Une montée en puissance des frappes israéliennes en Syrie
Depuis la chute du régime de Bachar el-Assad en décembre 2024, la Syrie est devenue un théâtre d’opérations militaires intensifiées entre Israël et les groupes soutenus par l’Iran. La disparition du régime baasiste a laissé un vide stratégique, que Tel-Aviv cherche à exploiter pour affaiblir les réseaux militaires pro-iraniens encore actifs en Syrie.
Al Sharq Al Awsat (30 janvier 2025) rapporte que le 2 janvier 2025, l’aviation israélienne a mené des frappes ciblées sur une base militaire au sud d’Alep, affirmant que le site servait de centre logistique pour le transfert d’armes iraniennes vers le Hezbollah au Liban. Cette attaque s’ajoute à une série d’opérations similaires menées ces derniers mois contre des infrastructures militaires syriennes et des convois soupçonnés de transporter des missiles balistiques.
Israël justifie ces frappes en affirmant qu’elles sont préventives et nécessaires pour empêcher la constitution d’un front militaire dirigé par l’Iran aux portes de son territoire. Toutefois, Ad Diyar (30 janvier 2025) souligne que ces attaques fragilisent encore plus la transition politique en Syrie, compliquant la stabilisation du pays et risquant d’attiser une nouvelle escalade régionale.
Israël face à la nouvelle Syrie : une politique d’anticipation et de confrontation
Avec la mise en place d’un gouvernement provisoire en Syrie dirigé par Ahmed al-Charaa, Israël doit redéfinir sa politique vis-à-vis de Damas. Al Akhbar (30 janvier 2025) souligne que les nouvelles autorités syriennes ont officiellement demandé à l’ONU d’intervenir pour mettre fin aux frappes israéliennes et exiger un retrait des forces israéliennes du Golan.
Mais Israël, loin de reculer, a renforcé sa présence militaire sur le plateau du Golan, une zone stratégique occupée depuis 1967. Al Sharq (30 janvier 2025) rapporte que des unités blindées et des batteries anti-missiles ont été déployées, sous prétexte de protéger les frontières israéliennes contre d’éventuelles attaques en provenance de Syrie.
Ce déploiement est perçu comme une provocation par Damas, qui considère le Golan comme un territoire syrien occupé illégalement. Al Liwa’ (30 janvier 2025) indique que des manifestations ont éclaté à Damas et dans d’autres villes syriennes, réclamant une action militaire pour reprendre la souveraineté sur cette région.
Une guerre qui s’étend aux alliés de la Syrie et de l’Iran
Si la tension entre Israël et la Syrie reste élevée, les véritables enjeux dépassent largement ces deux pays. Tel-Aviv craint que le Hezbollah profite du chaos syrien pour renforcer sa présence dans le sud du pays, et que l’Iran continue à acheminer des armes par des routes alternatives.
Al Sharq Al Awsat (30 janvier 2025) rapporte que des drones israéliens ont frappé plusieurs convois dans l’est de la Syrie, une région stratégique par laquelle transitent des cargaisons militaires destinées aux milices pro-iraniennes. Ces attaques confirment la volonté d’Israël d’empêcher toute consolidation d’une présence militaire hostile à ses frontières, même au prix d’un conflit prolongé.
De son côté, Ad Diyar (30 janvier 2025) met en avant la réaction prudente des États-Unis, qui bien que soutenant Israël sur le plan diplomatique, préfèrent éviter une escalade militaire dans la région. Washington tente d’empêcher que ces tensions ne dégénèrent en conflit ouvert impliquant plusieurs puissances.
Vers une intensification du conflit ou une désescalade ?
Les prochains mois seront déterminants pour l’évolution de cette guerre de l’ombre. Trois scénarios sont envisageables :
- Une intensification des frappes israéliennes, avec un élargissement des cibles à d’autres infrastructures militaires en Syrie, au risque d’attiser une riposte des forces pro-iraniennes.
- Une médiation internationale, où les Nations unies et les États-Unis tenteraient de stabiliser la situation en imposant des zones tampons pour éviter un affrontement direct.
- Un statu quo prolongé, avec des frappes sporadiques de part et d’autre, maintenant un état de guerre non déclarée entre Israël et les forces pro-iraniennes en Syrie.
Selon Al Sharq (30 janvier 2025), Israël semble déterminé à poursuivre ses opérations militaires en Syrie, tant que les menaces contre sa sécurité nationale ne seront pas éliminées.



