Le conflit en cours entre le Liban et Israël, débuté en octobre 2023, a un impact de plus en plus dévastateur sur les infrastructures sociales et physiques du Liban. Entre le 8 octobre 2023 et le 23 septembre 2024, une évaluation multidimensionnelle réalisée par la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale des Nations Unies (ESCWA) a révélé que 50 210 unités résidentielles dans les districts de la Békaa, Bint Jbeil, Hasbaya, Marjayoun, Nabatieh, Saïda, Tyr, Jezzine et la Bekaa Ouest ont été endommagées ou détruites par les frappes israéliennes.
Parmi les régions les plus touchées, 24 948 unités résidentielles ont été endommagées à Marjayoun, 15 910 à Bint Jbeil, 5 761 à Tyr, 2 411 à Hasbaya, 645 à Nabatieh, et 351 à Saïda. Dans le district de la Bekaa Ouest, 149 unités ont été affectées, 27 dans la Békaa, et 8 dans l’Ouest de la Bekaa.
Tableau des dégâts sur les unités résidentielles
| Région | Modérément endommagées (%) | Gravement endommagées (%) | Partiellement/complètement démolies (%) |
|---|---|---|---|
| Marjayoun | 49.7 | 42.4 | 8 |
| Bint Jbeil | 51 | 41.5 | 9 |
| Tyr | 38.4 | 43.6 | 17.9 |
| Hasbaya | 51.7 | 36.4 | 4.7 |
| Nabatieh | 12.4 | 79.7 | 7.9 |
| Békaa | 70.4 | 29.6 | 0 |
| Békaa Ouest | 50 | 25 | 25 |
Graphique illustrant les dégâts résidentiels
Le graphique ci-dessous présente visuellement les différents pourcentages de dommages subis par les unités résidentielles dans chaque région touchée :

Conséquences sociales du conflit
En raison de l’intensification des combats, de nombreux habitants des villages et des villes proches de la frontière ont dû se déplacer. Le rapport estime qu’au moins 200 000 personnes ont été déplacées depuis septembre 2023, aggravant ainsi la crise humanitaire. Le déplacement de ces familles a eu des répercussions majeures, notamment sur l’accès des enfants à l’éducation et sur les risques de protection, ce qui pourrait entraîner des menaces à long terme pour le capital humain et la cohésion sociale du Liban.
Les infrastructures non résidentielles n’ont pas non plus été épargnées. De nombreux bâtiments publics, des installations religieuses, des installations agricoles, des infrastructures commerciales et éducatives ont été endommagés ou détruits, bien que des données précises et complètes à ce sujet soient encore en attente.
Impact sur l’agriculture et l’économie
Le sud du Liban est une région agricole majeure, notamment pour la production d’huile d’olive et de tabac. Les frappes israéliennes ont eu des répercussions dévastatrices sur ce secteur crucial :
- 1 879 hectares de terres agricoles ont été endommagés.
- 47 000 arbres fruitiers, principalement des oliviers, ont été détruits. Cela affecte la production de l’huile d’olive, dont le sud du Liban produit 36 %.
- La perte de 1 700 unités de bétail et de 390 000 unités de volaille a perturbé le secteur de l’élevage, menaçant l’approvisionnement alimentaire local.
Tableau 2 : Impacts sur l’agriculture dans le sud du Liban
| Type de perte | Quantité/dommages |
|---|---|
| Terres agricoles endommagées | 1 879 hectares |
| Arbres fruitiers détruits | 47 000 arbres |
| Unités de bétail perdues | 1 700 unités |
| Unités de volaille perdues | 390 000 unités |
| Fermes abandonnées | 1 200 hectares |
Une enquête menée en juillet 2024 montre que 70 % des ménages agricoles du sud ont perdu l’accès à leurs terres après avoir été déplacés. Parmi ces ménages, 23 % ont perdu leurs récoltes, 17 % ont subi des dégâts importants, et 14 % ont dû arrêter leurs activités agricoles, accentuant la crise économique dans les zones rurales.



