Malgré les frappes intensives de l’armée israélienne contre la milice libanaise Hezbollah, cette dernière ne montre aucun signe d’épuisement. Les récents événements, marqués par la mort de quatre soldats israéliens suite à l’explosion d’un drone dans une base militaire située au nord d’Israël, illustrent la complexité de cette guerre qui s’éternise.
Le drone en question, tiré depuis le Liban par le Hezbollah, a frappé de plein fouet la cantine de la base israélienne faisait 4 morts et plus de 60 blessés. Cet incident met en lumière les limites de la défense aérienne israélienne, pourtant réputée pour son efficacité. Selon Noam Tibon, général de réserve spécialisé dans le contre-terrorisme, « les drones sont notre point faible ». La nature imprévisible de ces engins, capables de changer de trajectoire en plein vol, rend leur interception difficile, notamment pour les systèmes de défense habituels comme le Dôme de fer.
Un défi technologique pour Israël
Depuis le début des hostilités le 7 octobre 2023, 12 Israéliens, civils et militaires confondus, ont perdu la vie à cause d’attaques de drones, non seulement du Hezbollah, mais aussi des Houthis, rebelles yéménites soutenus par l’Iran. Le Hezbollah dispose encore d’un arsenal considérable, estimé à des centaines de drones, malgré les bombardements israéliens ciblant ses dépôts d’armes au Liban.
Une partie de ces drones provient d’Iran ou de Chine, tandis que d’autres sont fabriqués localement par la milice chiite. Leur faible coût de production — à peine quelques milliers de dollars — représente un défi pour Israël. En comparaison, les missiles utilisés par la défense israélienne coûtent des dizaines, voire des centaines de milliers de dollars par interception, ce qui rend le rapport de force asymétrique en termes de coût.
Israël mise sur son nouveau système d’interception laser, l’Iron Beam, prévu pour être opérationnel d’ici la fin de l’année prochaine. Ce système, moins coûteux à l’usage, pourrait potentiellement renverser la situation sur le terrain.
Un front difficile à stabiliser
Sur le plan militaire, l’armée israélienne poursuit ses opérations au sud du Liban depuis le 1er octobre 2024, incitant les habitants de cette région à fuir les combats. Selon Dany Dannon, ambassadeur d’Israël à l’ONU, cette opération terrestre pourrait durer encore plusieurs semaines.
Cependant, les tensions montent également entre Israël et la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL). Israël demande le retrait des Casques bleus pour éviter tout affrontement accidentel. Sur le plan diplomatique, des discussions entre Joe Biden et Benyamin Netanyahou se sont intensifiées. Le président américain a appelé le Premier ministre israélien à limiter les bombardements aériens dans des zones comme Dahieh, bastion du Hezbollah à Beyrouth, afin de réduire les risques de victimes civiles.
Une guerre qui s’enlise
Israël se trouve dans une situation où les frappes répétées ne suffisent pas à venir à bout du Hezbollah, et la guerre semble encore loin de connaître une issue favorable. L’évolution de la stratégie militaire israélienne, notamment avec l’arrivée du système Iron Beam, sera déterminante pour les semaines à venir. Mais, pour l’heure, l’armée israélienne peine à défaire le Hezbollah, qui continue à mener des actions offensives tout en maintenant son arsenal.
La question reste ouverte : Israël peut-il neutraliser durablement cette milice, ou est-ce une guerre d’usure qui s’annonce, avec des coûts économiques et humains qui ne cesseront de croître ?



