Une frappe aérienne israélienne a touché dans la nuit de samedi à dimanche un appartement situé au sein de l’hôtel Ramada, dans le quartier balnéaire de Raouche au centre de Beyrouth. Le ministère libanais de la Santé a fait état de quatre morts et dix blessés dans cette opération, qui constitue l’événement le plus récent et le plus symbolique des dernières heures. L’armée israélienne a revendiqué la frappe, affirmant avoir visé des commandants-clés du Corps Liban de la Force Qods, l’unité des Gardiens de la Révolution iraniens chargée des opérations extérieures.
Ce bilan actualisé de la nuit et du matin – quatre morts et dix blessés rien que pour cette frappe centrale – s’ajoute à un total déjà lourd depuis le début de l’escalade. Selon les dernières données du ministère libanais de la Santé communiquées samedi soir, les frappes israéliennes menées depuis lundi ont provoqué près de 300 morts et plus de mille blessés à travers le pays. Le chiffre continue d’évoluer avec les opérations en cours.
Le bilan humain du jour et de la nuit s’alourdit
Le ministère libanais de la Santé a confirmé dans la matinée du 8 mars que la frappe sur l’hôtel Ramada, située dans le quartier touristique de Raouche, avait fait exactement quatre morts et dix blessés. Des secouristes ont évacué les victimes vers les hôpitaux voisins, où les services d’urgence ont été placés en alerte maximale. Parmi les morts figurent, selon les premières indications non confirmées officiellement, des ressortissants étrangers présents dans l’établissement.
Ce bilan quotidien précis – quatre morts et dix blessés pour les seules dernières heures – s’inscrit dans un contexte plus large où le nombre total de victimes depuis le déclenchement de la nouvelle phase d’hostilités lundi dernier atteint désormais près de 300 morts et plus de 1 000 blessés, selon les autorités libanaises. Samedi encore, une opération commando israélienne à Nabi Chit, dans la vallée de la Bekaa, avait déjà fait 41 morts, dont trois soldats libanais, et 40 blessés. Les raids nocturnes sur la banlieue sud de Beyrouth, Saïda et Tyr ont ajouté plusieurs victimes supplémentaires, portant le total cumulé à ce niveau critique.
Les hôpitaux de la capitale et du sud du pays fonctionnent au-delà de leurs capacités. Des convois d’ambulances ont circulé toute la nuit entre Raouche et les centres de soins, tandis que des listes de blessés étaient diffusées pour permettre aux familles de retrouver les leurs. Aucun détail supplémentaire sur l’identité des victimes de la frappe du Ramada n’a été communiqué pour l’instant, mais l’armée israélienne a insisté sur le caractère « précis » de l’opération visant des responsables iraniens actifs sur le sol libanais.
L’attaque au cœur d’un quartier jusqu’ici épargné
L’hôtel Ramada, établissement emblématique du front de mer de Raouche avec vue sur les célèbres Rochers aux Pigeons, avait jusqu’ici échappé aux frappes directes malgré l’intensité des opérations ailleurs dans le pays. La déflagration, survenue vers les premières heures du 8 mars, a soufflé des vitres sur plusieurs étages et provoqué l’effondrement partiel d’un appartement du bâtiment. Des images diffusées en direct montrent des clients évacués en urgence, certains encore en vêtements de nuit, tandis que des débris jonchaient le lobby et la rue adjacente.
L’armée israélienne a publié un communiqué officiel indiquant que la cible était constituée de « commandants du Corps Liban de la Force Qods » qui « planifiaient des attaques terroristes contre Israël depuis Beyrouth ». Aucun nom n’a été divulgué, mais la précision de l’opération – un seul bâtiment touché au milieu d’un quartier dense – reflète la stratégie de ciblage sélectif adoptée ces derniers jours.
Raouche, zone résidentielle et touristique prisée des Beyrouthins aisés et des visiteurs internationaux, n’avait pas connu une telle intrusion depuis des décennies. La frappe marque un tournant symbolique : elle porte la guerre au centre même de la capitale, au-delà des bastions traditionnels du Hezbollah dans la banlieue sud.
Les opérations qui se multiplient sur tous les fronts
Dans les heures ayant précédé la frappe sur le Ramada, l’armée israélienne avait déjà intensifié ses raids. Samedi soir, plusieurs positions dans la banlieue sud de Beyrouth – le fief historique du Hezbollah – ont été visées, provoquant des colonnes de fumée visibles depuis le centre-ville. Des frappes distinctes ont également touché les environs de Saïda et de Tyr, au sud, ainsi que des zones de la vallée de la Bekaa.
Les sirènes d’alerte ont retenti à plusieurs reprises dans le nord d’Israël, indiquant que les tirs de riposte depuis le Liban se poursuivaient malgré l’asymétrie des moyens. Le Hezbollah a revendiqué des actions défensives, affirmant avoir repoussé des tentatives d’infiltration et maintenu une capacité de réponse. Cependant, les autorités libanaises ont pris leurs distances avec ces initiatives, le Premier ministre Nawaf Salam rappelant que toute décision militaire relevait exclusivement de l’État.
Les ordres d’évacuation et l’exode massif
Les autorités israéliennes ont diffusé de nouveaux ordres d’évacuation via des messages téléphoniques et des tracts largués au-dessus de zones entières. La banlieue sud de Beyrouth, qui compte habituellement entre 600 000 et 800 000 habitants, a été en grande partie invitée à se diriger vers le nord du pays. Des scènes d’exode massif ont été observées sur les axes routiers, avec des files de voitures chargées de matelas, de sacs et d’enfants.
Les estimations officielles font état de plus de 450 000 déplacés depuis le début de la semaine, chiffre qui pourrait encore grimper au cours des prochaines heures. Des écoles, des centres communautaires et des bâtiments publics ont été réquisitionnés pour accueillir ces familles. Dans le sud, au-delà du Litani, des villages entiers ont été vidés sur ordre israélien, créant une zone tampon de fait.
La réaction du Hezbollah et la position du gouvernement libanais
Le Hezbollah a appelé samedi soir les habitants du nord d’Israël, notamment autour de Kiryat Shmona, à évacuer leurs domiciles pour leur propre sécurité. Ce message, diffusé via ses canaux officiels, vise à instaurer une forme de dissuasion symétrique. Le mouvement chiite maintient une posture de résistance, mais ses capacités opérationnelles apparaissent significativement entamées par les frappes répétées.
De son côté, le gouvernement libanais a réitéré son refus de toute activité militaire non étatique. Le Premier ministre Nawaf Salam a qualifié les actions du Hezbollah d’« irresponsables » et a ordonné aux forces de sécurité de prévenir tout nouveau tir depuis le territoire libanais. « La paix ou la guerre est une décision souveraine qui appartient à l’État seul », a-t-il insisté dans une déclaration publique.
L’appel pressant de l’ONU à la retenue
La coordinatrice spéciale des Nations unies pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert, a réagi avec gravité aux événements des dernières heures. « Le Liban a été entraîné de nouveau dans un état de tourmente et de violence », a-t-elle déclaré. Elle a rappelé que, seulement une semaine plus tôt, le pays semblait engagé sur une voie fragile de stabilisation. « Ce momentum a disparu en l’espace de quelques jours. Les familles qui venaient tout juste de rentrer chez elles se retrouvent à nouveau sans toit. »
Mme Hennis-Plasschaert a ajouté : « Les actions militaires en cours ne procureront pas de victoire durable à quiconque. Elles ne feront qu’approfondir l’instabilité et infliger davantage de souffrances. » Elle a exhorté toutes les parties à revenir au cadre de la résolution 1701 du Conseil de sécurité, seul mécanisme international reconnu pour mettre fin aux cycles de violence depuis 2006. « Si la situation est mauvaise aujourd’hui, elle risque de s’aggraver encore », a-t-elle averti.
La Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) poursuit ses patrouilles malgré les risques accrus. Des incidents impliquant des casques bleus ont été signalés dans le sud, mais les opérations se maintiennent.
La pression humanitaire et les infrastructures touchées
Les hôpitaux de Beyrouth, Saïda, Tyr et Baalbek font face à un afflux constant de blessés. Des stocks de médicaments et de matériel chirurgical commencent à s’épuiser. Les routes menant au nord du pays sont saturées, compliquant l’acheminement de l’aide humanitaire. Des organisations internationales ont commencé à mobiliser des convois, mais l’accès reste limité par les survols israéliens permanents.
Dans la banlieue sud, plusieurs immeubles résidentiels ont été endommagés ou détruits lors des raids de la nuit. À Saïda et Tyr, les frappes ont visé des zones périphériques, provoquant des coupures d’électricité et d’eau dans plusieurs quartiers. Les services de défense civile libanais travaillent sans relâche pour dégager les décombres et secourir d’éventuels survivants.
La détermination israélienne et les mises en garde répétées
L’armée israélienne a multiplié les communiqués pour justifier ses actions. Elle affirme que l’ensemble des opérations vise à neutraliser les infrastructures militaires du Hezbollah et à empêcher toute présence structurée des Gardiens de la Révolution iraniens sur le sol libanais. Le ministre israélien de la Défense a adressé un message direct aux autorités libanaises : le Liban paiera « un prix très lourd » s’il ne procède pas au désarmement effectif du Hezbollah.
De leur côté, les diplomates iraniens présents à Beyrouth ont entamé leur évacuation progressive, suivant les frappes récentes à proximité de leurs installations.
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