aides sociales temporaires avaient été discutées pour tenter d’atténuer l’impact de ces réformes sur les groupes les plus vulnérables, y compris les retraités et les membres des forces armées. Le Premier ministre a rappelé que des réunions avec des représentants militaires avaient eu lieu pour leur assurer que le gouvernement était conscient des difficultés auxquelles ils faisaient face, tout en avertissant que « la langue de l’escalade et de la menace ne mène à aucune solution ».



