samedi, février 21, 2026

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Fact-check — « Le pétrole volé doit être restitué aux États-Unis » : ce que cela veut (et ne veut pas) dire

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Le vice-président JD Vance a écrit sur X que Donald Trump avait offert « plusieurs portes de sortie » à Nicolás Maduro, mais qu’il était « très clair » : « le trafic de drogue doit cesser et le pétrole volé doit être restitué aux États-Unis ». Le sous-entendu, au premier degré, choque : le pétrole vénézuélien n’appartient pas aux États-Unis.

1) À qui “appartient” le pétrole vénézuélien ?

Sur le plan juridique vénézuélien, la réponse est nette : les gisements d’hydrocarbures (dans le sous-sol et les zones maritimes) sont propriété de la République, relèvent du domaine public et sont inaliénables. Autrement dit, Washington ne peut pas invoquer un droit de propriété sur “le pétrole du Venezuela” en tant que ressource nationale. (Constitutions du monde)

2) Alors, de quoi Vance parle-t-il quand il dit « pétrole volé » ?

La formule de Vance renvoie très probablement à une rhétorique politique appuyée sur des outils juridiques américains, pas à un titre de propriété. Deux éléments concrets donnent le contexte immédiat.

D’abord, les saisies de cargaisons et la pression maritime. Depuis décembre, l’administration américaine a intercepté/saisi au moins un superpétrolier (M/T Skipper) transportant du brut vénézuélien, sur la base d’un mandat de saisie lié à des violations de sanctions, et a fait état d’une stratégie d’interceptions supplémentaires. (Reuters)
Dans le même mouvement, Reuters rapporte une campagne de pression/blocus visant les tankers et mentionne deux cargaisons saisies, avec un effet direct sur les exportations. (Reuters)
C’est là que “restituer” prend un sens opérationnel : le brut saisi peut être traité comme un bien confisqué (forfeiture), donc “retourné” au contrôle américain — non pas parce qu’il était “à eux” au départ, mais parce qu’il est saisi au titre du droit américain appliqué aux sanctions. (CSIS)

Ensuite, le “pétrole volé” comme raccourci pour “actifs pétroliers” contestés. Dans plusieurs dossiers, des créanciers (souvent américains) cherchent à recouvrer des sommes liées à des expropriations et à des défauts de paiement. L’affaire emblématique est ConocoPhillips, qui a obtenu et fait confirmer des décisions lui ouvrant la voie à la collecte d’indemnités. (Reuters)
En parallèle, la vente judiciaire d’actifs liés à Citgo/PDV Holding est structurée comme un mécanisme de recouvrement au bénéfice de créanciers. (Reuters)
Dans ce registre, “restituer” peut signifier : payer/compensationsaisies d’actifs, ou produits d’une vente allant à des créanciers — pas “rendre le pétrole du sous-sol”.

3) Pourquoi la phrase est trompeuse

Parce qu’elle mélange trois notions distinctes :

  • Ressource nationale (le pétrole “du Venezuela”, propriété de la République) : ce n’est pas américain. (Constitutions du monde)
  • Cargaisons (des barils déjà extraits, chargés sur un navire) : elles peuvent être interceptées/saisies si les États-Unis estiment qu’il y a violation de leurs sanctions et s’ils obtiennent un cadre judiciaire américain. (Reuters)
  • Actifs pétroliers et créances (expropriations, défauts, Citgo) : c’est un contentieux financier et judiciaire, où “restituer” signifie indemniser/recouvrer, pas “rendre une propriété initiale”. (Reuters)

Verdict factuel

Non, le pétrole vénézuélien n’appartient pas aux États-Unis. La phrase de Vance est politiquement chargée et s’explique surtout par le contexte de saisies de cargaisons sous sanctions et de contentieux d’actifs/indemnités. (X (formerly Twitter))

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Newsdesk Libnanews
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